« Le pouvoir de l’imagination », par le Rav Haim Mellul

« Le pouvoir de l’imagination », par le Rav Haim Mellul

 

L’étude de la Torah, en général et celle de la ‘Hassidout, en particulier, conduit l’homme à analyser des notions abstraites, qui échappent à son champ de perception. Pour les saisir et étayer son raisonnement, il lui faut nécessairement être imaginatif. C’est uniquement de cette façon que les « yeux de l’esprit » pourront lui permettre de voir ce qui échappe à ses yeux physiques.

En outre, l’imagination est avantageusement complétée par le souvenir, qui conserve intacts les événements du passé. Par la suite, quand le souvenir les place dans un cocon, l’imagination les empêche de vieillir, de s’estomper. C’est ainsi qu’un homme évolue uniquement dans un environnement favorable.

Fort de ces deux outils, l’imagination et le souvenir, il peut échapper à l’obscurité du monde, notamment pendant la période de l’exil, lorsque celle-ci est particulièrement intense. A ce propos, Rabbi Yossef Its’hak explique : « La grande qualité de l’imagination a déjà été définie. Celui qui est imaginatif peut se représenter une situation et la vivre, ce qui est d’une immense utilité pour le service de D.ieu. Mon arrière-grand-père et maître, le Rabbi Tséma’h Tsédek a déclaré ceci : ‘Celui qui est imaginatif peut parvenir plus aisément à la Techouva. Il est en mesure de ressentir l’amour et la crainte de D.ieu, en la chair de son cœur, comme une sensation physique d’amour et de crainte matérielles.’
L’imagination est l’une des pratiques que les ‘Hassidim de notre communauté et les élèves de la Yechiva Tom’heï Temimim doivent acquérir. Celui qui s’est trouvé à Loubavitch, a entendu un discours ‘hassidique, a été reçu par le Rabbi, a visité les saints tombeaux de nos distingués aïeux et maîtres, doit s’imaginer, en son esprit, selon la capacité de sa mémoire, l’image et la sainte vision de ce qu’il a observé et vécu, quand il se trouvait dans cette ville. »  (Likouteï Dibbourim, tome 1, Likout n°7, page 225)

De fait, l’imagination et le souvenir conduisent à la Techouva. Et, nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction, affirment qu’un homme doit passer : « tous ses jours dans la Techouva ». Rabbi Chnéor Zalman souligne, dans le Tanya, que la Techouva n’est pas liée à la faute et qu’elle ne la répare que dans une première phase, celle de la « Techouva inférieure ». Par la suite, quand elle devient la « Techouva supérieure », elle permet de mettre en pratique le Précepte : « L’esprit retournera vers D.ieu, Qui l’a donné ». Parvenu à ce stade, l’homme vit dans ce monde matériel sans en être la victime, car il échappe à toutes ses limites. Son existence n’est qu’amour et crainte de D.ieu. Il ne peut plus s’écarter de Sa Volonté.

Comme on l’a dit, l’imagination et le souvenir sont les moyens de parvenir à la Techouva, car ils préservent l’homme d’une trop forte immersion en la vie matérielle. Ils le maintiennent dans la spiritualité et la recherche du Divin. Rabbi Yossef Its’hak souligne, sur ce point : « Une forme aussi haute de la Techouva ne peut être atteinte que par l’imagination. Ainsi, un simple soldat relatant et décrivant la crainte et la terreur qui s’abattent sur lui quand il doit se rendre chez l’empereur vit de nouveau tout ce qu’il relate et il s’évanouit.
Celui qui possède une telle imagination peut effectivement atteindre les degrés les plus hauts du service de D.ieu. Et, ceci permet de comprendre l’expression suivante de mon père : ‘Celui qui comprend une idée, après l’avoir comprise, s’approfondit encore sur elle et il en voit la représentation, dans son esprit, comme s’il observait une belle image’. »

 

La terre et l’eau : Une perspective ‘hassidique sur certaines Lois alimentaires

La terre et l’eau : Une perspective ‘hassidique sur certaines Lois alimentaires

 

La terre et l’eau : ces deux éléments, constituant essentiels de l’environnement humain, renvoient, dans l’enseignement de la Cabbale et de la ‘hassidout, au monde matériel pour le premier, à la spiritualité pour le second.

Car ce qui oppose la terre et l’eau illustre exemplairement la différence entre la matière et l’esprit. On observera notamment que deux corps solides, même mélangés, restent fondamentalement séparés. En fait, pour les unir au point d’aboutir à un objet nouveau, il faut introduire un élément liquide ou porter ces corps à un point de fusion (autrement dit les liquéfier).

De la même façon, le monde matériel apparaît se caractériser par la pluralité et la séparation quand la spiritualité se manifeste sur le mode de l’unité, dans une tension vers l’Unique. Là où l’être matériel est , par essence, égoïste, seulement attentif à son maintien où à son expansion, soucieux d’obtenir les consommations qui répondront à son inextinguible appétit, la vie spirituelle ne se conçoit authentiquement que sur un fond d’altruisme, de désintéressement.

Et comme l’eau, la spiritualité est un puissant facteur d’unification lorsqu’elle pénètre le monde matériel. Ainsi, une âme fait-elle d’un amoncellement de cellules un être doué de ce miracle : la vie ; l’idée relie de multiples faits disjoints en un tout cohérent ; l’amour se détourne, du moi instinctif, vers le  » nous  » partagé ; et celui qui se détache de l’exténuante poursuite des satisfactions matérielles pour se tourner vers le service de son Créateur, retrouve la voie d’une harmonie oubliée.

Le bétail, les oiseaux, les poissons.

Les lois de la cacherout ordonnées par la Torah (par le Lévitique 11 et le Deutéronome 14 et le Talmud, en particulier dans le traité ‘Houllin), décident des aliments autorisés à la consommation du juif et de ceux qui lui sont interdits.

Ces lois classent ainsi les animaux en trois catégories : le bétail, les oiseaux, les poissons . A chacun de ces groupes correspondent des lois particulières qui permettent de distinguer un animal à priori cachère de celui qui ne l’est pas.

Pour les animaux vivant sur le sol, deux critères cumulatifs doivent être appliqués : ils doivent être ruminants et avoir le sabot fendu . En pratique seuls dix espèces restent alors autorisées à la consommation .

S’agissant des oiseaux, le modèle de différenciation est inversé : vingt quatre espèces sont interdites, les autres restent permises.

Enfin les poissons consommables sont reconnus à deux signes : des écailles et des nageoires.

Les conditions d’abattage des animaux sont, elles-aussi, rigoureusement prévues par la Torah. La moindre aspérité qui affecterait le tranchant de la lame, la plus petite déviation dans le geste du cho’het, l’abatteur rituel, rendent l’animal impropre à la consommation.

Ces règles, cependant, différent suivant la catégorie concernée. Elles sont extrêmement contraignantes pour le bétail :la lame du cho’het doit trancher sur la majorité de leur étendue deux points vitaux, la trachée et le gosier. Pour les oiseaux, il suffit de l’un de ces deux organes. Les poissons sont simplement pêchés.

Le Talmud justifie ces différences en en appelant à l’origine première des animaux. De ceux qui vivent au sol, la Genèse dit qu’ils ont été crées à partir de la terre . Les poissons l’ont été à partir de l’eau. Quant aux oiseaux, la Genèse indiquant les deux origines, le Talmud en conclut qu’ils sont issus d’un mélange de terre et d’eau.

On voit certes apparaître là un rapport : lorsque l’élément de terre est exclusif, la règle d’abattage est très contraignante, quand l’élément d’eau est seul impliqué, cette règle est inexistante. Et, les deux éléments se trouvant conjoints, une règle s’impose mais à un niveau moins rigoureux.

Reste à élucider le sens de ce rapport. Pour y parvenir, il faut tenter d’établir un lien, entre les catégorisations qui ont été posées et l’âme humaine. Nos Sages ont enseigné, faisant écho à l’adage du Roi Salomon, que l’homme est un univers en miniature. Les trois catégories dans lesquelles à été, ici, réparti le règne animal, doivent donc trouver une correspondance dans le microcosme humain : en lui, les lois de la cacherout doivent aussi trouver application, permettant de déterminer ce qui, dans sa psyché, est acceptable ou non et, pour ce qui est acceptable, sous quelles conditions la  » consommation  » peut-en être autorisée.

Les trois âmes

Dans les premiers chapitres du Tanya, Rabbi Shnéour Zalman de Liady établit l’existence de deux âmes distinctes : l’âme animale (néfech habahamit) et l’âme divine (néfech ha Elokit).

L’âme animale est l’essence de l’homme engagé dans sa vie mondaine. Son seul horizon est celui d’une satisfaction égoïste des désirs inspirés par la matérialité du monde.

A l’opposé, l’âme divine tend vers l’union avec celui en dehors de Qui il n’est rien, D.ieu . Si pareille aspiration était satisfaite, elle cesserait d’exister comme entité distincte et pourtant, c’est bien dans cette aspiration qu’est son essence.

La ‘hassidout évoque encore une troisième âme, moins enfermée dans sa subjectivité égoïste que l’âme animale mais qui, cependant, n’a pas l’élévation de l’âme divine. C’est l’âme intellectuelle (néfech hasi’hlit). L’intellect humain est comme l’apogée du moi naturel, capable d’une pensée objective et même autocritique. On ne veut pas dire ici qu’il serait libre des pesanteurs de l’ego : il n’est pas désintéressé. Mais au moins possède-t-il la capacité d’envisager des vérités transcendantes et, par là, de prendre ses distances d’avec le moi.

Ainsi est-il un pont entre les deux premières âmes ; c’est par lui que peut s’exercer l’influence de l’âme divine sur l’âme animale : lorsqu’est reconnue la vérité divine et perçue le but d’une vie ici-bas, cette compréhension même produit un raffinement de l’être auparavant égoïste.

En contrepoint de ces trois âmes, on aura déjà aperçu sans peine les images des trois catégories animales évoquées. Car tels sont le ruminant, l’oiseau et le poisson en l’homme: l’âme animale est grosse des plaisirs de cette terre dont le ruminant est formé et dont il ne peut se détacher.

A l’opposé, brille l’âme divine en laquelle se retrouvent les vertus de l’eau. Et qui, comme le poisson, ne peut vivre hors de son élément, ne peut concevoir une existence séparée de sa source.

Il y a encore, l’oiseau, être de terre et d’eau, capable de s’élever vers les hauteurs du ciel et qui pourtant, entre ses envols, redescend vers le monde du ruminant.

On a vu le niveau, plus ou moins grand d’exigence des règles qui s’imposent pour l’abattage d’un animal.

La che’hita, l’acte du cho’het, prive l’animal de sa vie, toute entière force de désir avide de nourritures matérielles pour l’élever vers un règne supérieur. Non que le monde matériel doive être, comme tel, rejeté mais parce qu’il doit être utilisé en vue de l’accomplissement du projet divin.

Aussi chacun doit-il encore, après que les aspects non cachers de sa vie ont été écartés, faire subir à ce qui subsiste une  » ché’hita « , en extirper la puissante appétence pour les choses du monde, pour tout ce qui, encore et encore, s’offre au moi égoïste, satisfait d’être ces consommations et ces appétits.

La  » che’hita exigeante  » sera appliquée à l’âme animale qui ne connaît que la matérialité de la terre.

L’âme intellectuelle, composé de terre et d’eau n’impose qu’une  » che’hita  » plus légère : dans l’intellect, par lequel peut s’exercer la méditation sur le Divin, des traits positifs existent.

Et, bien sûr, l’âme divine n’en requiert aucune : pure de toute forme d’égoïsme elle est, telle quand elle-même l’apogée de tout homme.

B. Ziegelman – Loubavitch.fr

 

 

 

 

 

 

Le but de la création : une résidence pour D.ieu dans les mondes inférieurs

Le but de la création : une résidence pour D.ieu dans les mondes inférieurs

Par Nissan Dovid Dubov / fr.chabad.org

« Je n’ai été créé que pour servir mon Maître. » (Éthique des Pères)

Il y avait une fois dans un journal une publicité remplie des mots « gauche droite, gauche droite » répétés sur toute la page. Au bas de celle-ci, en caractères gras, se trouvait cette question : « Mais où vas-tu ? » Dans notre navigation des mers agitées de la vie, il est important que nous ayons nos repères et notre sens de la direction. Tant que nous savons où nous allons et ce que nous faisons ici-bas, nous pouvons garder le bon cap.

Dans les œuvres de Kabbale, on peut trouver différentes explications du but de la création. Le Zohar affirme que la raison pour laquelle D.ieu a créé le monde est « afin que nous puissions Le connaître ». Rabbi ‘Haïm Vital dans le Ets ‘Haïm écrit que « D.ieu voulait révéler la véritable étendue et la perfection de Ses pouvoirs et de Ses actes ». Dans ce chapitre, nous nous concentrerons sur l’exposé de Rabbi Chnéour Zalman, fondateur de ‘Habad, qui écrit dans le chapitre 36 du Tanya, citant un Midrash, que D.ieu créa le monde parce que « D.ieu désira avoir une demeure dans les mondes inférieurs (Dirah BeTa’htonim) ». C’est dans ce but qu’Il a créé un enchaînement de mondes, avec des degrés supérieurs et inférieurs, le but de la création résidant spécifiquement dans le plus bas d’entre eux.

Les ouvrages ultérieurs de la philosophie ‘hassidique analysent chaque mot de cette affirmation midrashique à travers les questions suivantes :

1) Qu’est-il entendu par « désir » ? D.ieu a-t-Il des désirs ? Lui manque-t-il quelque chose ?

2) Que signifie exactement le mot « Dirah » ? En hébreu moderne, Dirah est le terme désignant un appartement. Que signifie exactement que D.ieu voulut « un appartement » dans ce monde ?

3) « BeTa’htonim. » Cette expression implique que c’est la mission des habitants du monde de créer cet appartement. De quelle façon sont-ils censés accomplir cela ?

Pour mener à bien la tâche de faire du monde une habitation pour D.ieu, il faut prendre le monde matériel et l’élever et le relier à D.ieu. C’est la base de l’accomplissement des Mitsvot. Le mot « Mitsva », en plus de signifier « un commandement », a également le sens de « connexion ». Les 613 Mitsvot de la Torah sont des moyens par lesquels nous pouvons relier chaque échelon et chaque aspect de notre vie terrestre à D.ieu. Nous faisons que D.ieu se sente chez Lui dans notre cuisine en observant les lois alimentaires juives. Il se sent chez Lui sur notre lieu de travail quand nous respectons l’éthique des affaires. Il se sent chez Lui dans notre cycle hebdomadaire lorsque nous respectons le Chabbat. Faire une Dirah BeTa’htonim, c’est prendre le « monde physique » – appelé Gachmiout – et l’imprégner de « spiritualité » (Rou’haniout) et révéler ainsi son essence divine.

La maison d’une personne ne se résume pas à ses quatre murs, mais comprend également des meubles et des accessoires. Un architecte d’intérieur compétent décorera la maison pour la rendre esthétiquement agréable.

La demeure de D.ieu ne doit pas seulement être un réceptacle pour le Divin créé par l’accomplissement des Mitsvot, mais elle doit aussi être remplie de Lumière et de Présence divines. C’est pourquoi l’accomplissement des Mitsvot doit être imprégné d’amour et de crainte de D.ieu. Quand une personne fait une Mitsva de la plus belle façon, avec amour et joie, la demeure devient illuminée par la « Divinité » (Élokout). La mitsva est donc composée de deux parties : l’acte et « l’intention » (Kavana). L’acte se rapporte à l’aspect physique de la création, puisque la Mitsva est effectuée dans le monde matériel, et « l’intention » se rapporte à sa dimension spirituelle.

Dans cette optique, les raisons de la création mentionnées dans le Zohar – « afin que les créatures Le connaissent » – et dans le Ets ‘Haïm – « afin de révéler la perfection des véritables pouvoirs de D.ieu » – complètent le but ultime de Dirah BeTa’htonim : bien que la création du monde physique fût telle qu’une demeure pour D.ieu puisse être faite dans la dimension matérielle, cette demeure doit être illuminée par la Divinité, et cette illumination passe par le fait de « Le connaître » et par « la révélation de Ses véritables pouvoirs ». En effet, D.ieu, étant omnipotent, Il aurait certainement pu créer le monde matériel sans étapes intermédiaires et sans enchaînement des degrés de la création. Cependant, la Kabbale révèle qu’Il fit le monde dans un certain ordre, révélant d’abord le Or Eïn Sof, puis les mondes supérieurs puis alla de dissimulation en dissimulation pour finalement créer ce bas monde. Le but de la création de ce Seder Hichtalchelout est que nous puissions contempler cet enchaînement des degrés et méditer sur l’immensité et l’étendue de la grandeur de D.ieu, ce qui nous inspirera un grand amour et une grande crainte. Le résultat concret est que notre accomplissement des Mitsvot ici-bas sera imprégné de « connaissance de Lui », d’« amour » (Ahavah) et de « crainte » (Yirah) de Lui, éclairant ainsi la demeure.

Nous pouvons maintenant aussi nous concentrer sur le mot « désir » employé par le Midrash. S’il y avait une raison logique à la création, il serait logique que la création et les créatures ressentent qu’elles sont nécessaires et indispensables pour accomplir cette raison de la création. C’est dans ce but que le Midrash introduit l’idée d’un « désir ». Le mot « désir » n’introduit aucune corporéité En-Haut. Son propos est de transmettre l’idée que la création est le fait d’un « désir » de D.ieu et non d’une quelconque raison logique. Quand nous satisfaisons à ce désir, ce n’est pas en raison d’un sentiment égoïste ; notre intention est uniquement d’accomplir la volonté de D.ieu simplement parce que c’est ce que D.ieu veut. Rabbi Chnéour Zalman disait : « Sur un désir, on ne peut poser aucune question. » Il voulait dire qu’on ne peut pas demander pourquoi on désire quelque chose, car c’est au-delà de la logique. Il en est de même de la création : D.ieu ne manquait de rien quand Il voulut créer le monde. D.ieu « désirait » avoir une Dirah BeTa’htonim et nous a donné le privilège d’accomplir cette tâche. Cela ne signifie pas que nous accomplissons une tâche insignifiante, car D.ieu est le summum de la bonté et c’est la nature d’un être bienveillant que de manifester de la bienveillance. Le plus grand cadeau que D.ieu puisse nous faire est Lui-même. Il a donc « désiré » créer un monde dans lequel Il pourrait nous accorder cette bonté. C’est précisément à travers la création du monde physique et la réalisation d’une Dirah BeTa’htonim que les créatures peuvent être les réceptrices d’une révélation de D.ieu Lui-même.

La tâche de faire une Dirah BeTa’htonim, cependant, est considérable et non sans difficultés. Nous habitons un monde dont la nature même est de mettre en valeur le corps et ses désirs. Dans les termes du Tanya, le monde est plein de Kelipot et de Sitra A’hara. Quel instrument nous a-t-on donné pour accomplir la tâche ? Le roi Salomon déclare : « La bougie de D.ieu est l’âme de l’homme. » Le sens de ce verset est que D.ieu envoie l’âme dans ce monde pour agir comme une bougie qui illuminera les ténèbres spirituelles. Avant que l’âme ne descende dans ce monde, elle était, comme l’ont décrit les Sages, « gravée sous le Trône de Gloire divin ». Selon la Kabbale, cela signifie que l’âme habitait les mondes supérieurs. D.ieu envoie l’âme dans ce monde pour la courte période d’une vie humaine afin d’accomplir la Dirah BeTa’htonim. Après le séjour de l’âme dans ce monde, elle retourne à sa demeure céleste où elle est richement récompensée pour son travail. Nos Sages affirment que tous les plaisirs de ce monde ne valent pas un moment de plaisir dans le Monde Futur.

Les Sages appellent cette récompense « se délecter du rayonnement de la Chékhina ». C’est une expérience de la Divinité bien plus grande que tout ce que l’on peut expérimenter dans ce monde.

Par exemple, l’âme peut être récompensée par l’entrée dans le Jardin d’Éden inférieur, qui est dans le monde de Yétsira, ou, si elle le mérite, dans le Jardin d’Éden supérieur dans le monde de Briah. Dans chaque monde, il y a une myriade de niveaux et chaque âme est récompensée par une certaine mesure de révélation divine proportionnelle à ses efforts dans ce monde.

Nous pourrions donc résumer en disant que le but de la descente de l’âme est double :

a) À travers sa descente dans ce monde, l’âme peut atteindre un niveau du Jardin d’Éden plus élevé que celui qu’elle avait avant sa descente. Ceci est atteint spécifiquement en étant enveloppée d’un corps matériel dans un monde plein de Kelipot. Pendant ce séjour ici-bas, l’âme se languit de sa source, un peu comme un fils qui a été séparé de son père et aspire à être réuni avec lui. Ces sentiments nostalgiques créent un lien profond entre le père et le fils qui est ressenti une fois que l’âme retourne à sa demeure céleste, et ce sont ces sentiments qui élèvent l’âme à un niveau supérieur. La descente avait donc pour unique but cette élévation. De ce point de vue, en ce qui concerne l’âme, ce monde n’est qu’un tremplin vers le Monde Futur.

b) L’âme n’a pas besoin de rectification pour elle-même, car l’âme est une étincelle de Divinité. Elle est toutefois envoyée dans ce monde pour accomplir le but de la création en affinant le corps et le monde matériel. Cette descente n’est donc pas pour l’ascension de l’âme dans le Monde Futur, mais dans le but d’une élévation qui s’effectuera au sein du corps. Cette élévation accomplit le but de la création et est également très bénéfique pour l’âme. De fait, l’âme peut gagner quelque chose dans le corps qui est plus grand que n’importe quelle révélation du Monde Futur.

Explication : Lorsque l’âme est extraite des révélations immédiates du Jardin d’Éden et exposée à un désert spirituel, elle entre en contact avec ses plus profonds niveaux quintessentiels qui lui sont nécessaires pour survivre. Cela peut être comparé aux cas de personnes qui ont survécu à des épreuves horribles en faisant usage de ressources surhumaines qu’elles ne s’imaginaient pas posséder. De même, le seul pouvoir qui puisse transformer le monde matériel est Atsmout, l’« essence » même de D.ieu. C’est seulement la puissance d’Atsmout qui peut créer quelque chose à partir du néant, et c’est seulement la puissance d’Atsmout qui peut imprégner cette chose d’une reconnaissance et d’une conscience totales du néant à partir duquel elle a été créée. Le Zohar déclare qu’Israël, la Torah et D.ieu sont Un. Cela signifie que le Nefech Elokit, étant une partie de D.ieu, a en soi le pouvoir d’Atsmout qui peut révéler la Divinité, même au sein d’un monde physique diamétralement opposé à la spiritualité.

Tel est le sens de l’expression de Rabbi Chnéour Zalman : « Je ne veux pas de Ton Jardin d’Éden, je ne veux pas de Ton Monde Futur, je ne veux que Toi ! » Toutes les révélations du Jardin d’Éden et des mondes supérieurs ne sont rien en comparaison avec la connexion ultime que l’on a avec D.ieu en accomplissant une Mitsva dans ce monde. La plupart des commentaires expliquent que la récompense d’une Mitsva est l’opportunité d’accomplir une autre Mitsva. Rabbi Chnéour Zalman a expliqué que la récompense d’une Mitsva est la Mitsva elle-même, qui est une connexion à D.ieu. C’est seulement quand une Mitsva est accomplie dans ce monde qu’il y a un vrai lien avec Atsmout. C’est ici, dans un monde qui n’est pas un réceptacle pour la Divinité révélée, que l’on révèle la véritable essence de D.ieu.

Nous apprenons aussi de ce concept que la demeure de D.ieu doit être faite par Ses créatures. L’intention de D.ieu n’est pas que ce soit Lui qui crée cette demeure au moyen d’une révélation d’En-haut, mais que ce soit nous qui la créions malgré le fait que nous sommes des créatures matérielles, limitées par le corps.

Nous pouvons maintenant comprendre les paroles des Sages dans l’Éthique des Pères. La Michna dit : « Mieux vaut une heure de félicité céleste dans le Monde Futur que tous les plaisirs de ce monde » (Avot 4:17). En ce sens, notre monde n’est qu’un tremplin temporaire où l’on peut gagner une place dans le Monde Futur. Cela vaut bien l’effort de renoncer aux plaisirs éphémères de ce monde devant les glorieuses révélations des mondes supérieurs. Pourtant, quelle que soit la grandeur de la récompense du Monde Futur, celle-ci ne constitue pas le but ultime de la création, car nous ne vivons pas pour l’au-delà. C’est dans cet esprit que la Michna déclare : « Mieux vaut une heure de repentance et de bonnes actions dans ce monde que tout le Monde Futur. » Bien que les révélations des mondes supérieurs spirituels soient magnifiques et constituent une véritable récompense pour les efforts de l’âme, le désir ultime de D.ieu réside dans la Techouva et les bonnes actions de ce monde-ci. En vérité, lorsqu’une âme accomplit sa mission ici dans ce monde en faisant une Dirah BeTa’htonim, elle provoque une élévation dans tous les mondes supérieurs. Le ‘Hassidisme tire une analogie d’un levier. Pour soulever une lourde charge, il faut utiliser un levier et soulever par le bas.

Bien que le levier soit placé tout en bas de la charge, il provoque l’élévation des parties les plus élevées de celle-ci.

De même, lorsque les « domaines inférieurs » (Ta’htonim) créent la « demeure » (Dirah), ils révèlent Atsmout dans celle-ci, ce qui provoque une élévation au sein de tous les domaines supérieurs. Nous pouvons maintenant comprendre comment les anges et les âmes résidant dans les mondes supérieurs sont profondément touchés par nos actions dans ce monde. L’émoi suscité par l’accomplissement de Mitsvot dans un monde rempli de Kelipot et de Sitra A’hara se répercute dans ces domaines supérieurs, provoquant une grande joie. C’est pour cette raison que le Kaddish récité à la mémoire d’une âme défunte provoque l’élévation de celle-ci. En effet, l’âme défunte ne peut plus accomplir de mitsvot matérielles dans ce monde, mais lorsque le nom de D.ieu est glorifié et magnifié par un parent vivant dans ce monde, l’âme est extrêmement élevée dans le Monde Futur.

Le Midrash raconte l’histoire d’un roi qui arriva dans une certaine région accompagné d’une suite de ministres, de gardes royaux et de serviteurs.

De nombreux observateurs furent éblouis par la splendeur des ministres et des soldats. Cependant, une personne intelligente dans l’assistance dit : « Je veux seulement le Roi. » Dans ce monde, nous ne devons pas nous laisser distraire ou éblouir par l’attrait d’honneurs ou de récompenses secondaires, fut-ce de nature spirituelle. Notre seule intention devrait être : « Je veux seulement le Roi. » C’est un sentiment très exaltant de parcourir ce monde et de voir tout ce qu’il a à offrir, tout en sachant dans son cœur que l’on est dans le monde de D.ieu. Pénétré d’un tel sentiment, on dédaigne toute distraction superficielle, et la Torah, qui est le manuel d’instruction de D.ieu, est notre guide.

L’objectif primordial de l’étude de la Kabbale et du ‘Hassidisme est qu’elle place face à D.ieu l’esprit, le cœur, l’intellect et les émotions. Nous devenons parfaitement conscients qu’Il se tient au-dessus de nous, remplissant le monde entier, et sondant notre cœur pour voir si nous le servons comme il convient. La plus grande expérience possible pour un être humain est cette connexion. C’est quelque chose d’éternel et de véritablement vitalisant.

Jérusalem : Un bus a été attaqué par des Arabes jetant des pierres près de la vieille ville

Jérusalem : Un bus a été attaqué par des Arabes jetant des pierres près de la vieille ville

Les passagers s’allongent sur le sol pour éviter d’être touchés par des pierres lancées par des émeutiers arabes.

Un bus de passagers Egged a été attaqué par des Arabes jetant des pierres près de la porte de Damas de la vieille ville de Jérusalem mardi.

Une vidéo de la scène diffusée sur les réseaux sociaux montre les moments où des pierres ont été lancées sur le bus et les vitres brisées suite à l’impact d’un pavé.

Les passagers effrayés se sont allongés sur le sol pour ne plus être touchés par les pierres qui leur sont lancées. Il n’y a eu aucune victime lors de l’incident.

La police a déclaré que lors des émeutes qui ont éclaté dans la région, des émeutiers ont jeté des pierres sur les forces de police – et sur les bus qui passaient : « Une force de police a agi pour disperser les émeutiers en utilisant des méthodes de dispersion des émeutes. soupçonné d’implication dans des incidents d’émeutes publiques et de jets de pierres sur des bus et a agi pour repousser les émeutiers et maintenir l’ordre public.

 

 

Kinous Hashlouchim 5782 : Le banquet aura lieu au New Jersey Conference and Expo Center à Edison

Kinous Hashlouchim 5782 : Le banquet aura lieu au New Jersey Conference and Expo Center à Edison

 

Le lieu, où le banquet a eu lieu en 5780, est un vaste hall situé de l’autre côté de la rivière Hudson qui permettra de rassembler les Shluchim et les invités pour une soirée puissante, unie et inspirante.

Il s’agit du premier Kinous international organisé depuis l’apparition de la pandémie de Covid-19 au cours duquel le programme s’est déroulé uniquement de manière virtuelle.

Le Kinous de cette année se déroulera tout en conservant l’option Zoom pour ceux qui ne peuvent pas y assister physiquement.

 

L’enseignement du Rabbi précédent sur la stérilisation de l’aiguille d’une seringue

L’enseignement du Rabbi précédent sur la stérilisation de l’aiguille d’une seringue

Une histoire, un enseignement du Rabbi Rayats, beau-pere du Rabbi

Une fois, alors que le Rabbi Rayats était hospitalisé, un médecin lui prescrivit une injection et il observa l’infirmière qui la préparait. Celle-ci se lava les mains, nettoya l’aiguille et la seringue. Il lui demanda ce qu’elle faisait et l’infirmière lui expliqua qu’avant de faire une piqure, il fallait s’assurer que tout était parfaitement stérélisé, afin d’éviter une infection.

Le Rabbi Rayats dit alors a son secrétaire, qui se trouvait près de lui :
« Il y a la un enseignement merveilleux pour le service de D.ieu. Avant de faire une « injection » a un homme, de formuler un reproche a celui qui a mal agi, il faut avoir la certitude d’etre même « propre ». Le reproche doit etre formulé sans rechercher le moindre intérêt personnel. Il faut rechercher sincèrement le bien de son prochain.

Tout comme une aiguille qui n’est pas stérilisée peut provoquer une infection, c’est-a-dire le contraire du résultat recherché, ce qu’a D.ieu ne plaise, de même, un reproche formulé par quelqu’un qui n’est pas parfaitement « propre » conduit aussi a l’effet contraire de celui qui est souhaitable.