Par le Rav Haïm Mellul

 

L’apparence des Tsitsit

La largeur du Talith Katan doit être une coudée de la Torah, ce qui correspond à la taille de vingt-quatre larges pouces d’un homme moyen. Sa longueur, à l’arrière du corps, à partir du cou, est également une coudée de la Torah. La longueur, à l’avant, à partir de l’échancrure du col est aussi une coudée de la Torah.

La longueur et la largeur du Talith Katan doivent être totalement déployées, sans le moindre pli. En effet, la partie du vêtement qui est pliée est à exclure de la mesure. Ceux qui mettent scrupuleusement en pratique la Mitsva des Tsitsit doivent faire attention à cela, tout au long de la journée.

Pour ce qui est du nombre de tours qu’il convient de faire avec les fils des Tsitsit, notre coutume est d’en faire trois, trois et un, puis deux, trois et trois, afin que les deux tours de la seconde partie s’associent au tour de la première.

(Séfer Ha Minhaguim, pages 2 et 3)

La doublure des coins

Les coins du Talith Katan doivent être doublés de soie. Tel est l’usage en vigueur dans la famille du Rabbi. Et, pour conclure avec des propos de la Torah, concernant cette question, mon beau-père et maître, le Rabbi a rapporté que son père, le Rabbi Rachab, dont l’âme est en Eden, avait cousu, entre la doublure en soie et le Talith proprement dit, un fragment de soie provenant des vêtements de l’Admour Hazaken et du Tséma’h Tsédek. De façon générale, il l’insérait dans le coin droit, à l’intérieur, à proximité des orifices.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 2, page 33)

Les bénédictions du Talith

En mettant le Talith Katan, le matin, si l’on a les mains propres et si l’on se trouve dans un endroit où il est possible de réciter une bénédiction, on dira celle qui se conclut par Al Mitsva Tsitsit, « la Mitsva des Tsitsit », car le Talith Katan n’a pas la taille nécessaire pour envelopper le corps.

S’il est interdit de réciter une bénédiction, on touchera alors les quatre Tsitsit et l’on dira la bénédiction avant la prière, à la condition de ne pas porter le grand Talith.

Dans la bénédiction du grand Talith, Leïtatef Be Tsitsit,
« s’envelopper des Tsitsit », on dit bien Be Tsitsit, non pas Ba Tsitsit.

(Séfer Ha Minhaguim, page 3)

Mitsva permanente

Vous me demandez si l’on met en pratique la Mitsva des Tsitsit à tout moment, tant qu’on les porte, ou bien uniquement au premier instant, comme c’est le cas pour le Loulav. On peut déduire la réponse à cette question du verset : « vous les verrez et vous vous souviendrez ». Tout comme le souvenir est une Mitsva de chaque instant, ce qui le provoque, en l’occurrence la vision, en est une également.

Ce principe est affirmé clairement par les premiers Sages, au début du Séfer Ha Ira, de Rabbénou Yotna, qui dit ceci : « la Mitsva des Tsitsit consiste essentiellement à les porter en permanence », selon la version de ses propos que rapporte le Gaon de Vilna, dans son commentaire du Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au début du chapitre 24. C’est aussi l’avis personnel du Gaon de Vilna, comme il l’indique lui-même à cette référence.

En outre, on peut déduire également des Pisskeï Dinim du Rabbi Tséma’h Tsédek, Ora’h ‘Haïm, chapitre 2, au paragraphe 7 qu’il s’agit bien, selon lui, d’une Mitsva de la Torah à tout instant, non uniquement d’un meilleur comportement qui aurait été introduit par les Sages, dont la mémoire est une bénédiction. Le commentaire de Rabbi Avraham Ibn Ezra sur le verset Bamidbar 15, 39 développe la même explication.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 8, page 360)

Pendant la nuit

Vous devez lire scrupuleusement le Chema Israël avant d’aller dormir. En outre, vous porterez, pendant que vous dormez, un Talith Katan, dont vous aurez vérifié les Tsitsit, pour vous assurer de leur validité et pour vérifier que chacun a bien huit fils.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 13, page 29)

*

Vous faites état d’une rumeur, rapportée en mon nom, selon laquelle il ne serait pas indispensable de porter un Talith Katan quand on dort. Je ne me souviens pas d’avoir dit pareille chose.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 18, page 436)

*

Ceux qui appliquent les Mitsvot avec minutie et scrupule
dorment avec un Talith Katan.

(Séfer Ha Minhaguim, page 3)

 

Tsitsit visibles

Pour conclure la discussion sur ce qu’est la coutume de ‘Habad, en la matière, il est nécessaire de préciser que cette analyse concerne uniquement l’étude de la Torah. Pour ce qui est de la pratique concrète, en revanche, la coutume s’est déjà répandue, de nos jours, de porter les Tsitsit de façon à ce qu’ils soient bien visibles. Il n’y a donc nullement lieu de suspecter, en cela, un comportement ostentatoire.

Bien plus, celui qui n’adopte pas cette manière d’agir fait ainsi la preuve qu’il ne veut pas se conformer à l’usage de ceux qui craignent D.ieu et qui portent donc les Tsitsit bien en évidence. Chaque Juif craignant D.ieu doit en faire de même et il n’y a pas lieu de s’écarter de la communauté, en la matière.

(Discours du Rabbi, Séfer Itvaadouyot 5743-1983,
tome 2, page 759)

Propreté

Vous me dites que, lorsque vous vous rendez à votre travail, vous salissez vos Tsitsit. Malgré cela, vous n’êtes pas dispensé de porter un Talith Katan, avec des Tsitsit. Du reste, à n’en pas douter, dans l’aspect essentiel de votre travail et dans la majeure partie du temps que vous lui consacrez, vous pouvez parvenir à faire l’effort, dans la mesure du possible, de ne pas les salir.

En outre, vous possèderez également un second Talith Katan, que vous réserverez pour le temps de la prière, le saint Chabbat et les fêtes.

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 17, page 27)

Fil d’azur

Vous évoquez le ‘Hilazon, cet animal à partir duquel était produite la teinture pour le fil d’azur des Tsitsit, de même que la présence de ce fil d’azur dans les Tsitsit, à l’heure actuelle. On connaît la discussion passionnée qu’il y a eu, entre les Grands de ce monde, à ce sujet et leur opposition, y compris selon les enseignements de la partie révélée de la Torah, quand cette découverte nouvelle fut introduite à Radzin.

Le Rabbi Rachab, dont l’âme est en Eden, lui-même n’acceptait pas du tout cette pratique nouvelle. Je ne dispose pas de la lettre qu’il écrivit, à ce sujet. En revanche, je me souviens de la précision qu’il y donne, selon laquelle, d’après la Kabbala, le fil d’azur sera rétabli uniquement dans le monde futur.

En la matière, nous devons donc nous en tenir aux propos du Rabbi Rachab, dont l’âme est en Eden, à ce sujet. Et, vous consulterez aussi, sur ce point, le traité Soukka 32b, qui rapporte que : « Rabbi Eléazar s’efforçait d’adopter cette pratique, parce qu’elle émanait de la bouche de Rav Kahana ».

(Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 17, page 232).

Le grand Talith

On porte le grand Talith, pendant la prière, à partir du mariage. Notre coutume, en la matière, est la suivante. On pose le Talith,
plié, sur son épaule droite et l’on en vérifie les Tsitsit. Pendant cette vérification, on récite le verset Bore’hi Nafchi, « Mon âme, bénis l’Eternel… ».

Puis, l’on ôte le Talith de son épaule, on le déplie et l’on en embrasse les coins. On le fait ensuite passer de l’avant à l’arrière et l’on commence à réciter la bénédiction Leïtatef Be Tsitsit,

« s’envelopper des Tsitsit ». On achève cette bénédiction en plaçant
les deux coins droits, autour de son cou, à sa gauche.

Quand on s’enveloppe du grand Talith, il n’y a pas lieu de s’en couvrir la totalité du visage jusqu’à la bouche. On a l’usage d’en recouvrir uniquement la partie supérieure du visage, y compris les yeux.

(Séfer Ha Minhaguim, page 3)

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