Les flux quotidiens de nouveaux cas de Covid-19 ont diminué en nombre absolu dans tous les pays du monde ces derniers jours. Ils ne dépassent plus 1,2 % du bilan total en moyenne. Les services d’urgence ne sont plus débordés. Sauf rebond, la pandémie pourrait stagner totalement dans un mois.

Par Yves Bourdillon / lesechos.fr

Publié le 20 mai 2020La vague pandémique va sur sa fin, apparemment. Les nouveaux cas de pneumonie atypique Covid-19 et les décès associés diminuent en nombre absolu dans tous les pays du monde ces derniers jours. Ce flux quotidien ne représente plus que 1,2 % en moyenne du nombre total de cas enregistrés et 0,5 % des décès, selon les sites de référence de l’université Johns-Hopkins et Worldometers.

Ce nombre de nouveaux cas est, en moyenne glissante sur cinq jours, inférieur à 2 % du total dans les 25 pays comptant le plus grand nombre de personnes infectées, à l’exception du Brésil (+5 %), le Pakistan, l’Arabie saoudite, le Mexique (4 %), l’Inde et la Russie (3 %) où le nombre officiel de cas demeure toutefois faible en proportion de la population.

Parmi les pays occidentaux, les plus touchés sur la planète, cette hausse journalière n’est plus que de 0,5 % aux Etats-Unis, 0,3 % en Allemagne, 0,2 % en France, en Italie et en Espagne. En Suisse, elle n’est même plus que de 0,05 % par jour depuis début mai. La Belgique (0,6 %) et le Royaume Uni (1,2 %) sont un peu en retard, toutefois. Le nombre réel de cas est sans doute bien supérieur au nombre officiel partout dans le monde, car aucun pays ne teste systématiquement sa population, mais rien ne permet de penser que la tendance soit différente.

Pour ce qui est du nombre de décès, dont les deux tiers se concentrent dans les pays occidentaux, il augmente désormais très lentement, même si des pics ponctuels sont enregistrés, comme aux Etats-Unis mardi, avec plus de 1.500 morts. En France, la hausse n’est plus que de 0,5 % depuis dix jours, avec une centaine de décès chaque jour. En Espagne, comme dans tous les pays de l’Union sauf l’Italie, le nombre de décès quotidien se compte désormais plutôt en dizaines. En Suisse, on ne déplore même qu’un seul mort depuis le 10 mai.

Tout aussi significatif est le nombre d’arrivées aux urgences et de patients en réanimation. Partout ces chiffres reculent et les systèmes de santé ne sont plus débordés, comme c’était le cas au plus fort de la crise dans la deuxième quinzaine de mars. Plusieurs pays ont démantelé des hôpitaux de campagne.

En extrapolant, au vu des courbes actuelles, le flux quotidien de cas et de décès devrait quasiment tomber à zéro d’ici un mois, sauf rebond d’ampleur consécutif au déconfinement en cours. Un rebond constaté pour l’instant nulle part (malgré quelques clusters sources de préoccupation dans, entre autres, les abattoirs en France), notamment pas dans les pays ayant amorcé leur déconfinement les premiers, mi-avril : Danemark, Autriche, Norvège, etc. La Slovénie a même annoncé officiellement la fin de la pandémie il y a huit jours.

Pourquoi la pandémie s’épuise-t-elle maintenant ? Les épidémiologistes n’ont, pour l’instant, pas d’explications incontestables. Le confinement peut avoir cassé la dynamique du Covid-19, dont le nombre de cas augmentait de 20 % par jour quand il a été instauré dans la majorité des pays du monde , mi-mars. Mais ce n’est pas certain : on n’enregistre presque plus de nouveaux cas dans des pays n’ayant confiné que légèrement (Suisse, Norvège, Balkans), voire pas du tout (Tanzanie). Ou encore chez ceux qui ont privilégié les tests et la distanciation sociale (Suède, Japon, Corée du Sud, Taïwan, Vietnam, etc.), ou bien les couvre-feux et la mise en quarantaine de villes très touchées (la plupart des pays d’Afrique , d’Asie et d’Océanie, le virus ne circulant plus dans cette dernière, comme l’a reconnu la Polynésie française mardi). Aux Etats-Unis, les cinq Etats (Arkansas, Iowa, Nebraska, Dakota du Nord et du Sud) ayant refusé tout lock-down sont dans une situation comparable au reste du pays tant en termes de nombre de cas que de progression de ces derniers…

Aucun traitement miracle ne peut non plus expliquer cet essoufflement de la pandémie, puisque les pays ont adopté des stratégies très diverses et que le plus fameux et controversé d’entre eux, la chloroquine, est censé avoir un effet seulement curatif et non préventif, donc sans effet sur les contagions.

Et si le coronavirus Sars2 provoquant le Covid-19 avait une activité cyclique ou saisonnière, comme la grippe, et s’épuisait en fin de printemps ? Nul consensus des épidémiologistes sur ce point, d’autant plus que dans ce cas, la pandémie devrait reprendre en ce moment dans l’hémisphère sud, à un mois de l’hiver. Or, la Nouvelle-Zélande n’a enregistré depuis dix jours… qu’un seul cas.

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