24 Tevet : Hilloula de Rabbi Chneour Zalman de Lyadi, premier Rabbi de Loubavitch (1745-1812)

24 Tevet : Hilloula de Rabbi Chneour Zalman de Lyadi, premier Rabbi de Loubavitch (1745-1812)

Rabbi Chnéour Zalman Baroukhovitch, fils de Rabbi Baroukh et de la Rabbanit Rivka, naquit le 18 Eloul 5505 (1745). Descendant en droite ligne du Maharal de Prague, l’arbre généalogique de sa famille remonte au roi David.

 

Le Baal Chem Tov, par la bénédiction de qui cette naissance se produisit, indiqua aux parents de quelle façon il fallait éduquer l’enfant. Son âme, en effet, issue du monde spirituel d’Atsilout, descendait sur terre pour la première fois, avec la mission de traduire son propre enseignement dans les termes de la raison. À un an, l’enfant parlait déjà comme un adulte. Régulièrement, le Baal Chem Tov était, à sa demande, tenu informé de tout ce qui le concernait.

Très tôt, les qualités intellectuelles de Rabbi Chnéour Zalman furent reconnues. À deux ans, il témoignait d’une mémoire hors du commun et d’une intelligence fabuleuse. À trois ans, il fut conduit chez le Baal Chem Tov, qui lui coupa les cheveux pour la première fois et le bénit. Par la suite, il ne devait plus jamais le revoir. À cinq ans, sa connaissance de la Torah était immense. Il pouvait expliquer clairement le passage du Talmud le plus ardu. Déjà, lors de sa Bar Mitsva, les plus grands érudits le déclarèrent apte à discuter la Loi et lui décernèrent le titre de « Gaon ».

Il se maria, en 5520 (1760), avec la Rabbanit Shterna, fille de Rabbi Yéhouda Leïb Segal et de la Rabbanit Beïla. Le beau-père de Rabbi Chnéour Zalman, un important érudit de la communauté de Vitebsk, appartenait aux mitnagdim et fit souffrir son gendre, lorsqu’il devint un ‘hassid. Rabbi Chnéour Zalman s’installa dans la région de Vitebsk et fut conduit, dans un premier temps, à rechercher le bien-être de ses frères juifs, qu’il engagea à constituer des colonies agricoles. Là, ils pouvaient vivre à l’abri des souffrances que leur imposaient les non-juifs. De plus, ils pouvaient, de la sorte, être exemptés de certains impôts. Pour réaliser tout cela, il acheta des terres avec l’argent qu’il avait reçu pour son mariage. Là, il installa de nombreuses familles juives et nomma également des professeurs pour leur enseigner la Torah.

La philosophie ‘Habad

De 5518 à 5523 (1758 à 1763), Rabbi Chnéour Zalman mit au point les idées fondamentales de son système philosophique, basé sur l’amour et la crainte de D.ieu provoqués par une réflexion profonde. Son enseignement ensuite structuré à partir de la ‘Hassidout, sur l’ordre du Maguid qui, dans un premier temps, refusa de l’orienter dans le service de D.ieu et lui demanda de bâtir son propre système.En effet, il se rendit chez le Maguid de Mézéritch peu après, en 5524 (1764). Il hésita un moment entre Vilna et Mézéritch, puis, considérant qu’auprès du Gaon de Vilna, il se consacrait à l’étude, dans laquelle il était déjà versé, il décida d’aller chez le Maguid, afin d’apprendre à prier. Il devint aussitôt son ‘hassid. Son maître le nomma Maguid de Lyozna en 5527 (1767), puis le chargea, en 5730 (1770), de rédiger le Choul’hane Aroukh, dont il commença immédiatement la compilation.Après la disparition du Maguid, Rabbi Chnéour Zalman introduisit la ‘Hassidout ‘Habad et s’engagea dans la défense de l’enseignement du Baal Chem Tov, contesté par les mitnagdim. A ce titre, il fonda, en 5532 (1772), sa yéchiva à Lyozna. L’accès en était réservé à ceux qui avaient déjà accumulé d’énormes connaissances, aussi bien dans la partie législative de la Torah que dans la Kabbalah. Il se rendit, en 5534 (1774), en compagnie de Rabbi Mena’hem Mendel de Horodok, chez le Gaon de Vilna, qui refusa de les recevoir. Il sortit ensuite vainqueur de la grande confrontation de Minsk, en 5543 (1783), puis de celle de Chklov.Parallèlement, son enseignement reçut une diffusion de plus en plus large. Il rédigea le Choul’hane Aroukh, dont la première partie, les « Lois de l’étude de la Torah », fut publiée en 5554 (1794). Pour ce qui est de la ‘Hassidout, son système de pensée est exposé dans son œuvre monumentale, le Tanya, « Loi écrite de la ‘Hassidout », d’abord diffusée sous forme manuscrite, puis imprimée en 5557 (1797). En outre, une large compilation de ses commentaires se trouve dans deux importants volumes, « Torah Or » et « Likoutei Torah ». Le Tséma’h Tsédek, son petit fils, publia le « Torah Or » en 5597 (1837) et le « Likoutei Torah » en 5608 (1848)

Une ère nouvelle après le 19 Kislev

Il fit alors l’objet d’une dénonciation de la part de ses opposants. En effet, il était responsable, en Russie, de la collecte des fonds pour soutenir la communauté ’hassidique de Terre Sainte, dirigée par Rabbi Mena’hem Mendel de Vitebsk. Or, Erets Israël était alors sous domination turque et la Turquie était l’ennemi de la Russie. Il fut donc arrêté, en 5559 (1799), le lendemain de la fête de Souccot, puis emprisonné à Pétersbourg, dans la forteresse Pétropavlov. Son incarcération sema le désarroi parmi les ‘hassidim ‘Habad et sa première réaction fut de leur écrire une lettre pour leur interdire tout acte de vengeance. Il fut libéré le mardi 19 Kislev, date qui est devenue le Rosh Hachana de la ‘Hassidout, un jour où l’on ne dit pas les ta’hanoun. Par la suite, son enseignement se diffusa largement. Deux ans plus tard, il fut de nouveau convoqué à Pétersbourg, le lendemain de Souccot. Il fut libéré au milieu de la fête de ‘Hanouccah et quitta Pétersbourg le 11 Mena’hem Av 5561 (1801) pour s’installer à Lyadi.Rabbi Chnéour Zalman prit position contre l’invasion française de la Russie, conscient de l’influence néfaste qu’elle aurait sur les Juifs. Poursuivi par les armées de Napoléon Bonaparte, fortes de quarante mille hommes, il dut s’enfuir, sur le conseil du général Nébrowsky et quitter Lyadi, la veille du Chabbat qui bénit le mois d’Eloul 5572 (1812). Avec sa famille et de nombreux ‘hassidim, il erra d’une ville à l’autre et arriva, le 12 Tévet 5573 (1812) dans le village de Pyéna, près de Koursk. C’est là qu’il quitta ce monde, à l’issue du Chabbat, veille du dimanche 24 Tévet (le 26 décembre 1812). Il repose à Haditch près de Poltava.Rabbi Chnéour Zalman eut trois fils et trois filles

Ses trois fils furent
Rabbi Dov Ber, qui lui succéda,
Rabbi ‘Haïm Avraham
et Rabbi Moché.
Tous trois se consacrèrent en particulier à la diffusion des écrits de leur père.

Ses trois filles furent
la Rabbanit Freïda,
la Rabbanit Devorah Léa, mère du Tséma’h Tsédek, qui offrit sa vie en échange de celle de son père à la suite d’une accusation portée contre la ‘Hassidout auprès du tribunal céleste,
et la Rabbanit Ra’hel.

Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi est appelé de différentes manières

  • Les ‘Hassidim l’appellent l’Admour HaZakène en hébreu ou l’Alter Rebbe en yiddish, ce qui veut dire « le Vieux Rabbi », du fait qu’il fut le premier Rabbi de ‘Habad et le père de la dynastie des Rabbis de ‘Habad.
  • Il est appelé aussi Baal HaTanya vehaChoul’hane Aroukh, signifiant « l’Auteur du Tanya et du Choul’hane Aroukh », ou seulement Baal HaTanya.
  • Il est fait souvent référence à lui comme «le Rav», du fait de son extraordinaire génie en matière de loi juive. Ainsi, son Choul’hane Aroukh est souvent appelé «Choul’hane Aroukh HaRav» pour le distinguer du Choul’hane Aroukh de Rabbi Yossef Karo dont il est une synthèse magistrale.
  • Dans certains ouvrages de Halakha comme le Michna Broura, on l’appelle par l’acronyme «GRaZ», pour «le Gaon Rabbénou Zalman», ou «RaZ» pour «Rabbénou Zalman».
Le jeûne du 10 Tévet, mardi 7 janvier 2020

Le jeûne du 10 Tévet, mardi 7 janvier 2020

Mardi 7 janvier 2020 : Le jeûne commence à l’aube et se termine à la tombée de la nuit (17h54 à Paris – 17h23 à Jérusalem).

En ce jour funeste commença le siège de la ville sainte de Jérusalem par l’armée babylonienne, sous les ordres du cruel Nabuchodonosor en 3336 (425 ans avant le début de l’ère commune).

A cause de sa gravité – puisqu’il marque le début de la destruction et de l’exil – il ne peut être repoussé à une date ultérieure (comme les jeûnes du 17 Tamouz et du 9 Av) ou avancé à une date précédente (comme le jeûne d’Esther). C’est le seul jeûne qui peut tomber un vendredi – donc veille de Chabbat. Du fait de sa gravité, il aura d’ailleurs une place de choix quand les jours de jeûne seront transformés en jours de joie (avec la venue de Machia’h).

Le but du jeûne est que même le corps physique ressente « la diminution de la graisse et du sang ». On ne mange pas et on ne boit pas. On ne se rince pas la bouche. Mais on peut se laver sans restriction.

Les enfants qui n’ont pas encore atteint l’âge de la Bar ou Bat Mitsva (les filles dès 12 ans et les garçons dès 13 ans) ne jeûnent pas. Les personnes fragiles, les femmes enceintes ou qui viennent d’accoucher ou qui allaitent ne jeûnent pas. Même ceux qui ont la permission de manger s’abstiendront de manger des friandises.

Dans la prière du matin, on récite les Seli’hot spéciales de ce jour après le Ta’hanoun ainsi que « le grand Avinou Malkénou ». Puis on lit dans la Torah le passage Vayi’hal (Chemot – Exode 32 : 11 jusqu’à 34 : 1). Seul celui qui a jeûné peut être appelé à la Torah.

Durant la prière de Min’ha (l’après-midi), on lit dans le rouleau de la Torah le chapitre Vayi’hal. Dans la Amida, on ajoute le passage Anénou (« Réponds-nous, Éternel au jour de notre jeûne car nous sommes dans une grande peine… »).

On récite le Ta’hanoun et « le grand Avinou Malkénou ».

Comme tous les jours de jeûne, on procédera à un examen de conscience approfondi et on évitera de se mettre en colère. On augmentera les dons à la Tsedaka (charité). Rabbi Chnéour Zalman explique qu’un jour de jeûne est aussi un jour de bienveillance divine. Comme ce jeûne du 10 Tévet est particulièrement important, on comprend que la Techouva (retour à D.ieu) procurée par ce jeûne est aussi d’un niveau plus élevé.

Dans de nombreuses communautés, ce jeûne est associé au souvenir des martyrs de la Shoah.

Seminaire du Beth Loubavitch 1994 : Farbrenguen-Anniversaire du Rav Chmouel Azimov, Roch Hodech Elloul

Seminaire du Beth Loubavitch 1994 : Farbrenguen-Anniversaire du Rav Chmouel Azimov, Roch Hodech Elloul

 

 

fr.chabad.org

 

Rav Chmouel Azimov naquit en ex-Union soviétique en 1945 de Rav Haïm Hillel et Richa Azimov. Étant parvenu à fuir le Rideau de fer, son père devint le directeur du réseau de Talmud Torah Loubavitch à Paris. Le jeune Chmouel fut élève de la yéchiva de Brunoy puis poursuivit ses études à la yéchiva Loubavitch centrale, le « 770 », à Brooklyn, où il devint profondément lié au Rabbi, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, de mémoire bénie.

En 1968, il épousa Bassie, fille du célèbre ‘Hassid Rav Bentsion Shemtov. En l’honneur du mariage de son jeune élève, le Rabbi corrigea un discours ‘hassidique en vue de sa publication en tant que sa participation, ce qui constitue une rare distinction.

Cette même année, le Rabbi envoya les Azimov à Paris pour y être ses émissaires. Avant leur départ, le Rabbi les bénit, leur souhaitant « un succès au-delà de l’imagination ».

 

 

Homme humble et affable, le Rav Azimov édifia un empire éducatif, amenant des dizaines d’autres émissaires pour servir dans tous les quartiers de la capitale française et ses environs. Beaucoup de couples émissaires ‘Habad-Loubavitch furent eux-mêmes des disciples du rav qui adoptèrent un mode de vie ‘hassidique et furent inspiré à le partager avec les autres.

 

Il édifia des dizaines de communautés

Connu sous le surnom affectueux de « Moulé », le Rav Azimov a eu un impact profond sur des dizaines de milliers de Juifs de France en tant que directeur du Beth Loubavitch à Paris. Il y a aujourd’hui plus de 450 émissaires dans 115 centres ‘Habad-Loubavitch dans 95 villes en Île-de-France – le résultat direct de son travail – dont beaucoup furent ramenés par lui au Judaïsme et pour lesquels il était un guide personnel et un mentor spirituel.

Au-delà de la France, il était membre du comité exécutif de Agudath ‘Hassidei ‘Habad International, l’organisation cadre du mouvement ‘Habad-Loubavitch mondial, et il fut le conseiller et le mentor d’innombrables émissaires du Rabbi de Loubavitch à travers le monde.

À partir de son institution phare, le Beth Loubavitch de Paris, le rav Azimov édifia des dizaines de communautés juives et a influença d’innombrables personnes. Aujourd’hui, le complexe scolaire Beth ‘Haya Mouchka accueille 1500 filles, ce qui en fait la plus grande école juive en France. Quelque 115 centres ‘Habad-Loubavitch et plus de 450 représentants servent actuellement la population juive de France, la plus grande d’Europe occidentale, estimée à environ 500 000 âmes.

En plus de son programme d’enseignement quotidien, ses « farbrenguens » informelles furent le ferment de la culture ‘hassidique française, formant une communauté de cadres communautaires érudits, inspirés et actifs.

Malgré le développement de leur réseau d’institutions, le Rav Azimov et son épouse demeurèrent accessibles à leurs élèves – ainsi qu’aux enfants et aux élèves de leurs élèves – qu’ils traitaient comme des membres de leur propre famille. Quand un des jeunes étudiants de yéchiva avait besoin de conseils pour trouver l’âme sœur ou lorsqu’un couple avait besoin de soutien dans n’importe quel domaine de la vie, ils savaient qu’ils pouvaient se tourner vers le Rav Azimov et son épouse.

« Il était unique en ce qu’il était totalement dévoué à son peuple », se souvient le Rav Chmouel Lubecki dont les parents avaient retrouvé le chemin de l’observance juive sous l’influence du Rav Azimov. « Il n’avait pas de vie privée. Même à l’hôpital, il parlait sans cesse aux membres de la communauté, prenant soin d’eux et de leurs enfants. »

Même lorsque sa communauté se développa jusqu’à compter des centaines de familles, il se faisait un point d’honneur d’assister réjouissances familiales, petites et grandes.

Son dévouement à l’observance juive était légendaire. Par exemple, à une certaine époque, il prenait lui-même le train jusqu’à la ville d’Orly pour y livrer du lait casher frais, de sorte que cinq familles soient en mesure d’observer la casherout au plus haut niveau.

Même après avoir subi un accident vasculaire cérébral invalidant en 1998, il continua à enseigner la Torah et gérer des institutions d’un budget global de plusieurs millions d’euros qui ne cesse de grossir chaque année.

 

L'année des dernière, parlant avec des dignitaires au grand allumage public de 'Hanouka près de la tour Eiffel à Paris.

Le Rav Azimov a également dirigé la publication de l’hebdomadaire La Sidra de la Semaine, qui est une source d’information juive et d’inspiration pour des milliers de personnes dans le monde juif francophone, en plus de nombreux livres sur le judaïsme et la philosophie ‘Habad.

Le Rabbi de Loubavitch, au précédent Rabbi de Gour : « Attendre la venue du Machia’h tous les jours »

Le Rabbi de Loubavitch, au précédent Rabbi de Gour : « Attendre la venue du Machia’h tous les jours »

 

Le Rabbi s’entretient avec Rabbi Pin’has Mena’hem Alter, le Rabbi de Gour, de ses préoccupations concernant l’arrivée de Machia’h.
4 Iyar 5743 – 17 Avril 1983

Rabbi Pin’has Mena’hem Alter de Gour, le Penei Menahem
Dernier fils de Rabbi Avraham Mordé’hai Alter, il est né en 1926 en Pologne. Frère des deux précédents Rabbi de Gour, il fut le directeur de la Yéchiva Sefat Emet avant de devenir Rabbi. Il fut nommé à ce poste à la suite du décès de son frère Rabbi Sim’ha Bounem Alter, en 1992.
Il meurt brutalement à la sortie de Pourim 1996. Un cortège de plus de 200 000 personnes l’accompagna à sa dernière demeure.
Son ouvrage est le Penei Mena’hem.

Son fils, Rabbi Yaacov Arieh Alter de Gour
Né en Pologne en 1939 et fils de Rabbi Sim’ah Bounem Alter, cinquième Rabbi de la dynastie, il est l’actuel Rabbi depuis le décès de son oncle Rabbi Pin’has Menahem Alter en 1996.

La dynastie hassidique de Gour (Gur, c’est-à-dire Góra Kalwaria) est aujourd’hui la plus importante en nombre d’adhérents, avec celle de Habad. Elle compte plus de cent vingt institutions et 23 000 élèves. Elle a fondé des Yeshivot Ktanot et Guedolot du nom Sfat Emet ainsi que bien d’autres institutions.

La dynastie de Gour est souvent considérée comme la colonne vertébrale du parti haredi (religieux ultra-orthodoxe) Agoudat Israël, un parti créé en Europe orientale en 1912, entre autres pour s’opposer au sionisme, et aujourd’hui surtout présent en Israël. 

Le ministre de la Santé israélien Yaacov Litsman est le représentant de la dynastie à la Knesset.

Rabbi Yaacov Arieh Alter de Gour visite le Rabbi en 1989 (Il n’avait pas encore pris la succession de son père)

 

 

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Youd Beth Tamouz : jour anniversaire du Rabbi précédent et jour de sa libération des prisons soviétiques

Youd Beth Tamouz : jour anniversaire du Rabbi précédent et jour de sa libération des prisons soviétiques

Le Rabbi précédent, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, naquit le 12 Tamouz 5640 (1880). Lorsqu’il pleura de douleur, pendant sa circoncision, son grand-père, le Rabbi Maharach, lui dit: « Pourquoi pleures-tu? Tu seras un Rabbi et tu commenteras la ‘Hassidout en des termes clairs! ».

Le Rabbi précédent accompagna son père à Yalta, où il passa quelques temps, en 5647 (1887). De retour à Loubavitch, il se consacra à l’étude, de 5648 à 5650 (1888 à 1890). Il accumula de très larges connaissances, s’attacha profondément à son père et conçut un immense respect pour ses maîtres. Dès lors, il prit l’habitude de noter tout ce qu’il voyait et entendait. C’est ainsi qu’il rédigea, tout au long de sa vie, un journal dont la valeur est inestimable. Faisant par ailleurs un travail d’historien, il réunit de précieuses informations sur la naissance et le développement du mouvement ‘hassidique.

En Mena’hem Av 5751 (1891), alors qu’il était âgé de onze ans, il se porta courageusement au secours de Rabbi David le boucher de Loubavitch, qui était maltraité par l’unique policier de cette ville. Ceci lui valut sa première arrestation. Il passa quelques heures dans une cellule, empli de crainte, avant que son père ne parvienne à le faire libérer.
Sa Bar Mitsva, en 5753 (1893), fut célébrée avec un faste particulier et dura sept jours. De nombreux discours ‘hassidiques furent récités à cette occasion.

Il s’engagea dans l’activité communautaire en 5655 (1895), en tant que secrétaire particulier de son père et décrivit lui-même cette période comme celle de « son éducation profonde ». A ce titre, il voyagea très souvent à Pétersbourg, usant de son titre de « citoyen d’honneur », hérité du Tséma’h Tsédek. Il participa à la réunion de Rabbanim de Kovno en 5655 (1895) et à celle de Vilna en 5656 (1896), de Moscou et de ‘Herkov.

En 566l (1901), il effectua différents voyages, à Vilna, Brisk, Lodj et Kœnigsberg, pour préparer la création de l’usine de Doubrovna, désirée par son père. Il partit pour Pétersbourg, en 5662 (1902), pour régler des problèmes communautaires.

En 5664 (1904), il organisa la collecte de fonds introduite par son père, pour financer l’envoi de Matsot aux soldats qui se battaient au front, en Extrême Orient, pendant la guerre opposant la Russie au Japon.

En 5666 (1906), il se rendit en Allemagne et en Hollande, afin de persuader les banquiers d’user de leur influence pour faire cesser les pogroms. I

l participa à la conférence de Vilna de 5668 (1908) et rencontra, en 5669 (1909), les responsables communautaires d’Allemagne. Il organisa la réunion des Rabbanim de Moscou, en 5677 (1917) et de Kharkov en 5678 (1918).

Entre 5662 et 5676 (1902 et 1916), il fut arrêté à quatre reprises, en différentes occasions, à cause de ses activités. 

En lyar 5662 (1902), il fut arrêté à Loubavitch, à la suite d’une dénonciation d’un directeur d’école, adepte de la Haskala.

En Tévet 5670 (1910), il fut arrêté à Pétrograd, à la suite d’une dénonciation émanant d’un Juif.

Enfin, en 5676 (1916), il fut arrêté à cause de son action pour faire réformer les Juifs servant dans l’armée russe. Aucun chef d’accusation ne pouvant être retenu contre lui, il fut à chaque fois libéré, après que l’ordre lui ait été donné de cesser toute activité subversive.

Mais il poursuivait sa mission, avec une ardeur toujours renouvelée.

Il se fiança, à Balivka, en Tamouz 5656 (1896), avec la Rabbanit Ne’hama Dina, fille de Rabbi Avraham Schneersohn de Kichinov, petite fille de Rabbi Israël Noa’h, le Rabbi de Nyéghin et l’un des fils du Tséma’h Tsédek.

La célébration de ses fiançailles dura sept jours. Puis, le mariage eut lieu le 13 Elloul 5657 (1897). C’est pendant l’un des repas de la semaine suivant cette cérémonie que le Rabbi Rachab, son père, fonda la Yechiva Tom’heï Temimim.

En 5658 (1898), son père lui confia la direction de cette Yechiva.

En 5681 (1921), il en créa une extension dans différentes villes de Russie, puis à Varsovie et dans plusieurs villes de Pologne et enfin à Boukhara, en 5687 (1927).

C’est en 5680 (1920) qu’il prit la tête des ‘Hassidim ‘Habad, succédant à son père qui, dans son testament, lui laissa des instructions précises sur le comportement qu’il devait d’adopter. Dès 5681 (1921), il mit au point un plan de renforcement du Judaïsme dans toute la Russie, qui connaissait alors un profond changement, avec la naissance de l’ère bolchevique. Les Juifs furent bien évidemment les premières victimes et ceux qui souffrirent le plus.

Le Rabbi Rayats, au péril de sa vie, perpétua le Judaïsme et donna à chaque communauté les moyens de continuer à fonctionner. Accusé de « contre-révolution », il était poursuivi, épié, menacé. Par la suite, il établit à Varsovie le centre à partir duquel il put étendre son action sur toute la Russie.

Suite à une dénonciation de la « Yevsektsya », la section juive du parti communiste, il fut contraint par la police secrète, la « Tchéka », de quitter Rostov. Il s’installa alors à Pétersbourg. C’est de là qu’il poursuivit son activité de renforcement de la Torah et des Mitsvot. Il s’assura de la présence, dans chaque endroit, de Rabbanim, de ‘Hadarim, de Cho’hatim et de professeurs. Il nomma un comité spécial pour le travail manuel, afin de permettre aux Juifs qui l’avaient adopté de respecter le Chabbat.

La lutte qu’il mena contre le régime fut particulièrement âpre. Les victimes, parmi ses ‘Hassidim, se comptèrent par milliers. Dès qu’ils étaient arrêtés, d’autres les remplaçaient et assumaient leurs fonctions. Tous tiraient leur force du Maître, le Rabbi de Loubavitch.

En Tamouz 5680 (1920), il fut lui-même emprisonné, suite à la dénonciation du chef de la Yevsektsya de Rostov sur le Don. Il fut immédiatement relâché.

En 5684 (1924), il commença à s’occuper de la communauté des ‘Hassidim se trouvant à l’époque en Amérique.

Ceux-ci étaient de plus en plus nombreux et il décida de les structurer. Il créa à cet effet Agoudat ‘Habad, l’association des ‘Hassidim ‘Habad aux Etats Unis d’Amérique et au Canada.

En 5687 (1927), la Yevsektsya désira organiser une réunion des responsables communautaires afin de contrôler les activités des Juifs. Le Rabbi Rayats, craignant que certains ne puissent résister aux pressions, parvint à la faire annuler. C’est alors que la section juive du parti communiste qui, jusqu’alors avait évité de s’en prendre directement au Rabbi, dont la notoriété était très grande, décida de le faire emprisonner.

Le 15 Sivan 5687 (1927), le Rabbi fut arrêté, pour la septième fois de sa vie, accusé de propager le Judaïsme et enfermé dans la prison de Chpolerno, à Leningrad. Pendant son incarcération, il fit preuve d’un immense courage et défendit fièrement l’idéal de la Torah, face à ses bourreaux.

Dans un premier temps, il fut condamné à mort. Mais les interventions internationales se succédèrent pour obtenir sa libération. Face aux pressions, sa peine fut commuée d’abord en dix ans de déportation sur l’île de Solobki, puis en trois ans d’exil à Kastroma.

Le 4 Tamouz, après avoir pu rencontrer sa famille pendant six heures, il partit effectivement pour Kastroma, mais, le 12 Tamouz, il fut informé de sa libération. Le lendemain, 13 Tamouz, il fut effectivement libéré mais contraint de s’installer à Mala’hovka, près de Moscou.

Dès l’année suivante, les 12 et 13 Tamouz furent célébrés avec faste, par tous les ‘Hassidim et amis du Rabbi Rayats, qui vivaient tous comme la leur propre cette fête de la libération. Le Ta’hanoun n’est pas récité pendant ces deux jours.

Des démarches furent faites, après sa libération, pour que le Rabbi Rayats soit autorisé à quitter la Russie et, le lendemain de Soukkot 5688 (1827), il partit définitivement de ce pays. Il s’installa à Riga, en Lithuanie, état alors indépendant. Là, il fonda une Yechiva.

En 5688 et 5689 (1928 et 1929), il parvient à envoyer des Matsot en Russie pour la fête de Pessa’h.

En 5689 et 5690 (1929 et 1930), il visita la Terre Sainte, puis les Etats Unis. La nouvelle de sa venue provoqua la joie des Juifs d’Erets Israël, qui connaissaient son combat en Russie Soviétique et commencèrent immédiatement les préparatifs pour l’accueillir. Il quitta Riga le 22 Tamouz et, le lendemain, rencontra le Rabbi Chlita et la Rabbanit ‘Haya Mouchka, qui habitaient alors à Berlin. Il parvint, en bateau, à Alexandrie, le 29 Tamouz. Là, il prit le train pour Lod, où il arriva le 2 Mena’hem Av.

Il visita Yerouchalaïm et le Kotel Hamaaravi, Tsfat, Tibériade, Miron et la grotte de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï, ‘Hevron et la Yechiva Torat Emet, Tel Aviv, Peta’h Tikva et Bné Brak.

Puis, le 16 Mena’hem Av, il reprit le train pour Alexandrie et un bateau le conduisit jusqu’aux Etats Unis, où il resta jusqu’en Tamouz 5690 (1930). Il visita de nombreuses villes, en particulier New York, Boston et Chicago.  En 5694 (1934), il visita Glouboka, dans la région de Vilna, à la demande des ‘Hassidim qui y habitaient.

En 5694 (1934), le Rabbi s’installa à Varsovie. Aussitôt, il créa des extensions de la Yechiva dans de nombreuses villes de Pologne et fonda Igoud Hatemimim, l’association des élèves de la Yechiva.

En 5695 (1935), il commença à publier le périodique « Hatamim », destiné à servir de bulletin de liaison entre les ‘Hassidim en général et les élèves de la Yechiva en particulier.

En 5696 (1936), il transféra la Yechiva et son domicile de Varsovie à Otvotsk.

En 5699 (1939), il créa Agoudat ‘Habad, l’union internationale des ‘Hassidim ‘Habad, afin de structurer le mouvement Loubavitch.

Il se trouvait à Varsovie lorsque la guerre éclata. C’est là qu’il en vécut les premiers moments, puis, le 9 Adar Chéni 5700 (1940), il parvint à New York et s’installa à Brooklyn. Il passa la fête de Pessa’h à Lakewood, dans le New Jersey. C’est à New York qu’il installa la Yechiva Tom’heï Temimim centrale. Dans un premier temps, il se consacra au salut de ses ‘Hassidim restés en Europe. Puis, il renforça le Judaïsme américain et lutta contre le dicton, populaire dans ce pays, selon lequel « en Amérique, c’est différent ».

En 5701 (1941), il créa le périodique « Hakrya Vehakedoucha », afin de disposer encore une fois d’un organe officiel. Il organisa son action par la création de Ma’hané Israël, une association dont les membres s’engagent à renforcer la Torah et les Mitsvot par leur propre exemple et par la bonne influence qu’ils exercent sur les autres.

En 5702 (1942), il fonda une extension de la Yechiva à Montréal, au Canada, à Newark, à Worcester et à Pittsburgh. Il visita Chicago du 7 au 14 Chevat. Il créa le Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, afin de posséder un réseau d’institutions éducatives et la société d’éditions Loubavitch Kehot.

En 5703 (1943), il créa la bibliothèque Loubavitch « Otsar Ha’hassidim » et, en 5704 (1944), l’association Ni’hoa’h, qui collecte et diffuse les mélodies ‘Habad. Puis, il créa le journal « Kovets Loubavitch » et l’association « Bikour ‘Holim », pour rendre visite aux malades.

Le Rabbi Rayats affirma maintes fois la proximité de la venue du Machia’h. Il demanda même, le 23 Tichri 5702 (1941), que soit écrit un Sefer Torah pour aller à la rencontre du Machia’h. Celui-ci fut effectivement écrit à partir du 2 lyar de la même année, mais il fut achevé par le Rabbi Chlita, le 10 Tichri 5730 (1970), à l’occasion de la vingtième Hilloula du Rabbi Rayats.

Il fonda en 5705 (1945), le comité d’aide aux réfugiés, destiné à secourir les survivants de la guerre, qui a son siège à Paris. Aux Etats-Unis, il créa l’organisation Chaloh, qui donne accès à l’instruction religieuse aux élèves des écoles publiques. Il fixa un programme d’amélioration de la situation morale des fermiers juifs et de ceux qui habitent, en Amérique, dans les implantations rurales.

En 5708 (1948), il fonda Kfar Safaria ‘Habad, près de Tel Aviv, en Terre Sainte, pour les réfugiés de Russie. Puis, en 5709 (1949), il constitua une commission éducative prenant en charge les enfants des immigrants, en Erets Israël. Cette commission exerçait en particulier son activité dans les camps de transit.

En 5710 (1950), quelques semaines avant son décès, il jeta les fondations d’un programme d’éducation des enfants et de renforcement du Judaïsme dans les pays d’Afrique du Nord. Ainsi, furent créés une école de formation des maîtres, une Yechiva élémentaire, une Yechiva supérieure, un Talmud Torah pour les petits garçons et un autre pour les petites filles. Toutes ces institutions portent le nom générique « tentes de Yossef Its’hak-Loubavitch ».

Le Rabbi Rayats quitta ce monde le Chabbat Bo, 10 Chevat 5710 (1950), à huit heures sept du matin, à la suite d’une forte crise cardiaque et d’une courte agonie. Il est enterré à New York.

Le Rabbi Rayats eut trois filles. La Rabbanit ‘Hanna fut l’épouse de Rabbi Chmaryahou Gour Ary. La Rabbanit ‘Haya Mouchka fut l’épouse du Rabbi Chlita, successeur du Rabbi Rayats. La Rabbanit Cheïna fut l’épouse de Rabbi Mena’hem Mendel Horenstein et tous deux furent assassinés par les nazis, puisse D.ieu venger leur sang.

 

12 et 13 Tamouz 1927, le Rabbi précédent fut libéré des prisons soviétiques

C’est le 3 Tamouz que le Rabbi Rayats fut envoyé en exil, pour trois ans, tamuz-av-img1à Kastroma. Le comité constitué pour sauver le Rabbi décida de poursuivre son action et de trouver le moyen d’obtenir sa libération complète. Il s’adressa donc à madame Fichkova, qui était présidente de la croix rouge russe. Celle-ci intervint auprès des autorités russes pour que le Rabbi soit libéré. A l’opposé, Messing, chef de la  » Gué Pé Ou  » de Leningrad, multiplia les interventions contre sa libération. Il affirma que , s’il était libéré et revenait à Leningrad, il serait immédiatement arrêté.

Lorsque le Rabbi Rayats parvint à Kostroma, il reçut l’ordre de se présenter, chaque mardi, aux bureaux de la « Gué Pé Ou » ; Il s’y rendit donc, le mardi 12 Tamouz, accompagné par le ‘Hassid, Rav Elyahou ‘Haïm Althouis. L’officier lui réserva bon accueil et lui dit :
 » Vous êtes dispensé de vous présenter ici de nouveau. Nous avons reçu l’ordre de vous libérer . Je suis heureux d’être le premier à vous annoncer la nouvelle « 

Mais , le 12 Tamouz était férié à Kastroma et l’on ne put donc délivrer au Rabbi un certificat de libération. Il ne put le recevoir que le lendemain,13 Tamouz.

Dans une lettre qu’il écrivit à propos de la fête de la libération du 12 Tamouz, le Rabbi Rayats précisa :

 » Ce n’est pas moi seul que le Saint béni soit-Il libéra, en ce 12 Tamouz, mais tous ceux qui chérissent notre sainte Torah, respectent les Mistsvot et même ceux pour qui Israël n’est qu’un surnom. Ce jour, le douzième du mois de Tamouz, est la fête de la libération de tous ceux qui diffusent la Torah. C’est à cette de date que fut établie aux yeux de tous que l’œuvre que j’ai accomplie, en propageant la Torah et en raffermissant la foi, est légale, dans ce pays. « 

Le 13 Tamouz, après que le Rabbi Rayats ait reçu son certificat de libération, de nombreuses personnes se rassemblèrent dans sa maison et il tint une réunion, au cours de laquelle il prononça un discours ‘hassidique, introduit par le phrase  » Béni soit Celui Qui fait du bien à ceux qui ne le méritent pas « .

Le 14 Tamouz, à dix heures du matin, le Rabbi , totalement libre, abandonna la ville de Kastroma, accompagné par deux délégués de la communauté juive de la ville. Le vendredi 15 Tamouz, il arriva chez lui , à Leningrad.