Le guide des usages ‘hassidiques : #9  Les Pessoukeï de Zimra – Interruptions

Le guide des usages ‘hassidiques : #9 Les Pessoukeï de Zimra – Interruptions

Les Pessoukeï de Zimra (ou Versets de Louange) sont une série de psaumes, versets bibliques et bénédictions qui font partie de la prière juive du matin (Chaharit). Ils sont récités avant le Chema et ses bénédictions associées. Le but principal de ces versets est de louer et d’exalter Dieu avant de passer aux autres parties de la prière.

Rav Haïm Mellul – Le guide des usages ‘hassidiques

Les Pessoukeï de Zimra commencent généralement par la bénédiction de Baroukh Cheamar (« Béni soit Celui qui a parlé ») et se terminent par la bénédiction de Yishtabach (« Que Ton nom soit sanctifié »). Entre ces deux bénédictions, on trouve une série de psaumes et de versets, dont le Psaume 145 (Ashrei), les Psaumes 146 à 150, et d’autres versets tirés des Livres des Chroniques, d’Exode et d’Isaïe.

Hala’ha

En disant Barou’h Ché Amar, « béni soit Celui Qui a créé le monde par Sa Parole », on tient les deux Tsitsit de devant dans sa main gauche, puis, à la fin de la bénédiction, on les passe sur ses yeux et on les embrasse.

Durant la lecture du paragraphe Barou’h Ché Amar, on marque un temps d’arrêt entre les mots Méle’h, « Roi » et Mechouba’h, « digne d’éloge ». En effet, Méle’h se rapporte à ce qui est dit au préalable, non à ce qui suit.

En lisant les mots Potéa’h Et Yadé’ha, « Ouvre Ta main », dans la prière Achreï, « heureux sont ceux qui résident dans Ta maison », on touche les Tefillin du bras.

En lisant les mots Oumassbya Le ‘Hol ‘Haï Ratson, « Rassasie tout être vivant par Ton bon vouloir », la suite de ce même verset, on touche les Tefillin de la tête.

(Séfer Ha Minhaguim, page 9)

Interruptions

Kedoucha et Modim
Pour ce qui est des interruptions qui sont permises, pendant les Pessoukeï De Zimra, de manière pratique, j’ai interrogé mon beau-père et maître, le Rabbi. Il m’a répondu que l’on peut dire l’intégralité de la Kedoucha et du Modim.

Répondre aux Amen du Kaddish à partir de Titkabel
On ne peut pas répondre aux Amen du Kaddish à partir de Titkabel.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 3 , page 14 8)

Y a-t-il lieu de s’interrompre, pendant les Pessoukeï de Zimra, pour lire la prière Beri’h Chemé, « que Son Nom soit béni », qui est récitée lors de l’ouverture de l’arche sainte, avant la lecture de la Torah et, de même, Ve Zot Ha Torah, « ceci est la Torah », la phrase qui est dite lors de la levée de la Torah, après sa lecture ?

Je n’ai pas vu le Knesset Israël et les responsa Péri Ha Sadé, les ouvrages que vous citez.
En tout état de cause, l’Admour Hazaken ne fait pas mention de ces interruptions et il est donc bien clair que nous autres, ‘Hassidim ‘Habad, nous ne devons pas nous les permettre.

L’un des élèves de la Yechiva Tom’heï Temimim m’a dit avoir entendu, au nom du Rabbi Rachab, dont l’âme est en Eden, que l’on peut effectivement s’interrompre pour Beri’h Chemé.

J’ai interrogé hier mon beau-père et maître, le Rabbi, à ce sujet. Il m’a répondu que ce n’est nullement le cas et qu’il n’y a pas lieu de s’interrompre, pour cela.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 3 , page 14 9)

Il ne faut pas s’interrompre, au milieu des Pessoukeï de Zimra, pour lire les passages Beri’h Chemé et Ve Zot Ha Torah.

(Séfer Ha Minhaguim, page 1 0)

Vous récitez le Kaddish de Rabanan qui précède Hodou et, à ce sujet, vous me posez la question suivante.
Est-il permis de s’interrompre, au milieu des Pessoukeï de Zimra, pour réciter ce Kaddish ?

Le temps dont je dispose ne me permet pas d’effectuer des recherches, à ce propos. Mais, en outre, la réponse me paraît bien évidente. A mon avis, ce Kaddish n’étant pas votre obligation personnelle, mais celle de la communauté, rien ne vous permet de vous interrompre pour le dire, dans un passage en lequel on ne s’interrompt pas.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 7, page 13 9)

Traduction

Je ne suis pas satisfait par les interruptions de la prière en y introduisant la traduction de certains mots dans une autre langue.
(Séfer Ha Minhaguim, page 10) .

Résumer :

  1. Baroukh Che Amar :
    a. Tenir les deux Tsitsit de devant dans la main gauche.
    b. Passer les Tsitsit sur les yeux et les embrasser à la fin de la bénédiction.
    c. Marquer un temps d’arrêt entre les mots Méle’h et Mechouba’h.
  2. Achreï :
    a. Toucher les Tefillin du bras en lisant Potéa’h Et Yadé’ha.
    b. Toucher les Tefillin de la tête en lisant Oumassbya Le ‘Hol ‘Haï Ratson.
  3. Interruptions pendant les Pessoukeï de Zimra :
    a. Dire l’intégralité de la Kedoucha et du Modim (permis).
    b. Ne pas répondre aux Amen du Kaddish à partir de Titkabel.
    c. Ne pas s’interrompre pour lire Beri’h Chemé ou Ve Zot Ha Torah.
    d. Ne pas s’interrompre pour réciter le Kaddish de Rabanan qui précède Hodou. Le Kaddish n’est pas une obligation personnelle, mais celle de la communauté.
  4. Traduction :
    a. L’introduction de la traduction de certains mots dans une autre langue pendant la prière n’est pas recommandée.
Le guide des usages hassidiques : #8 Pessoukeï de Zimra de la Tefila de Cha’harit

Le guide des usages hassidiques : #8 Pessoukeï de Zimra de la Tefila de Cha’harit

 

Les Pessoukeï de Zimra sont la partie de la prière du matin qui est comprise entre les bénédictions Barou’h Ché Amar, « Béni soit Celui Qui a créé le monde par Sa Parole » et Yichtaba’h, « Que Ton Nom soit loué ».

Hala’ha

En disant Barou’h Ché Amar, « béni soit Celui Qui a créé le monde par Sa Parole », on tient les deux Tsitsit de devant dans sa main gauche, puis, à la fin de la bénédiction, on les passe sur ses yeux et on les embrasse.

Durant la lecture du paragraphe Barou’h Ché Amar, on marque un temps d’arrêt entre les mots Méle’h, « Roi » et Mechouba’h,
« digne d’éloge ». En effet, Méle’h se rapporte à ce qui est dit au préalable, non à ce qui suit.

En lisant les mots Potéa’h Et Yadé’ha, « Ouvre Ta main », dans la prière Achreï, « heureux sont ceux qui résident dans Ta maison », on touche les Tefillin du bras.

En lisant les mots Oumassbya Le ‘Hol ‘Haï Ratson, « Rassasie tout être vivant par Ton bon vouloir », la suite de ce même verset, on touche les Tefillin de la tête.

(Séfer Ha Minhaguim, page 9)

interruptions

Pour ce qui est des interruptions qui sont permises, pendant les Pessoukeï De Zimra, de manière pratique, j’ai interrogé mon beau-père et maître, le Rabbi. Il m’a répondu que l’on peut dire
pessoukeï de zimra

l’intégralité de la Kedoucha et du Modim. En revanche, on ne peut pas répondre aux Amen du Kaddish à partir de Titkabel.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 3, page 148)

*

Y a-t-il lieu de s’interrompre, pendant les Pessoukeï de Zimra, pour lire la prière Beri’h Chemé, « que Son Nom soit béni », qui est récitée lors de l’ouverture de l’arche sainte, avant la lecture de la Torah et, de même, Ve Zot Ha Torah, « ceci est la Torah », la phrase qui est dite lors de la levée de la Torah, après sa lecture ? Je n’ai pas vu le Knesset Israël et les responsa Péri Ha Sadé, les ouvrages que vous citez.

En tout état de cause, l’Admour Hazaken ne fait pas mention de ces interruptions et il est donc bien clair que nous autres, ‘Hassidim ‘Habad, nous ne devons pas nous les permettre.

L’un des élèves de la Yechiva Tom’heï Temimim m’a dit avoir entendu, au nom du Rabbi Rachab, dont l’âme est en Eden, que l’on peut effectivement s’interrompre pour Beri’h Chemé.

J’ai interrogé hier mon beau-père et maître, le Rabbi, à ce sujet. Il m’a répondu que ce n’est nullement le cas et qu’il n’y a pas lieu de s’interrompre, pour cela.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 3, page 149)

*

Il ne faut pas s’interrompre, au milieu des Pessoukeï de Zimra, pour lire les passages Beri’h Chemé et Ve Zot Ha Torah.

(Séfer Ha Minhaguim, page 10)

*

Vous récitez le Kaddish de Rabanan qui précède Hodou et, à ce sujet, vous me posez la question suivante. Est-il permis de s’interrompre, au milieu des Pessoukeï de Zimra, pour réciter ce Kaddish ?

Le temps dont je dispose ne me permet pas d’effectuer des recherches, à ce propos. Mais, en outre, la réponse me paraît bien évidente. A mon avis, ce Kaddish n’étant pas votre obligation personnelle, mais celle de la communauté, rien ne vous permet de vous interrompre pour le dire, dans un passage en lequel on ne s’interrompt pas.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 7, page 139)

traduction

Je ne suis pas satisfait par les interruptions de la prière en y introduisant la traduction de certains mots dans une autre langue.

(Séfer Ha Minhaguim, page 10) le chema israël et ses bénédictions

 


Le Guide des Usages Hassidiques – Rav Haïm Mellul / Editions du Beth Loubavitch


 

 

Le guide des usages ‘hassidiques : #9  Les Pessoukeï de Zimra – Interruptions

Le guide des usages ‘hassidiques : #7 Le moment de la prière de Cha’harit

Par le Rav Haïm Mellul

 

Vous m’écrivez qu’il y a deux conceptions, concernant celui qui reste éveillé toute la nuit. Doit-il prier, puis aller se reposer, ou bien dormir tout d’abord pendant quelques heures et prier ensuite ?

Il est impossible de fixer des règles définitives, en la matière, car tout dépend de la manière dont chacun conserve l’esprit clair. L’un priera mieux s’il dort au préalable, alors que l’autre, bien au contraire, s’il ne dort que quelques heures, d’une manière insuffisante, en sera troublé, durant sa prière.

Or, on connaît l’immense importance de la prière et j’ai entendu, une fois, mon beau-père et maître, le Rabbi relater que, parfois, son père, le Rabbi Rachab, dont la mémoire est en Eden, dans la matinée suivant le premier soir de la fête de Chavouot, dormait quelques heures et il priait uniquement après cela. Adoptait-il systématiquement cette attitude, ou bien l’a-t-il fait uniquement quelques fois ? Je n’ai rien entendu, à ce sujet.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 9, page 239)

 

 

Vous me demandez si vous devez prier très tôt, quand vous n’avez pas dormi toute la nuit, ou bien s’il est préférable de dormir un peu, au préalable, afin de se préparer à prier D.ieu. Tout dépend de votre capacité à ne pas vous endormir.

Je n’ai pas reçu de directive, en la matière, mais, à mon avis, dès lors que la Kavana est indispensable, pendant la prière, au point que son absence la disqualifie, il est, de façon générale, préférable d’opter pour la seconde possibilité. Combien plus en est-il ainsi le temps de la prière quand il s’agit de ‘Hassidim, de ‘Hassidim ‘Habad, qui ont entendu parler de la grandeur de la prière, ou bien même qui l’ont étudiée.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 3, page 434)

 

 

Vous concluez votre lettre en me disant que, pour différentes raisons, vous commencez à prier, le Chabbat, vers quatorze heures.

Cette information ne me convient pas du tout. On ne peut pas fixer définitivement de telles manières d’agir. Vous comprenez bien la différence qui existe entre commencer la prière tôt et la finir tard, d’une part, la commencer a priori vers quatorze heures, d’autre part.

Vous solliciterez donc le conseil des ‘Hassidim âgés, se trouvant dans votre endroit. Ils vous donneront des directives, en la matière, afin de remédier à cela, sans devoir écourter les préparations qui sont nécessaires pour le service de D.ieu de la prière et pour tout ce qui concerne cette prière elle-même.

En tout état de cause, vous ne pouvez pas commencer votre prière après ‘Hatsot, le milieu de la journée.

Le guide des usages ‘hassidiques : #6 La Kavana de la prière

Le guide des usages ‘hassidiques : #6 La Kavana de la prière

Par le Rav Haïm Mellul

 

Kavana générale

La particularité de la Mitsva de la prière est la suivante. Même si elle est prononcée, par la parole, elle intègre, en outre, une certaine forme d’action. Il est dit, en effet, que : « un homme doit implorer et prier chaque jour ». Dans ce contexte, implorer signifie servir D.ieu avec émotion, de tout son cœur, non uniquement par l’action ou par la parole.

L’objet de la prière est donc : « implorer et prier », c’est-à- dire mettre en éveil la Kavana de son cœur. Selon les termes du Rambam, « c’est après cela que l’on formule ses besoins personnels, en demandant et en implorant ».

Et, l’entrée en matière de tout cela consiste à : « chasser toutes les pensées de son esprit, se dire que l’on se tient devant D.ieu ». C’est après cela que, pendant la prière, on peut demander et implorer.

Si l’on ne met pas tout cela en pratique, non seulement on n’a pas accompli la Mitsva, mais, en outre, la parole elle-même n’est pas celle de la prière.

(Likouteï Si’hot, tome 22, page 117)

Devant Qui tu te tiens

De façon générale, il est dit, à propos de la prière : « Sache devant Qui tu te tiens ». C’est la Kavana la plus globale. La prière est adressée au Saint béni soit-Il. Il faut en avoir conscience avant même de comprendre le sens des mots que l’on prononce.
la kavana de la prière

En la matière, une différence existe, cependant, entre le premier verset du Chema Israël, la première bénédiction du Chemoné Essré et le reste de la prière, comme l’explique le Choul’han Arou’h et comme l’indique également le Tanya, au début du chapitre 30. Il est donc nécessaire d’avoir une Kavana, d’ordre général, celle d’adresser sa prière au Saint béni soit-Il.

Bien entendu, il n’est pas question ici de la Kavana qui est en relation avec la connaissance de l’enchaînement des mondes et de tout ce qui concerne les Sefirot. La Kavana, en l’occurrence, est, au sens le plus simple, la conscience du fait que : « je prie comme le ferait un enfant », en concentrant sa pensée, globalement, sur le Saint béni soit-Il.

Et, point n’est besoin d’avoir recours à la ‘Hassidout, pour adopter une telle attitude. C’est une Hala’ha tranchée par le Choul’han Arou’h. Bien plus, comme l’indique le début du Siddour de l’Admour Hazaken, il est nécessaire, avant même de dire le Modé Ani, « je Te rends grâce, Roi » et de se laver les mains, alors qu’il est encore interdit de mentionner l’un des sept Noms de D.ieu que l’on ne peut pas effacer, de penser au Roi suprême, le Saint béni soit-Il.

Plus encore, cette Kavana de portée générale, « Sache devant Qui tu te tiens », est une obligation de la Torah. Toute la discussion tendant à déterminer si la prière est instaurée par la Torah ou bien d’ordre rabbinique s’applique uniquement avant que l’on ait commencé à prier. On peut alors se demander si c’est la Torah qui impose de prier précisément à ce moment.

En revanche, quand on se trouve, d’ores et déjà, en prière devant le Saint béni soit-Il, que l’on dit Barou’h Ata, « Béni sois-Tu, Eternel », il est alors bien évident qu’il est une Mitsva de la Torah de penser au Saint béni soit-Il. Bien entendu, c’est là un principe général, s’appliquant à toute la prière, dans son ensemble.

De ce fait, quand on habitue un jeune enfant à dire le Modé Ani,
« je Te rends grâce, Roi », on doit lui expliquer qu’il est nécessaire de penser au Saint béni soit-Il, quand on prononce ces mots, car c’est à Lui que l’on s’adresse en disant : « Je Te rends grâce ».

(Discours du Rabbi, Séfer Itvaadouyot 5743-1983,
tome 1, page 144)

Comment atteindre la Kavana

On sait ce qui est couramment admis, concernant la Kavana de la prière. Ceux qui ont des difficultés à l’atteindre, par manque de connaissance, ou bien parce qu’ils ne parviennent pas à se rappeler les détails, quand ils prient, peuvent se contenter d’une seule Kavana, d’ordre général :

« Que ma prière soit entendue par D.ieu, béni soit-Il, comme si elle avait été dite avec toutes les formes de Kavana exposées dans les livres de la Kabbala ».

(Hayom Yom, 11 Adar Richon)

Kavana et prière publique

Vous m’interrogez sur l’habitude que vous avez prise de prolonger votre prière. De ce fait, vous n’entendez pas la Kedoucha de l’officiant. Vous me demandez si vous devez maintenir cette pratique, ou bien raccourcir votre prière afin d’entendre la Kedoucha.

La Kavana est essentielle dans la prière et il en est une, de portée générale, sans laquelle la prière n’en est pas une. On peut en déduire qu’il n’y a pas lieu de raccourcir la méditation de la prière ou de cesser de la prolonger, y compris pour entendre la Kedoucha.
la kavana de la prière

C’est aussi ce que l’on peut déduire de la décision hala’hique figurant dans les responsa du Tséma’h Tsédek, qui est également imprimée dans le Chaar Ha Milouïm, au chapitre 11. Vous consulterez cet ouvrage et tous ceux que vous mentionnez.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 11, page 176)

*

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous m’exposez l’organisation de votre journée. Vous concluez par une question. Vous avez l’habitude de prier lentement et, de ce fait, vous ne priez pas avec la communauté. Parfois même, vous dépassez l’heure de la prière.

Voici ma réponse. On connaît l’usage des ‘Hassidim, très souvent basé sur les directives de nos saints maîtres et chefs, consistant à assister à la prière publique, à répondre au Bare’hou, à la Kedoucha, à écouter la lecture de la Torah, puis, par la suite, à prier lentement, parfois même longuement.

Et, l’on connaît aussi l’explication figurant dans le recueil Ha Tamim, au nom du Rabbi de Avroutch, le fils du Rabbi Tséma’h Tsédek, selon laquelle prier avec la communauté signifie réunir la communauté de ses forces, toutes les dix forces de son âme, pour les investir pleinement dans la prière.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 4, page 478)

Les pensées qui troublent

Vous m’écrivez que des pensées étrangères vous troublent, de temps à autre, notamment pendant le moment de la prière. Vous devez prier en tenant un Siddour. Même lorsqu’une réflexion est nécessaire, ce Siddour devra rester ouvert devant vous. Quand vous sentirez ces pensées surgir en vous, vous regarderez aussitôt

le Siddour et, selon l’expression de nos Sages, dont la mémoire est
une bénédiction, les mots sont lumineux pour vous.

Vous devez avoir quelques notions de ‘Hassidout gravées en votre mémoire, mot à mot, notamment le commentaire ‘hassidique intitulé : « Tu honoreras l’ancien », figurant dans le Likouteï Torah, à la fin de la Parchat Kedochim.

De même, avant la prière du matin, pendant les jours de semaine, vous donnerez quelques pièces à la Tsedaka, de temps à autre. Par ailleurs, vous demanderez que l’on vérifie vos Tefillin.

Que D.ieu, béni soit-Il, fasse que votre service de D.ieu soit fructueux, de même que votre étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout. Ne recherchez pas ce qui est grand et merveilleux. Servir D.ieu implique un intense effort, comme l’expliquent le Tanya et les discours ‘hassidiques.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 7, page 362)

*

Pour ce qui est des pensées étrangères, il est nécessaire de multiplier les mots de la Torah et de la prière. Vous aurez donc quelques chapitres du Tanya et de la Michna gravés en votre mémoire. Ceci protège, y compris quand on ne les récite pas, pas même en sa pensée. C’est ce que l’on peut déduire du Likouteï Torah, à la fin de la Parchat Kedochim. Il serait bon d’étudier également, par cœur, ce discours ‘hassidique, qui est intitulé : « Tu honoreras l’ancien ».

Bien souvent, de telles pensées troublent précisément pendant le temps de la prière et de l’étude. Il est donc judicieux, en ces moments, d’avoir le Siddour ou le livre que l’on étudie ouvert devant soi, à la bonne page. Quand on sent que ses pensées s’éparpillent,
la kavana de la prière

on observera ce Siddour ou ce livre. Les lettres qui y sont inscrites permettront alors de se maîtriser.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 5, page 259)

Prier avec un siddour

Pendant la prière, il est nécessaire de penser au Saint béni soit- Il, de même qu’à la signification des mots que l’on prononce. Et, il y a un moyen simple d’y parvenir. C’est de prier en tenant un Siddour. Il est alors plus aisé de ne pas s’écarter de la Kavana de la prière et, bien entendu, de ne pas en avaler les mots.

Certains pensent qu’ils ne doivent pas prier avec un Siddour à la main, car ils connaissent la prière par cœur, surtout s’il s’agit d’un passage usuel, comme Achreï, par exemple. Mais, quand on dit Achreï par cœur, on doit également penser au Saint béni soit-Il. A fortiori en est-il ainsi quand il s’agit d’autres prières, en lesquelles il est interdit de s’interrompre. Il est certain qu’il faut alors penser au Saint béni soit-Il.

Mon beau-père et maître, le Rabbi avait l’habitude de prier en tenant un Siddour, sauf dans des cas particuliers, même si, sans le moindre doute, il connaissait toutes les prières par cœur. C’est aussi ce que je fais moi-même, puisque j’ai vu le comportement de mon beau-père et maître, le Rabbi.

(Discours du Rabbi, Séfer Itvaadouyot 5743-1983,
tome 1, page 144)

Le guide des usages ‘hassidiques :  Préparation à la prière

Le guide des usages ‘hassidiques : Préparation à la prière

Par le Rav Haïm Mellul

 

Le Mikwé

Vous m’interrogez sur la raison de l’immersion dans un Mikwé, avant la prière. Vous consulterez ce que dit le Siddour de l’Admour Hazaken, avec les commentaires de la ‘Hassidout, à ce sujet.

On peut l’expliquer également selon la partie révélée de la Torah, d’après les propos du Rachba, qui sont cités par le Maguen Avraham, au début du chapitre 4. L’homme qui se réveille, au matin, est, en effet, comparable au Cohen, au prêtre qui s’apprête à commencer son service, dans le Temple et qui doit lui-même se tremper, tout d’abord, dans un Mikwé, comme l’indique la Michna, dans le traité Yoma 30a.

Certes, les Sages, dont la mémoire est une bénédiction, n’en ont pas fait une obligation, comme ils ne l’ont pas fait non plus pour l’immersion instaurée par Ezra, qui est pourtant plus importante. En effet, le plus grand nombre n’aurait pas été en mesure de s’astreindre à cette pratique, comme l’indique le Rambam, au chapitre 4 de ses lois de la prière.

On consultera également, sur ce sujet, le Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, dans la Parchat Tavo, à la page 43a.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 11, page 401)

L’importance de l’immersion rituelle

L’importance de l’immersion rituelle et de la purification spirituelle du corps, réceptacle de la sainteté et propriété du Saint béni soit-Il, est basée sur les propos des premiers et des derniers Sages, desquels nous recevons la vie.
guide des usages ‘hassidiques

L’immersion rituelle permet le passage non seulement de l’impureté à la pureté, mais aussi de la pureté vers une pureté plus haute, puisqu’il existe, en la matière, plusieurs niveaux, plusieurs formes d’élévation. De façon générale, les Sages, dont la mémoire est une bénédiction, en recensent cinq, ainsi qu’il est dit : « celui qui se trempe dans un Mikwé pour la récolte profane reste impur pour la dîme ».

Comme le précise mon beau-père et maître, le Rabbi, dont la mémoire est une bénédiction et dont le mérite nous protègera, les jours de purification rituelle ne sont pas tous identiques. Ainsi, il y a les simples jours de semaine, les jours de lecture de la Torah, soit le lundi et le jeudi, les jours de jeûne, les veilles de Chabbat et de fêtes, la veille de Roch Hachana et de Yom Kippour, le jour du Chabbat et des fêtes.

Le Rambam permet également d’établir l’existence de quelques- uns de ces niveaux. Et, l’on sait que ses propos sont particulièrement précis. C’est à la fin, à la conclusion de son dixième livre, traitant de la pureté, Tahara, qu’il définit l’immersion, l’entrée dans l’eau comme faisant allusion à l’introduction de l’âme dans les eaux de la connaissance.

Et, comme l’indique la Michna, à la fin du chapitre Yom Ha Kippourim, « tout comme le Mikwé purifie ceux qui sont impurs, le Saint béni soit-Il purifie Israël ».

Vous consulterez également, à ce sujet, les discours ‘hassidiques de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, traitant du Mikwé et de sa Kavana. Vous étudierez ces textes avec précision.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 20, page 93)

Problème de santé

Pour ce qui est de l’immersion instaurée par Ezra, quand il y a un problème de santé, on connaît la remarque de nos maîtres, affirmant qu’ils prennent la responsabilité qu’une immersion unique ne fera aucun mal. Selon certains, cet enseignement a été délivré au nom du Baal Chem Tov lui-même.

(Lettre du Rabbi, Likouteï Si’hot, tome 17, page 481)

Manger avant la prière

J’ai bon espoir qu’à réception de la présente, vous cesserez de vous affamer, plusieurs heures par jour. Vous prendrez une boisson qui renforce le corps et vous mangerez des gâteaux, le matin, y compris avant la prière.

On connaît le dicton de nos saints maîtres et leur enseignement selon lequel : « il faut manger pour prier, non pas prier pour manger ». Au sens le plus littéral, ils voulaient dire ceci. Quand il s’agit de personnes comme nous, il est impossible que quelqu’un qui a faim, quand il prie, n’ait pas des difficultés à méditer, pendant sa prière et à la prolonger.

Il n’en est pas de même, en revanche, quand on mange avant la prière. Cette difficulté est alors totalement écartée et l’on peut, dès lors qu’on le veut, servir D.ieu d’une façon meilleure et plus haute.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 10, page 326)

Etude et méditation avant la prière

Le moment propice pour l’étude de la ‘Hassidout est le matin, avant la prière. Car, c’est alors que brille, d’en haut, la Blancheur immaculée, qui se met en éveil, précisément, en le « matin d’Avraham ».
guide des usages ‘hassidiques

La réflexion aux notions de la ‘Hassidout, quand on porte le Talith et les Tefillin, avant la prière, a un effet décisif sur cette prière, puis sur le comportement de tout le reste de la journée. La pensée est alors différente de ce qu’elle est à un autre moment, plus proche de soi-même et plus efficace. De fait, ces deux sentiments sont liés.

(Séfer Ha Minhaguim, page 7)

*

Et, puisque l’on évoque ce sujet, je dois vous faire part de ma surprise, depuis plusieurs années déjà. En effet, tout ce qui figure dans le Choul’han Arou’h est une Hala’ha tranchée, concrètement applicable. Même si cet ouvrage rapporte une controverse, il y a des principes hala’hiques permettant de déterminer ce qu’il y a lieu de faire et la conclusion qu’on doit adopter.

Mais, il y a une exception, dans certains milieux des enfants d’Israël, y compris parmi ceux qui appliquent scrupuleusement les Mitsvot. En effet, il existe une Loi tranchée, que nul ne remet en cause, selon laquelle chacun est tenu de : « méditer, avant la prière à la grandeur de D.ieu, béni soit-Il et à la petitesse de l’homme, afin d’ôter de son cœur les plaisirs terrestres », selon les termes du Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, chapitre 98, à la fin du paragraphe 1, d’après une Michna qui est citée, à cette référence.

Or, l’obligation de prier s’applique deux fois par jour et, à notre époque, on a rendu obligatoire également la troisième, celle d’Arvit. Cette Hala’ha devrait donc s’appliquer, au minimum, trois fois par jour, au quotidien, car chaque Juif est tenu de prier.

Jusqu’à quand les Rabbanim, enseignant la Hala’ha, les professeurs et les recteurs de Yechiva resteront-ils silencieux, en ne diffusant pas cette Hala’ha ? Et, pourquoi adoptent-Ils cette
préparation de la prière

attitude ? Comment se fait-il que ceux qui la mettent en pratique,
ou même ceux qui en ont connaissance soient si peu nombreux ?

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 11, page 230)

*

Vous sollicitez un conseil pour la prière, car vous ne ressentez pas son contenu, en vos pensées, en vos paroles et en vos actions, de sorte que celle-ci n’exerce aucune influence sur vous. Cela n’est pourtant pas surprenant, puisque la Michna tranche que :
« l’on ne commence à prier qu’en ayant la tête lourde » et Rachi explique : « avec humilité et contrition ». Cette Michna est à la fois un impératif et une précision donnée. Il est impossible de prier comme il convient si l’on n’a pas cette humilité.

Il est bien clair que l’humilité ne peut pas se présenter d’elle- même, car chaque homme possède un ego. En outre, son mauvais penchant est le premier à avancer son argumentation. Cependant, il est dit : « J’ai créé un mauvais penchant et J’ai créé la Torah, qui est son antidote ». Cela veut dire que la Torah guérit également la fierté et la forte conscience de sa propre personne, qui engendre l’orgueil.

L’étude de la Torah doit donc suggérer l’humilité, mais aussi permettre de servir D.ieu, par sa prière, avec joie. Et, nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction, soulignent que : « l’on ne peut commencer à prier que dans la joie ». Cette étude est celle de la ‘Hassidout, des « propos du D.ieu de vie », suscitant l’amour de D.ieu, qui est à l’origine de la joie et la crainte de D.ieu, de laquelle découlent l’humilité et la modestie.

Bien entendu, il est inutile de préciser que la prière doit être faite dans la pureté. Si vous adoptez une telle étude avec sincérité, notamment avant la prière, le matin, vous prierez de la manière qui convient.
guide des usages ‘hassidiques

La première requêteformulée dans la prière porte sur les attributs de l’intellect, ‘Ho’hma, la sagesse, Bina, l’entendement et Daat, la connaissance. C’est la première des bénédictions intermédiaires de la Amida, dans lesquelles chacun formule ses besoins personnels. Il est donc certain qu’après la prière, pendant la journée, vous vous fixerez également une étude de la ‘Hassidout.

L’Admour Hazaken précise, en outre, que cette fixation est essentiellement dans l’esprit. Et, ce qui est fixé ne peut pas être annulé. Bien entendu, ceci s’applique à la fois à vous-même et aux personnes sur lesquelles vous pouvez exercer votre influence, comme le devoir en incombe à celui qui a le moyen de le faire.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 10, page 234)

Je m’engage

Il est judicieux de dire, avant la prière, Hareïni Mekabel, « Je m’engage à mettre en pratique la Mitsva : ‘tu aimeras ton prochain comme toi-même’. »

(Séfer Ha Minhaguim, page 5)

Etude d’un chapitre de Tanya

Il existe plusieurs coutumes juives qui sont liées à l’étude de la Torah. Il y a, notamment, l’usage positif, qui a été adopté par les ‘Hassidim, dans les générations précédentes et qui l’est également dans la nôtre, l’étude quotidienne d’un chapitre du Tanya, avant la prière du matin.

Il est bon de diffuser cette coutume et de la renforcer. En l’adoptant, on accomplit une Mitsva de la Torah, l’étude de la Loi Orale.

(Discours du Rabbi, Séfer Itvaadouyot 5749-1989, tome 3, page 68)

Tsedaka avant la prière

Pour supprimer tous les obstacles pouvant se dresser pendant la prière, il est nécessaire de donner de la Tsedaka. En effet, « Rabbi Eléazar donnait une pièce à un pauvre et il priait ensuite, ainsi qu’il est dit : ‘J’observerai Ta Face dans la droiture, Tsédek’ ».

Car, des accusations peuvent être soulevées contre l’homme et il est alors soumis à un jugement, afin de déterminer s’il est apte à pénétrer dans le Sanctuaire du Roi suprême, le Saint béni soit- Il, pendant la prière. C’est à ce propos qu’il est dit : « la Tsedaka sauve… » et : « la Tsedaka élève une nation… ».

Les moments de la journée qui sont propices pour le don de la Tsedaka sont le matin, avant la prière de Cha’harit et, l’après-midi, avant la prière de Min’ha. En donnant de la Tsedaka à un pauvre avant de prier et en lui insufflant la vie, on peut ajouter beaucoup de vitalité à sa propre prière.

(Séfer Ha Minhaguim, pages 7 et 8)

*

Vous m’indiquez que votre père a adopté l’usage favorable, consistant à donner de la Tsedaka pendant la prière Vayevare’h David, « et, David bénit ». Cette pratique favorable est basée, notamment, sur les écrits du Ari Zal et sans doute la maintient-il, encore à l’heure actuelle.

Adopter cet usage s’appelle également donner de la Tsedaka avant la prière, car celle-ci est essentiellement le Chemoné Essré, comme l’indique l’introduction du Siddour de l’Admour Hazaken, avec les commentaires de la ‘Hassidout. Néanmoins, il est bon de faire un ajout à tout cela en donnant de la Tsedaka également avant le tout début de la prière. C’est bien évident.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 19, page 71)

 

 

Le guide des usages ‘hassidiques #3 : Les Tefilines

Le guide des usages ‘hassidiques #3 : Les Tefilines

Par le Rav Haïm Mellul

 

Comment les mettre

Voici les directives qui s’appliquent à tous. On commence à mettre les Tefilines deux mois avant la Bar Mitsva, tout d’abord sans bénédiction, puis, quelques semaines plus tard, avec une bénédiction. Certains ont l’usage de s’asseoir pour mettre les Tefilines du bras, pour une raison qui est expliquée dans le Zohar. En pareil cas, on récite la bénédiction également en étant assis.

Après avoir posé les Tefilines du bras sur le biceps, avant de serrer la lanière, on récite, tout d’abord, la bénédiction, en pensant que celle-ci porte également sur les Tefilines de la tête, que l’on mettra par la suite. Puis, l’on serre la lanière dans le nœud, en vérifiant que le Youd formé par cette lanière ne s’écarte pas du boîtier. Certains font deux tours autour de la base de ce boîtier, afin de former la lettre Chin, quand la lanière est resserrée.

Concernant les tours effectués avec la lanière des Tefilines du bras, mon grand-père et maître, le Rabbi Maharach, dont la mémoire est une bénédiction, dit qu’il doit y en avoir sept, y compris les deux demi-tours, soit le demi-tour supérieur, puis deux tours entiers, proches l’un de l’autre. On laisse ensuite un espace vide, puis l’on fait encore quatre tours entiers et un demi-tour en diagonal. On ajoute ensuite un tour sur la paume de la main, ce qui forme un Dalet inversé. Enfin, on fait trois tours autour du doigt.

Comment effectuer ces tours autour du doigt ? Je ne m’en rappelle pas avec précision, mais, en tout état de cause, il me semble avoir vu clairement que le Rabbi faisait le premier tour sur la première phalange, à proximité de la paume de la main, puis un autre tour sur la seconde phalange et un troisième tour de nouveau

sur la première phalange. Enfin, ce qui reste de la lanière estentouré autour de la paume de la main, de la manière qui est indiquée ci- dessus, à la différence de ceux qui forment un Chin autour de la main.

* * *

Concernant les tours de lanière autour de la main, ceux du doigt sont définis dans le Siddour, dans les notes du Rabbi Rachab, dont l’âme en Eden. Ils sont au nombre de trois, l’un sur la phalange inférieur, à proximité de la paume de la main, la seconde sur la phalange intermédiaire et le troisième encore une fois sur la phalange inférieure.

J’ai observé, à plusieurs reprises, que le Rabbi procédait de la sorte, puis, à plusieurs reprises, pendant la prière, il observait et il vérifiait, notamment, que le troisième tour était toujours à sa place, non pas posé sur le premier mais bien à côté de lui, sur la même phalange, près de la phalange intermédiaire, touchant le premier tour.

Les Tefilines de la tête doivent être placées, très exactement, au milieu de la tête. Il est nécessaire de faire très attention à cela. Les lanières de la tête descendent, de part et d’autres, jusqu’aux jambes.

(Séfer Ha Minhaguim, pages 4 et 5)

Interruption entre les Tefilines du bras et de la tête

Si l’on a parlé entre la mise des Tefilines du bras et de celles de la
tête, on récite, sur ces dernières, la bénédiction Al Mitsva Tefilines,
« la Mitsva des Tefilines ».

(Séfer Ha Minhaguim, page 5)

Le cache des Tefilines du bras

Vous évoquez le fait de placer un cache sur les Tefilines du bras, pendant le temps de la prière, afin d’en protéger les coins. C’est ce que je fais moi-même. Bien entendu, celui-ci est disposé de telle façon que le Youd de la lanière ne soit pas séparé du boîtier des Tefilines, conformément aux propos du saint Zohar.

En revanche, dans les Tefilines de mon beau-père et maître, le Rabbi, le cache, à l’endroit du Youd, était entier, ce qui veut dire qu’il ne le portait pas pendant la prière. Il est clair que son père, le Rabbi Rachab, dont l’âme est en Eden, en faisait de même.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 12, page 433)

La place des Tefilines sur la tête

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous m’écrivez que, lorsque vous mettez les Tefilines de la tête, vous ne parvenez pas à déterminer s’ils sont bien à leur place.

On sait l’usage qu’il convient d’adopter, en la matière. Il faut demander à quelqu’un qui se tient près de soi de vérifier qu’ils sont bien à leur place. Et, il est bien évident que, selon la loi de notre sainte Torah, on s’en remet totalement à cela, comme c’est le cas également dans beaucoup d’autres domaines.

(Lettre du Rabbi, Likouteï Si’hot, tome 39, page 244)

La taille du nœud des Tefilines

Vous m’interrogez sur l’emprunt des Tefilines d’un ami pour prier. Il est indiqué ceci, à ce sujet, dans les responsa Avneï Nezer, partie Ora’h ‘Haïm, à la fin du chapitre 183 :

« Celui qui porte les Tefilines de la tête de quelqu’un d’autre n’agit pas bien, car leur propriétaire modifiera, par la suite, la taille du nœud, à la mesure de sa tête, ce qui veut dire que le nœud qu’il a fait lui-même n’aura pas été définitif et qu’il ne s’est donc pas acquitté de son obligation. Il est une Mitsva de diffuser ces propos ».

Tel n’est cependant pas l’usage qui a été adopté, de façon courante et l’on peut trouver un appui solide à cette manière de faire dans l’affirmation, qui est formulée comme une évidence par le Ora’h ‘Haïm, chapitre 14, au paragraphe 4 et qui est également reproduite dans le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, au paragraphe 12, selon laquelle il est effectivement permis de porter les Tefilines de son ami.

Plusieurs textes des derniers Sages mentionnent ces propos, mais aucun ne précise qu’il en est ainsi uniquement quand la taille de la tête est la même, pour l’un et pour l’autre, ce qui, de fait, est très rare. D’ailleurs, une objection a déjà été soulevée contre cette affirmation du Avneï Nezer et celle-ci est rapportée dans les chapitres 184 et 185.

Le Kéli ‘Hemda, dans son commentaire de la Torah, à la Parchat Le’h Le’ha défend l’usage couramment adopté :
parce que les Tefilines ne requièrent pas un nœud définitif, comme
le souligne, notamment, le Ramban,
parce que ce qui permet de les maintenir pendant le temps d’accomplissement de la Mitsva s’appelle, d’ores et déjà, un nœud définitif.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 10, page 378)

*

On a déjà adopté couramment l’usage de se servir des Tefilines d’un ami, y compris lorsque celui-ci en modifiera le nœud par la suite, en fonction de la taille de sa tête. Cela ne remet pas en cause le caractère définitif du nœud.

(Séfer Ha Minhaguim, page 5)

Embrasser les Tefilines

Question : Est-il permis d’embrasser les Tefilines?

Réponse : Il est effectivement permis de le faire. Ceux qui s’en abstiennent craignent d’ingérer de l’encre, de cette façon, puis de la rejeter par la suite.

(Hé’hal Mena’hem, tome 1, page 209)

Comment plier les lanières

Question : J’aimerais savoir comment plier les lanières des
Tefilines, d’un seul côté du boîtier ou bien de part et d’autre ?

Réponse : On le fait des deux côtés, comme les ailes d’une colombe. C’est ce qu’explique mon beau-père et maître, le Rabbi, qui pliait lui-même ses Tefilines de cette façon.

Question : S’il en est ainsi, est-il permis de plier les lanières sur les nœuds ?

Réponse : Pour les Tefilines de la tête, cela est interdit. C’est pour cela que l’on place le nœud au milieu. Pour celles du bras, en revanche, peu importe. Concrètement, je n’ai pas vu comment mon beau-père et maître, le Rabbi pliait ses Tefilines. J’étais présent uniquement dans la période en laquelle il ne le faisait plus lui- même.

On sait que, tout comme il est dit, pour le Cohen Gadol, le grand Prêtre, que « le pectoral ne quittera pas l’éphod », le Youd ne doit pas non plus quitter les Tefilines. De ce fait, il est d’usage de couper le coin du cache qui est placé sur les Tefilines du bras, là où se trouve le nœud du Youd. Il en est ainsi dans mes propres Tefilines. En revanche, je n’en ai pas vu l’équivalent en celles de mon beau-père et maître, le Rabbi.

(Hé’hal Mena’hem, tome 1, page 209)

Regarder le « Chin »

Lorsque l’on ôte les Tefilines de la tête, on observe les Chin se
trouvant sur le boîtier et on doit les fixer.

(Hé’hal Mena’hem, tome 1, page 209)

Le guide des usages ‘hassidiques #2 : Les Tsitsit

Le guide des usages ‘hassidiques #2 : Les Tsitsit

Par le Rav Haïm Mellul

 

L’apparence des Tsitsit

La largeur du Talith Katan doit être une coudée de la Torah, ce qui correspond à la taille de vingt-quatre larges pouces d’un homme moyen. Sa longueur, à l’arrière du corps, à partir du cou, est également une coudée de la Torah. La longueur, à l’avant, à partir de l’échancrure du col est aussi une coudée de la Torah.

La longueur et la largeur du Talith Katan doivent être totalement déployées, sans le moindre pli. En effet, la partie du vêtement qui est pliée est à exclure de la mesure. Ceux qui mettent scrupuleusement en pratique la Mitsva des Tsitsit doivent faire attention à cela, tout au long de la journée.

Pour ce qui est du nombre de tours qu’il convient de faire avec les fils des Tsitsit, notre coutume est d’en faire trois, trois et un, puis deux, trois et trois, afin que les deux tours de la seconde partie s’associent au tour de la première.

(Séfer Ha Minhaguim, pages 2 et 3)

La doublure des coins

Les coins du Talith Katan doivent être doublés de soie. Tel est l’usage en vigueur dans la famille du Rabbi. Et, pour conclure avec des propos de la Torah, concernant cette question, mon beau-père et maître, le Rabbi a rapporté que son père, le Rabbi Rachab, dont l’âme est en Eden, avait cousu, entre la doublure en soie et le Talith proprement dit, un fragment de soie provenant des vêtements de l’Admour Hazaken et du Tséma’h Tsédek. De façon générale, il l’insérait dans le coin droit, à l’intérieur, à proximité des orifices.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 2, page 33)

Les bénédictions du Talith

En mettant le Talith Katan, le matin, si l’on a les mains propres et si l’on se trouve dans un endroit où il est possible de réciter une bénédiction, on dira celle qui se conclut par Al Mitsva Tsitsit, « la Mitsva des Tsitsit », car le Talith Katan n’a pas la taille nécessaire pour envelopper le corps.

S’il est interdit de réciter une bénédiction, on touchera alors les quatre Tsitsit et l’on dira la bénédiction avant la prière, à la condition de ne pas porter le grand Talith.

Dans la bénédiction du grand Talith, Leïtatef Be Tsitsit,
« s’envelopper des Tsitsit », on dit bien Be Tsitsit, non pas Ba Tsitsit.

(Séfer Ha Minhaguim, page 3)

Mitsva permanente

Vous me demandez si l’on met en pratique la Mitsva des Tsitsit à tout moment, tant qu’on les porte, ou bien uniquement au premier instant, comme c’est le cas pour le Loulav. On peut déduire la réponse à cette question du verset : « vous les verrez et vous vous souviendrez ». Tout comme le souvenir est une Mitsva de chaque instant, ce qui le provoque, en l’occurrence la vision, en est une également.

Ce principe est affirmé clairement par les premiers Sages, au début du Séfer Ha Ira, de Rabbénou Yotna, qui dit ceci : « la Mitsva des Tsitsit consiste essentiellement à les porter en permanence », selon la version de ses propos que rapporte le Gaon de Vilna, dans son commentaire du Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au début du chapitre 24. C’est aussi l’avis personnel du Gaon de Vilna, comme il l’indique lui-même à cette référence.

En outre, on peut déduire également des Pisskeï Dinim du Rabbi Tséma’h Tsédek, Ora’h ‘Haïm, chapitre 2, au paragraphe 7 qu’il s’agit bien, selon lui, d’une Mitsva de la Torah à tout instant, non uniquement d’un meilleur comportement qui aurait été introduit par les Sages, dont la mémoire est une bénédiction. Le commentaire de Rabbi Avraham Ibn Ezra sur le verset Bamidbar 15, 39 développe la même explication.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 8, page 360)

Pendant la nuit

Vous devez lire scrupuleusement le Chema Israël avant d’aller dormir. En outre, vous porterez, pendant que vous dormez, un Talith Katan, dont vous aurez vérifié les Tsitsit, pour vous assurer de leur validité et pour vérifier que chacun a bien huit fils.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 13, page 29)

*

Vous faites état d’une rumeur, rapportée en mon nom, selon laquelle il ne serait pas indispensable de porter un Talith Katan quand on dort. Je ne me souviens pas d’avoir dit pareille chose.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 18, page 436)

*

Ceux qui appliquent les Mitsvot avec minutie et scrupule
dorment avec un Talith Katan.

(Séfer Ha Minhaguim, page 3)

 

Tsitsit visibles

Pour conclure la discussion sur ce qu’est la coutume de ‘Habad, en la matière, il est nécessaire de préciser que cette analyse concerne uniquement l’étude de la Torah. Pour ce qui est de la pratique concrète, en revanche, la coutume s’est déjà répandue, de nos jours, de porter les Tsitsit de façon à ce qu’ils soient bien visibles. Il n’y a donc nullement lieu de suspecter, en cela, un comportement ostentatoire.

Bien plus, celui qui n’adopte pas cette manière d’agir fait ainsi la preuve qu’il ne veut pas se conformer à l’usage de ceux qui craignent D.ieu et qui portent donc les Tsitsit bien en évidence. Chaque Juif craignant D.ieu doit en faire de même et il n’y a pas lieu de s’écarter de la communauté, en la matière.

(Discours du Rabbi, Séfer Itvaadouyot 5743-1983,
tome 2, page 759)

Propreté

Vous me dites que, lorsque vous vous rendez à votre travail, vous salissez vos Tsitsit. Malgré cela, vous n’êtes pas dispensé de porter un Talith Katan, avec des Tsitsit. Du reste, à n’en pas douter, dans l’aspect essentiel de votre travail et dans la majeure partie du temps que vous lui consacrez, vous pouvez parvenir à faire l’effort, dans la mesure du possible, de ne pas les salir.

En outre, vous possèderez également un second Talith Katan, que vous réserverez pour le temps de la prière, le saint Chabbat et les fêtes.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 17, page 27)

Fil d’azur

Vous évoquez le ‘Hilazon, cet animal à partir duquel était produite la teinture pour le fil d’azur des Tsitsit, de même que la présence de ce fil d’azur dans les Tsitsit, à l’heure actuelle. On connaît la discussion passionnée qu’il y a eu, entre les Grands de ce monde, à ce sujet et leur opposition, y compris selon les enseignements de la partie révélée de la Torah, quand cette découverte nouvelle fut introduite à Radzin.

Le Rabbi Rachab, dont l’âme est en Eden, lui-même n’acceptait pas du tout cette pratique nouvelle. Je ne dispose pas de la lettre qu’il écrivit, à ce sujet. En revanche, je me souviens de la précision qu’il y donne, selon laquelle, d’après la Kabbala, le fil d’azur sera rétabli uniquement dans le monde futur.

En la matière, nous devons donc nous en tenir aux propos du Rabbi Rachab, dont l’âme est en Eden, à ce sujet. Et, vous consulterez aussi, sur ce point, le traité Soukka 32b, qui rapporte que : « Rabbi Eléazar s’efforçait d’adopter cette pratique, parce qu’elle émanait de la bouche de Rav Kahana ».

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 17, page 232).

Le grand Talith

On porte le grand Talith, pendant la prière, à partir du mariage. Notre coutume, en la matière, est la suivante. On pose le Talith,
plié, sur son épaule droite et l’on en vérifie les Tsitsit. Pendant cette vérification, on récite le verset Bore’hi Nafchi, « Mon âme, bénis l’Eternel… ».

Puis, l’on ôte le Talith de son épaule, on le déplie et l’on en embrasse les coins. On le fait ensuite passer de l’avant à l’arrière et l’on commence à réciter la bénédiction Leïtatef Be Tsitsit,

« s’envelopper des Tsitsit ». On achève cette bénédiction en plaçant
les deux coins droits, autour de son cou, à sa gauche.

Quand on s’enveloppe du grand Talith, il n’y a pas lieu de s’en couvrir la totalité du visage jusqu’à la bouche. On a l’usage d’en recouvrir uniquement la partie supérieure du visage, y compris les yeux.

(Séfer Ha Minhaguim, page 3)

Le guide des usages ‘hassidiques – #1 Le réveil et les bénédictions du matin

Le guide des usages ‘hassidiques – #1 Le réveil et les bénédictions du matin

Par le Rav Haïm Mellul

 

Modé Ani

Il est bon de s’habituer à dire le Modé Ani, « je Te rends grâce, Roi », dès son réveil, en posant une main sur l’autre et en inclinant la tête.
(Séfer Ha Minhaguim, page 1)

Lavage des mains

Il est interdit de mentionner le Nom de D.ieu, d’étudier la Torah, de toucher ses vêtements ou même de parcourir quatre coudées avant de s’être défait de l’esprit néfaste que l’on conserve encore sur les mains, au réveil, tant qu’on ne les a pas lavées. On le fera donc avec de l’eau qui aurait permis de se laver les mains avant le repas. On la versera sur toute la surface des mains, jusqu’au poignet, avec un récipient qui est destiné à cet effet et par la force d’un homme.
(Séfer Ha Minhaguim, page 1)

Lavage de la bouche

Le Rabbi Rachab, dont l’âme est en Eden, enseigne ceci :
« Avant de se laver la bouche, au lever, on ne peut pas réciter les bénédictions du matin, à l’exception des jours de jeûne ».
(Séfer Ha Minhaguim, page 1)

La bénédiction du lavage des mains

On récite la bénédiction du lavage des mains, le matin, lorsque celles-ci sont sèches, après les avoir levées à hauteur des oreilles et déployées.
(Séfer Ha Minhaguim, page 2)

 

Les bénédictions du matin

Obligation

On récite les bénédictions du matin également quand on n’en a pas formellement l’obligation, par exemple lorsque l’on a veillé toute la nuit, sans ôter ses vêtements et sans se changer. Cependant, en pareil cas, on attendra le lever du jour pour les dire. A l’inverse, si l’on a dormi pendant la nuit et que l’obligation de ces bénédictions s’impose, on peut les dire dès son réveil, à partir du début de la seconde moitié de la nuit.
(Séfer Ha Minhaguim, page 2)

Après une nuit de veille

Doit-on dire la bénédiction du lavage des mains et la bénédiction Elohaï Nechama, « Mon D.ieu, l’âme que Tu m’as donnée », quand on a veillé toute la nuit ? La position officielle, qui doit être communiquée à tous, est celle qui figure dans le Siddour de l’Admour Hazaken, selon laquelle on ne les dit pas. La position confidentielle est que l’on doit effectivement les dire. C’est ce que m’a indiqué mon beau-père et maître, le Rabbi.
(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 3, page 4)

Lecture par l’officiant

Vous évoquez la lecture des bénédictions du matin, lors de la prière publique. Comme on le sait, notre coutume est de les réciter à la maison, notamment à notre époque, puisque la pratique courante veut qu’un certain temps s’écoule entre le lever et l’arrivée
guide des usages ‘hassidiques à la synagogue. Il est impossible de ne pas prononcer des paroles
de la Torah dans l’intervalle.
(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 19, page 390)

L’ordre des bénédictions

Mon beau-père et maître, le Rabbi a décrit le comportement de son père, le Rabbi Rachab, dont l’âme est en Eden, quand il récitait les bénédictions du matin.

Le Rabbi a précisé qu’il n’a jamais entendu son père dire le Modé Ani, « je Te rends grâce, Roi ». En revanche, il l’entendait régulièrement dire les bénédictions du matin. Il rapporta qu’en le faisant :
le Rabbi Rachab, dont l’âme est en Eden, ne portait pas le Gartel, la ceinture de prière,
il avait l’usage de regarder par la fenêtre.
(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech)