Pidyon Chevouim, la Mitsva de libérer les prisonniers par le Rav M. Abichid

Pidyon Chevouim, la Mitsva de libérer les prisonniers par le Rav M. Abichid

 

Le rachat des prisonniers est un commandement de la Torah. Les Sages de Loi lui ont conféré une signification hautement morale touchant jusqu’au fondement même du judaïsme. 

Deux frères ont été arrêtés à la douane américaine au retour du mariage du plus jeune. Ils sont en prison pour l’instant, en attendant leur jugement qui aura lieu dans un délai de 3 mois à 2 ans (Que D. nous en préserve). Ils n’ont tué personne, violé personne, «juste» une affaire d’argent : emploi de personnes n’ayant pas de visa de travail. Les comptes bancaires des deux frères ont été bloqués. Ils ls ne peuvent donc pas payer leurs avocats. Le frère ainé risque le plus gros (plusieurs années de prison). Sa femme risque aussi la prison alors qu’elle est enceinte et qu’ils ont une fille d’un an et demi. Les honoraires d’un avocat coûtent 100 000 $.  20 000 $ ont déjà été avancés. Il manque 80 000 $. L’aide de chacun d’entre-nous est vitale… Selon le Rambam, « Il n’y a pas de commandement plus grand que le rachat des prisonniers parce que le captif est celui qui a faim, soif et nu et que sa vie est en danger. Celui qui n’accomplit pas ce commandement transgresse 7 commandements de la Tora » .

De ce fait, la libération de ces deux frères juifs n’est pas l’affaire privée d’une famille mais bien celle de tout un peuple pour qui la vie et la liberté recouvrées sont les valeurs suprêmes.

UNE CAGNOTTE A ETE OUVERTE POUR COLLECTER LA SOMME NECESSAIRE. CHAQUE PARTICIPATION A SON IMPORTANCE. PIDIYON CHEVOUIM – RACHAT DES PRISONNIERS        

 

Paracha Ki Tetsé  : « Le Rabbi est dans les champs »  par le Rav Yaakov Abergel

Paracha Ki Tetsé : « Le Rabbi est dans les champs » par le Rav Yaakov Abergel

 

Dans le Dvar Ma’hout sur la Paracha ‘Ki Tetsé’, le Rabbi rapporte le Midrache selon lequel, D.ieu s’adressa aux âmes des Justes d’Israël et leur demanda s’il fallait oui ou non créer le monde.

 

A travers ce Midrache, le Rabbi nous enseigne que l’âme d’Israël est ‘une parcelle véritable de divinité d’En-haut’, laquelle est bien au-delà de ce monde.

De fait, notre âme est une arme redoutable dans le combat de D.ieu que nous menons, car elle précède toute la Création. Dans ce cas et sans aucun doute, tout au long de notre mission dans ce monde, c’est la Création elle-même qui doit être impressionnée par nous-mêmes, mais jamais le contraire.

Aussi, lorsque ‘nous sortons en guerre contre notre ennemi’, c’est-à-dire lorsque nous devons affronter toutes sortes de difficultés dans notre mission de faire de ce monde matériel une demeure pour L’Essence divine, nous devons avoir conscience du fait que nous possédons les moyens de soumettre ce monde à notre volonté qui se fond en celle de D.ieu.

En effet, il est dit (Tanya): ‘D.ieu se trouve à la droite du pauvre’, c’est-à-dire qu’Il a donné à notre âme divine (‘le pauvre’), tous les pouvoirs pour vaincre le mal qui se trouve de ‘l’autre côté de la Sainteté’ dans ce monde et en nous-mêmes.

En fait, le Rabbi nous enseigne ici qu’un Juif détient le moyen de dominer ce monde, et de dominer sa nature qui le pousse vers le mal, en éveillant la force de l’Essence divine afin que celle-ci se révèle dans les forces de son âme, et en particulier dans ses actes.

De fait, comme le Rabbi l’a enseigné, à de nombreuses reprises, ‘l’Essence de l’âme d’un Juif est enracinée dans l’Essence divine’, et dans ce cas, si ce Juif parvient à dévoiler ce niveau supérieur, rien ne pourra alors s’opposer à lui, de la même façon que rien ne peut s’opposer à D.ieu.

L’Essence de l’âme Juive est au centre des discours du Rabbi car c’est en la dévoilant dans nos actes que l’on parvient à susciter le désir divin de provoquer la venue de notre Juste Machia’h. Il est donc essentiel de s’attacher à tous les enseignements que le Rabbi délivre à son sujet.

Au chapitre 18 (et le chiffre 18 n’est pas sans être une allusion à la date proche du 18 Elloul, qui est l’anniversaire du Baal Chem Tov et de l’Admour Hazaken) du recueil du Rabbi intitulé ‘Iniana chel Torat ha ‘Hassidout’, il est écrit que ‘la qualité de l’Essence est de se répandre et de pénétrer dans tous détails, et celà jusqu’au plus petit des détails. Et d’après le principe selon lequel le début est précisément ancré dans la fin, il apparaît que plus la ‘Hassidout se répand dans les niveaux les plus inférieurs (jusqu’à même transformer la nature de l’âme animale), plus l’Essence de la ‘Hassidout se trouve exprimée’.

Du fait que l’action est le niveau le plus inférieur parmi les vêtements de l’âme, il ressort des propos du Rabbi que l’Essence de l’âme est perçue dans l’action.

C’est pourquoi le Rabbi écrit à la fin de ce chapitre que son beau-père, ‘le Rabbi Rayats, mit l’accent de nombreuses fois, sur le fait que tous les sujets de la ‘Hassdiout que l’on étudie doivent être accomplis de manière concrète, car c’est précisément par l’action concrète qu’il devient possible de saisir l’Essence de la ‘Hassdout’.

Par ailleurs, il apparaît ici que ‘l’Essence est perçue dans l’acte’ signifie aussi que l’Essence de l’âme du Rabbi est perçue dans l’acte du ‘hassid.

En effet, l’âme de chaque Juif, qu’il soit ‘hassid ou qu’il ne le soit pas encore, est liée à l’Essence de l’âme du Rabbi, d’un lien ‘Atsmi’. C’est-à-dire que l’âme du ‘hassid est liée à celle du Rabbi, de la même façon que le pied est lié à la tête.

Le Rabbi explique en effet dans le discours ‘hassidique intitulé ‘Vé Atah tétsaveh’, que ‘la tête ne peut se déplacer sans les pieds’. Le Rabbi (‘la tête’) a besoin du ‘hassid (‘les pieds’) pour agir en ce monde.

Il apparaît donc, que lorsque le ‘hassid accomplit par des actes concrèts la mission que lui a donné le Rabbi, il révèle dans ces actes l’Essence de l’âme du Rabbi, car ‘la qualité de l’Essence est de se répandre et de pénétrer jusqu’au plus petit des détails’.

Dans ce cas ‘le début est ancré précisément dans la fin’ signifie que l’Essence de l’âme du Rabbi, ‘le début’, est ancré dans l’action du ‘hassid, ‘la fin’.

Peut-être nous est-il possible de dire ici que c’est à ce sujet que L’Eternel déclare que la Terre d”Israël est ‘la Terre de Mon désir’.

En effet, Rachi nous enseigne que ‘L’Eternel a formé le corps d’Adam ha richon avec la terre de l’endroit où allait être construit le Beït-Ha-Mikdache’.

De ce fait, il peut être établi une comparaison entre le corps d’un Juif et la Terre d’Israël, car de même que la Terre d’Israël sert de support au Beït-Ha-Mikdache, le corps d’un Juif est le réceptacle d’une ‘parcelle véritable de divinité d’En-haut’.

Le ‘hassid (le ‘corps)’ est attaché au Rabbi (la ‘tête’) d’un lien ‘Atsmi’, signifie que le ‘hassid est capable de révéler de manière infinie dans toutes les forces de son âme, et dans tous les sujets de ce monde, et sans aucune limite, l’Essence de l’âme du Rabbi, à l’exemple de la Terre d’Israël qui détient la capacité de produire des arbres et des fruits à l’infini.

C’est pourquoi l’Admour Hazaken a écrit que parmi tous les peuples, L’Eternel a choisi le corps des Juifs, car de même que la Terre d’Israël est appelée la ‘Terre de Mon désir’, D.ieu a choisi le corps des Juifs.

De fait, la Volonté de L’Eternel est que nous fassions une demeure pour Son Essence, et comme le Rabbi nous l’a enseigné, ‘c’est précisément par l’action concrète (accomplie au moyen du corps) que l’Essence de la ‘Hassidout, l’Essence de l’âme du Rabbi, se trouve le plus exprimée’.

Rav Haim Nissenbaum : C’est la rentrée, le «Bien-Aimé» attend chacun, allons à Sa rencontre

Rav Haim Nissenbaum : C’est la rentrée, le «Bien-Aimé» attend chacun, allons à Sa rencontre

 

Dans notre société de confort, et souvent d’oubli, la fin des vacances sonne généralement comme un rappel austère. Quel qu’ait été le contenu réel de la période écoulée, nous l’avons vécue comme une grande respiration, traversée comme un espace de liberté.

 

Et puis voici que les règles sociales revendiquent leur place. Nous allions à l’aventure, il nous faut retrouver des rails bien familiers. Alors, après la grandeur des libres horizons, la petitesse du quotidien ? Après la richesse des couleurs du monde, la grisaille des villes ? Autant dire que le jour céderait la place à la nuit et le goût du bonheur à l’acceptation d’une forme de désespérance. Mais, cette année, tout prend avec éclat un autre sens.

Cette rentrée est liée à un nom qui lui donne comme un titre de noblesse : Elloul. Le dernier mois de l’année juive a commencé et il nous reste à en parcourir l’essentiel avant les grands rendez-vous d’automne : Roch Hachana et Yom Kippour.

Certes, ce mois, semble-t-il, n’est constitué que de jours profanes rythmés par le Chabbat. Cela n’est qu’apparence. Il est ce temps privilégié où nous sommes invités à faire retour vers D.ieu et sur nous-mêmes.

Le Cantique des cantiques le dit au fil de sa métaphore inspirée : « je suis à mon Bien-Aimé et mon Bien-Aimé est à moi. » Ce sont les mots venus du plus profond du cœur, de l’essence de l’âme que chaque Juif adresse à son Créateur en ces jours si particuliers. Car nous en avons reçu la force. Les treize attributs de la miséricorde Divine illuminent le monde à présent plus que jamais, soulignent les commentateurs.

C’est dire que le monde vient juste de changer de couleur. Peut-être l’été a-t-il été le moment de repos utile, voici venu celui de l’action indispensable et éternelle.

Car il ne faut pas se méprendre. Nous sommes tous tendus dans l’attente de l’année rêvée, cette année nouvelle qui verra le couronnement de tous nos espoirs ; c’est aujourd’hui que cela se joue. Le mois d’Elloul en est la clé d’entrée. Et, toute force d’ores et déjà présente, le chemin nous est de longtemps tracé. Il porte des noms familiers : prière, charité, étude. Mais ces mots brillent d’une lumière nouvelle : ils incarnent l’œuvre d’Elloul.

Cela ne dépasse pas nos capacités car elles aussi ont changé de dimension. Le « Bien-Aimé » attend chacun, allons à Sa rencontre. Le meilleur est au-devant de nous.

Vivre avec Machia’h :  « L’objet perdu » par Gérard Touaty

Vivre avec Machia’h : « L’objet perdu » par Gérard Touaty

 

 

La stabilité d’une société se fonde sur des lois qui instaurent la confiance entre les hommes. D’autres paramètres, il est vrai, sont nécessaires pour asseoir cette stabilité, mais la confiance possède l’avantage d’être un tremplin pour rapprocher les cœurs. C’est la raison d’être de la mitzva (1) de « Achévath avéda », l’obligation, pour chacun d’entre nous, de restituer un objet perdu à son propriétaire.

Pour le judaïsme, la restitution d’un objet perdu est bien plus qu’une bonne action car, comme l’envisage le Talmud, on pourrait dans de nombreux cas, garder un objet égaré par son propriétaire. Finalement, peut être que ce dernier a perdu l’espoir de le retrouver ! Mais cette perspective n’est pas du goût de nos Maîtres : même si plusieurs raisons pourraient nous permettre de garder cet objet, il est bien de le rapporter.

Le Rabbi nous en donne la raison : depuis la création du monde, D.ieu crée à chaque instant un univers parfaitement organisé. Ainsi, chaque créature, qu’elle soit minérale, végétale, animale ou humaine, participe d’un projet collectif. L’être humain, la créature la plus sublime de ce monde, possède une fonction et un but bien plus éminents qu’une simple fleur ou qu’un animal. Il vient au monde dans un lieu précis, dans une famille bien spécifique et avec des possessions qui lui sont exclusivement réservées.

Tout cet ensemble forme alors une architecture parfaite qui le conduit vers le but que D.ieu lui a assigné, en donnant une place active à chaque élément de cet ensemble. Mais si un individu perd un élément de ses possessions, il ne pourra plus mener à bien la mission confiée, puisqu’un élément sera manquant pour qu’il aille au bout de sa mission. Il devient alors impératif, pour un autre Juif, de rapporter à son prochain, l’objet que ce dernier a perdu. Afin qu’il puisse, dans sa plénitude, accomplir la tâche pour laquelle il a été créé.

Perdre son judaïsme

Mais le Rabbi va plus loin. Cette règle peut aussi s’appliquer sur un plan spirituel. La possession la plus noble d’un Juif, expliquent les commentateurs, c’est son judaïsme. Sans lui, le Juif n’est rien et sa vie perd toute sa raison d’être. Bien plus, lui et la sagesse divine sont indissociables parce que chacun d’entre nous possède, avec la Thora, une mission précise sur terre qu’il ne peut accomplir sans elle.

Si dès lors, du fait de l’assimilation, un Juif « a perdu » son judaïsme, il est de notre devoir de le lui restituer. Et comme le précise le texte de notre paracha, pour un objet perdu, il sera interdit, dans ce cas, de fuir cette obligation, en restant indifférent à sa perte ou en feignant l’ignorance : on devra tout mettre en œuvre pour lui rapporter le chabbath, Yom Kippour, la cacherouth ou les Téphilines qu’il aura perdus.

Recréer le lien

Mais il se peut que le propriétaire de l’objet perdu ne soit pas intéressé à récupérer sa perte. Et si l’on transpose cette problématique sur un registre spirituel, un Juif éloigné pourrait refuser qu’on lui rapporte sa perte : récupérer son judaïsme (perdu) ne l’intéresse pas !

Existe-il alors, pour celui qui a trouvé « le judaïsme perdu », une obligation de restituer cette perte spirituelle quand son propriétaire n’y trouve aucun intérêt ? Oui, doit être la réponse. Mais avec une nuance de taille : on ne pourra pas simplement rendre ce qui a été perdu. Il faudra aussi recréer chez son propriétaire le désir de vouloir retrouver le judaïsme, car l’exil n’est qu’un accident de l’histoire.

Même quand l’âme d’un Juif a été noircie par des siècles d’exil, son amour pour D.ieu ne s’est pas totalement éteint. Profondément, il désire recréer un lien avec D.ieu, car s’il lui manque ce qui fait la vitalité de son existence, comment pourrait-il mener à bien la mission pour laquelle il a été créé ? Et le Rabbi de rajouter : rapporter le judaïsme à celui qui l’a perdu n’est pas une option facultative (à l’occasion ou si l’on a le temps).

Dans notre génération, c’est une obligation pour chacun d’entre nous. On doit aller au devant de celui qui s’est écarté de la Thora et non attendre qu’il se manifeste à nous. Pour lui donner le mérite d’accueillir Machia’h avec dignité.

 

Note

  1. Les premiers versets du chap. 22 de Dévarim