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ROCH HODECH SIVAN

« A la troisième néoménie depuis le départ des Enfants d’Israël du pays d’Égypte, le jour même, ils arrivèrent au désert de Sinaï » (Chemot –Exode 19 : 1).

Ici nous remarquons que, le jour de Roch ‘Hodech, Moïse n’a pas adressé la parole au peuple pour lui dicter les tâches à accomplir ou la préparation nécessaire ce jour-là. Le Talmud en donne la raison : « à cause de la fatigue du chemin ».

Mais de quelle fatigue s’agit-il ?

Le chemin avait été relativement agréable, avec les nuées qui facilitaient la route ; de plus, le jour de Roch ‘Hodech suivait de peu le jour du Chabbat qui signifie un jour de repos, sans oublier que le peuple comptait les jours pour recevoir la Torah ! Comment la fatigue aurait-elle pu ralentir leur soif de la Torah ?

A propos de ce jour-là, il est écrit : « le peuple a campé face à la montagne ». Le peuple, au singulier. Rachi commente : « comme un seul homme avec un seul cœur. Tous les autres campements étaient accompagnés de discussions et désaccords » car chaque personne a sa personnalité unique qui le différencie de son prochain. Mais lorsqu’ils sont arrivés devant la montagne du Sinaï, ils ont constaté un changement profond en eux, au point de devenir « comme un seul homme avec un seul cœur ».

Toute parole, même celle de Moché Rabbénou aurait pu éveiller un de ces désaccords – bien que la parole de Moché ait eu un effet spirituel, cela aurait mal- gré tout pu avoir un effet négatif.

Alors en ce jour de Roch ‘Hodech unis- sons nous comme une seule personne comme un seul cœur, pour hâter le dé- voilement de D.ieu avec la venue immédiate de Machia’h.

LE 2EME JOUR DE SIVAN

« Mais vous, vous serez pour Moi une dynastie de prêtres et une nation sainte. Tel est le langage que tu tiendras aux Enfants d’Israël.» (Chemot – Exode19: 3)

Le Talmud (traité Chabbat) enseigne que Moché est monté sur la montagne 8 fois : 3 fois avant le Don de la Torah, 3 fois après et 2 fois le jour du Don de la Torah.

Aujourd’hui, le 2 Sivan, marque la première fois que Moché accéda au mont Sinaï, comme il est écrit : « Et Moché monta vers D.ieu et D.ieu l’appela de la montagne en disant : Ainsi tu parleras à la maison de Jacob et tu diras aux Enfants d’Israël ».

Ce jour là est appelé le jour privilégié : D.ieu a choisi le peuple juif : « un trésor parmi toutes les nations »
une « dynastie de prêtres », c’est la force qui est donnée à l’homme de pou- voir transformer et attirer la sainteté dans les choses matérielles, à l’image d’un prince qui contrôle tout, en restant néanmoins en contact avec le peuple « un peuple saint » (Goy kadoch), le travail et dévouement dans l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvots.

LE 3EME JOUR DE SIVAN

Moché est monté pour la 2ème fois sur la montagne et, par politesse, a rapporté les paroles du peuple à D.ieu, ainsi qu’il est écrit : « et le peuple a répondu et a dit : tout ce que D.ieu a parlé, nous ferons ! Et Moché a rapporté les paroles du peuple à D.ieu » (Chemot – Exode 18 : 8)

C’est ce jour-là que Moché a transmis au peuple les lois concernant les 3 jours de restrictions : « fixe des limites autour de la montagne et sanctifie-les » (Chemot – Exode 19 : 23)

Nous devons tous, en ce premier jour de restrictions, prendre des mesures de restrictions afin que notre mauvais penchant ne puisse pas nous influencer. En ajoutant vitalité, joie et lumière dans la Torah et les Mitsvot, aussi bien dans la pensée, la parole et l’action, chacun pourra influencer sa famille, ses proches et son entourage, dans notre peuple et dans le monde entier.

LE 4EME JOUR DE SIVAN

Et l’Éternel dit à Moïse : « Rends-toi près du peuple, enjoins-leur de se tenir purs aujourd’hui et demain et de laver leurs vêtements ».

« Afin d’être prêts pour le troisième jour ; car le troisième jour, D.ieu descendra à la vue du peuple entier, sur le mont Sinaï ».

« Tu maintiendras le peuple tout autour, en disant : ‘Gardez-vous de gravir cette montagne et même d’en toucher une extrémité, quiconque toucherait à la montagne serait mis à mort ». (Chemot – Exode 19 : 10-12)

C’est la 3ème fois que Moché monte sur la montagne : pour transmettre le souhait du peuple d’entendre directement de D.ieu Lui-même les Dix Commandements (et non à travers un messager).

Ce jour-là, Moché transmet au peuple les lois des trois jours de restrictions, les 7 commandements des Enfants de Noé et les lois de Chabbat. Ce jour-là Moché a aussi écrit la Torah, depuis le début jusqu’au Don de la Torah ainsi que les lois déjà enseignées.

Le 3ème et le 4ème jour véhiculent un enseignement commun pour nous : L’homme doit veiller à ne pas se détacher littéralement du monde jusqu’à arriver à en sortir : c’est le sens des lois de restrictions : ne pas monter pour trop se rapprocher de la montagne. Le but du monde et la volonté de D.ieu, c’est de sanctifier le monde et d’en faire une de- meure pour D.ieu.

D’un autre côté, lorsque l’homme descend et a un contact avec le monde, il doit être prudent, ne pas s’oublier dans la matérialité du monde, au point d’oublier le but spirituel de son existence dans ce monde : c’est alors qu’intervient le commandement de savoir se détacher du monde lorsque c’est nécessaire.

C’est justement grâce à l’unité de ces deux facettes qu’on peut réaliser la vo- lonté de D.ieu dans ce monde.

LE 5EME JOUR DE SIVAN

« Et il prit le livre de l’Alliance dont il fit entendre la lecture au peuple et ils dirent : « Tout ce qu’a prononcé l’Éternel, nous l’exécuterons docilement.». (Chemot – Exode 24,7) .

Ce jour-là, Moché n’est pas monté sur le Mont Sinaï puisqu’il a construit un Mizbéa’h (autel) pour faire entrer le peuple dans l’alliance de D.ieu.

Une véritable préparation au Don de la Torah implique justement d’effectuer un travail dans ce monde et non pas une vie uniquement spirituelle, vers le ciel.

Ce jour-là le peuple juif a déclaré : « nous ferons et nous comprendrons ». L’action qui découle d’une foi intangible précède la compréhension.

Cependant, l’action doit imprégner toutes nos forces intérieures. A l’inverse, la compréhension doit accompagner l’action qui est la foi.

Cette union que le peuple a ressenti à ce moment-là est encore plus grande que celle expérimentée le jour de Roch ‘Hodech Sivan, puisque le peuple a prononcé et fait descendre cette union dans des mots ; c’est le dernier jour du compte du Omer, « mal’hout chebemal’hout », c’est le jour où toute la préparation qui a été effectuée pendant les 48 jours précédents doit descendre et affecter concrètement ce monde.

La plus belle manière de concrétiser et illustrer cette union est par la Tsedaka, le fait de se soucier que chaque Juif puisse fêter dignement la fête de Chavouot avec largesse et dans une joie complète.

Puisque nous sommes à la veille de Chavouot, nous devons retirer de cela un enseignement concret : Bien qu’avant le Don de la Torah, la Torah existât déjà et fût étudiée par de grands Sages, le Don de la Torah a introduit la notion que : « D.ieu a parlé ces mots-là ».

Le fait que D.ieu Lui-même ait parlé, le fait que le spirituel puisse descendre ici-bas et que nous puissions accomplir un commandement ou répéter les paroles de la Torah prononcées par D.ieu directement ce jour du 5 Sivan (donc la veille du Don de la Torah) indique que c’est le moment de se préparer à ce renouveau qui interviendra le lendemain.

LE 6EME JOUR DE SIVAN – le don de la Torah

« Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage ». (Chemot – Exode 20:2)

Le monde qui a précédé le Don de la Torah ressemble à un champ de bataille entre le haut et le bas, entre le matériel et le spirituel.

À partir du 6 Sivan, D.ieu par la force de la Torah et des Mitsvot a brisé cette barrière et a donné la force au peuple juif de transformer le monde et de faire pénétrer la spiritualité dans la matière.

C’est ainsi que les Dix Commandements sont constitués de lois sublimes – comme l’unité de D.ieu – mais aussi de lois universelles logiques comme l’interdiction de tuer et de voler.

Ces deux fondements sont absolument nécessaires : les lois sublimes doivent imprégner toute la vie de l’homme comme si cela était logique tandis que les lois logiques doivent être exécutées tout d’abord parce qu’elles ont été ordonnées par D.ieu.

Le premier mot des Dix Commandements : « Ano’hi » le démontre ; il provient de la langue égyptienne ! A nous de l’imprégner de sens positif et de la transformer en outil pour répandre la sainteté.

LE 7EME JOUR DE SIVAN

De manière générale, nous fêtons deux jours de fête en Diaspora alors qu’en Israël on n’en fête qu’un seul.

Cela tient du fait qu’à l’époque, le calendrier était fixé selon le renouvellement de la lune. Le tribunal rabbinique de Jérusalem devait valider puis annoncer à tous le jour de Roch ‘Hodech. Cela prenait du temps, surtout pour l’annoncer en diaspora : c’est pour cela que, dans le doute, le peuple juif en diaspora prit l’habitude de célébrer les fêtes pendant deux jours. Cependant, cette précaution n’était pas nécessaire pour la fête de Chavouot puisque elle est fixée, selon la Torah, cinquante jours après Pessa’h.

Cependant, les Sages n’ont pas voulu établir de différence entre les fêtes et ont institué deux jours de fête pour Chavouot – de peur aussi que les gens en viennent à la considérer comme une fête moins importante.
Cela signifie que Chavouot n’est pas célébrée deux jours parce qu’on aurait un doute sur le jour précis, mais parce que les Sages l’ont décrété ainsi.

C’est un enseignement important pour nous : le mot Safek (le doute) a la même valeur numérique qu’ « Amalek », le premier peuple à avoir attaqué le peuple juif qui sortait d’Égypte. C’est lui qui a voulu refroidir et installer le doute chez le peuple juif.

Le 2ème jour de Chavouot, le doute n’est pas là. La certitude que les Sages ont instaurée en principe fondamental doit nous donner la force de ne pas être imprégné de ce doute et d’être convaincu avec certitude de la mission que chacun d’entre nous doit remplir sur terre ; elle nous donne la force de nous impliquer dans tous les domaines spirituels qui répandent la sainteté dans le monde.

 

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