Ainsi parla D.ieu : Je me rappelle la gentillesse de ta jeunesse, ton amour de jeune mariée, le fait que tu M’as suivi dans le désert sur une terre désolée (Jérémie 2 : 2)
Dans ce monde, [le lien de D.ieu avec Son peuple] fut un engagement- comme il est écrit: «Je te fiancerai à Moi pour toujours» et D.ieu ne leur donna que la lune, comme il est écrit: «cette nouvelle lune sera pour vous…» Mais aux jours de Machia’h il y aura un mariage, comme il est écrit: «Ton mari, ton Créateur» et alors D.ieu leur donnera tout, comme il est écrit: «et les sages brilleront comme la clarté des cieux et ceux qui apportent la droiture à de nombreux hommes comme les étoiles, à tout jamais». (Midrach Rabbah, Chemot 15 :30)
Nous habitons une réalité qui se définit par deux aspects essentiels: l’être et le non-être. Une chose est ou n’est pas, est manifeste ou cachée, en mouvement ou au repos, positive (chargée d’énergie) ou négative (non chargée d’énergie). Les phénomènes les plus complexes eux-mêmes constituent la somme de nombreux degrés de présence ou d’absence. Une fois que tout a été dit et fait, tout se réduit à la convergence d’un certain nombre de «oui» et d’un certain nombre de «non». Les «non» délimitent les paramètres d’une chose, établissant ce qui n’est pas et les « oui » sont l’essence de ce qu’elle est. (Un morceau de bois rouge d’un mètre n’est pas un morceau de bois d’un mètre vingt, n’est pas vert, bleu ni jaune, n’est pas de la pierre du fer etc. Les «non» constituent les limites du morceau de bois, de son être et de ce qui le distingue des autres objets, alors que les «oui» ont un lien avec ce qui se trouve à l’intérieur des limites : la nature et les caractéristiques de ce morceau de bois lui-même).
«D.ieu regarda dans la Torah et créa le monde». C’est pourquoi la nature binaire de la Création reflète la division de la Torah en règnes positif et négatif. «Je suis l’Eternel ton D.ieu », le fondement des commandements positifs (mitsvot asséh) est complété par «tu n’auras pas d’autres dieux que Moi », l’essence de tous les commandements négatifs (mitsvot lo taasséh). «Aime ton prochain comme toi-même » est la contrepartie positive de «tu ne haïras ton frère dans ton cœur» et «rappelle-toi du Chabbat» renvoie à «ne fais aucun travail…le septième jour». La Torah commande de créer la vie et interdit de la détruire ; elle instruit de consommer du pain non levé à Pessa’h et interdit tous les aliments levés pour la durée de la fête, etc.
Les instructions de la Torah concernant le mariage incluent également à la fois une composante «affirmative» et une composante «négative».. Selon la loi de la Torah, un mariage consiste en deux pas distincts. D’abord viennent les kiddouchine («consécration», appelés également éroussine:«engagement»):le jeune homme donne à la jeune fille un objet de valeur et en retour, la jeune fille se consacre à lui, avec l’effet qu’«elle devient interdite au reste du monde». A partir de là, si elle se lie physiquement à un autre homme, cela constitue un adultère et dissoudre les kiddouchine requiert un guet, un acte de divorce, comme pour un mariage déjà célébré. Pourtant, le but du mariage n’est pas d’interdire «au reste du monde» de vivre avec elle mais d’effectuer une union entre deux personnes. C’est là la fonction des nissouine («mariage») effectués sous la ‘ houpah (le dais nuptial), du yi’houd (isolement du couple après le mariage) et des chéva bra’hot (les sept bénédictions du mariage) qui font de l’homme et de sa femme une «seule chair». En d’autres termes, les kiddouchine définissent les paramètres d’une relation, libérant un «espace» dans lequel elle peut exister, alors que les nissouine remplissent cet espace de l’essence de la relation elle-même.
Assurer une permanence aux frontières
Comme nous l’avons dit, les kiddouchine et les nissouine constituent deux phases distinctes dans le processus du mariage. En fait, à l’origine, les kiddouchine avaient lieu à une date antérieure, après quoi la fiancée continuait à vivre chez ses parents pendant que le couple se préparait aux nissouine qui se tenaient généralement un an plus tard.
(Ce n’est qu’au cours des siècles derniers quand les tribulations de l’exil ont ébranlé la stabilité de la vie juive et souvent causé la dispersion soudaine des communautés qu’il a été jugé préférable de ne pas créer un lien de mariage entre un jeune homme et une jeune fille qui ne vivraient pas ensemble. C’est là qu’est née la pratique d’usage de nos jours qui consiste à célébrer les nissouine juste après les kiddouchine, combinant les deux étapes du mariage en une cérémonie unique).
Nos Sages nous disent qu’au Mont Sinaï, lorsque D.ieu Se révéla Lui-Même à nous, et nous donna la Torah, nous nous consacrâmes à Lui comme sa jeune épousée. Néanmoins cela ne constitua que l’étape des kiddouchine de notre mariage. Notre lien avec Lui ne sera complet qu’à la venue du Machia’h, lorsque D.ieu et Israël seront unis par les nissouine.
Cela ne signifie pas pour autant que notre relation avec D.ieu ne prend aujourd’hui que l’aspect négatif, comme on l’a noté ci-dessus, nos engagements à Son encontre incluent à la fois les commandements négatifs et les commandements positifs. Mais aujourd’hui, nous ne somme capables que d’établir les paramètres de notre relation et non d’en réaliser le contenu quintessenciel. Aujourd’hui, notre relation avec D.ieu se définit par notre engagement à Lui et notre aspiration à nous unir à Lui mais sans l’expérience tangible de l’union elle-même. Nous aspirons de nous rapprocher de Lui comme la jeune fiancée mais ces sentiments ne sont qu’un avant-goût de ceux qui viendront après le mariage.
Pendant trente-trois siècles nous avons créé l’«espace» pour notre mariage avec D.ieu, défendant avec zèle ses frontières. Nous sommes restés fidèles à Lui face à toutes les cultures et les «ismes» qui ont tenté de nous séduire. Nous avons affirmé notre identité en tant que Son peuple exclusivement consacré à Lui. Maintenant nous sommes prêts à la chose vraie, à l’expérience réelle du divin comme étant la réalité la plus intime de notre vie.
À l’approche de Chavouot, la tradition juive nous convie à une préparation singulière, bien au-delà des simples rites festifs. Le peuple d’Israël s’est distingué, au pied du mont Sinaï, par une déclaration qui a stupéfié même les anges célestes : Na’aseh ve’Nishma — « nous ferons, et ensuite nous écouterons ». Ce discours explore la profondeur de ces deux mots, leur signification pour chaque génération, et leur pertinence brûlante pour notre service de D.ieu aujourd’hui.
Rav Chmouel Rabinovitch
Trois formes de préparation à la fête de Chavouot
Nous voici à la veille de Chavouot. Chaque fête possède sa préparation propre, sa manière particulière de se mettre en condition intérieure. Or Chavouot se distingue par une préparation d’une nature tout à fait exceptionnelle. On peut identifier trois éléments fondamentaux à travers lesquels le peuple d’Israël s’est préparé à la réception de la Thora.
Le premier est le compte du Omer. Dès la sortie d’Égypte, le peuple a commencé à compter les jours, un par un. Ce n’était pas une simple computation du temps, mais une préparation intérieure rigoureusement structurée : sept fois sept jours, chaque journée correspondant à l’une des sept midot — les attributs divins allant du Hessed à la Malkhout. Cette préparation de quarante-neuf jours, avec toute sa richesse symbolique, manifestait le soin exceptionnel apporté au cheminement depuis la sortie d’Égypte jusqu’au don de la Thora.
Le deuxième élément est l’unité. Le verset dit : « Israël campa là, en face de la montagne » — au singulier, comme un seul homme, avec un seul cœur. La préparation passait par une unité absolue entre tous les membres du peuple, une fusion des volontés et des consciences.
Le troisième élément, sur lequel ce discours s’attarde longuement, est la déclaration historique : Na’aseh ve’Nishma, « nous ferons et nous écouterons ».
Les anges et les couronnes : ce que dit le Talmud
Le Talmud, dans le traité Chabbat (88a), rapporte l’enseignement de Rav Simai : « Au moment où Israël a fait passer le « nous ferons » avant le « nous écouterons », soixante myriades d’anges ministrants sont descendus et ont attaché deux couronnes à chacun des membres du peuple d’Israël — l’une en face du « nous ferons » et l’autre en face du « nous écouterons ». »
Mais lorsque le peuple faillit, cent vingt myriades d’anges destructeurs descendirent pour reprendre ces couronnes, comme il est écrit : « Et les enfants d’Israël se dépouillèrent de leurs ornements, depuis le mont Horeb. » Rav Hama bar Hanina précise : ce qui avait été donné au Sinaï fut retiré à Horeb — deux noms du même mont sacré, deux moments opposés dans l’histoire spirituelle d’Israël.
La question s’impose d’elle-même : pourquoi deux couronnes et non une seule ? Que représentent ces deux couronnes, et quel est le prodige si extraordinaire que les anges eux-mêmes voulurent le célébrer ?
Le sadducéen et le sage : la leçon de la piqûre du doigt
Le Talmud rapporte une anecdote révélatrice. Un sadducéen aperçut un grand sage tellement absorbé dans son étude qu’il avait posé son pied sur sa propre main — et que du sang coulait de son doigt, sans qu’il s’en rendît compte. Le sadducéen lui dit : « Vous êtes un peuple impulsif ! Vous avez mis la bouche avant l’oreille — vous avez d’abord dit « nous ferons » et seulement ensuite « nous écouterons ». Vous agissez sans réfléchir ! »
Et il ajouta avec ironie : « Cela n’a pas changé depuis le don de la Thora jusqu’à aujourd’hui — vous êtes toujours aussi impétueux, vous ne faites pas attention à ce que vous faites. Vous auriez dû dire d’abord « nous écouterons », et voir ensuite si vous étiez capables de vous y conformer. Si non, vous n’y seriez pas tenus. »
Selon la logique du sadducéen, la démarche normale est la suivante : j’écoute d’abord, j’évalue si je suis capable d’accomplir ce qu’on me demande, et seulement alors je m’engage. L’acte est la conséquence de la compréhension. Promettre d’agir sans avoir préalablement entendu et mesuré ce qu’on allait accomplir relève, à ses yeux, d’une impulsivité irresponsable.
La réponse du sage fut immédiate : « Nous avons marché avec D.ieu dans une sincérité absolue. » Et Rachi commente : « Comme celui qui agit par amour. » Lorsqu’on aime, on n’attend pas de tout calculer avant d’agir — on fait, et c’est dans cet élan spontané et désintéressé que réside la grandeur du geste. Il cite ensuite un verset : « La droiture des hommes droits les guide. » Autrement dit : D.ieu, qui a créé le monde entier et qui connaît parfaitement l’homme, ne lui demandera jamais rien qu’il ne soit capable d’accomplir. La confiance placée en Lui n’est donc pas de l’impulsivité — c’est de la foi.
L’histoire de la Yé’hidout — quand le Rabbi renversa toutes les certitudes
Un homme vint en Yé’hidout — en audience privée — auprès du Rabbi. Avant d’entrer, Rav Leibel Groner lui indiqua qu’il était de coutume d’écrire une lettre préalable. L’homme répondit franchement : « Je n’ai rien à écrire. C’est ma femme qui voulait voir le Rabbi. Moi, personnellement, je n’ai rien à lui demander. » On l’encouragea à noter quand même ce qui lui passait par l’esprit, et il finit par consigner dans sa lettre une question qui le taraudait depuis longtemps : « Je ne comprends pas D.ieu. Qu’est-ce qui L’intéresse vraiment ? Si quelqu’un prend une cuillère à viande et la plonge dans un bol de lait — est-ce vraiment ce qui préoccupe le Maître de l’univers ? Il crée et soutient la totalité du cosmos, et Il se soucierait de si petites choses ? »
À l’intérieur, le Rabbi commença par vérifier les prénoms de chacun — l’homme, sa femme, sa belle-mère — et signala que le prénom de la mère de l’épouse était incomplet dans la lettre. Ce simple détail démontra au visiteur que le Rabbi avait une parfaite maîtrise de la situation. Puis le Rabbi lui dit posément : « Je ne comprends pas ce que tu demandes. D.ieu veut rapprocher un Juif de Lui. Il lui donne de petites choses à accomplir — ne pas mélanger la viande et le lait, poser les Téfilines — non pas parce que ces détails L’intéressent en eux-mêmes, mais parce que ces actes te rapprochent de Lui. »
L’homme fut bouleversé. « Le Rabbi a renversé en un instant toute ma vision. Je croyais que D.ieu s’intéressait à chaque détail pour lui-même — et je comprends soudain qu’Il me donne des instruments pour m’approcher de Lui. C’est exactement l’inverse de ce que je pensais. »
Na’aseh et Nishma — deux façons d’être au monde
Du point de vue humain ordinaire, la démarche rationnelle est claire : j’écoute d’abord, je comprends ce qu’on attend de moi, j’évalue mes capacités, et seulement alors j’agis. L’acte est le résultat de la compréhension. Parfois, on nous demande quelque chose qui dépasse nos forces, et on répond : « Je regrette, ce n’est pas pour moi. »
Mais voilà le grand Hiddouch, la nouveauté absolue qu’Israël a apportée au monde au pied du Sinaï : placer le Na’aseh avant le Nishma. Cette inversion n’était pas un caprice — c’était l’expression d’un état intérieur, d’un Bitul complet, d’une annulation totale de soi devant la volonté divine. Le peuple d’Israël n’a pas simplement dit : « nous essaierons ». Il a dit : « Quoi que Tu nous demandes, nous le ferons — et si Tu nous dis de monter au ciel, nous monterons au ciel. Comment ? C’est une autre question. Mais de notre côté, nous sommes en état d’annulation totale. »
Rachi lui-même souligne que si D.ieu leur avait demandé de s’élever jusqu’aux cieux, ils auraient accepté. Car dès que les questions du « comment » et du « pourquoi » commencent à surgir, on n’est plus dans le Bitul. L’annulation de soi consiste précisément à faire ce que D.ieu demande — et à Lui faire confiance pour le reste.
Un homme qui médite pendant des heures sur la manière de mettre ses Téfilines, qui s’immerge dans toutes les intentions et kavvanot, mais qui finalement ne les pose pas — n’a rien accompli. En revanche, celui qui les pose, même sans avoir tout préparé intérieurement, accomplit la Mitsva. L’intention est certes précieuse, mais c’est l’acte qui est l’essentiel.
Le secret n’appartenait qu’aux anges
C’est pourquoi la Bat Kol — la voix céleste — s’exclama : « Qui a révélé ce secret à Mes enfants ? » Car c’est précisément le mode de fonctionnement des anges célestes : d’abord ils accomplissent, ensuite ils comprennent. Le verset dit : « Bénissez D.ieu, Ses anges, puissants en force, qui accomplissent Sa parole, pour écouter la voix de Sa parole. » Le verbe « accomplir » précède le verbe « écouter » — les anges n’attendent pas de comprendre pour exécuter. Ils font d’abord, ils comprennent ensuite.
Or voici qu’Israël, debout au pied du Sinaï, adopta spontanément cette même posture angélique. D’où leur venait cette connaissance ? Comment ce peuple a-t-il pu accéder à un secret qui semblait réservé aux êtres immatériels du monde supérieur ?
La sortie d’Égypte — Na’aseh en acte, avant même le Sinaï
La réponse se trouve dans l’expérience même de la sortie d’Égypte. Le verset dit : « Je me souviens de ta jeunesse, de ton amour de fiancée, comment tu m’as suivi dans le désert, dans une terre non ensemencée. » Six cent mille hommes — et des millions de femmes et d’enfants — ont quitté l’Égypte sans préparer leurs provisions, sans que la pâte ait eu le temps de lever, sans avoir planifié quoi que ce soit. Ils sont partis en hâte, sans poser de questions, dans une confiance absolue.
Et lorsqu’ils se retrouvèrent face à la mer Rouge, bloqués, sans issue visible, ils crièrent vers D.ieu — et D.ieu répondit : « Pourquoi cries-tu vers Moi ? Avance ! Entre dans la mer ! » Là encore, l’action précédait la compréhension. Ce n’était pas de la témérité — c’était de la foi. Ce n’est pas que ces hommes et ces femmes n’avaient pas peur. Mais ils avaient appris à faire confiance à Celui qui les conduisait.
Cette démarche fondamentale, vécue concrètement dans le feu de l’Exode, est ce qui prépara Israël à la grande déclaration du Sinaï. La grandeur de Na’aseh ve’Nishma n’est pas celle d’un peuple inconscient — c’est celle d’un peuple qui a compris que D.ieu, Créateur de l’univers, sait exactement ce que chacun est capable d’accomplir, et ne demandera jamais rien qui dépasse ses forces. Alors, pourquoi hésiter ? Pourquoi calculer ?
Les émissaires du Rabbi et le Bitul comme condition du départ
Dans les premières années du Rabbi, lorsqu’il envoyait des Chlou’him vers les quatre coins du monde, la procédure était simple. Le Chalia’h écrivait qu’il souhaitait partir en mission, et le Rabbi lui indiquait sa destination. On ne demandait pas à l’avance pour quelle ville, quel pays, quelle région. On partait là où le Rabbi envoyait, au bout du monde s’il le fallait. C’était un état de Bitul absolu — la parole du Rabbi suffisait.
Un jour, un émissaire potentiel écrivit au Rabbi pour lui faire part de sa volonté de partir en Shli’hout. Le Rabbi lui indiqua une destination. Mais dans sa réponse, l’homme demanda : « De quoi vais-je vivre en attendant de m’établir là-bas ? » La réponse du Rabbi fut nette : il n’était pas prêt pour cette mission. Car celui qui part avec toute la force de Celui qui l’envoie ne pose pas ce genre de questions. Il part, et il sait que la Providence pourvoira. Commencer à calculer, c’est déjà sortir du Bitul. C’est passer du Na’aseh au Nishma.
Le Rabbi rapportait aussi l’histoire d’un Chalia’h qui passa par une région sans en avoir le projet délibéré. Il alla demander à l’hôtel s’il y avait des Juifs dans les environs. On lui répondit que non. Puis quelqu’un se souvint : « Il y a bien un Juif à la station-service. » L’émissaire s’y rendit, lui apporta des Matsot et lui dit que le Rabbi l’avait envoyé vers lui. Le Juif fondit en larmes : « Je suis le seul Juif de toute la région. Je m’étais dit : si D.ieu ne m’envoie pas un signe, je vais m’assimiler comme tous les autres. Et te voilà. » Telle est la puissance du Chalia’h qui agit en état de Na’aseh : il ne calcule pas, il part — et D.ieu fait le reste.
Le Baal Shem Tov et la prière collective
On raconte du Baal Shem Tov que ses disciples, un jour, constatèrent qu’il allait s’absorber dans sa prière pendant de longues heures. Ils décidèrent de profiter du temps pour aller manger et revenir, persuadés qu’il ne s’en rendrait même pas compte. Ce qu’ils n’avaient pas réalisé, c’est que leur présence faisait partie intégrante de la prière du Baal Shem Tov. Quand ils revinrent, il avait terminé. « Que s’est-il passé ? » demandèrent-ils. Il répondit : « Ma prière ne se résume pas à ma seule prière — elle vous inclut tous. À l’instant où vous êtes partis, je n’ai plus pu prier. »
Cette histoire éclaire le deuxième élément de la préparation à Chavouot : l’unité. « Israël campa là, en face de la montagne » — comme un seul homme avec un seul cœur. La préparation consiste à comprendre qu’on n’est pas un individu isolé, qu’on fait partie de quelque chose de bien plus grand que soi. C’est cette conscience profonde de l’unité qui permet d’atteindre l’état de Na’aseh — car on ne se bat plus pour ses propres intérêts, on est tout entier au service d’un mouvement collectif et divin.
Le manteau après la Shoah — l’histoire de Chemouel ben Tsion
Une histoire brève, racontée au sujet du grand-père de l’orateur, que son souvenir soit béni, illustre magnifiquement ce principe.
Après la Shoah, en Eretz Israël, on ne mesurait pas encore l’ampleur totale de la catastrophe. On entendait des bribes ici et là, mais on ignorait l’étendue du désastre. On savait simplement que des gens se retrouvaient sans maison, sans rien. Une initiative se mit en place : collecter des vêtements pour les envoyer aux survivants.
Le grand-père, Chemouel ben Tsion — que son souvenir soit béni — se leva et alla acheter un manteau neuf, très beau, très distingué. Pour comprendre la portée du geste, il faut savoir que cet homme vivait dans une grande pauvreté : chaque hiver arrivant, il se disait intérieurement « encore la pluie, encore le froid », mais il ne s’achetait jamais de manteau. Il n’en avait pas eu depuis des années. Et voilà qu’il allait en acheter un, beau et neuf, pour l’envoyer à un inconnu.
On lui demanda : « Rav Chemouel, tu n’en as pas toi-même. Tu vas envoyer celui-là ? Les autres ont donné de vieux manteaux dont ils n’avaient plus besoin. » Il répondit : « Réfléchissez — un Juif qui a survécu à toute la Shoah arrive parmi nous. Vous allez lui envoyer un vieux manteau élimé ? Envoyez-lui le plus beau manteau que vous puissiez trouver. »
C’est cela, le Na’aseh. Faire les choses avec toute leur plénitude, sans d’abord calculer ce qu’on gardera pour soi. Les autres avaient donné — c’était bien, c’était beau, c’était respectable — mais ils avaient d’abord raisonné : « J’ai trois vieux manteaux, je vais en garder deux et envoyer celui-là. » C’est le Nishma qui précède le Na’aseh : on écoute d’abord sa propre logique, on évalue, et on agit en conséquence. Mais quand c’est le Na’aseh qui précède, on part dans l’autre sens : qu’est-ce que je peux faire de mieux, de plus grand, de plus généreux ? Les questions pratiques se résolvent d’elles-mêmes ensuite.
Se préparer à Chavouot — le Ma’assé comme fondement
Telle est la signification profonde de la préparation à Chavouot. Durant les quarante-neuf jours du compte du Omer, on travaille sur chacune de ses midot, attribut par attribut — le Hessed dans le Hessed, la Guevoura dans le Hessed, et ainsi de suite jusqu’à la Malkhout dans la Malkhout. Cette préparation a pour but d’affiner la capacité de Bitul, d’annulation de soi devant la volonté divine. Car c’est seulement dans cet état que le don de la Thora peut réellement pénétrer tous les mondes — ne pas rester une simple bonne pensée, mais se concrétiser dans la réalité tangible.
Le Ma’assé — l’acte — est l’essentiel. D.ieu se joint certes à la bonne intention, mais c’est d’abord par l’acte que le monde est transformé. Ce n’est pas de l’impulsivité, ce n’est pas de l’inconscience — c’est la reconnaissance que nous sommes entre Ses mains, que Celui qui a créé le monde entier sait ce que nous pouvons porter, et que notre rôle est de nous mettre en mouvement avec une confiance absolue.
C’est le message éternel de Na’aseh ve’Nishma : commençons par nous engager à faire — et la compréhension suivra. Comme le Rabbi avait coutume de le dire : l’action prime. Et que ce Chavouot soit pour nous tous une véritable réception de la Thora — non seulement dans l’intellect, mais dans chaque geste, chaque acte, chaque jour de notre vie.
Il est une mitsva d’abonder dans la préparation de différents mets pour la fête, plus que pour Chabbat, et que les aliments soient plus raffinés que les mets de Chabbat.
Bien qu’il n’y ait pas d’obligation de manger de la viande pendant la fête, il y a néanmoins une mitsva en cela – en raison de la joie de la fête.
Précautions concernant viande et lait
Comme mentionné ci-dessus, il est une mitsva d’abonder dans la nourriture et la boisson, et en particulier la viande, pendant Chavouot, comme pour les autres fêtes.
Puisque c’est la coutume d’Israël de manger aussi des aliments lactés pendant Chavouot, il faut veiller à ne pas enfreindre l’interdiction de viande et lait, tant au moment de la consommation qu’en préparant les aliments.
Placer des aliments lactés et carnés sur la plaque chauffante
Par conséquent, lorsqu’on veut placer des aliments lactés et carnés pour la fête sur la plaque chauffante, il faut maintenir une séparation complète entre le lait et la viande, le mieux étant, si possible, de consacrer une plaque séparée destinée aux aliments lactés.
Si on veut utiliser la même plaque à la fois pour le lait et la viande le même jour, et même simultanément – c’est possible, mais avec une grande prudence, comme suit :
Il faut bien envelopper le fond de la casserole lactée dans du papier aluminium (préparé avant la fête, mais on ne peut pas le découper pendant la fête) ou placer dessous quelque chose qui fait barrière, pour qu’il n’y ait pas de contact direct avec la plaque.
Il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas de sauce ou de saleté de la viande ou du lait qui causerait une émission ou un mélange entre le lait et la viande.
Si on a utilisé des aliments lactés sur la plaque, et qu’il n’y avait pas de séparation suffisante ou de nettoyage complet – il faut éviter de placer des casseroles de viande après cela au même endroit sans purification, et il faut demander à un rabbin le statut de l’aliment et aussi si on peut purifier la plaque pendant la fête.
De même, il faut veiller, que même si on réchauffe des aliments parve directement sur la plaque carnée propre, ou qu’on les place sur un couvercle de casserole carnée étanche – on ne peut pas les manger avec les aliments lactés.
Préparation de pain lacté
Il ne faut pas cuire de pain ou de pâtisserie avec du lait, pour ne pas en venir à le manger avec de la viande, sauf si on change sa forme par rapport aux autres pains, ou qu’il soit visible de l’extérieur qu’il est lacté (comme s’il est enduit de lait ou de miettes de fromage etc.), ou qu’on prépare une petite quantité suffisante seulement pour ce jour-là.
Consommation la veille de la fête
Il est une mitsva de s’abstenir a priori de manger du pain ou des gâteaux la veille de la fête à partir de la dixième heure (cette année, selon l’horizon de Tel Aviv : 16h10), mais il n’y a pas d’empêchement à manger et boire sans établir un repas jusqu’au soir.
Préparation
Ajout dans les trois piliers
En ce jour, il faut ajouter dans les trois piliers de la Torah, du service divin et des actes de bonté, et en particulier dans le don de tsedaka, et de manière d' »ouverture nouvelle ».
Annulation
Le 5 Sivan, il faut se préparer à recevoir la Torah par un ajout dans l’aspect de l’annulation, comme cela s’est exprimé dans l’antériorité de « nous ferons » sur « nous entendrons », jusqu’au niveau de l’annulation face au Maître de la volonté.
Achèvement du traité Sota
La veille de Chavouot, on termine le traité Sota, et plusieurs fois le Rabbi a organisé l’achèvement lors d’un farbrenguen la veille de Chavouot.
Étalement d’herbes et placement d’arbres
Dans notre demeure et dans la plupart des synagogues Habad ainsi que dans les maisons des hassidim – on n’a pas la coutume d’étaler des herbes et de placer des arbres en l’honneur de Chavouot.
Préparation du feu et de l’horloge de Chabbat
Puisqu’il est interdit de créer un feu nouveau pendant la fête, mais seulement de transférer d’un feu existant. Donc, la veille de la fête, il faut veiller à laisser un feu allumé, afin de pouvoir transférer le feu pour les besoins de cuisson pendant la fête ou pour l’allumage des bougies de la fête, pour ceux qui n’ont pas allumé avant l’entrée de la fête.
De même, il faut régler l’horloge de Chabbat et tous les appareils qui ont un dispositif de Chabbat etc.
Don de tsedaka
Ceux qui donnent la tsedaka chaque jour, donneront aujourd’hui aussi pour la fête.
Allumage des bougies
Horaire d’allumage
Selon notre coutume, l’horaire d’allumage des bougies est au moment indiqué dans les calendriers, comme chaque veille de Chabbat, mais même celle qui n’a pas allumé jusqu’à la nuit [quand cela tombe en semaine] – allumera la nuit, avant le repas. Et dans ce cas, la femme allume les bougies du feu qui brûlait avant la fête.
Ordre d’allumage
On allume les bougies puis on bénit, comme la veille de Chabbat. Et on n’éteint pas l’allumette, mais on la pose pour qu’elle s’éteigne d’elle-même, comme la veille de Chabbat.
Formule de la bénédiction
Pour l’allumage des bougies, on récite deux bénédictions : « pour allumer la bougie de la fête » et la bénédiction « Chehe’heyanou ».
Erreurs dans la bénédiction
Si elle a béni par erreur « pour allumer la bougie de Chabbat », si elle s’en souvient dans le temps de parole – elle reprend et dit « pour allumer la bougie de la fête ». Et si elle s’en souvient après le temps de parole – elle n’est pas quitte de son obligation et doit reprendre et bénir « pour allumer la bougie de la fête », et elle peut le faire tant que les bougies brûlent.
Bénédiction « Chehe’heyanou »
Celle qui doit allumer des bougies et faire la condition qu’elle n’accepte pas encore la fête – ne bénira pas « Chehe’heyanou » au moment de l’allumage des bougies mais se contentera d’accomplir cette bénédiction en l’entendant lors du Kidouch, et néanmoins celle qui bénit « Chehe’heyanou » au moment de l’allumage des bougies et compte sur cette condition a sur quoi s’appuyer.
Si elle a oublié de bénir « Chehe’heyanou » lors de l’allumage des bougies – elle aura l’intention de s’acquitter de cette bénédiction en l’entendant lors du Kidouch.
Une femme qui fait le Kidouch pour elle-même bénit « Chehe’heyanou » au moment de l’allumage des bougies et ne bénit pas une seconde fois au Kidouch.
Un homme qui allume bénit « Chehe’heyanou » seulement au Kidouch. Et s’il s’est trompé et a béni « Chehe’heyanou » à l’allumage des bougies – il ne bénit plus au Kidouch.
Moment propice
Chavouot est un moment de grâce en haut, et l’Éternel dérange l’accusateur contre le peuple d’Israël, comme lors de la perturbation au moment des sonneries de Rosh Hashana et du saint jour de jeûne de Yom Kippour, c’est-à-dire que Chavouot est un moment propice pour faire tout pour le bien de l’étude de la Torah et du service dans la crainte du Ciel, ainsi que pour s’occuper de repentir concernant la Torah sans que l’accusateur Satan ne dérange, comme au moment des sonneries de Rosh Hashana et du saint jour de jeûne de Yom Kippour.
Résolution sur un ajout dans la Torah
Comme à Rosh Hashana chacun doit prendre sur soi un embellissement nouveau, ainsi à Chavouot chacun doit prendre sur soi « par acceptation, vœu et cœur entier », un ajout dans l’étude de la Torah : que ce soit dans l’étude pour soi-même, que ce soit dans le dévouement à l’étude avec autrui et que ce soit dans le soutien de la Torah.
L’ajout dans l’étude de la Torah doit être à la fois dans le révélé et dans l’ésotérique de la Torah, à la fois en quantité – ajout dans les cours fixés, et dans les cours de Hitat et Rambam, ainsi qu’ajout de nouveaux cours, et à la fois en qualité – ajout dans la compréhension du sujet qu’on étudie. Et comme il est bon que l’ajout susmentionné soit dans des cours de Torah en public.
En 5750, le Rabbi a proposé « l’exigence et la demande de l’heure » – qu’en plus des cours fixés que chacun a dans l’étude de la Torah, chacun établisse un cours de Torah où il enseignera à d’autres (et comme il est bon, dix), et le Rabbi a ajouté que ce sujet concerne aussi les femmes – dans les lois qui leur sont nécessaires, et de même chez les enfants qui établiront un cours où ils enseigneront à d’autres enfants.
Prière d’Arvit
Il faut veiller à prier la prière d’Arvit de la fête après la sortie des étoiles.
On prie Arvit de la fête, et on commence « Shir Hamaalot », dans la Amida on prie la prière des trois fêtes et on dit « le jour de la fête de Chavouot » et après cela on dit le Kadich complet et « Aleinu Leshabeah ».
Erreurs dans la prière
S’il s’est trompé et n’a pas prié la prière des trois fêtes, mais a commencé par erreur le texte de la prière de Chabbat :
S’il s’en souvient après avoir commencé la bénédiction du milieu de Chabbat ou même s’il a déjà dit « Yihyu Leratzon » le premier – il interrompt et reprend le texte de la prière de la fête (« Tu nous as choisis » etc.).
S’il ne s’en souvient qu’après la fin de la prière, c’est-à-dire qu’il a bougé ses pieds ou qu’il a déjà dit « Yihyu Leratzon » le second même s’il n’a pas encore bougé ses pieds, même s’il a mentionné « Yaaleh Veyavo » dans sa prière – il reprend depuis le début de la prière.
Kidouch
L’ordre du Kidouch : « Atkinou Seudeta », bénédiction du vin, bénédiction du Kidouch du jour des trois fêtes et bénédiction « Chehe’heyanou ».
Celui qui a béni « Chehe’heyanou » au moment de l’allumage des bougies – ne bénit plus au Kidouch.
Repas de la fête
On mange le repas de la fête, qui comprend de la viande, même la nuit, et on mange les aliments lactés le lendemain après le Kidouch.
De même, on boit un Reviit de vin, pour la joie de la fête, mais certainement qu’on ne « s’enivre » pas etc.
En buvant un Reviit de vin au Kidouch, on peut aussi s’acquitter de l’obligation de boire un Reviit de vin pour la joie de la fête, mais il est bon de boire un Reviit de vin en plus de la boisson du Kidouch.
Birkat Hamazon
Dans le Birkat Hamazon, on ajoute « Yaaleh Veyavo » et on y mentionne « le jour de la fête de Chavouot, le jour de fête de convocation sainte », et on dit aussi : « Que le Miséricordieux nous fasse hériter du jour qui est entièrement bon ».
Celui qui oublie de dire « Yaaleh Veyavo » :
S’il s’en souvient avant la fin de la bénédiction « Boneh Yeroushalayim » – il reprend et le dit et termine la bénédiction « Boneh Yeroushalayim ».
S’il a terminé la bénédiction et n’a pas encore commencé la bénédiction « Hatov Vehametiv » – il dit comme une bénédiction en soi : « Béni sois-Tu Éternel notre Dieu Roi de l’univers qui a donné des jours de bonheur à Son peuple Israël pour la joie et l’allégresse, le jour de la fête de Chavouot, béni sois-Tu Éternel qui sanctifies Israël et les temps ».
S’il a commencé la bénédiction « Hatov Vehametiv » – il reprend depuis le début du Birkat Hamazon.
Le statut de la bénédiction de forme abrégée : avant « Car Tu es bon et Tu fais du bien » etc., on ajoute : « et souviens-nous pour le bien le jour de la fête de Chavouot », et a posteriori, s’il a oublié et n’a pas mentionné – il ne reprend pas et ne bénit pas.
Veillée
La nuit de Chavouot, on veille toute la nuit.
En veillant toute la nuit, on ne dit pas la lecture du Chema avant de dormir cette nuit-là.
Le Admour Haemtsa’i a promis que la veille toute la nuit mériterait la couronne de Torah.
Il va de soi qu’il ne faut pas passer le temps pendant la veille la nuit en choses vaines, car le gain sortirait en perte, et celui qui reste oisif est comme celui qui dort.
Récitation du « Tikkoun »
On a la coutume de dire le « Tikkoun Leil Chavouot ».
Il faut dire spécifiquement le « Tikkoun Leil Chavouot » et il ne suffit pas d’une autre étude.
On ne dit pas les prières et demandes imprimées au début et à la fin du « Tikkoun ».
On ne dit pas le Kadich d’orphelin après la fin de la Torah ou des Prophètes etc. ou le Kadich de rabbins après les Michnayot.
La récitation du Tikkoun doit être faite avec le sérieux qui convient, comme si on recevait la Torah maintenant du mont Sinaï.
Il faut veiller à prononcer avec ses lèvres et faire entendre à ses oreilles tout ce qu’on étudie (sauf dans l’étude approfondie pour comprendre une chose d’une autre), et c’est ainsi qu’il faut se conduire aussi dans la récitation du Tikkoun, pour s’acquitter de l’obligation de la mitsva d’étude de la Torah.
Dans l’étude de la Torah écrite, l’essentiel est qu’on prononce avec ses lèvres même si on ne comprend pas ce qu’on étudie, mais dans la Torah orale on doit comprendre ce qu’on étudie, pour s’acquitter de l’obligation de la mitsva d’étude de la Torah. Et c’est ainsi qu’il faut se conduire aussi dans la récitation du Tikkoun, bien qu’il y ait aussi un aspect même dans la récitation des lettres de la Torah en elles-mêmes.
Il est bon que même de jeunes enfants participent à la récitation du Tikkoun, selon leur compréhension et leur capacité.
Celui qui n’a pas réussi à terminer la récitation du Tikkoun la nuit – le terminera le jour.
Mikve avant l’aube
Avant et près de l’aube [même selon l’opinion qui l’avance de 120 mn, et cette année : 3h00 en Israel selon l’horizon de Tel Aviv] on s’immerge au mikvé quatre immersions.
L’aube – Nets
En veillant à l’heure où l’aube s’est déjà levée avec certitude (c’est-à-dire même selon l’opinion tardive, c’est-à-dire 72 minutes avant le lever du soleil [et cette année : 4h03 selon l’horizon de Tel Aviv]), on se lave les mains 3 fois en alternance et on bénit les bénédictions du matin et les bénédictions de la Torah dans l’ordre, en commençant par la bénédiction « sur la netilat yadayim ».
Il est préférable qu’il fasse ses besoins avant la netilat yadayim.
Celui qui au moment de l’aube est encore occupé à la récitation du « Tikkoun », n’a pas besoin d’interrompre et de bénir les bénédictions de la Torah et peut continuer son étude, et il y a ceux qui pensent qu’il faut interrompre et bénir les bénédictions de la Torah dès que l’aube se lève.
Pour la bénédiction du tsitsit, s’il change de tsitsit, il ne bénit qu’après être arrivé au moment de « Mashkir » [et cette année : 4h44 selon l’horizon de Tel Aviv].
Il est bon de dormir un peu avant la prière afin de pouvoir prier avec concentration, et pourvu qu’il veille à ne pas s’endormir et manquer l’heure de la lecture du Chema.
Dans cette situation, s’il est arrivé au moment de « Mashkir », il dira la lecture du Chema de Cha’harit, et s’il n’est pas encore arrivé à ce moment, et c’est après l’aube, puisqu’en cas de nécessité on peut alors déjà lire la lecture du Chema de Cha’harit – il la lira maintenant et fera la condition que s’il ne se réveille pas avant la fin de son temps – il sera quitte de son obligation par cette lecture, et s’il se réveille avant cela – il ne sera pas quitte par cette lecture et lira de nouveau la lecture du Chema en son temps a priori.
Heure de la prière
Il est coutume de dormir un peu avant la prière afin de pouvoir prier avec concentration, et pourvu que le sommeil modéré aide effectivement à la concentration de la prière et non l’inverse, et certainement qu’il sait en lui-même qu’il ne manquera pas l’heure de la lecture du Chema de Cha’harit, que Dieu nous en préserve.
Même si on va dormir après l’aube, on n’a pas eu la coutume de s’immerger de nouveau avant la prière, mais on compte sur l’immersion qui a eu lieu près de l’aube.
Prière de Cha’harit
On prie la prière de Cha’harit de la fête, et la prière de la Amida des trois fêtes.
Dans la répétition du délégué, on a la coutume de chanter la mélodie « Tu nous as choisis » avec le délégué du public, et il y a pour le délégué du public à dire ou chanter aussi ce passage, puisqu’il doit répéter toute la prière.
Hallel
Il est une mitsva de choix de prier avec la communauté afin de pouvoir lire le Hallel avec eux immédiatement après la prière de Cha’harit et répondre avec la communauté « Hodou » et « Ana » après le délégué du public.
Celui qui n’a pas lu le Hallel après la prière de Cha’harit, peut le lire toute la journée jusqu’au soir, car toute la journée convient pour la lecture du Hallel.
Avant la récitation du Hallel, on bénit : « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de lire le Hallel », que ce soit en communauté ou individuellement.
La coutume en pratique dans la communauté est que d’abord le délégué du public bénit et la communauté répond Amen sur sa bénédiction, et après cela chacun bénit pour soi-même.
Dans « Hodou la-H' » etc., le délégué du public récite : « Hodou » etc. et toute la communauté répond après lui : « Hodou » etc., et continue [à voix basse] « Yomar » etc., le délégué du public (dit [à voix basse] « Hodou » etc. avec la communauté et après cela) récite : « Yomar » etc., et toute la communauté répond après lui : « Hodou » etc., et continue [à voix basse] : « Yomrou » etc., et ainsi pour le second « Yomrou ».
Même quand on prie individuellement, on double « Hodou la-H' » etc. après chacun des versets « Yomar(ou) na ».
Dans la récitation du verset « Hodou la-H' » etc., il faut souligner les mots « car pour l’éternité » pour qu’on n’entende pas « Kileolam », et aussi souligner le samech de « hasdo ».
Il est interdit d’interrompre par la parole pendant la récitation du Hallel, sauf pour les paroles de sainteté, comme on interrompt dans la lecture du Chema et ses bénédictions, c’est-à-dire qu’il est permis d’interrompre au milieu du chapitre et même au milieu du verset, pour le Kadich – pour répondre « Amen yehe shmeh raba » et Amen sur « De’amiran be’alma », pour la kedousha – pour répondre « Kadosh » etc., « Baruch » etc., « Yimloch » etc., pour le modim des rabbins – seulement pour dire « modim anahnou lach », pour répondre « Barekhou » du hazan et de celui qui monte à la Torah, et aussi pour répondre Amen aux bénédictions de la Torah, la bénédiction « Ha-El Hakadosh » et la bénédiction « Shomea tefilah ».
Si on a interrompu au milieu du verset, quand on reprend la récitation du Hallel, on reprend depuis le début du verset où on a interrompu.
Après la fin de la récitation du Hallel, on dit le Kadich complet, le cantique du jour, le Kadich d’orphelin.
« Akdamout » et lecture de Ruth
Il n’est pas de notre coutume de dire le piyyout des ‘Akdamout’.
On ne lit pas le rouleau de Ruth le jour de Chavouot.
Lecture de la Torah
À l’ouverture de l’arche des trois fêtes, on dit avant « Berich shmeh » les 13 attributs une fois et la prière « Ribon shel olam ».
On sort deux rouleaux de Torah, on donne le premier rouleau au délégué du public pour qu’ils l’emmènent à la bima de lecture, et le second rouleau, celui qui ouvre l’arche le prend lui-même et l’emmène après le délégué du public vers la bima de lecture.
A priori, il faut rouler le second rouleau de Torah avant la prière, afin d’éviter la peine de la communauté de le rouler en public au moment de la lecture.
Il faut s’efforcer que le premier rouleau qu’on sort du heichal soit préparé pour la première lecture. Cependant, si on s’est trompé et qu’on s’est mélangé entre les rouleaux, alors on échangera entre les rouleaux et on lira d’abord dans le rouleau préparé pour la première lecture, et cela même si on a déjà posé le rouleau sur la bima et qu’on l’a ouvert pour la lecture.
Après que les rouleaux de Torah arrivent à la bima de lecture, on pose sur la bima le premier rouleau de Torah, et on remet le second rouleau de Torah à celui qui s’assiéra avec et le tiendra jusqu’à ce qu’arrive le moment de la lecture en lui.
Dans le premier rouleau de Torah, on appelle cinq appelés dans la section Yitro, depuis « Ouvahhodesh hashlishi letset bnei Yisrael » etc. jusqu’à la fin de la section (Exode 19, 1-20, 22).
Les Dix Commandements
La lecture des Dix Commandements se fait avec un cantique sublime.
Au moment de la lecture des Dix Commandements, la communauté se lève et leurs visages sont vers le rouleau de Torah.
Concernant la lecture des Dix Commandements pour les enfants d’Israël – voir ci-dessous section 58 et suite.
« Mi Chebera’h »
Dans la récitation « Mi Chebera’h » pour celui qui monte à la Torah, on dit : « En raison de ce qu’il est monté… et en l’honneur de la fête… et qu’il mérite de monter en pèlerinage avec tout Israël ses frères ».
La formule « Mi Chebera’h » pour un malade le jour de fête comme elle est dans le siddour Torah Or : « Celui qui a béni nos pères Abraham Isaac et Jacob Moïse et Aaron David et Salomon, qu’Il bénisse (untel/unetelle fils/fille d’untel/unetelle) en raison que (untel fils d’untel) a fait un vœu de tsedaka pour lui (pour elle), Chabbat c’est de crier et la guérison proche de venir et disons Amen ».
Après la lecture, à la fin de la montée du ‘hamishi’, on pose le second rouleau de Torah sur la bima de lecture à côté du premier rouleau de Torah, on dit le demi-Kadich, et après cela on fait la hagbaha et la gelila du premier rouleau de Torah.
Après la fin du roulement du premier rouleau de Torah, on ouvre le second rouleau de Torah et on lit pour le maftir dans la section Pinhas (Nombres 28, 26-31) « Ouveyom habikourim », et après cela on fait la hagbaha et on le roule comme d’habitude.
Dans un endroit où il n’y a qu’un seul rouleau de Torah, on dira le demi-Kadich immédiatement après la fin de la montée du ‘hamishi’ et seulement après cela on roulera le rouleau de Torah au maftir et après la lecture du maftir on fait la hagbaha et on le roule comme d’habitude.
Haftara
Après cela, on lit pour la haftara du jour dans la vision d’Ézéchiel – « Vayehi bishloshim shana » etc. (Ézéchiel ch. 1).
Il est coutume d’honorer de cette haftara un homme grand et sage.
Il y a ceux qui ont la coutume de se lever pendant la récitation de cette haftara.
Izkor
Après la fin de la lecture de la Torah et de la haftara, on pose les rouleaux de Torah sur la bima et celui qui n’a pas de père ou de mère qu’ils reposent en paix dit l’ordre du rappel des âmes.
Celui dont les parents sont vivants, sort de la synagogue au moment de la récitation de ‘Yizkor’, et on a aussi la coutume de fermer les portes.
Les endeuillés qui se trouvent dans l’année de deuil, restent dans la synagogue, mais ne disent pas ‘Yizkor’.
Dans la prière de ‘Yizkor’, on rappelle les âmes avec le nom de leur mère (et non avec le nom du père comme d’habitude).
Il est coutume au moment du rappel des âmes de faire un vœu de tsedaka, certains disent de manière générale qu’ils donneront à la tsedaka et certains disent explicitement la somme qu’ils donneront.
Nos maîtres les dirigeants ont insisté pour tenir les ‘arbres de vie’ du rouleau de Torah posé sur la bima.
« Il est connu de la coutume des hassidim de mentionner aussi le honoré père notre maître le Admour (ainsi que nos maîtres les dirigeants qui l’ont précédé, concernant ceux qui les ont connus), car c’est un sujet dont l’action est pour celui qui le dit.. »
Après le rappel des âmes, [on revient dans la synagogue et] on dit « Av Harahamim », et même celui qui n’a pas dit « Yizkor » peut le dire.
Après cela, on dit « Ashrei » et on remet les rouleaux de Torah dans l’arche sainte, on dit le demi-Kadich et on prie la prière de moussaf.
Prière de Moussaf
On prie la prière de moussaf des trois fêtes.
Dans la prière de moussaf, dans le passage qui commence « Ouminhhatam veniskeihem », on dit à Chavouot : « Oushnei seirim lechaper ».
Celui qui oublie et ne dit pas les versets du sacrifice de moussaf ou se trompe et dit les versets du sacrifice d’une autre fête, s’il n’a pas encore terminé la bénédiction – il reprend et dit les versets du sacrifice de moussaf de Chavouot et continue dans l’ordre, et s’il a déjà terminé la bénédiction, puisqu’il a dit « Et le moussaf du jour de la fête de Chavouot.. comme Tu as écrit sur nous dans Ta Torah » – il est quitte a posteriori et ne reprend pas.
Dans la répétition du délégué, les cohanim élèvent leurs mains, comme chaque fête. Les coutumes de l’élévation des mains – comme imprimé dans le siddour.
Après la prière de moussaf – « Kaveh », « Ein Kaelokénou », Kadich de rabbins, « Aleinou leschabea’h », chapitre de tehilim du jour, Kadich d’orphelin [Michnayot, Kadich de Rabbanan], six rappels.
C’est la coutume d’Israël de manger des aliments lactés le premier jour de Chavouot, mais selon ce qu’il y a aussi une mitsva dans la consommation de viande comme chaque fête, il faut veiller à ne pas enfreindre l’interdiction de viande et lait.
En pratique, on a la coutume de manger les aliments lactés le matin après le Kidouch, et on mange alors des sortes de gâteaux lactés, et après cela (selon ce qui est expliqué ci-dessous section 61) on se lave les mains et on mange un repas carné.
Dans le repas lacté, après le Kidouch, il faut veiller à manger comme une olive (27 cm³) de sortes de gâteaux dans le temps de manger un morceau de pain, afin qu’il y ait « Kidouch à l’endroit du repas ».
Il est interdit de manger du lait et de la viande dans le même repas, et donc après avoir mangé des aliments lactés, il faut se laver les mains, bénir une bénédiction finale, et après avoir attendu une heure depuis la fin de l’alimentation lactée, on peut commencer un repas carné – et il faut étaler une nappe nouvelle à cet effet.
Il ne faut pas manger de poisson avec du lait, mais on peut les manger avec des produits lactés ayant des pourcentages de graisse, comme le beurre, la crème, le fromage jaune etc. et on peut aussi mélanger ces produits lactés dans d’autres aliments lactés.
Boisson de vin
On boit un Reviit de vin pendant le repas, pour la joie de la fête, mais certainement qu’on ne « s’enivre » pas etc.
En buvant un Reviit de vin au Kidouch, on peut aussi s’acquitter de l’obligation de boire un Reviit de vin pour la joie de la fête, mais il est bon de boire un Reviit de vin en plus de la boisson du Kidouch.
Rappel du Baal Shem Tov
Chavouot est le jour de hilloula du Baal Shem Tov, et donc pendant le repas de Chavouot, il faut répéter une ‘Torah’ et raconter une histoire du Baal Shem Tov.
Joie de la fête
L’accomplissement de la mitsva de joie de la fête doit être de manière qu’il soit souligné en elle qu’elle n’est pas simplement une joie matérielle, mais qu’elle est une joie de mitsva et de Torah.
La joie de la fête de Chavouot doit être de manière qu’elle soit aussi visible dans l’extériorité de la personne, qu’il tape dans ses mains et danse avec ses pieds, car par cela est visible l’innovation de Matan Torah – l’action dans la matérialité du monde.
Les Dix Commandements pour les enfants d’Israël
Le Rabbi a institué de veiller à amener les enfants d’Israël à Chavouot – avec leurs pères et leurs mères (évidemment avec séparation) – pour entendre la lecture des Dix Commandements dans le rouleau de Torah.
A priori, il faut amener les enfants à la synagogue au moment de la lecture de la Torah de la communauté, mais dans la mesure où la chose n’est pas possible, ou qu’on veut organiser (aussi) une lecture séparée pour les enfants, il faut veiller à ce qu’elle soit organisée dans un endroit avec lecture devant un minyan d’hommes adultes dont au moins six n’ont pas encore entendu la lecture de la Torah.
Quand on organise un minyan séparé pour la lecture de la Torah avec (au moins la majorité du) minyan qui n’a pas entendu la lecture de la Torah, évidemment qu’il faut lire pour eux toute la lecture de Chavouot avec maftir et haftara, comme d’habitude.
Cependant, pour les enfants, l’accent est principalement sur l’écoute de la lecture des Dix Commandements (et les versets d’introduction) [et donc il convient qu’au moment du début de la lecture ainsi que dans la lecture du maftir et de la haftara se concentrent autour du rouleau de Torah principalement les adultes, et au moment de la lecture des Dix Commandements se rapprocheront du rouleau de Torah principalement les enfants].
En substance, lors de la lecture des Dix Commandements, la communauté se lève et leurs visages sont vers le rouleau de Torah.
Pour celui qui ne peut pas amener les enfants au moment de la lecture de la Torah de la communauté, il peut organiser le moment opportun pour eux plus tard, et pourvu qu’il amène un nombre suffisant d’enfants de manière qu’il y ait « avec une multitude de peuple », selon les conditions du lieu.
Lecture et sortie du rouleau de Torah à l’extérieur de la synagogue
En règle générale, il faut éviter de sortir un rouleau de Torah de la synagogue pour l’organisation de la lecture des Dix Commandements pour les enfants, même pas pour l’amener à une maison ou un bâtiment public autre, sauf si on l’a amené là avant la fête et a priori on s’efforcera d’y lire 3 lectures, ou on lui a consacré un endroit honorable, ainsi qu’un accompagnement du rouleau de Torah vers cet endroit – quand cela se fait dans la rue – doit se faire de manière honorable, quand il est couvert d’un tallith. Et en cas de nécessité – il suffit d’une lecture, et pourvu qu’on préserve l’honneur du rouleau de Torah, comme dit.
On peut organiser la lecture dans la cour de la synagogue, mais il ne faut pas sortir le rouleau de Torah pour une lecture dans un parc ou un jardin public etc.
« Tahalou’hot »
Comme dans les trois fêtes, les membres d’Anash ont la coutume d’aller dans les synagogues et maisons d’étude pour réjouir les juifs dans la joie de la fête.
Cette joie se fait en particulier par la répétition (et la distribution) de paroles de Torah là-bas – révélé de la Torah et ésotérique de la Torah.
Prière de Minha
On dit les sacrifices, « Ashrei » et « Ouva Letsiyon », et on prie la prière de la Amida des trois fêtes, « Aleinou leshabeah ».
Farbrenguen
Il est coutume dans les communautés d’Anash d’organiser un farbrenguen après la prière de minha, avant le coucher du soleil, et on se lave les mains pour le repas, on fait la bénédiction sur du pain double, et on mange du pain (au minimum comme un œuf, soit 56 cm³), et on chante les mélodies de nos maîtres les dirigeants.
De même, pendant le farbrenguen, on chante la mélodie des quatre strophes du Admour Hazaken.
Même si le repas se prolonge jusqu’après la fête, même plusieurs heures dans la nuit, tant qu’on n’a pas prié maariv, on doit mentionner « Yaaleh veyavo » dans le birkat hamazon.
Celui qui oublie et se trompe et ne dit pas « Yaaleh veyavo » dans ce repas – ne reprend pas.
Prière d’Arvit
À la sortie de la fête, on prie la prière d’arvit du quotidien comme d’habitude.
Havdala
On fait la havdala sur la coupe comme chaque sortie de fête – sans bougie et parfums et on ne dit pas « Veyiten le’ha ».
Isrou Hag – « Jour d’abattage »
Le jour qui suit Chavouot s’appelle « Jour d’abattage », parce qu’en ce jour on sacrifiait les holocaustes de vision de la fête. Et donc il est interdit de jeûner en ce jour, même pour un marié le jour de ses noces.
Il faut ajouter dans la nourriture et la boisson le jour d’Isrou Hag, et quiconque y abonde dans la nourriture et la boisson c’est comme s’il avait construit un autel et sacrifié dessus un sacrifice.
En ce jour, il faut ajouter dans le don de tsedaka de son argent (personnel, et non de l’argent de maaser), comme pour l’holocauste de vision qu’ils complétaient en ce jour au Temple.
Comme c’est la coutume dans les trois fêtes, on organise un « rassemblement de Torah » à Isrou Hag Chavouot, et il faut l’annoncer et le faire connaître afin qu’il y ait de nombreux participants.
Dans les endroits où ils ne pourront pas faire cela le jour d’Isrou Hag lui-même, il est possible de le faire dans les jours qui suivent, de manière qu’il puisse y avoir « avec une multitude de peuple », selon les conditions du lieu.
Les jours de complément
Les jours entre le 7 Sivan (Isrou Hag Chavouot) et jusqu’au 12 Sivan s’appellent « les jours de complément », parce qu’à l’époque où le Temple était debout, on pouvait compléter en eux l’offrande des sacrifices de la fête. Et selon notre coutume, on ne dit pas le tachanoun en eux.
Ces jours sont un moment très propice pour recevoir de bonnes résolutions dans l’étude de la Torah et les accomplir en pratique, et en particulier – pour se renforcer dans la garde des cours fixés de Hitat et Rambam, ainsi que pour ajouter dans l’établissement de temps pour la Torah en général.
Il faut ajouter dans ces jours dans le don de tsedaka en relation avec la joie de la fête des pauvres à Chavouot.
Il faut utiliser ce jour pour recevoir de bonnes résolutions dans l’étude de la Torah, la diffusion de la Torah et la diffusion des sources vers l’extérieur, et pour un ajout dans l’amour d’Israël et le don de tsedaka, et il faut accomplir ces résolutions immédiatement en pratique.
Il faut ajouter dans la tsedaka en ce jour, et celui qui n’a pas eu le temps – complétera cela dans les jours qui viennent.
B »H, jours de préparation au moment du Don de notre Torah, 5743 (1983)
Brooklyn, New York
Aux fils et filles d’Israël
Où qu’ils soient
Que D.ieu soit avec eux
Paix et bénédiction !
En ces jours propices, chacun et chacune profiteront certainement de ces jours spéciaux pour ajouter dans la préparation à la réception de la Torah, pour se préparer avec plus de force et de vigueur à l’approche de ce grand jour – « le jour où tu t’es tenu devant l’Éternel ton D.ieu au Horeb » – pour recevoir la Torah éternelle qui ne sera pas échangée.
Allez apprendre comment nos ancêtres se sont préparés pour ce jour-là, depuis le jour où Moïse notre maître a reçu la bonne nouvelle « lorsque tu feras sortir le peuple d’Égypte, vous servirez D.ieu sur cette montagne », c’est-à-dire que le don de la Torah sur le mont Sinaï était le but de la sortie d’Égypte, de l’esclavage à la liberté, pour être des serviteurs de D.ieu et non des esclaves d’esclaves, y compris ne pas être esclaves du « dieu étranger (le mauvais penchant) qui est en toi » – car c’est cela la vraie liberté complète ;
Il est clair que tous les signes et les prodiges qu’ils ont vus en Égypte et sur la mer, qui étaient de frapper les Égyptiens et de guérir Israël, ont impressionné et dirigé leur esprit et leur cœur vers leur Père dans les cieux avec amour et crainte, comme le reflet dans un miroir, comme l’Admour Hazaken l’a merveilleusement expliqué dans son livre, le saint Tanya, dans la célèbre parabole d’un grand roi montrant son immense amour pour un simple homme, etc ;
Et immédiatement le lendemain de leur sortie d’Égypte triomphalement – ils ont commencé à compter les jours et les semaines avec nostalgie, désir et soif pour ce jour propice, où l’Éternel est descendu sur le mont Sinaï à leurs yeux et leur a donné Son trésor caché, et ils se sont élevés en sainteté de jour en jour dans la préparation à cet événement, tout cela selon les instructions (et les encouragements et l’aide) de Moïse notre maître, le berger d’Israël, le berger fidèle depuis toujours et jusqu’à ce jour ;
Pendant ce temps, l’Éternel a encore fait des merveilles avec Sa bonté, Il les a nourris de pain du ciel (la manne) et a fait sortir pour eux (et leur a donné à boire) de l’eau du rocher (le puits de Myriam), Il les a fait asseoir et les a entourés des nuées de gloire, et les a conduits dans le désert – loin de toutes les vanités de ce monde etc. – et après toutes ces préparations et plus encore, cela ne suffisait pas, et quand ils sont arrivés trois jours avant le don de la Torah, ils avaient encore besoin d’ajouter une préparation supplémentaire – durant les trois jours de délimitation – pour s’élever au niveau le plus haut, afin de recevoir la Torah, la Torah de D.ieu, avec joie et intériorité.
De là on comprend – et à plus forte raison – quelle doit être l’assiduité et la préparation pour recevoir la Torah à notre époque, qui est cette même Torah donnée sur le mont Sinaï.
Mais puisque notre Torah, la Torah de vérité, dit que l’Éternel ne demande à l’homme que selon ses capacités (et pas au-delà de ses forces), Il a certainement donné à chacun et chacune toutes les forces et tout ce qui est nécessaire pour qu’à l’arrivée des jours de délimitation et du moment du Don de notre Torah – il accomplisse et fasse tout cela (et parfaitement comme le souhaite le Donateur de la Torah), et l’homme doit seulement les faire passer de la puissance à l’acte.
Et le verset dit « L’Éternel donnera la force à Son peuple » (et un verset ne sort jamais de son sens littéral), et nos Sages ont expliqué et interprété qu’il n’y a de force que la Torah – c’est-à-dire que déjà avant le don de la Torah, la force et la vigueur ont été données pour la recevoir et l’accomplir parfaitement.
Cependant, les trois jours de délimitation et le moment du Don de notre Torah n’ont lieu qu’une fois par an, mais une préparation supplémentaire similaire et un don de la Torah similaire existent chaque jour, comme on le sait de l’explication du libellé précis de la conclusion de la bénédiction sur la Torah, dans les bénédictions du matin de chaque jour et de même lors de la montée à la Torah – « Qui donne la Torah », au présent, car chaque jour il y a un nouveau don de la Torah, et donc il est clair qu’il faut s’y préparer, et nos Sages ont dit et ordonné – chaque jour elles seront à tes yeux (comme) vraiment nouvelles.
Et c’est à l’image de « quand tu feras sortir le peuple d’Égypte », la fête de Pessa’h, le moment de notre libération, dont le souvenir annuel de la sortie d’Égypte est à Pessa’h et à son début, et en plus de cela il y a l’obligation de se souvenir de la sortie d’Égypte chaque jour, deux fois par jour (y compris les nuits), et le souvenir annuel (de façon que tout souvenir dans la Torah – on s’en souvient et on le fait) qui ajoute de la vitalité et de la lumière au souvenir de chaque jour,
Il en est de même pour le don de la Torah et la réception de la Torah (et les jours de délimitation) annuels (une fois par an) au troisième mois, et à partir d’eux se répand une grande abondance et ils ajoutent de la vitalité et de la lumière dans l’accomplissement de l’ordre qu’elles soient à tes yeux (comme) nouvelles – chaque jour, tout au long de la journée.
Puisse la volonté divine être que chacun et chacune complètent toutes les préparations, en particulier durant les jours de délimitation, jusqu’à – la fin des sept semaines complètes, et qu’ils reçoivent la Torah avec joie et intériorité au moment du Don de notre Torah, et de la manière mentionnée, que cela se prolonge et agisse chaque jour de toute l’année, et que très bientôt se réalise la promesse : « Lève-toi, D.ieu, juge la terre (selon le jugement de notre Torah, qui est le jugement divin – le jugement est miséricorde) car Tu hériteras toutes les nations » – et comme il est dit « Car alors Je transformerai les peuples en une langue pure pour qu’ils invoquent tous le nom de l’Éternel, pour Le servir d’un commun accord », avec la Délivrance véritable et complète par notre Messie de justice.
Avec respect et bénédiction de réussite dans tout ce qui a été mentionné
Et avec la bénédiction d’une joyeuse fête de Chavouot
Et de recevoir la Torah avec joie et intériorité
Comme on le sait, chaque année, à la fin du premier jour de la fête de Chavouot, des milliers de hassidim de Loubavitch partaient en ‘Tahalou’ha’ pour se réjouir dans des centaines de synagogues et de maisons d’études à travers New York, conformément à volonté du Rabbi. Lors de leur retour au 770, le Rabbi les accueillait et leur adressait une Si’ha spéciale.
Lors de la fête de Chavouot 5751, c’était la dernière fois que nous avons entendu les paroles sacrées du Rabbi à l’occasion de la fête de Chavouot. Dans son discours, le Rabbi a mentionné les enseignements de Rabbi Morde’hai Leifer de Nadvorna, l’auteur du Maamar Morde’haï, sur le sujet de la fête de Chavouot, et a expliqué cela en profondeur :
En ce qui concerne la fête de Chavouot, nos Sages ont déclaré qu’il est universellement admis que la célébration de la fête devrait également nous apporter une satisfaction matérielle. Les Rebbeim polonais (Rabbi Morde’haï de Nadborna) ont fait remarquer que les mots hébreux qui véhiculent ce concept, נמי לכם, sont numériquement équivalents au mot « Kets », la fin des Temps, qui fait référence au temps fixé pour la venue du Machia’h.
Il existe un lien intrinsèque entre ces concepts et la fête de Chavouot. Chavouot marque le yahrzeit du roi David et ainsi, comme les yahrzeit de tous les tsaddikim, « apporte le salut dans les profondeurs de la terre », une expression qui, dans un sens ultime, fait référence à la Rédemption future. Chavouot marque également le yahrzeit du Baal Shem Tov et est également lié à Moché Rabénou, car « Moché a reçu la Torah du Sinaï ».
Puissions-nous mériter la venue du Kets dans un avenir immédiat et ainsi, nous continuerons la célébration de la fête de Chavouot en Erets Israël, étant immédiatement rassemblés sur notre Terre Sainte avec tous les exilés d’Israël d’une manière convenant à une année où « Je vais vous montrer des merveilles. » « Avec nos jeunes et avec nos aînés… avec nos fils et avec nos filles », nous irons à Jérusalem et au Beth Hamikdach.
Et là, nous vous offrirons nos sacrifices que nous sommes tenus d’apporter: les holocaustes quotidiens selon leur ordre et les offrandes de Moussaf selon leur règle. » Cela inclura les sacrifices que nous apporterons le deuxième jour de Chavouot à l’ère de la rédemption. (La nature exacte de ces sacrifices est inconnue. Cependant, des sacrifices seront apportés ce jour-là.)
Ensuite, nous continuerons notre vie ensemble en Terre Sainte, à Jérusalem, et dans le Beth Hamikdach dans lequel se trouve le Saint des Saints, qui contiendra l’Arche où seront placées les Tablettes des Dix Commandements (pas seulement les Deuxièmes Tables, mais aussi les Premières).
Puissions-nous nous rendre immédiatement en Erets Israël. (De manière significative, מיד), l’hébreu pour « immédiatement », est un acronyme pour les noms des trois dirigeants juifs mentionnés précédemment Moché, Israël (Baal Chem Tov) et David ( משה, ישראל, דוד). Et puissions-nous mériter le Kets avec la venue de la Rédemption ultime, par le Machia’h.
C’est un fait très étonnant que les paroles brèves et condensées de Morde’hai Leifer de Nadvorna, qui sont au-delà de la compréhension humaine, ont été élargies et expliquées par le Rabbi pour apporter les points de la Torah du Baal Shem Tov et de la Hassidout en générale avec compréhension et passion, de manière à « connaître le Seigneur ».
Il est intéressant de noter que le Rabbi a répété l’enseignement du Morde’hai Leifer de Nadvorna à deux autres occasions : en privé pour les invités après la fête de Chavouot – le 10 Sivan 5751, et dans le cours de la semaine de la Parasha Nasso le 12 Sivan, ce qui témoigne de l’importance particulière de ces paroles.
À cette fin, nous présentons le texte en hébreu, qui incluent les principes de la Hassidout en général et de la Hassidout Habad en particulier, et le lien entre la fête du Don de la Torah et la rédemption de l’ensemble d’Israël.
Il est possible de télécharger le fichier et de le diffuser.
Rabbi Morde’haï Leifer de Nadvorna (né le 10 mai 1824 à Nadvorna, Royaume de Galicie et décédé le 15 octobre 1894 à Bushtyno, Royaume de Hongrie) était le deuxième Grand Rabbi de la dynastie hassidique de Nadvorna et un descendant de Rabbi Meir le Grand de Premishlan, le fondateur de la dynastie.
Né à Nadvorna, il était le fils du premier Rabbi de Nadvorna, Rabbi Yisachar Bertzi, et de son épouse Rachel, la fille du Rabbi Abraham Leib Bloch. Son parrain était son oncle maternel, Rabbi Meir de Premishlan, qui a dit de lui que son âme provenait de celle de Morde’haï Hayéhoudi, d’où son nom.
Il a épousé Haya, la fille de Rabbi Chmouel Shmelke Taubes de Yash, le fils de Rabbi Aaron Moshe Taubes. Après le décès de Haya le 8 Tishrei 1892, il a épousé Freida, la veuve de Rabbi Gershon de Oliyinov.
Les grands rabbins de son époque, y compris Rabbi Avraham Yehuda Schwartz, l’auteur du She’elot u’Teshuvot Kol Aryeh, l’ont loué même lorsqu’il était un jeune homme. Rabbi Israël de Vizhnitz a déclaré : « Rabbi Morde’haï est au-dessus du temps et de l’esprit », tandis que Rabbi Israël de Ruzhin et Rabbi Haïm Halberstam de Tsanz l’ont respecté et aimé alors qu’il était encore un jeune homme.
Après son mariage, il a déménagé à Nadvorna, où il a servi comme Rabbi à la suite de son père. Puisqu’il avait un frère qui était aussi Rabbi à Nadvorna, il a déménagé en Hongrie, où il a servi comme Rabbi dans divers endroits, dont Kibyushod et Hust. De Hust, il a déménagé à Bushtyno, où il est devenu l’un des plus grands rabbins de son époque, reconnu comme un Tsaddik et un faiseur de miracles. Des milliers de personnes ont afflué de toute l’Europe pour le rencontrer, jusqu’à sa mort.
Sur sa tombe, un édifice pour les visiteurs, une synagogue et un mikve (bain rituel) ont été construits. Des milliers de personnes visitent sa tombe tout au long de l’année, en particulier pendant les neuf jours entre le 1er et le 9 Av, où il a promis le salut à ceux qui visitent sa tombe.
Ses élèves les plus célèbres étaient Rabbi Yeshaya Steiner (connu sous le nom de Reb Yeshayale de Kerestir) et le Rabbi Moshe Greenwald.
Les enfants de Rabbi Morde’haï Leifer de Nadvorna étaient :
Rabbi Its’hak Leifer de Stanislav
Rabbi Yissachar Ber Leifer de Satmar (1835 – 22 Elul 1906)
Rabbi Meir Rosenbaum de Kretshnif (1838 – 30 Sivan 1908)
Rabbi Israël Yaakov Leifer de Hust (Décédé le 9 Adar II 1929)
Rabbi Aharon Moshe Leifer (1836 – 7 Heshvan 1925)
Rabbi Yossef Leifer de Debrezin et Nirehaz
Il avait également deux filles:
Bina, l’épouse de Rabbi Abraham Joseph Igra de Zholin, Kishinev et Cracovie (Décédée le 24 Elul 1878).
Yocheved, qui est décédée jeune.
La pierre tombale de Yocheved, la fille de Rabbi Morde’haï, existe toujours.
Nous avons l’usage, le premier jour de Chavouot, de consommer des plats à base de produits lactés. Dans la pratique, comment procède t-on?
Le problème est de pouvoir concilier cette coutume avec l’obligation de consommer de la viande pour la « sim’hath Yom tov » (la joie du jour de fête). L’usage le plus répandu est le suivant :
– On fait kiddouch puis l’on consomme au moins 30 grammes de mézonoth avec des produits lactés comme du lait, du fromage blanc ou du beurre.
– A l’issue de ce repas, on dira les bénédictions finales de « Al hami’hya » et de « Boré néfachoth ».
– Celui qui a fait kiddouch mentionnera dans sa bénédiction finale « Al haguéfène » pour le vin du kiddouch.
– Certains attendent une heure pour prendre le repas de Yom tov avec de la viande (C’est notamment le cas chez ’Habad). On l’introduira par « Motsi » sur deux ’halloth, le Kiddouch ayant déjà été dit.
Les Séfaradim, dans leur majorité, n’ont pas l’usage d’attendre une heure pour consommer de la viande après du lait. Il leur suffit de se rincer la bouche ou de manger un aliment neutre entre le lait et la viande. De toute façon, le temps d’une heure passera vite, compte tenu du fait qu’il faut débarrasser la table de lait, puis dresser la table de viande, consommer les entrées avant d’arriver à la viande et dire quelques paroles de Thora.
– Il faudra veiller à ne pas consommer de fromages durs qui nécessitent un intervalle plus long avant de consommer de la viande.
Ajoutons deux points. Dans le monde séfarade, certains attendent quand même une heure avant de consommer de la viande après du lait. De plus, il n’est pas interdit, si on le souhaite, de faire deux repas (un de lait et un de viande) accompagné de pain. Mais il faudra veiller à bien différencier ces repas. Ainsi on devra dire un Birkath hamazone pour le repas de lait et un Birkath hamazone pour le repas de viande, ce qui veut dire qu’il sera interdit d’associer lait et viande dans un même repas même si l’on sépare bien les deux aliments.
PÂTE ( fond de tarte)
– 1 oeuf entier + 1 jaune
– 75 g de beurre
– 150 g de farine
– 40 g de sucre en poudre
– 1/2 sachet de levure chimique
– 1 sachet de sucre vanillé
Crème au fromage 1 (pour un moule de 25 cm de diamètre )
– 750 g de fromage blanc à 20% ou 40 % de mg
– 10 cl de crème fraîche épaisse
– 4 gros oeufs
– 180 g de sucre en poudre roux ( on peut mettre du sucre blanc )
– 3 cuillères à soupe de farine bombées ou 2 càs de farine et 1 de maïzena*
– 3 sachet de sucre vanillé ou du zeste de citron
RÉALISATION :
Pâte
Mélangez tous les ingrédients dans un saladier: vous devez obtenir une pâte collante que vous aurez un peu de mal à étaler (je farine bien mon plan de travail et mon rouleau). Tapisser un moule à manqué de papier sulfurisé et étaler la pâte (pas trop épaisse)
Garniture
– Dans un grand saladier mélanger à l’aide d’un fouet le fromage blanc , la crème fraîche , le sucre vanillé ou le zeste de citron , la moitié du sucre en poudre et les 4 jaunes puis rajoutez la farine
– Battre les 4 blancs d’oeuf en neige ferme puis rajoutez l’autre moitié de sucre en poudre (pour un cheesecake plus compact inutile de battre les blancs en neige !)
– Incorporez délicatement les blancs en neige au 1er mélange puis verser le tout sur la pâte- Enfournez dans un four préchauffé à 180° puis baisser à 160°
– Cuire 1 heure environ à th 160° en couvrant le gâteau de papier alu 1/4 h avant la fin de la cuisson si le haut est trop doré : même si le centre du gâteau semble manquer de cuisson sortez le gâteau du four quand il est doré. En refroidissant il se solidifie.
Une merveilleuse brochure a été mit à main de tout le monde en l’honneur de Chavouot par des élèves de la Yeshiva de Brunoy qui sont : Shmouel AKOUN, Etan COHEN, Matia KARALOU, Mi’haël NAKACHE, Levi SUDRY, Yossi SZAPIRO, ainsi que David MEIMOUN.
Un jour, lors d’un entretien d’embauche un candidat se vantait d’être très rapide en calcul. Curieux, l’interrogateur lui demanda « 3243×564 » immédiatement le candidat répondit « 12 ». « Mais ce n’est pas du tout la bonne réponse ! » lui dit l’interrogateur légèrement embarrassé. Le candidat gardant son aplomb répondit : « J’ai dit que j’étais rapide, pas que j’étais précis »…
Au-delà du quiproquo, cette histoire met l’accent sur une vraie problématique de vie. Lorsque D… nous demande d’accomplir une Mitsva, quel est le critère qu’Il attend de nous? Rapidité ou précision? Et surtout, quels sont ces critères?
En fait, chaque mitsva propose à l’homme une multitude de défis dont la nature même est disséminée dans la Torah. Chaque texte, chaque enseignement des sages constituent une fresque dans laquelle chaque individu a une place, un rôle unique à jouer. Effectivement, au-delà des critères propres à chaque Mitsva, nous évoluons avec des qualités et des défauts innés et acquis. Si on peut trouver un critère commun à toutes les Mitsvot, c’est certainement leurs capacités à nous rapprocher du Créateur et à corriger progressivement nos défauts pour réduire l’écart entre notre déficience humaine et la perfection divine.
On pourrait proposer l’analogie suivante, un jour un homme alla voir un conseiller conjugal qui lui conseilla d’offrir chaque semaine un bouquet de fleurs à sa femme pour lui montrer son affection. Évidemment, ce qui se cache derrière ce conseil c’est d’avoir une attention réelle chaque semaine. Mais si ce mari, ne conçoit l’action «d’offrir des fleurs» que comme une action dénuée de sens et souscrit un abonnement pour une livraison directe du bouquet il aura certainement manqué le tremplin.
La fête de Chavouot est un moment unique dans l’année pour renouveler notre lien avec la Torah et à travers elle avec Hachem. Il est alors nécessaire de définir ce qu’est l’étude de la Torah et quels sont les critères attendus.
Pour répondre à cette question, et surtout pour apprécier la richesse des enseignements de nos sages, ce modeste feuillet vous invite à naviguer (sur texte !) dans l’océan merveilleux de la Torah et à fouler le sentier des mots empruntés par nos ancêtres. Au-delà des conclusions que proposera ce voyage, c’est surtout l’amour du paysage qui est tellement bon à partager.
La Torah est un héritage éternel, un témoin que l’on se transmet et brandi fièrement. Elle est un élixir de vie accessible à chacun selon son niveau nous vous souhaitons une bonne étude et de pouvoir recevoir la Torah avec joie et profondeur !
En espérant qu’avec l’aide d’Hachem, les idées soient clairement et fidèlement transmises et que l’amour de la Torah y soit palpable.
Pour tout commentaire ou remarque, n’hésitez pas à nous écrire à l’adresse suivante : LimoudFr[email protected]
Ce fascicule a été conçu et réalisé par des jeunes étudiants de la Yéchiva Guedola de Tom’hei Tmimim de Brunoy :
Shmouel AKOUN, Etan COHEN, Matia KARALOU, Mi’haël NAKACHE, Levi SUDRY, Yossi SZAPIRO, ainsi que mon cher ami David MEIMOUN.
Nous voulons adresser un remerciements tout particulier au Rav Benchetrit qui s’est rendu aussi disponible et chaleureux qu’instructif donnant un exemple vivant du sujet traité.
Aussi, nous sommes très reconnaissant pour la chaleureuse confiance du Rav Taieb de Vincennes qui nous a motivé par son témoignage de soutien et paroles de Torah.
Qu’Hachem leur accorde toutes les bénédictions matérielles et spirituelles.
Léïlouï Nichmat : Yehouda ben Ghozala Yael, Jacqueline Esther bat Lucie, Moché ben Nousha, Rahamim ben donna, Harav Haïm tsvi ben Sarah,Harav Yossef Haïm ben Emma Simha, Avraham ben Messaouda, hanania ben hnina, Yaakov ben Esther, Avraham ben Sarah, Perets ben Chimon, Shmouel ben Sim’ha, Avraham ben Chlomo, Yaakov ben Esther, Haïm ben Moché,, Esther bar Messaouda, Esther Siloula bat Aziza,Avraham ben donna,Yossef ben donna,h’aim ben donna,mazal bat donna, Zora bat donna, Esther bat kamouna, Its’hak ben chmouel,messodi bat reina, Yossef ben Chalom, haï denis fradji ben Gilda,Sophie levana bat Rahel, Shalom ben Ourida,Ourida bat messaouda,Khalfa ben Haim,Mihael ben Ourida,Hayha ben Elie-Simon,Gavriel ben Sultan,Chlomo ben Nissim,Rahel Ester bat Freha,Haïm ben Barka,Yehouda ben megdouda Odette,Fradji ben Chimon,Mazal ben Pin’has,Miriam bat aharon,Félix sadani ben Emma simha,Messaouda Bat belah,Esther Stéphanie bat yolée ghozala, Nissim ben leatitia ת.נ.צ.ב.ה
Réfoua Chéléma : Yael Giselle bat Rosina, Suzanne bat Sa’ouda, Rahel bat donna, Nissim ben Avraham, Corine yehoud it bat haya, Alexandra Simha bat Brigitte, harav yoshiaou Yossef ben zahrie, Benny Blau, Rami rahamim ben Lucie, David Ben Lucie, Myriam bat sol, dolly messodi bat robida, Gilles haï ben Aziza, Annette bat messodi, Hanna Bat hamsa,Rebbecca bat Martine miryam nousha,Sarah bat suzane cohen,Aharon ben Myriam,Yonathan Yossef Haim Ben Malka,Sharon Sarah Lea bat Aliza,matityahu Ben Brendel, Esther bat Blanche,Odette Megdouda bat Dida, Daniel Ben maina, Nina bat Jeanette, moshé David Ben Nina, Evelyne bat Mathilde, jean Jacques ben hava
Introduction du Rav Yéhia Benchétrit (transcription contextuelle)
La notion de « ‘Amal » qui décrit l’effort dans l’étude de la Torah, est liée à l’aspect de dogme (‘Hok) que contient la Torah. En effet, il est dit (Vaykra 26, 3) « Si dans Mes lois vous marcherez » [Im Bé’houkotaï Télékhou] et Rachi explique ce verset « Si vous vous fatiguez dans l’étude de la Torah ». L’action de marcher [Halikha] dans les lois de la Torah est aussi employée dans le terme Halakha (loi). Effectivement, chaque matin à la fin de la prière de Cha’harit nous disons « Les marches [Halikots] sont le vecteur par lequel l’Homme obtiendra le Monde Futur » . Ce verset devient compréhensible grâce aux sages de la maison d’étude [Beth Hamidrash] d’Eliahou Hanavi qui expliquent qu’il ne faut pas lire « Halikhot (marche)» mais « Halakhot (lois de la Torah) » les deux mots s’écrivant de la même manière en hébreu). La Halakha est donc en quelque sorte la trajectoire qu’un juif doit emprunter dans la vie. Cela implique que son étude doit avoir pour objectif la connaissance de la Halakha.
La meilleure façon d’étudier est en réalité de commencer par apprendre le verset de la Torah indiquant l’accomplissement d’une Mitsva, d’apprendre la Michna qui explique ce verset de façon très brève, puis de suivre le développement de la Guemara, du Rambam, du Rif, du Roch, du Tour, du Beth Yossef jusqu’à apprendre les Responsas et commentaires des Rabbanims contemporains. Nul doute qu’une telle étude soit imprégnée du désir d’accomplir : une étude emplie de Crainte Divine étant appelée « Haliba DéHilkhéta ».
Au-delà de l’étude, le fait d’enseigner donnera une connaissance supplémentaire au maître du fait de sa soumission à l’exigence des élèves. Cela s’appelle « Lilmod Al Ménat Lélamed » « Etudier dans le but d’enseigner ». La Guemara dit « Adam Lé’amal Youlad », « L’Homme est né pour le labeur », celui d’étudier la Torah. Le Maharcha précise que le mot « Youlad » (est né) constitue les initiales des mots « Lilmod Al Menat Lélamèd », « Etudier dans le but d’enseigner » Puis de tirer de son étude des conclusions pratiques.
La Michna dans Pirké Avot dit « Quatre choses nécessitent un renforcement (‘Hizouk) » et parmi ces choses est mentionnée l’étude de la Torah. Le Rav Yossef Dov Soloveitchik différencie deux Mitsvots liées à l’étude : « Yédi’at Hatorah » (la connaissance) et « Yégui’at Hatorah » (l’effort). C’est ainsi que, d’après le Messilat Yécharim, on peut mériter dans ce monde de profiter de la Lumière Divine du monde futur.
En effet, l’étude de la Torah est considérée comme un avant-goût du Olam Haba (Monde Futur). Étant d’origine divine il semble que si l’étudiant se rempli d’un sujet Halakhique par l’étude de la Guemara puis des Richonims puis des livres des Rabbanims contemporains. C’est précisément cette lumière divine qui l’aura rempli peu à peu . Il vivra alors l’expérience de la proximité divine tel que c’est le cas dans le Monde Futur.
Rav Taieb, Chalia’h du rabbi dans les villes de Vincennes St mandé, Roch Yeshiva de la Yeshiva Loubavitch de Vincennes, Dayan du Beth Din Tsedek
Dans l’étude de la Torah, il y a la question de la quantité et de la qualité (Talmud Horayot 14a). La quantité, c’est de connaître toute la Torah dans son ensemble selon ses capacités.
La qualité, c’est d’acquérir une compréhension la plus profonde possible selon ses capacités.
Ces deux composantes sont liées à l’effort comme dit la Michna « la récompense dépend de l’effort ». C’est pourquoi grand est le mérite de ces étudiants de la yeshiva Loubavitch qui ont crée ce feuillet englobant la qualité et la quantité, fait de manière construite et donnant à chacun d’entre nous l’envie de s’efforcer de s’attacher à la Torah comme les actions dynamiques qu’attendait le Rabbi. C’est pourquoi je vous bénis comme dit la Mishnah : « Celui qui œuvre pour la communauté, les fautes ne le poursuivent pas, il est protégé par le mérite du public.
Je souhaite à tous une réception de la Torah dans la joie la profondeur avec le Machia’h promptement.
L’étude de la Torah : lorsque l’intelligence et la compréhension sont au service deD… (Section non commentée pour laisser le lecteur s’imprégner du texte et de sa traduction)
Dans le Talmud, Traité Kidoushin 30a: « Nos sages enseignent que l’originalité sémantique du mot ‘véchinantam’ (‘tu enseigneras à tes enfants’) nous apprend que les paroles de la Torah doivent êtres sues sur le bout de la langue ».
Rachi commente : « Révise les paroles de Torah et analyse les profondément afin de pouvoir répondre immédiatement à celui qui t’interrogerait ».
Les Baalei Tossaffot expliquent : «… si on te questionne sur un point légal ou sur un sujet d’étude, que ta connaissance soit tranchée dans ta bouche et que tu n’aies pas à bégayer …».
Dans le Talmud, Traité Kidoushin 30b il est écrit « dis à la sagesse tu es ma sœur » Rachi commente : « que tu connaisses la Torah de la même manière que tu n’as aucun doute sur l’interdit de te marier avec ta sœur » .
Dans Bra’hot 6b:
-Rabbi Zeira dit : la récompense reçue pour avoir assisté à un cours de Torah est due au fait d’avoir couru (Rachi: puisque la majorité ne comprend pas bien),
-Abayé dit : c’est d’y avoir été pressé par la foule,
-Rava dit : la récompense reçue pour avoir participé à une discussion hala’hique est due au fait d’avoir r a i s o n n é, ( e f f o r t d e compréhension)»
Dans le Michné Torah avoda zara chapitre 8,8: « Il convient pour chaque homme de méditer les lois de la Torah et d’en connaître les subtilités selon ses capacités »
Sefer Yireim chapitre 254: L’étude, ordonnée par D…, consiste à ce que le juif étudie la Torah et s’y efforce (s’y fatigue). Elle requiert de la compréhension et ne se résumera pas à une simple lecture. Il faut y adjoindre une fréquentation des sages pour s’affûter au raisonnement sans se contenter de sa propre approche du texte (Talmud Sota 22a).
Les différentes sources semblent soutenir l’idée d’une étude nécessitant la compréhension .
La Torah Orale : Un concentré de sagesse, élaboré par des Sages et à étudiersagement
Choulhan Arouh : Orah Haim 50,1: « Les sages ont institué l’étude quotidienne du passage ‘Ezeihou mekoman chel zevahim’ avant la tefila afin que tout homme puisse étudier chaque jour un passage de la Torah, de michna et de guemara ».
Le Magen Avraham précise : «Ce passage institué par les sages l’était à une époque où les gens comprenaient aisément l’araméen mais à notre époque ce texte nécessite un approfondissement pour être compris et donc pour être considéré comme une étude » tel est l’avis rapporté dans le Michna Broura .
Choulhan Arouh Harav hilhot talmud Torah 2,12 : «Il est impératif que l’étude soit prononcée avec la bouche et non pas seulement par la pensée, c’est pour cela que même un ignorant qui prononce des mots de Torah sans les comprendre se rend quitte de la mitsva d’étudier la Torah. On remarque effectivement qu’un ignorant récite la bénédiction sur l’étude de la Torah tous les matins et lorsqu’il monte à la Torah.».
Le corpus de la Torah se divise en deux parties :
-La Torah Écrite (concerne l’étude des textes bibliques, Torah, Prophètes et Hagiographes)
-La Torah Orale (corpus de textes d’analyse rabbinique de la Torah Ecrite, le Talmud en est l’œuvre principale)
Le choulhan arouh harav poursuit : « Celui qui ’Prononce sans ne rien comprendre’ accomplit la mitsva d’étudier (pour l’ignorant) seulement lorsqu’il s’agit de Torah Écrite. Cependant, en ce qui concerne la Torah Orale, la compréhension est impérative. Si malgré tous les efforts de compréhension pour acquérir la Torah Orale, l’étroitesse de son esprit limite son entendement, le Zohar déclare qu’il méritera de comprendre dans le monde futur ce qu’il n’a pas compris dans ce monde ci. Chaque homme a une mission adaptée à son potentiel. C’est pourquoi, au cas où il existerait une inadéquation entre ses capacités et ce qu’il concrétise, il devra revenir en réincarnation pour finir sa mission. Ceci est vrai pour les Mitsvot mais aussi pour la compréhension de la profondeur de la Torah pour laquelle nos prédispositions nous ont fixées un cap et il nous incombe d’utiliser notre potentiel au maximum »
Le Kad Hakemah dit : « Il existe une grande mitsva de Lire la Torah et cela même si on ne comprend pas.
Le Traité Avoda Zara 19a. analyse le verset des Psaumes (119.20) ’Mon âme est concassée par l’amour qui (la) pousse à chaque instant vers tes lois‘. Le mot ‘concassée’ (morceaux grossiers) préféré par la Torah au mot ‘moulu’ (très fins) indique que l’homme parvient à se satisfaire d’une compréhension grossière et que c’est par celle-ci que commence tout apprentissage. Il existe en réalité deux niveaux pour la mitsva, l a c o m p r é h e n s i o n g l o b a l e e t l a compréhension approfondie. »
Marit ayin – Le ‘Hida soulève une question : « L’auteur du Binât Issahar rapporte les propos du Rav Aviv qui voyait dans ce texte du Traité Avoda Zara une réfutation de l’avis (cité plus haut) du Magen Avraham . Ce dernier, statuait que la lecture sans compréhension de Michna n’était pas considérée comme de l’étude. Or, nous voyons ici qu’une compréhension même rudimentaire a de la valeur. Pour répondre à cette apparente contradiction, le Rav Aviv (compris par le ‘Hida) contextualise les propos du Magen Avraham dans le cas où quelqu’un aurait la capacité de comprendre et se contenterait de lire. Cependant, le cas du Traité Avoda Zara, qui valorise même une lecture superficielle, parle d’une personne n’ayant pas la capacité de comprendre. Il conclut en disant qu’il semble qu’une personne ayant des capacités mais qui lirait en comprenant seulement le sens des mots (sans comprendre finement) serait tout de même quitte. »
L’impérieuse nécessité de la compréhension dans l’étude de la Torah ne concerne que la Torah Orale et non pas la Torah Ecrite . Aussi, seul l’homme en capacité de comprendre se voit imposer la compréhension comme critère pour accomplir ce commandement. Pour finir, il existe plusieurs niveaux de compréhension allant de la compréhension littérale des mots, à la compréhension des méandres de la loi. Une question émerge en filigrane quant à savoir si une personne intellectuellement limitée a le devoir d’étudier …
Spécificité de l’étude de la Torah : le réconfort c’est l’effort!
Il est écrit dans le traité Méguila 6b :
Rabbi Yits’hak dit : « Si quelqu’un vient et te dit : « J’ai cherché (à comprendre), je me suis efforcé pourtant je n’ai pas trouvé(compris) : tu ne le croiras pas ». Aussi, s’il te dit: « Je n’ai pas cherché, je ne me suis pas efforcé pourtant j’ai trouvé : tu ne le croiras pas non plus ». Par ailleurs, s’il te dit : « J’ai cherché, je me suis efforcé et j’ai trouvé : tu pourras le croire » ». Ces paroles se rapportent à l’étude de la Torah. En revanche en ce qui concerne le commerce, tout dépend de l’aide de D…. La guemara termine par nous expliquer que dans l’étude de la Torah, il faut tout de même l’aide de D… pour pouvoir comprendre notre étude convenablement. Rachi précise sur ces derniers mots, que la raison en est qu’il ne faille pas oublier D… dans notre étude, car tu pourras te fatiguer et pourtant ne pas trouver, mais sache et n’oublie pas qu’il s’agit tout de même de la Torah de D….
Il est écrit dans le traité Berah’ot 17a : Rabbi Yonathan avait coutume à chaque fois qu’il terminait la lecture du livre de Job, de conclure en disant : « La fin de l’homme est de mourir, celle de l’animal d’être égorgé, Finalement, tout être créé est voué à la mort, mais heureux celui qui a grandi et a peiné dans la Tora, il a satisfait son créateur »
Il est écrit dans Sanhedrin 99b : Rav Yts’hak fils de Abodemi demande d’où est-ce qu’on apprend que l’on doit réviser la Torah comme un chant qu’on se répète à soi-même. Il amène un verset de Michlei (Ch.16 verset 26) qui dit : « C’est pour lui-même que travaille le laborieux, car pressantes sont les exigences de sa bouche ». Cela signifie qu’en se fatiguant dans l’étude ici-bas, il mérite que ce soit la Torah qui se fatigue pour lui dans le monde futur pour que D… lui dévoile les secrets. Rabbi Eléazar se demandait la signification du verset de Job (Ch.5 verset 6) qui dit que «l’Homme naît de son labeur». De quel labeur parle ce verset? On parle de la fatigue dans la bouche (c’est-à-dire celle de l’étude).
Il est écrit dans le « Even Israël » : Que ce soit dans les sciences ou dans le travail on peut définir le concept de cause/conséquence ou plutôt de moyen/ objectif. Par exemple, il est nécessaire d’apprendre une certaine connaissance (génie civil) pour réaliser un certain travail (construire un pont). En ce qui concerne la Torah, « le moyen » c’est l’effort, l’étude dévouée, détaillée, jusqu’aux profondeurs de la législation.
« L’objectif » c’est la connaissance de la Torah.
Si en apparence cela ressemble à toute autre science, il y a dans la Torah une idée toute singulière. Dans la vie, s’il était possible d’obtenir les effets (objectif) sans la cause (moyen) cela serait la situation parfaite. (Combien un étudiant en médecine serait prêt à payer pour une pilule qui lui ferait connaître toute la médecine d’un coup?) Mais dans la Torah l’essentiel c’est cet effort ! Et s’il a fourni tous les efforts mais finalement n’est pas arrivé à la compréhension (objectif) il est considéré comme ayant atteint le but.
D’ailleurs, la tendance à se comparer les uns aux autres est d’une part dangereuse car elle mène à la critique mais surtout elle est terriblement fausse. Effectivement, puisque c’est l’effort qui compte et qu’on a tendance à comparer les résultats… Or, une personne qui s ’ est e f forcée véritablement toute sa vie sans succès dans l’étude est plus méritante (vis à vis de l’effort) qu’une personne ayant de g r a n d e s c o n n a i s s a n c e s m a i s n e fournissant aucun effort. (Deux alpinistes qui cherchent à gravir l’Everest l’un arrive au sommet par hélicoptère et l’autre échoue à proximité du sommet après des semaines de luttes et d’efforts. Lequel est le plus méritant?)
Une des raisons évoquée de la création du monde est de faire pour D… : « une résidence pour Lui ici-bas », entre autres par l’étude de la Tora et l’accomplissement des Mitsvot. Le monde existe donc pour la Torah et c’est la raison pour laquelle on doit avoir continuellement des paroles de Tora a la bouche.
En peut retenir, que si l’effort est absolument nécessaire à la compréhension, l’aide d’Hachem est indispensable pour potentialiser les efforts. Aussi, l’étude de la Torah est particulière car l’effort n’est pas seulement un moyen, c’est un but en soit! Il sera salvateur de garder cette information en tête pour avancer malgré l’absence de résultat palpable, pour se juger avec honnêteté et acquérir l’humilité et enfin pour ne pas dénigrer le niveau de l’autre. En outre, l’homme subit le déterminisme de la mort mais il peut donner un sens éternel à sa vie par l’étude de la Torah.
Inégalité salariale : La suprématie de l’effort sur la connaissance
Menahot, chapitre 13, Michna 11 :
« Que ce soit celui qui en fait beaucoup comme celui qui en fait peu, l’essentiel est que l’homme soit intentionné pour D… »
Avot, chapitre 2, Michna 16:
« Ta récompense est proportionnelle à ton étude. Plus tu étudies plus tu reçois. »
Dere’h h’aim, sur cette michna: Comment comprendre l ’apparente contradiction entre nos deux Michnayot? On peut apprendre de la formulation de cette michna qu’ici est prônée la fatigue dans l’étude et non la quantité. Un homme peut étudier beaucoup de Tora mais si pour lui ceci est facile, où se trouve son mérite? Effectivement, cela reste une étude de la Tora de D…. Mais ce n’est pas ce que D… nous demande. D… nous demande de nous fatiguer dans Son service ce par l’étude comme par nos mitsvot.
Traité Berah’ot 28b : On compare ici l’effort fourni dans l’étude de la Tora avec celui fourni dans autre chose que l’étude (activité non constructive, non-liée à une mitsva). Selon la Guemara, on apprend qu’on reçoit un « salaire » pour notre étude seulement parce qu’on s’y est fatigué . A contrario, une fatigue dans autre chose que la Tora ou les mitsvot n’induirait pas de « salaire ». En effet, la personne qui étudie la Tora court pour rejoindre le monde futur. Tel n’est pas le cas d’une personne qui se jette à corps perdu dans autre chose que la Torah.
Hatam sofer, ‘Houlin, page 142a : Comme rapporté précédemment, « si je fais des efforts, si je cherche profondément dans mon étude, je trouverai obligatoirement.» Le ‘Hatam sofer nous en donne son assurance. En effet, à priori on pourrait se dire que de faire un effort et ne pas trouver est une situation envisageable. Mais le ‘Hatam Sofer nous dit que quelqu’un qui fait des efforts réussira.
Hafets Haïm, parachat Behoukotai : « Un artisan qui doit réparer un vêtement, quand bien même passerait-il jours et nuits à la tâche, il serait bien téméraire de demander un salaire si le vêtement n’était pas réparé. Dans ce cas, un effort sans concrétisation ne vaut rien. Le texte du traité Bra’hot mentionné ci-dessus dit : « nous (ceux qui étudions la Torah) nous fatiguons et ils (ceux qui n’étudient pas) se fatiguent, nous recevons un salaire et pas eux ». Cette phrase est en première lecture obscure parce qu’ils reçoivent probablement un salaire de leur métier. Il faudrait lire qu’ici on a comparé les deux types d’efforts. L’effort du travail n’est pas rémunéré, celui de l’étude de Torah l’est. »
Le Mi’htav mééliahou fait une remarque sur le texte du traité Pessahim 50a: «heureux (le défunt) celui qui est arrivé ici (au jugement ) avec son Talmud en main ». Le Talmud en main, pourquoi pas dans la tête? Une réponse est que la Torah n’est pas qu’une connaissance c’est une véritable acquisition qui se fait concrètement. Il est question ici de laisser une empreinte forte de la Torah sur l’étudiant . C’est cet effort qui permet au message d’imprégner l’homme au point de le changer.
En reconnaît tous la valeur de l’effort mais il apparaît que l’effort dans la Torah a une valeur toute particulière puisque en plus d’être un outil de construction personnel il est récompensé par Achem !
L’effort est la manifestation la plus pure de notre libre arbitre, c’est l’expression concrète de notre volonté, le seul chemin vers notre potentiel.
Le labeur a ses raisons que la raison ne connaîtpas
Le ‘Hida (inspiré des écrits du Ari Zal) dit que : « L’étude du Zohar est plus élevée que toutes les autres études. En effet, elle reste une grande réparation pour l’âme en dépit de son incompréhension ou d’une erreur de lecture. Toute la Tora est composée des noms d’Hachem qui sont habillés dans les lois et les récits de cette dernière. Un Homme qui la lit et en comprend le sens va d’abord s’attacher au sens simple (et non au sens profond). Le Zohar,en revanche, ne propose au lecteurs que des secrets déjà dévoilés. Quelqu’un qui l’étudie saura qu’il contient de grands secrets et que son incompréhension est due la profondeur de l’enseignement du Zohar.
Aderet tiferet
(Pour rappel) Le Choulhan Arouh Harav (cité précédemment) dit que la compréhension est nécessaire à l’étude de la Torah Orale mais pas de la Torah Ecrite. À cela, il ajoutait que les ’inaptes’ ayant fourni des efforts bénéficieraient de la compréhension dans le monde futur.
Le Rama (Ch. 155 § 1) dit qu’une personne qui ne sait pas étudier doit au moins aller à la maison d’étude pour qu’elle puisse bénéficier du Sekhar Halikha. Il s’agit littéralement ‘du mérite du déplacement’ qui est une manifestation concrète de son investissement. (Il apporte pour cela une preuve du traité brahot 6b cité plus haut)
Le Choulhan Aroukh (Orakh ‘Haïm Ch. 47 § 3) tranche que celui qui veut écrire des paroles de Tora doit faire la bénédiction sur l’étude de la Tora (même s’il ne les prononce pas) dans le cas où il comprend ce qu’il écrit.
Mais, s’il écrit (ou recopie) sans comprendre, il n’est pas obligé d’avoir fait la bénédiction sur l’étude.(Pour être plus clair, il conviendrait d’ouvrir le passionnant sujet ‘Est ce que l’écriture est considérée comme une parole?’ )
La nature du texte qu’on pourrai écrire sans bénédiction fait l’objet d’un débat. On pourrait comprendre la permission relative à l’écriture d’un texte de Torah Orale car comme pour sa récitation verbale elle impose une compréhension.
Cependant, en ce qui concerne l’écriture ‘sans compréhension’ de la Torah Ecrite (qui aurait pu être interdite relativement au fait que sa récitation n’impose pas de compréhension), il semblerait toutefois que selon le Choulhan Arouh cela ne s’étende pas à l’écriture.(à approfondir)
Le Chné Louhot Habrit (communément appelé le Chlah Hakadosh) écrit (Traité Chvouot 55b): « Puisqu’il a été demandé à l’homme de se fatiguer dans l’étude de la Torah et que la simple lecture est une fatigue alors l’homme accomplit par cela une grande mitsva. Il semble ici que l’on parle d’une autre mitsva que celle de l’étude. »
L’auteur du Chou Erets Tsvi dit : Il y a deux concepts: la nature et la fonction. La Torah Ecrite est par nature une mitsva même si elle ne remplit sa fonction que par la compréhension. Cependant, pour la Torah Orale, la nature et la fonction sont la compréhension.
L’auteur du Kountrass Braïta Dérabi Chmouël (page 60) cherche à répondre à une question du Nezirout Chimchon. Le texte du
Zohar Kedochim page 139 dit cela : « une étude sans compréhension est tout de même une petite étude » or nous avons cité précédemment le Maguen Avraham qui dit que cela n’était pas du tout de l’étude. Il répond que la volonté profonde de comprendre d’une personne qui ne comprend pas est considérée comme de l’étude.
a compréhension est l’essence même de la Torah Orale mais il existe des textes dont la lecture ne l’impose pas. C’est le cas notamment de la Torah Ecrite et du Zohar dont la lecture seule est méritoire en eux-mêmes. Au chapitre relatif au Zohar, le Pelei Yoets évoque l’importance de cette lecture aux yeux de D… en disant qu’elle ressemble aux marmonnements d’un jeune enfant apprenant à parler en écorchant les mots et il ferait rire ses parents de tendresse . Il conclut en disant qu’il n’y a pas à chercher d’excuses, il faut s’efforcer dans ce qu’on peut faire.
Définissons l’effort pour commencer à étudier
Il est dit dans la Guemara, dans le traité Sanhédrin que l’Homme a été créé pour s’investir dans l’étude de la Tora. Aussi, dans le 2ème chapitre des Pirke Avot, il est écrit : « si tu as beaucoup étudié ne t’en fais pas éloge car c’est dans ce but que tu as été créé ». D’ailleurs, Rachi affirme que les termes « im be’houkotaï tele’hou » (si vous allez dans mes commandements) font référence à l’investissement dans l’étude de la Tora.
Le ‘Hatam sofer explique sur le passouk « im be’houkotaï tele’hou » que les ‘houquim(1) font référence à toutes les Mitsvot que l’on ne comprend pas. L’idée étant que le principal est de s’investir dans l’étude de la Tora même si on ne la comprend pas. Effectivement,si l’objectif de l’étude est la connaissance alors à quoi bon étudier si un homme n’a pas la capacité de l’acquérir? C’est donc qu’il y a dans l’étude une notion qui défie notre logique et c’est pour cela qu’elle est comparée à une loi dont on ignore le sens (comme la vacherie rousse ).
C’est dans cet esprit que, le Choulhan Arouh Arav (déjà cité plus haut), écrit au nom du Zohar qu’un Homme doit s’investir dans l’étude des textes de la Torah même dans des sujets qu’il ne comprend pas. La raison est que plus tard, dans le monde futur il comprendra enfin l’étude qu’il n’a pas comprise (malgré ses efforts)
Le Maharal écrit qu’il y a une différence entre toutes les Mitsvot et l’étude de la Tora. En effet, dans toutes les autres Mitsvot il faut dissocier deux parties :
La Mitsva en soi
L’investissement de la personne envers cette dernière.
En effet, la Michna (Avot Ch5;23) dit : « léfoum tsaraa Agra » (littéralement : selon l’effort la récompense). On peut alors déduire qu’il y a une récompense qui dépend de l’effort mais pas de la mitsva .
Aussi, la Michna (Avot Ch2;1) qui dit : « Sois attentionné aux commandements ‘simples’ comme tu l’es pour ceux ‘importants’ car tu ignores le montant du salaire de chaque commandement».
En dehors de la hiérarchie des Mitsvot selon leur difficulté il existe une hiérarchie inconnue de l’homme et propre à chaque Mitsva.
Dans la Mitsva de s’investir dans la Tora, l’investissement devient une partie intégrante de la Mitsva et non pas quelque chose de supplémentaire. L’investissement et la Mitsva sont une seule et même chose.
Sur la notion d’effort le talmud utilise 2 termes :la notion d’effort (Amal) et celle de fatigue (Yéguia).
« L’homme est né pour s’efforcer dans la Torah »(Traité Sanhédrin).
« Si quelqu’un te dit : Je me suis fatigué et j’ai trouvé ; crois le »(Traité Méguila)
des plaisirs de ce monde.
Le terme « Amal » fait référence à l’effort (intellectuel et verbal) dans la Torah alors que
« Yéguia » fait référence au fait de s’extirper
Le Maharal explique que la connaissance de la Torah est de nature divine. Pour la contenir en nous, il faut purifier le véhicule, conditionner son être. Cette idée se déduit du Traité Méguila qui dit : « Je me suis fatigué et j’ai trouvé ; crois le ». Il est frappant de remarquer la relation implacable entre fatigue et trouvaille. Il s’agit ici de sa part unique dans la Torah .
En effet, chacun a une part propre dans la Torah mais c’est l’inadéquation du véhicule (l’Homme) avec elle qui nous empêche de s’en saisir. C’est pourquoi, dès lors que cet effort (Yéguia) est fourni, l’homme trouve sa part dans la Torah. En effet, nous avons chacun la mission de contribuer personnellement à la Torah et cette mission constitue notre accès à l’accomplissement de notre existence. Cependant, les efforts nécessaires à faire émerger son être des contingences de la matière, impose une hygiène de vie et une grande discipline (voir Rambam Talmud Torah Ch3,13) .
Matin et soir, nous évoquons la sortie d’Égypte qui précéda le don de la Torah. Ce récit est tellement fondamental que la Torah nous ordonne d’en faire le sujet principal de discussion du soir de Pessah et de l’inculquer à nos enfants. Il convient de noter que le mot Égypte en hébreu (Mitsraim) vient du mot Metsarim signifiant «des limites ». Une allusion, peut-être, au fait que pour recevoir la Torah il faut sortir de nos limites, de notre zone de confort, de nos justifications.
Intelligence approfondie ou artificielle : L’Apprentissage profond de laTorah
Nous avons vu plus haut différents avis concernant la Mitsva de comprendre (ou pas) l’étude de la Torah. Nous allons à présent présenter différents avis concernant le fait même d’étudier et de quelle façon l’Homme doit approcher l’étude.
L’étude approfondie de la Torah (dite ”étude Béyioun”)
La Mitsva d’apprendre la Torah de façon approfondie :
Les Richonims parlent tous de l’importance d’étudier la Torah de façon approfondie et non pas de façon superficielle. Il est écrit « et tu e n s e i g n e ra s ( l a To ra h ) à t e s enfants » (Dévarim Ch. 6 verset 7). La Guemara explique ce verset dans le traité Kidouchine (Daf 30A) : « que les paroles de Torah soient aiguisées dans ta bouche » et Rachi précise : « et vérifie leur profondeur ». Le Rambam écrit à ce propos (Hilkhots Mé’ila Ch. 8 Loi 5) : « Il incombe à l’Homme de réfléchir aux lois de la Torah et de les connaître, chacun selon sa force ». Une autre Guemara (Erouvine Daf 55A) commente le verset « Elle (la Torah) n’est pas dans les cieux » en disant que si la Torah était réellement dans les cieux, il aurait fallu y monter pour la chercher. Le ‘Emek Chééla (Ch. 19) explique que la Guemara parle de connaissances intellectuelles qui seraient bien au- delà de notre propre intellect et que même si les paroles de la Torah étaient bien au-dessus de l’intellect humain (ce qui n’est pas le cas), il nous incomberait tout de même de nous fatiguer au maximum pour essayer de les comprendre.
. La compréhension comme l’essentiel de la connaissance :
Dans le livre Richone Létsion (du Or Ha’haïm haKadosh) il est dit : « L’Homme doit se fatiguer pour comprendre la profondeur de la Torah. Son but ne doit être uniquement de comprendre les textes, mais de parvenir à trancher lui-même la Halakha (grâce à son étude) sur des questions auxquelles les sages des générations précédentes ne se sont pas penchés [soit parce que ces Halakhots n’avaient pas lieu d’être (électricité, voiture etc.) soit parce qu’un tel cas ne s’est encore jamais présenté comme dans le cas d’un litige judiciaire etc.] La Guemara dans Berakhot (Daf 47B) rapporte qu’une fois, Rami bar ‘Hama n’a pas voulu faire le Zimoun avec un Homme qui connaissait le Sifri, le Sifra et la Mekhilta puisqu’il n’avait pas tellement fréquenté les Sages. Le Lévouch explique la raison d’un tel acte : « C’est parce l’essentiel de l’étude ne doit pas être uniquement la connaissance des textes de la Torah, l’étude doit inclure le fait de comprendre la raison de chaque Halakha car si l’Homme ne connait pas la raison des lois, ce n’est pas seulement qu’il manque de connaissances mais qu’il ne connait rien ». Le Gaon de Vilna a aussi dit dans son commentaire sur Michlé (Ch. 16 verset 8) qu’il vaut mieux connaitre peu de sujets mais en avoir une bonne connaissance plutôt que beaucoup de sujets mais en ayant une connaissance superficielle.
Ne pas étudier « trop » en profondeur :
Dans le livre Yam Chel Chlomo (dans l’introduction au traité Houlin), le Maharchal explique qu’il ne faut tout de même pas que l’étude soit trop approfondie. En effet, il faut consacrer un temps important pour étudier de façon approfondie. Mais étudier de façon trop approfondie induira automatiquement un manque de connaissance dans d’autres sujets de la Torah.
C’est aussi dans ce sens que le Rav Aharon Kotler dit « il ne faut pas trop approfondir des sujets n’étant pas très importants (c’est- à-dire n’étant pas relatifs à la Halakha), et il ne convient pas de trop s’attarder même dans des sujets importants mais non nécessaires ni essentiels à la connaissance des Halakhots fondamentales. »
La Mitsva d’acquérir les techniques d’étude et de compréhension de la Torah : Le but de l’étude est aussi d’arriver à pouvoir publier des ‘Hidouchims dans la Torah. Le Or Israël (Ch. 27) et le DivreiYéochoua’ (Maamar 3 Ch. 2) expliquent qu’à force d’étudier en profondeur, l’esprit s’adapte à ce type d’étude et il devient peu à peu naturel de pouvoir étudier de façon approfondie [c’est-à- dire expliquer deux textes qui se contredisent de façon à dire que l’un parle d’un tel cas et le deuxième parle d’un autre cas par exemple] afin, d’arriver à déterminer soi-même comment trancher la Halakha. Il s’agit en réalité d' »apprendre à étudier » et non pas uniquement de comprendre des textes et de les assimiler. C’est ainsi qu’on accomplit pleinement la Mitsva d’étudier la Torah: en étudiant béYioun. Pour pour y arriver, il faut d’abord apprendre auprès de Rabbanims, avec des ‘Havroutots etc. [c’est de cette façon qu’on étudie dans les yéchivots et les Collelims]. Le Rav Arié Loeb Cohen dans son célèbre livre le Ktsot Ha’hochen (dans l’introduction) dit que savoir étudier est une condition sine qua none pour écrire des ‘Hidouchims. Il rapporte les propos du Zohar : « Mais celui qui constate qu’il comprend un texte comme les Richonims l’ont compris est un Homme de vérité et sa Torah est vérité ». [il convient de noter que le Zohar ne parle pas des Richonims dont on parle aujourd’hui (puisqu’ils n’existaient pas encore) mais sûrement des sages du Talmud. Cependant, ces paroles s’appliquent de nos jours envers les Richonims dont on parle aujourd’hui].
Réapprendre plusieurs fois son étude: La Guemara (Souca 46B) amène le verset (Dévarim 30, 17) « si écouter vous écouterez la voix d’Hachem ton D. et que ce qui est droit à Ses yeux tu feras, que tu écouteras Ses commandements et que tu protègeras tous ses décrets, toute la malédiction que J’ai mis en Egypte Je ne la mettrai pas sur toi car Je suis Hachem ton guérisseur » et commente la répétition du mot « Chéma » (« écouter tu écouteras » au lieu de « si vous écoutez ») de la façon suivante (selon l’explication de Rachi) : « si un Homme n’écoute (ce qui signifie ici étudie) une étude qu’une seule fois, il n’en produira rien. Cependant, plus il la répète, plus il apprend de nouvelles choses de celle-ci. C’est en fait en réapprenant une même étude que l’Homme peut mériter de rédiger des ‘Hidouchims. »
La Mitsva de se fatiguer dans l’étude : Le Yéréim (Mitsva positive 254) dit : » Il est une Mitsva positive de se fatiguer au niveau intellectuel afin de connaître la Torah comme il est écrit : (Dévarim 5, 1) « Et vous les étudierez (les commandements) et vous les surveillerez afin de les accomplir ». Le Taz tranche comme Halakha (Ora’h ‘Haïm Ch. 545 alinéa 13) que la Mitsva d’étudier la Torah a lieu « à chaque instant afin de pouvoir rédiger des ‘Hidouchims chacun selon ses moyens ».
Hachem veut que les juifs se fatiguent dans l’étude Dans le Torat Cohanims sur la Paracha le Béhoukotaï (Vaykra 26, il est dit » « Si dans mes décrets vous irez etc. » Cela enseigne que D. prend plaisir à ce que les juifs aient du labeur dans l’étude. Cela ressort aussi des paroles du Raavad (dans son commentaire sur le Torat Cohanims) qui dit que le mot « si » du verset signifie »je vous prie » [étant donné qu’il y a plusieurs façons d’interpréter le mot « si » dans la Torah].
L’effort dans l’étude même dans des choses qu’on connait déjà : Le Or Ha’haïm Hakadoche dit (début de Parachat Bé’houkotaï) que la Mitsva de persévérer dans l’étude persiste même à propos d’un texte qu’on a déjà étudié plusieurs fois. Cela paraît aussi être l’avis du Rambam dans le Michné Torah (Hilkhots Talmoud Torah Ch. 1 Loi 10) où il dit que l’Homme doit étudier jusqu’à son dernier jour. Cela implique donc que même lorsqu’il connait toute la Torah, celui-ci se doit de la réapprendre constamment.
Persister même si on n’arrive pas à étudier en profondeur : Le ‘Hatam Sofer explique que l’Homme doit s’efforcer à étudier la Torah même s’il sait par avance qu’il n’arrivera jamais à connaitre son étude de façon exhaustive.
En effet, la Torah (Parachat Bé’houkotaï) nous enjoint « d’aller dans Mes décrets » qui signifie (selon le commentaire de Rachi) « que vous vous ayez du labeur dans l’étude de la Torah ». Le mot « décret » (en hébreu ‘Hok), a pour connotation une loi dont on ne peut pas saisir la portée. [selon un avis, il n’y a aucune raison aux décrets (dits ‘Houkims) si ce n’est que D. a décidé que cette chose soit permise/interdite]. C’est ainsi que l’injonction nous incombant d’étudier s’applique même pour ce qui restera pour nous des ‘Houkims, c’est-à-dire des lois dont on ne saisira jamais la portée. La Michna de Pirké Avot (Ch. 2 Michna 15) dit « et tu n’es pas libre de t’en détacher (des paroles de Torah) ».
Rabbénou Yona l’interprète de la façon suivante : « L’Homme pourrait se dire : « A quoi servira mon étude? Je ne suis pas un Sage, et je n’arriverai jamais à ce niveau. Quelle serait alors la raison pour laquelle je devrais étudier? » La réponse est simple : même si nous ne sommes pas au niveau d’étudier comme il le faut, nous en avons la Mitsva de nous en efforcer au maximum autant que nous nous devons de mettre les Tefilines, de réciter le Birkat Hamazone, de ne pas voler, de respecter notre prochain etc.
el un sportif de haut niveau qui connaît son corps pour le sculpter à sa guise, il est nécessaire de connaître les rouages de l’esprit et les mécanismes de l’effort. Il faut se fixer des objectifs et élaborer des stratégies honnêtes pour affronter le seul et unique adversaire, nous mêmes. En effet, puisque chaque homme est unique toute comparaison est vaine. Enfin, on cherchera à gommer le biais du regard de l’autre qui nous invite à être des acteurs de notre propre existence en mimant des efforts inadaptés, des actions inadéquates.
C’est parce qu’il y a Un Boss qu’il faut bosser!
Dans le livre Tossefet Ma’assé Rav (lettre 58) est décrite la période entre Pessa’h et Chavouot chez le GaondeVilnaz »l : Tout juste à la sortie de Pessa’h il s’asseyait et étudiait avec une très grande ferveur, disant que ces jours sont des jours de préparation au don de la Tora.
Nous pouvons déduire de son comportement pendant cette période qu’entre Pessa’h et Chavouot, la préparation adéquate est d’étudier avec grande ferveur tel qu’il l’a lui-même fait de son niveau suprême. Et bien qu’il soit difficile de saisir ce que le gaon aurait pu ajouter en ferveur par rapport à toute l’année (ses repas n’étaient composés que d’un kazait (27 grammes) de pain le matin et le soir, pain trempé dans de l’eau afin de le ramollir et de l’avaler sans mâcher pour que cela ne lui enlève pas de son temps, et pour pas qu’il n’en tire pas profit ; son sommeil représentait seulement deux heures sur les vingt-quatre de la journée, celle-ci partagées en quatre fois trente minutes pour ne pas sombrer dans le sommeil pour plus de soixante respirations.) Qu’aurait-il donc pu ajouter durant ces jours qu’il n’ait pas atteint jusque-là? Mais on peut cependant apprendre de là qu’il nous est réclamé de nous renforcer dans l’étude avec grande ferveur durant ces jours afin de nous préparer au don de la Torah.
La Guemara dans Sanhédrin (99 b) dit :
Rabbi Elazar dit : tout homme a été créé pour le labeur tel qu’il est écrit « l’homme naît pour le labeur ». Ce labeur néanmoins peut être tant vocal que physique, C’est pourquoi le verset précise « je lui ai soumis sa bouche ». Cela ne peut donc qu’être par le biais de la parole mais cette parole peut- être soit de la Torah soit des paroles futiles. C’est la raison pour laquelle le verset poursuit « alors ce livre de Torah ne se détachera pas de ta bouche ». Ainsi, il ressort du verset que ce labeur est celui de la Torah, tel que Rava a dit : les corps sont créés pour être mortifiés. Heureux est celui qui en fera usage pour la Torah.
Le Maharal (drouch al hatorah page 10) commente cette Guemara de la façon suivante :
Rabbi Elazar nous dit que l’ultime but de l’homme sur Terre est le service de Dieu ainsi que Rava l’avance également. Le verset « l’homme a été est né pour le labeur » signifie l’homme par son labeur est comme la terre qui n’est fertile que si on la travaille régulièrement. Ainsi, l’Homme a toujours besoin de mettre à exécution son potentiel. Mais quelle en est la finalité? Cela ne se sait que grâce au verset final qui conclut que le but de la fatigue de l’Homme sur Terre est la connaissance de la Torah.
Il semblerait qu’en l’Homme soient enfouis d’immenses forces spirituelles, plus puissantes encore que celles des anges tel que le dit le Ram’hal : « l’âme de l’Homme est plus élevée que celle des anges, le Créateur l’a créé de sorte à ce que l’Homme puisse réfléchir et atteindre un niveau de compréhension plus grand que celui des anges mais ces forces sont cachées et recouvertes par le corps. Elles ne se dévoilent que par la fatigue et en combattant les désirs matériels et l’attirance de l’Homme vers la matière créée par le Yetser Hara’ (mauvais penchant). Ainsi, l’Homme a été créé incomplet et son service a pour but de dévoiler ses forces cachées afin de se parfaire. Voici le sens du verset « l’homme a été créé pour le labeur » : afin de dévoiler son potentiel caché.
Nous allons expliquer l’idée selon laquelle l’Homme ne peut se parfaire que par l’étude de la Torah. Il est écrit (Vaykra 26, « Si vous marcherez dans mes lois » Rachi interprète ainsi :
« que vous ayez du labeur dans la Torah ». Nombreux s’étonnent et demandent comment Rachi comprend cela du verset. Une explication du Rav Shmouel Rozovski nous éclaire à ce sujet : Le terme “marcherez” dans mes lois signifie se lever, progresser et s’élever dans la Torah. Cela n’est possible que par l’étude avec assiduité.
Cela devient davantage compréhensible grâce à une explication du Ram’hal sur le verset « je mettrai des ”marcheurs” parmi les ”immobiles” ». Celui-ci explique la différence entre l’Homme et l’ange.
Les anges réclament que la Torah leur soit donnée. Néanmoins, Dieu n’a donné la Torah qu’au peuple juif et cela car seule l’étude peut réparer les fautes. Mais les anges ne nécessitent aucune réparation car ils ne possèdent pas de libre arbitre mais sont soumis à Hachem. C’est la raison pour laquelle le verset dit « je placerai des marcheurs parmi les immobiles ». Les anges sont appelés immobiles car ils restent toujours au même niveau tandis que l’homme, étant doté du libre arbitre peut se parfaire par l’étude. C’est ainsi que la Torah a été donnée aux juifs dans le but qu’ils l’utilisent et se raffinent grâce à elle.
Nous comprenons donc qu’avancer dans les lois de Dieu signifie s’élever de niveaux en niveaux dans la spiritualité. Cela n’est possible qu’à travers l’étude de la Torah comme le dit Rachi, et c’est la seule manière de nous élever de notre bassesse vers le divin.
On peut également retrouver la même idée dans la Guemara de Pessa’him (Daf 68B) : Rav Yossef demandait à sa famille le jour de Chavouot de lui préparer une génisse étant la troisième née de sa mère (plat délicats des grandes occasions) en disant que si ce n’était pas par ce jour de Chavouot, il aurait été « comme tous les Yossef du marché ».
Rachi interprète : « Si ce n’était ce jour où j’ai étudié la Torah et je me suis élevé j’aurais été comparé aux nombreuses personnes appelées Yossef (des personnes simples et non d’éminents érudits) qui vagabondent dans le marché. »
Il ressort de là que Rav Yossef s’est élevé grâce à la Torah qu’il a étudiée et non pas uniquement par la pratique des Mitsvot.
Le Maharal explique en détail la Avodat Hachem que l’Homme doit effectuer pendant la Sefirat Ha’Omer :
Le fait que l’Homme a été créé pour le labeur est la raison pour laquelle nous avons eu la Mitsva de compter les 49 jours depuis le deuxième jour de Pessa’h jusqu’à Chavouot. En effet, lorsque nous sommes sortis d’Égypte, nous avons été libérés de l’esclavage ainsi que de toute soumission à un être autre que le divin. Cependant, les juifs ne devaient pas se glorifier de leur succès et penser que le fait d’être libre les dispense de toute obligation. Bien au contraire, l’Homme ne peut être libre sans accomplir la volonté d’Hachem. Le Maharal nous dévoile ici une base très importante dans le service de Dieu. La majorité des hommes recherchent la liberté de tout labeur et de tout joug les embarrassant afin de vivre dans une démocratie et un délaissement total des valeurs. Le peuple juif aurait pu en faire de même à la sortie d’Égypte et c’est la raison pour laquelle la Torah a ordonné juste au lendemain de la sortie d’Égypte de compter le Omer : afin de se préparer à recevoir la Torah car c’est bien cela la vraie liberté. C’est aussi le message du Talmud nous enseignant qu’il n’y a d’homme libre que celui qui se fatigue dans la Torah. L’Homme qui se contrôle et ne se soumet pas à la volonté du mauvais penchant est un véritable Homme libre. L’homme qui lit le schéma deux fois par jour avec l’intention adéquate en recevant sur lui le joug divin est le véritable Homme libre, cela va à l’encontre des idéologies de la population mondaine n’ayant aucune idée de la vraie joie ni aucune réelle satisfaction sur Terre.
Néanmoins, nous apprenons ici un point très important. L’effort ne suffit pas et il faut l’accompagner de la soumission à Dieu car si l’Homme se fatigue seulement parce qu’il en a envie, il n’atteint pas encore le niveau de l’homme libre que révèle en lui la fatigue de la Torah. En effet, ce qu’il fait, il le fait pour lui-même. Nous voyons des personnes prêtes à étudier de toutes leurs forces, mais dès lors qu’on les y force, ils perdent toute envie et le font sans désir. C’est ce que le Maharal nous dévoile ici : le labeur doit être résultat d’une soumission à Dieu et non pas à son propre désir car cela conduirait à ce que l’Homme n’étudie que lorsque cela lui plaît. C’est cela notre préparation durant les jours du Omer : apprendre à se soumettre à Dieu afin de sortir de l’esclavage d’Égypte vers la liberté de la Torah et de ceux qui s’y adonnent.
Nous pouvons donc comprendre la conduite de la personne qui juste à la fin de Pessah s’asseyait pour apprendre avec grande ferveur car ces jours sont les jours de la préparation au don de la Torah l’étude avec ferveur. Cela implique de se détacher de toutes nos tendances et volontés matérielles. Ainsi que nos sages ont enseigné dans les Pirké Avot (Ch. 6 Michna : « Tel est le chemin de la Torah : tu mangeras du pain dans le sel et de l’eau de la flasque tu boiras et tu dormiras sur le sol et tu vivras avec souffrance mais tu te fatigueras dans l’étude de la Torah. Si tu fais ainsi, heureux sois-tu et le bien tu auras ». Ces jours sont des jours de préparation pour la réception du joug divin afin de devenir totalement libre.
Par cette préparation, les juifs deviennent aptes à recevoir la Torah. En effet, le principe fondamental du don de la Torah était que les juifs reçoivent le joug de la Torah. C’est ainsi qu’on enseigne dans le Talmud Yérouchalmi (Roch Hachana Ch. 4 Loi 8) : « Rabbi Mecharchia a dit au nom de Rav Idi : « Dans tous les Korbanots, la Torah mentionne le mot ‘Heth (faute), sauf dans celui de Chavouot étant donné que vous avez reçu le joug de la Torah, je fais comme si vous n’aviez pas fauté car la Torah pardonne vos fautes ». Le Pné Moché commente les paroles du Yérouchalmi de la façon suivante : « Du fait que les juifs effectuent le plus d’efforts possibles pour étudier la Torah, alors cela est considéré pour Hachem comme s’ils n’avaient pas fauté.
On raconte qu’un jour un homme est rentré dans le bureau de Rav Ovadia Yossef afin de lui demander quel était le secret de sa mémoire exceptionnelle (en effet, il connaissait des milliers de livres quasiment par coeur). Le Rav lui demanda de prendre un traité de Guemara au hasard dans sa bibliothèque, de l’ouvrir à la page qu’il voulait et de
choisir un commentaire des Tossefot sur cette page. Lorsque l’homme lui dit quel Tossefot du traité il avait choisi, le Rav l’a répété par cœur mot à mot. Le Rav ne manqua pas de lui révéler son secret: il avait appris ce Tossefot 250 fois.
L’étude amène à l’action grâce aux bénédictions de la Torah
Nous continuerons ici de commenter le verset « Si vous vous marcherez selon Mes décrets » désignant la fatigue et le labeur dans l’étude de la Torah. On pourrait se demander comment les sages comprennent que ce verset parle de l’étude.
Il semble à première vue qu’ils aient appris cela du verbe « marcherez ». En effet, dans aucun autre endroit ce verbe est utilisé en rapport avec l’étude ; on trouve plutôt les verbes «étudier», «répéter», « parler »…
Cependant en ce qui concerne le labeur dans l’étude de la Torah, ce verbe est utilisé, comme enseigné dans le traité Nedarim (Daf 81A):
« Rabbi Yehouda dit au nom de Rav : Quel est le sens du verset (Jérémie 9:11) :
« Quel est l’homme assez sage pour le comprendre? Et à qui la bouche de l’Eternel l’a-t-elle révélé, pour qu’il le communique? Pourquoi ce pays est-il ruiné, dévasté comme le désert où personne ne passe? ». Cette question a été posée aux sages et aux prophètes mais ils n’ont pas su l’expliquer jusqu’à ce que le Saint bénit soit-Il Lui-même l’explique, ainsi qu’il est écrit (ibid. 9:11) : « L’Eternel l’a dit : C’est parce qu’ils ont abandonné la loi que Je leur avais proposée, parce qu’ils n’ont pas écouté Mes ordres et ne les ont pas suivis (le verbe « suivi » ici est exprimé en hébreu par le verbe « marcher »), ». La Guemara d’objecte que les expressions : « Ils n’ont pas écouté Mes ordres » et « ne les ont pas suivis » désignent pourtant la même chose ! Rabbi Yehouda au nom de Rav explique que « ne les ont pas suivi » signifie qu’ils ne prononçaient pas la bénédiction sur la Torah au début de l’étude.
Le Taz (Ora’h Haïm Ch. 47) explique : la Torah ne se maintient que chez celui qui fait de très grands efforts pour elle. Il désigne comme de très grands efforts l’étude active, impliquant une participation à des discussions et des argumentations, ce qui implique une fatigue dans l’étude. Et c’est ce que vient expliquer Rav en disant qu’ils ne récitaient pas la bénédiction avant d’étudier la Torah : ceci nous est enseigné par le mot « marcherez » : En récitant les bénédictions, l’étude n’est plus simplement considérée comme une science, un plaisir intellectuel, mais plutôt accepter d’apprendre parce qu’Hachem nous le demande et de la façon dont il nous le demande, c’est-à-dire en réalisant des efforts.
Nous trouvons en fait le terme « marcher » dans la pratique des Mitsvot comme il est dit : « C’est à mes statuts que vous devez obéir, ce sont mes lois que vous respecterez dans votre conduite (provenant du verbe marcher en hébreu) : c’est moi, l’Éternel, qui suis votre Dieu » (Chémot 18, 4), « Notifie-leur également les lois et les doctrines, instruis-les de la voie qu’ils ont à suivre (provenant aussi du verbe marcher en hébreu) et de la conduite qu’ils doivent tenir. » (Vayikra 18, 20), « C’est l’Éternel, votre Dieu, qu’il faut suivre (provenant encore du verbe marcher en hébreu), c’est lui que vous devez craindre ; vous n’observerez que ses préceptes, n’obéirez qu’à sa voix ; à lui votre culte, à lui votre attachement!» (Devarim 13, 5). Il faut aussi noter que nos Sages ont sûrement appris cet enseignement de « Selon mes lois » car « loi » (littéralement ‘Hok) désigne généralement une loi qui dépasse l’entendement humain. L’étude de la Torah constitue pourtant une Mitsva intellectuelle… Il semble en fait qu’il y ait deux facettes dans la Mitsva d’étudier la Torah : l’étude qui permet de parvenir à des conclusions pratiques, et l’étude ayant pour sujet des idées profondes et élevées.
Cette idée de l’étude élevée se retrouve d a n s l e Ta l m u d Yérouchalmi ‘Haguiga (chapitre 1 Hala’ha 7) : on y apprend, en effet, que D.ieu fut prêt à pardonner l’idolâtrie, les relations illicites et le meurtre, mais pas le manque d ’ é t u d e d e l a To r a h . D ’ o ù l’apprenons-nous? Il n’est pas écrit dans la Bible : « C’est parce qu’ils ont eu recours à des pratiques idolâtres, des relations illicites et des meurtres » mais plutôt : « L’Eternel l’a dit : C’est parce qu’ils ont abandonné la loi (Torah) que Je leur avais proposée… ». Rabbi ‘Hiya bar Abba dit : « S’ils M’avaient abandonné, Je leur aurais pardonné, car peut être auraient-ils respecté la Torah, dont la lumière les aurait rapprochés de Moi. » Dans la version du Midrash Eikha Rabba on lit plutôt : « [… ] car peut-être auraient-ils respecté la Torah et c’est en s’occupant (à étudier) sa lumière, qu’ils seraient revenus à leur véritable niveau. »
Car malgré toutes les prophéties et réprimandes des prophètes, ils ne réussirent pas à les ramener sur le droit chemin. Cela aurait été possible s’ils avaient fait la bénédiction sur la Torah avant de l’étudier, c’est-à-dire s’ils avaient mené une étude approfondie nécessitant efforts et détermination, au-delà du fait d’étudier pour la connaissance, une étude désintéressée : une étude en l’honneur d’Hachem
De ces propos il ressort que l’étude elle-même a la qualité de rapprocher les juifs du droit chemin. Cependant, ceux qui l’étudient sans avoir conscience que la Torah est une science divine (par la récitation des bénédictions de la Torah) n’en tireront pas ses bienfaits.
La Torah protège les juifs au niveau matériel etspirituel
Nous sommes sur le point de recevoir la Torah et chacun doit espérer la recevoir avec joie. Cependant, si nous ne l’étudions pas, quel est l’intérêt de l’avoir reçu? Quel est l’utilité d’un cadeau qu’on n’utilisera jamais? Mais avant d’entamer une nouvelle période d’étude, nous devons prendre certaines précautions. En effet, l’étude nécessite des effort (comme nous l’avons mentionné plus haut), et sans efforts, la Torah l’étude pourrait se transformer en poison. C’est ce que dit la Guemara dans le traité Chabbath (Daf 88B) » Rav Papa a dit : Quel est le sens du verset (Michlé 8, 6) « Ecoutez, car j’ai de grandes choses à dire, Et mes lèvres s’ouvrent pour enseigner ce qui est droit ». Cela va dans le sens de ce que dit Rava : « Pour ceux qui vont à la droite de la Torah c’est un élixir de vie mais pour ceux qui vont à sa gauche c’est un poison. » Rachi explique : ceux qui vont à sa droite, « ce sont ceux qui se fatiguent de toutes leurs forces et se préoccupent de connaitre ses secrets » et ceux qui vont à sa gauche « ce sont ceux qui ne se préoccupent pas tellement de l’étude ». La Guemara dans Berakhot (Daf 63B) dit « d’où sait-on que les paroles de Torah ne peuvent être connues que de celui qui (Littéralement) se tue pour elles? Le verset nous dit (Bamidbar 17, 14) « Ainsi est la Torah (loi) de l’Homme qui meurt dans une tente » [la Torah parle là-bas des lois relatives à la pureté Et à l’impureté du mort]. Ce verset peut aussi se lire « Ainsi la Torah : un Homme qui meurt dans une tente » [signifiant l’investissement le plus total dans l’étude de la Torah jusqu’à la mort].
La première guerre à laquelle les juifs ont dû faire face en tant que peuple a été la guerre contre ‘Amalek. La Torah explique la raison de cette guerre :
« ‘Amalek est venu de Réfidim etc. ». Les sages dans la Mekhilta ont expliqué le mot « Réfidim » (qui selon le sens simple est un lieu géographique) comme une raison à cette guerre : « en ne lisant pas « Réfidims » mais « Chérafou Yadam min HaTorah » (qu’ils ont négligé l’étude de la Torah) ». La raison que la Torah donne n’est pas que les juifs n’ont pas étudié (car ils étudiaient) mais qu’ils ont négligé l’étude. On voit ici la raison essentielle de cette guerre terrible qui est la négligence de l’étude, en d’autres mots : un manque d’investissement. Cela nous concerne d’autant plus du fait que la Torah nous ordonne de nous souvenir chaque jour de ce que nous a fait ‘Amalek comme le dit le verset (Devarim 25, 17) « Souviens-toi de ce que t’a fait ‘Amalek en chemin lorsque vous sortiez d’Egypte » (il nous a en effet combattu alors que nous venions à peine de recevoir la Torah).
La Torah affirme à juste mesure que l’effort dans l’étude protège au niveau matériel et spirituel. En effet, la Guemara dans le traité Sanhédrine (Daf 94B) rapporte ce que ‘Hizkiahou, (roi du royaume de Yéhouda) a fait lorsque l’armée de San’hériv est arrivée pour détruire les juifs. « Il a planté un glaive sur la porte du Beth Hamidrash et a dit que tout celui qui n’est pas ‘Ossek baTorah (n’investit pas toutes ses forces dans l’étude) sera transpercé par ce glaive ». Son comportement est dû au fait qu’il connaissait le danger qu’encouraient les juifs et a donc exigé de chacun en tant qu’effort de guerre s’efforce d’étudier au maximum. La Guemara dit qu’à son époque « on a cherché mais on n’a pas trouvé d’ignorant ni même un jeune enfant ne connaissant pas parfaitement les lois relatives à la pureté (qui font parties des lois les plus complexes). Les mesures de ‘Hizkiahou ont porté leurs fruits et les juifs n’ont pas eu besoin de combattre San’hériv.
Une autre Guemara dans le traité Méguila (Daf 3A) raconte qu’un soir lors de la conquête de la terre d’Israël, un ange portant une épée est venu voir Yéhochoua et lui a dit « Vous avez déjà raté le sacrifice journalier de l’après-midi (étant donné qu’ils étaient occupés dans une bataille) et maintenant (le soir) vous n’étudiez pas la Torah ! (Les batailles n’avaient pas lieu la nuit étant donné qu’il fait noir…). Alors, Yéhochoua lui a demandé la raison de sa venue : pour les sacrifices ou l’étude? L’ange lui a alors répondu « je suis venu maintenant ». Cette réponse signifie que la journée, ils ne pouvaient pas techniquement accomplir la Mitsva d’apporter les sacrifices journaliers. Cependant, maintenant qu’ils ne sont plus en combat, ils ont la Mitsva d’étudier. Un message à apprendre de cette histoire est que la victoire militaire dépendait de leur étude de Torah. A ce moment, Yéhochoua s’est repris et a commencé à étudier.
En titre de conclusion finale, nous voyons une perspective différente de l’étude de la Torah. En effet, celle-ci qui rapprochait les juifs de leur créateur, leur apportant la plénitude etc. a aussi la qualité de les protéger au niveau matériel et spirituel. Ainsi, avec ces bénédictions, nous aurons le mérite très prochainement de nous adonner à l’étude de la Torah de manière intense et permanente.
Un regard ‘Hassidique
Le Rabbi de Loubavitch – Entrevue destinée aux étudiants de la Yéchiva, à l’issue des fêtes de Tichri 5752 (1992). Le Rabbi rapporta la parole de nos Sages selon laquelle le mot « Béréchit » peut se lire « Beth Réchit », c’est-à-dire : deux commencements, que sont la Torah et le Peuple Juif. Le Rabbi expliqua alors que chaque enfant qui étudie l’Aleph Beth, au même titre que chaque personne qui étudie, doit savoir que la Torah, qui est une Torah de vérité, lui promet qu’il recevra de D.ieu Lui-même, tout ce dont il a besoin matériellement et spirituellement. Il précisa également que cette étude doit concerner toutes les parties de la Torah, qu’il s’agisse de la partie « terrestre » comme de la partie « céleste ». En effet, les sujets concernant les lois que D.ieu établies sur Terre, pour les Hommes, comme par exemple les lois sur les dommages, constituent la partie « terrestre » de la Torah, tandis que les sujets ayant trait à la manière dont D.ieu créa l’enchainement des mondes, et le maintient à chaque instant en constituent sa partie « céleste ».
Idées d’une Si’ha du Chabat Parachat Bamidbar, veille de Chavouot 5751 (1991) : Le Rabbi évoqua, à cette occasion, l’importance qui incombe à chacun, en cette période du don de la Torah, d’écrire des ‘Hidouchim concernant la Torah, son interprétation, ses commentaires etc… A priori on pourrait penser que ce qu’on serait capable d’écrire ne serait pas forcément en adéquation avec la Torah. Cependant, le Rabbi encouragea vigoureusement les étudiants des Yéchivot à agir de la sorte, en étant encadrés par leurs Rabbanim, et à ne pas sous-estimer les capacités de chaque Ba’hour dans la rédaction de ces ‘Hidouchim. Il insista même pour que ceux qui en sont capables publient un livre composé de leurs ‘Hidouchim afin de stimuler d’autres personnes dans l’étude de la Torah, et les pousser à écrire leurs propres ‘Hidouchim.
(Tous les horaires indiqués ici sont valables uniquement pour l’Ile-de-France)
On a coutume de se couper les cheveux la veille de Chavouot, donc cette année le jeudi 25 mai 2023.
La veille de Chavouot tombe cette année le jeudi soir 25 mai 2023, on n’oubliera pas de préparer le Erouv Tavchiline de façon à pouvoir préparer la nourriture de Chabbat pendant le premier jour de fête.
Jeudi 25 mai 2023, on allumera avant 21h 20 une bougie de 48 heures (au moins) pour pouvoir aussi allumer les bougies de vendredi soir. Puis les jeunes filles et petites filles allumeront chacune une bougie – les femmes allumeront au moins deux bougies – en récitant les bénédictions suivantes :
1) « Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Achère Kidéchanou Bémitsvotav Vétsivanou Lehadlik Nèr Chèl Yom Tov »(Béni sois-Tu Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as sanctifiés par Ses commandements et nous as ordonné d’allumer les bougies du jour de fête.)
2) « Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Chéhé’héyanou Vékiyémanou Véhiguianou Lizmane Hazé »(Béni sois-Tu Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as fait vivre, exister et qui nous as fait parvenir à ce moment.)
Ce moment est propice pour prier de tout son cœur.
Vendredi soir 26 mai 2023, avant 21h 21, les jeunes filles et petites filles allumeront – à partir de la bougie de 48 heures allumée la veille – une bougie et les femmes au moins deux bougies en récitant les bénédictions :
1) « Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Achère Kidéchanou Bémitsvotav Vétsivanou Lehadlik Nèr Chèl Chabbat Véchèl Yom Tov »(Béni sois-Tu Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as sanctifiés par Ses commandements et nous as ordonné d’allumer les bougies du Chabbat et du jour de fête.)
Dans nombre de communautés, on a la coutume de décorer la synagogue et sa maison de fleurs, en souvenir du don de la Torah, quand le désert et le mont Sinaï se sont couverts de fleurs.
Il est de coutume de veiller toute la première nuit de Chavouot, la nuit de jeudi 25 mai à vendredi 26 mai 2023 et de lire le « Kérié Moèd ».
Tous, hommes, femmes et enfants, même les nourrissons, se rendront à la synagogue vendredi matin 26 mai 2023 pour écouter la lecture des Dix Commandements. On marque ainsi l’unité du Peuple juif autour de la Torah, et on renouvelle l’engagement d’observer ses préceptes.
On a l’habitude de prendre un repas lacté avant le vrai repas de viande vendredi midi.
Chabbat matin 27 mai 2023, on récite, pendant l’office du matin, la prière de Yizkor en souvenir des parents disparus : on donnera de l’argent à la Tsédaka pour leur mérite après la fête.
La fête se termine samedi soir 27 mai 2023 après 22h 43 avec la prière traditionnelle de la Havdalla.
Rappelons qu’on ne récite pas la prière de Ta’hanoun (supplications) depuis Roch Hodech Sivan (dimanche 21 mai 2023) jusqu’au jeudi 12 Sivan (1er juin 2023) inclus.
« A la troisième néoménie depuis le départ des Enfants d’Israël du pays d’Égypte, le jour même, ils arrivèrent au désert de Sinaï » (Chemot –Exode 19 : 1).
Ici nous remarquons que, le jour de Roch ‘Hodech, Moïse n’a pas adressé la parole au peuple pour lui dicter les tâches à accomplir ou la préparation nécessaire ce jour-là. Le Talmud en donne la raison : « à cause de la fatigue du chemin ».
Mais de quelle fatigue s’agit-il ?
Le chemin avait été relativement agréable, avec les nuées qui facilitaient la route ; de plus, le jour de Roch ‘Hodech suivait de peu le jour du Chabbat qui signifie un jour de repos, sans oublier que le peuple comptait les jours pour recevoir la Torah ! Comment la fatigue aurait-elle pu ralentir leur soif de la Torah ?
A propos de ce jour-là, il est écrit : « le peuple a campé face à la montagne ». Le peuple, au singulier. Rachi commente : « comme un seul homme avec un seul cœur. Tous les autres campements étaient accompagnés de discussions et désaccords » car chaque personne a sa personnalité unique qui le différencie de son prochain. Mais lorsqu’ils sont arrivés devant la montagne du Sinaï, ils ont constaté un changement profond en eux, au point de devenir « comme un seul homme avec un seul cœur ».
Toute parole, même celle de Moché Rabbénou aurait pu éveiller un de ces désaccords – bien que la parole de Moché ait eu un effet spirituel, cela aurait mal- gré tout pu avoir un effet négatif.
Alors en ce jour de Roch ‘Hodech unis- sons nous comme une seule personne comme un seul cœur, pour hâter le dé- voilement de D.ieu avec la venue immédiate de Machia’h.
LE 2EME JOUR DE SIVAN
« Mais vous, vous serez pour Moi une dynastie de prêtres et une nation sainte. Tel est le langage que tu tiendras aux Enfants d’Israël.» (Chemot – Exode19: 3)
Le Talmud (traité Chabbat) enseigne que Moché est monté sur la montagne 8 fois : 3 fois avant le Don de la Torah, 3 fois après et 2 fois le jour du Don de la Torah.
Aujourd’hui, le 2 Sivan, marque la première fois que Moché accéda au mont Sinaï, comme il est écrit : « Et Moché monta vers D.ieu et D.ieu l’appela de la montagne en disant : Ainsi tu parleras à la maison de Jacob et tu diras aux Enfants d’Israël ».
Ce jour là est appelé le jour privilégié : D.ieu a choisi le peuple juif : « un trésor parmi toutes les nations »
une « dynastie de prêtres », c’est la force qui est donnée à l’homme de pou- voir transformer et attirer la sainteté dans les choses matérielles, à l’image d’un prince qui contrôle tout, en restant néanmoins en contact avec le peuple « un peuple saint » (Goy kadoch), le travail et dévouement dans l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvots.
LE 3EME JOUR DE SIVAN
Moché est monté pour la 2ème fois sur la montagne et, par politesse, a rapporté les paroles du peuple à D.ieu, ainsi qu’il est écrit : « et le peuple a répondu et a dit : tout ce que D.ieu a parlé, nous ferons ! Et Moché a rapporté les paroles du peuple à D.ieu » (Chemot – Exode 18 : 8)
C’est ce jour-là que Moché a transmis au peuple les lois concernant les 3 jours de restrictions : « fixe des limites autour de la montagne et sanctifie-les » (Chemot – Exode 19 : 23)
Nous devons tous, en ce premier jour de restrictions, prendre des mesures de restrictions afin que notre mauvais penchant ne puisse pas nous influencer. En ajoutant vitalité, joie et lumière dans la Torah et les Mitsvot, aussi bien dans la pensée, la parole et l’action, chacun pourra influencer sa famille, ses proches et son entourage, dans notre peuple et dans le monde entier.
LE 4EME JOUR DE SIVAN
Et l’Éternel dit à Moïse : « Rends-toi près du peuple, enjoins-leur de se tenir purs aujourd’hui et demain et de laver leurs vêtements ».
« Afin d’être prêts pour le troisième jour ; car le troisième jour, D.ieu descendra à la vue du peuple entier, sur le mont Sinaï ».
« Tu maintiendras le peuple tout autour, en disant : ‘Gardez-vous de gravir cette montagne et même d’en toucher une extrémité, quiconque toucherait à la montagne serait mis à mort ». (Chemot – Exode 19 : 10-12)
C’est la 3ème fois que Moché monte sur la montagne : pour transmettre le souhait du peuple d’entendre directement de D.ieu Lui-même les Dix Commandements (et non à travers un messager).
Ce jour-là, Moché transmet au peuple les lois des trois jours de restrictions, les 7 commandements des Enfants de Noé et les lois de Chabbat. Ce jour-là Moché a aussi écrit la Torah, depuis le début jusqu’au Don de la Torah ainsi que les lois déjà enseignées.
Le 3ème et le 4ème jour véhiculent un enseignement commun pour nous : L’homme doit veiller à ne pas se détacher littéralement du monde jusqu’à arriver à en sortir : c’est le sens des lois de restrictions : ne pas monter pour trop se rapprocher de la montagne. Le but du monde et la volonté de D.ieu, c’est de sanctifier le monde et d’en faire une de- meure pour D.ieu.
D’un autre côté, lorsque l’homme descend et a un contact avec le monde, il doit être prudent, ne pas s’oublier dans la matérialité du monde, au point d’oublier le but spirituel de son existence dans ce monde : c’est alors qu’intervient le commandement de savoir se détacher du monde lorsque c’est nécessaire.
C’est justement grâce à l’unité de ces deux facettes qu’on peut réaliser la vo- lonté de D.ieu dans ce monde.
LE 5EME JOUR DE SIVAN
« Et il prit le livre de l’Alliance dont il fit entendre la lecture au peuple et ils dirent : « Tout ce qu’a prononcé l’Éternel, nous l’exécuterons docilement.». (Chemot – Exode 24,7) .
Ce jour-là, Moché n’est pas monté sur le Mont Sinaï puisqu’il a construit un Mizbéa’h (autel) pour faire entrer le peuple dans l’alliance de D.ieu.
Une véritable préparation au Don de la Torah implique justement d’effectuer un travail dans ce monde et non pas une vie uniquement spirituelle, vers le ciel.
Ce jour-là le peuple juif a déclaré : « nous ferons et nous comprendrons ». L’action qui découle d’une foi intangible précède la compréhension.
Cependant, l’action doit imprégner toutes nos forces intérieures. A l’inverse, la compréhension doit accompagner l’action qui est la foi.
Cette union que le peuple a ressenti à ce moment-là est encore plus grande que celle expérimentée le jour de Roch ‘Hodech Sivan, puisque le peuple a prononcé et fait descendre cette union dans des mots ; c’est le dernier jour du compte du Omer, « mal’hout chebemal’hout », c’est le jour où toute la préparation qui a été effectuée pendant les 48 jours précédents doit descendre et affecter concrètement ce monde.
La plus belle manière de concrétiser et illustrer cette union est par la Tsedaka, le fait de se soucier que chaque Juif puisse fêter dignement la fête de Chavouot avec largesse et dans une joie complète.
Puisque nous sommes à la veille de Chavouot, nous devons retirer de cela un enseignement concret : Bien qu’avant le Don de la Torah, la Torah existât déjà et fût étudiée par de grands Sages, le Don de la Torah a introduit la notion que : « D.ieu a parlé ces mots-là ».
Le fait que D.ieu Lui-même ait parlé, le fait que le spirituel puisse descendre ici-bas et que nous puissions accomplir un commandement ou répéter les paroles de la Torah prononcées par D.ieu directement ce jour du 5 Sivan (donc la veille du Don de la Torah) indique que c’est le moment de se préparer à ce renouveau qui interviendra le lendemain.
LE 6EME JOUR DE SIVAN – le don de la Torah
« Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage ». (Chemot – Exode 20:2)
Le monde qui a précédé le Don de la Torah ressemble à un champ de bataille entre le haut et le bas, entre le matériel et le spirituel.
À partir du 6 Sivan, D.ieu par la force de la Torah et des Mitsvot a brisé cette barrière et a donné la force au peuple juif de transformer le monde et de faire pénétrer la spiritualité dans la matière.
C’est ainsi que les Dix Commandements sont constitués de lois sublimes – comme l’unité de D.ieu – mais aussi de lois universelles logiques comme l’interdiction de tuer et de voler.
Ces deux fondements sont absolument nécessaires : les lois sublimes doivent imprégner toute la vie de l’homme comme si cela était logique tandis que les lois logiques doivent être exécutées tout d’abord parce qu’elles ont été ordonnées par D.ieu.
Le premier mot des Dix Commandements : « Ano’hi » le démontre ; il provient de la langue égyptienne ! A nous de l’imprégner de sens positif et de la transformer en outil pour répandre la sainteté.
LE 7EME JOUR DE SIVAN
De manière générale, nous fêtons deux jours de fête en Diaspora alors qu’en Israël on n’en fête qu’un seul.
Cela tient du fait qu’à l’époque, le calendrier était fixé selon le renouvellement de la lune. Le tribunal rabbinique de Jérusalem devait valider puis annoncer à tous le jour de Roch ‘Hodech. Cela prenait du temps, surtout pour l’annoncer en diaspora : c’est pour cela que, dans le doute, le peuple juif en diaspora prit l’habitude de célébrer les fêtes pendant deux jours. Cependant, cette précaution n’était pas nécessaire pour la fête de Chavouot puisque elle est fixée, selon la Torah, cinquante jours après Pessa’h.
Cependant, les Sages n’ont pas voulu établir de différence entre les fêtes et ont institué deux jours de fête pour Chavouot – de peur aussi que les gens en viennent à la considérer comme une fête moins importante.
Cela signifie que Chavouot n’est pas célébrée deux jours parce qu’on aurait un doute sur le jour précis, mais parce que les Sages l’ont décrété ainsi.
C’est un enseignement important pour nous : le mot Safek (le doute) a la même valeur numérique qu’ « Amalek », le premier peuple à avoir attaqué le peuple juif qui sortait d’Égypte. C’est lui qui a voulu refroidir et installer le doute chez le peuple juif.
Le 2ème jour de Chavouot, le doute n’est pas là. La certitude que les Sages ont instaurée en principe fondamental doit nous donner la force de ne pas être imprégné de ce doute et d’être convaincu avec certitude de la mission que chacun d’entre nous doit remplir sur terre ; elle nous donne la force de nous impliquer dans tous les domaines spirituels qui répandent la sainteté dans le monde.
En quoi la Révélation du Sinaï est-elle garante de notre liberté ?
Le besoin de liberté et ses implications ont une signification toute particulière pour le judaïsme qui met l’accent sur l’importance de chaque individu.
« N’est vraiment libre que celui qui fait de la Tora son occupation première. »
Cette affirmation talmudique peut paraître surprenante. En effet, il semble plutôt que celui qui applique les commandements perd de ce fait sa propre liberté et son indépendance.
Mais il en va autrement lorsque l’auteur de la Loi est D.ieu lui-même. Et c’est le cas pour la Tora. Il ne s’agit plus dès lors de restrictions, d’aliénation.
En nous unifiant avec la Transcendance, nous nous transcendons. La sortie d’Égypte – la liberté – n’a de sens que si elle aboutit à la Révélation du Sinaï, à la moralité.
TRAVERSER LE DESERT
On comprend dès-lors pourquoi la Tora a été donnée dans un désert, symbole d’immatérialité et d’absolu.
Ce qui ne veut pas dire que le judaïsme nous invite à ignorer le monde matériel, bien au contraire.
La Tora transcende l’espace mais aussi le temps et c’est d’ailleurs pour cela que la date de la Révélation n’est pas précisée clairement dans le texte biblique. Toutes les fêtes juives sont marquées par la pratique de commandements spécifiques : le Chofar, les Souccot, les Matsot. Par contre, la fête de Chavouot ne se distingue par aucune mitsva particulière. Pourquoi donc cette exception ?
La Torah est infinie, intemporelle, éternelle. Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle a été donnée dans un désert, un espace sans frontières.
Chavouot célèbre le don de la Torah qui, de par sa nature infinie, ne peut se représenter par un symbole précis.
Rabbi Shimshon Raphaël Hirsch, souligne l’idée que la Tora est universelle et qu’elle transcende l’Espace et le Temps. Grace à l’étude et la pratique, nous « spiritualisons » notre être et tout ce qui nous entoure et parvenons ainsi à l’harmonie.
Or pour être à même de percevoir l’infini, il faut faire le « vide » en soi.
C’est pourquoi le don de la Torah nécessite une intense démarche de préparation spirituelle d’une durée de quarante-neuf jours.
À ce propos, il est intéressant de noter que le mot hébreu (’holé) qui signifie « malade » a pour valeur numérique 49.
Après la sortie d’Égypte nous étions pour ainsi dire « malades et contaminés » par toutes les formes d’idolâtrie qui étaient en vigueur dans l’Égypte d’antan. Nous devions donc impérativement effectuer un travail sur nous-mêmes pour « guérir spirituellement ».
CHAQUE JOUR COMPTE
C’est grâce au Tikoun Hamidot, le raffinement de nos traits de caractères, que nous pourrons amener l’ensemble de l’humanité au Tikoun HaOlam (amélioration transformation de la société).
Chaque jour, en comptant l’Omer, nous faisons un bilan. Nous nous interrogeons : ‘’Comment est-ce que je me suis comporté vis-à-vis de mon prochain ? De quoi a-t-il besoin ? Comment puis-je l’aider concrètement ? »
Certes, le décompte s’étend sur quarante-neuf jours et non pas cinquante. Mais son objectif est d’atteindre une plénitude intérieure qui aboutira au cinquantième jour : le don de la Torah.
Intrinsèquement, la Torah est inaccessible puisqu’elle prend sa source dans l’Infini. Compter ce cinquantième jour est donc impossible. Mais dans sa bonté, Dieu nous l’a révélée et l’a mis à notre portée comme si nous avions compté le cinquantième jour. D’où le verset : « Vous compterez jusqu’au lendemain de la septième semaine, soit cinquante jours. »
Le degré auquel nous accéderons en ce grand jour de Chavouot est fonction de notre effort quotidien. Voilà pourquoi nous comptons les jours écoulés et non pas ceux qui nous restent à parcourir.
HARMONIE ET SYNTHÈSE
C’est 3 mois après la sortie d’Égypte qu’Israël reçut la Tora.
Chacun de ces mois correspond à une attitude différente dans notre relation avec D.ieu et avec notre prochain.
En Nissan, le premier mois, les Israélites sortirent d’Égypte. Ils fuyaient l’idolâtrie et l’immoralité. Ils ignorèrent alors totalement le monde qui les entouraient. Ceci se dit en Hébreu : « Sour me Ra… »
Au cours du second mois, Iyar, ils comptèrent l’Omer qui implique, nous l’avons vu, un raffinement du caractère s’obtenant par un travail personnel quotidien : « Assé tov »
Les fruits de ces efforts sont « récoltés » en Sivan, le troisième mois, à Chavouot (‘’fête de la récolte’’). Nous atteignons alors le plus haut degré d’unité avec D.ieu. On assiste à l’union de ce qui est le plus bas avec ce qui est le plus haut. Le divin ne se trouve plus hors de portée et l’humain n’est pas rejeté.
La véritable union avec D.ieu ne se dévoile que lorsqu’on vit dans le monde et qu’on œuvre pour transformer la société. C’est Tiféret – l’harmonie.
PÉRENNITÉ D’ISRAEL
Quel est le secret de notre survie ? Un examen attentif de notre histoire nous montrera que le peuple juif a toujours été une minorité dont la constance fut en tout temps et en tout lieu l’attachement à la Tora et aux mitsvot. Effectivement, c’est dans le fait que nous sommes »un peuple qui vit à part » que réside le secret de la survie d’Israël.
Notre spécificité, notre indépendance de pensée et d’action ne font pas notre faiblesse mais bien au contraire notre force. Et c’est seulement ainsi que nous pourrons mener à bien la mission que nous a confiée le Créateur « être un peuple de prêtres et une nation sainte » pour le plus grand bien de toute l’humanité.
RAV YAACOV SPITEZKI = 054 23 99 791 SHORASHIM Le Centre pour les étudiants francophones
Le Livre de Ruth fut donné par le prophète Samuel. Il convient de lire ce livre de Ruth à Chavouot, pour deux raisons : tout d’abord, ce livre brosse un tableau de la récolte et montre comment les pauvres étaient entourés de sympathie et d’amour pendant la saison de la moisson. (Car Chavouot était une fête de la moisson). Deuxièmement, parce que Chavouot est l’anniversaire de la mort du roi David, et que le Livre de Ruth nous raconte l’origine de la dynastie de David.
Le roi David était, en effet, l’arrière-petit-fils de Ruth et de Boaz.
Mais peut-être la raison principale pour laquelle nous lisons ce livre le jour de cette fête, réside-t-elle dans le fait que le récit de Ruth nous donne une description en termes vivants du Guer Tsédek, c’est-à-dire du converti. Chavouot est le jour du Don de la Torah et, lorsque nous l’avons reçue, nous nous sommes engagés, tout comme le converti, à suivre ses six cent treize commandements.
Un vrai Juif est à tout moment fier d’accepter sans hésitation la Torah et son merveilleux enseignement. Malgré toutes les difficultés, restrictions et responsabilités qu’entraîne, pour un Juif adulte, l’acceptation de la Torah, il sera toujours conscient du privilège d’appartenir au « peuple élu » de D.ieu.
Les Juifs ne cherchent pas à convertir les autres hommes. Lorsqu’un Guer (non-juif), vient et dit qu’il veut devenir Juif, notre Torah nous dit que nous devons attirer son attention sur toutes les difficultés et le poids des responsabilités qui pèsent sur tout Juif dans l’accomplissement de la Torah. Nous devons lui montrer qu’il choisit là une voie difficile et une vie qui n’est pas vue favorablement des autres peuples. Si, malgré toutes ces considérations et avertissements, le non-juif persiste dans sa volonté de se convertir, nous pouvons être fiers d’accepter une telle personne parmi nous, car il sera certainement un Juif dévoué et sincère.
Onkelos, l’auteur bien connu du Targoum (traduction araméenne de la Bible), était un Guer Tsédek, de même que Ruth.
Ruth était une princesse Moabite, pénétrée d’idéaux élevés. Elle était mécontente de l’idolâtrie de son peuple et lorsque l’occasion s’en présenta, elle abandonna avec joie les titres royaux qu’elle possédait dans son pays, pour mener une vie de pauvreté, parmi des gens qu’elle admirait.
Et voilà comment cela se passa :
Ce fut à l’époque où les Juges régnaient sur Israël. Les enfants d’Israël n’observaient plus strictement les commandements de la Torah, ce qui leur avait valu la punition de D.ieu : une grande famine sévissait dans le pays.
A cette époque vivait un homme nommé Elimélekh. C’était un riche commerçant qui n’était pas habitué à la faim et à la pauvreté et il projetait d’échapper à cette misère en allant ailleurs. Il se rendit donc à Moab avec sa femme, Naomi, et ses deux fils. Ruth devint l’amie de cette famille juive et commença à comparer leur mode de vie au sien. Elle se mit à admirer les lois et coutumes juives, si bien que le mécontentement qu’elle avait toujours ressenti devant l’idolâtrie insensée de son peuple finit par se changer en répugnance. Aussi, lorsqu’un des fils de Naomi exprima le désir de l’épouser, Ruth en fut à la fois heureuse et fière. Elle n’avait aucun regret à la pensée de ce qu’elle abandonnait ; c’est-à-dire une vie de luxe au palais, ses titres royaux, ainsi que la richesse et l’honneur dans un avenir plus ou moins proche. Elle ne voyait que l’égoïsme et la cruauté de son peuple, comparés aux qualités des Juifs auxquels elle s’était attachée maintenant.
Mais, quelque temps après, Elimélekh et ses deux fils moururent. Naomi, devenue veuve, ne savait où aller ni que faire. Un beau jour, elle dit à Ruth et à son autre belle-fille Orpa, Moabite également :
« Mes filles, il faut que je m’en aille. J’ai décidé de retourner dans ma ville natale, Bethléhem. La vie ne doit pas être agréable là-bas et il n’y a donc aucune raison que vous souffriez aussi. Acceptez le conseil que je vous donne et retournez à la maison de vos parents. Vos maris sont morts. Peut-être, dans votre pays, pourriez-vous vous remarier. Moi, j’ai perdu à tout jamais mes fils, mais vous qui êtes jeunes, vous pouvez trouver un autre mari. »
Orpa avait l’air triste. Finalement, elle embrassa sa belle-mère et lui dit au revoir. Mais Ruth, les larmes aux yeux, s’accrocha à Naomi en lui demandant de lui permettre d’aller avec elle. Elle la supplia en ces termes :
« Ne me presse pas de te quitter pour m’éloigner de toi : car où tu iras, j’irai ; où tu demeureras, je demeurerai. Ton peuple sera mon peuple, ton D.ieu sera mon D.ieu ; où tu mourras, je veux mourir et être ensevelie. Que l’Éternel me traite avec la rigueur la plus extrême, si rien autre que la mort me sépare de toi. »
Ruth savait très bien ce qu’elle faisait, car Naomi avait attiré son attention sur les difficultés que les Juifs rencontraient continuellement. Cependant, Ruth resta ferme dans sa résolution de suivre sa belle-mère et de rester fidèle à la religion qu’elle chérissait tant.
Plus tard, Ruth fut récompensée à juste titre de sa grandeur d’âme, mais, même au temps de sa pauvreté, elle ne regretta jamais.
Lorsque Ruth et Naomi arrivèrent dans le pays de Juda, la moisson battait son plein. Les deux femmes étaient fourbues de fatigue après leur long voyage. Ruth réussit à persuader Naomi de rester chez elle, tandis qu’elle se rendrait aux champs de Bethléem, afin de trouver quelque nourriture pour sa belle-mère et pour elle-même.
Ruth s’approcha d’un champ dans lequel de nombreux hommes étaient occupés à faucher le blé, tandis que d’autres le liaient en gerbes, l’entassaient sur les chars et le transportaient ailleurs.
D’une allure un peu hésitante, mais poussée par la faim et par la pensée qu’elle devait apporter coûte que coûte quelque chose à manger à sa chère belle-mère, Ruth entra dans le champ, s’assit et attendit sa chance.
Soudain, une voix agréable la fit sursauter : « Sois la bienvenue, étrangère. »
Ruth répondit à cet aimable bonjour. Elle était reconnaissante d’entendre la voix de cette sympathique personne qui continua à lui parler :
« Viens plus loin dans le champ. N’aie pas peur. Tu pourras glaner quelques épis et manger à ta faim.»
L’homme qui lui parlait était Boaz, le propriétaire du champ. Boaz était Juge d’Israël à cette époque.
Ruth le remercia et glana quelques épis. Elle allait repartir, lorsque la même voix aimable la pria instamment de rester un petit peu et de ramasser ce que les moissonneurs avaient laissé dans les coins du champ comme « Péah ».
« Qu’est-ce que la Péah ? », demanda Ruth.
Et Boaz lui donna l’explication suivante :
« Dans notre Torah, il est indiqué que lorsque le propriétaire d’un champ fait la moisson, il doit laisser un coin du champ pour les pauvres, les nécessiteux et les étrangers, pour qu’ils viennent récolter eux-mêmes et en profitent. »
Ruth ne cacha pas sa joie. Elle resta, coupa le blé dans un coin du champ et se prépara ensuite à aller chez elle. C’est alors que Boaz insista à nouveau en lui disant : « Il ne faut pas que tu partes déjà. Pourquoi ne resterais-tu pas pour profiter du Leketh » ?
« Leketh, qu’est-ce que cela ? », demanda Ruth à son interlocuteur.
« Suivant notre Torah, lorsqu’un moissonneur a manqué de couper le blé avec sa faux, il lui est interdit de recommencer, mais il est obligé de laisser le blé qu’il n’a pas fauché ou qu’il a fait tomber, pour que les pauvres et les étrangers puissent venir et le ramasser. »
Ruth ne dit rien mais ne vit aucune raison de ne pas profiter des lois de la Torah, qu’elle avait acceptées avec tant de plaisir.
Après avoir rempli tout un panier, elle se dirigea vers Boaz pour le remercier de sa gentillesse avant de partir. Mais Boaz lui dit gentiment qu’elle ne devrait pas encore partir, car il restait encore la « Chik’ha » à prendre.
« Les largesses de la Torah pour les moins fortunés sont illimitées ! s’écria Ruth. Mais veuillez avoir l’amabilité de m’expliquer le sens du mot « Chik’ha. »
« Lorsque le propriétaire d’un champ fait transporter le blé pour qu’il soit entreposé dans les greniers, il se peut que les ouvriers oublient quelques gerbes qui restent dans le champ. La Torah interdit aux ouvriers ou aux propriétaires de retourner pour les ramasser. Ces gerbes doivent rester pour les pauvres, les veuves, les orphelins et les étrangers. »
Ruth fut heureuse de la bonne chance qu’elle avait eue. Elle avait ramassé presque plus qu’elle ne pouvait porter. Naomi et elle avaient donc suffisamment de provisions pour vivre quelque temps. Elle remercia Boaz encore une fois et lui promit de revenir.
Ruth, toute émue, se hâta de rejoindre sa belle-mère. Une fois rentrée à la maison, elle lui raconta tout ce qui lui était arrivé dans les champs de Boaz. Naomi était heureuse du succès de Ruth et se réjouissait que sa belle-fille eût plu à Boaz, grand propriétaire et de noble famille. Elle dit à Ruth que Boaz était un parent d’Elimélekh.
Entre temps Boaz avait pris des renseignements sur cette étrangère, et il découvrit qu’elle était veuve et que son mari, qui était mort, était le fils de Naomi. Lorsque Boaz demanda à Ruth de l’épouser, Naomi lui conseilla fortement ce mariage.
C’est ainsi que Ruth fut récompensée d’une manière inattendue et devint riche et heureuse.
Ruth et Boaz eurent un fils, nommé Obed, qui fut le père de Yichaï (Jessé). Le fils cadet de Jessé était David – qui devint le roi bien-aimé du peuple juif et qui fut consacré par D.ieu.