L’œuvre du Rabbi, dans toutes ses composantes, se conjugue avec l’Histoire. Il y a 56 ans, le 4 ‘hechvan 5725 (10 Octobre 1964), le Rabbi initia une approche sur Rachi qui modifia complètement le regard que l’on pouvait porter à cette œuvre. Le décès de sa mère, intervenu un mois plus tôt, occasionna l’une des plus extraordinaires aventures spirituelles de notre temps. A la mémoire de la rabbanit ‘Hanna, le Rabbi se mît à enseigner Rachi. La révolution était en marche.

C’était chabat Noa’h et telle fut l’introduction du Rabbi lors de cette toute première intervention * :
« Est connu l’adage de nos maîtres et chefs, selon lequel : « Dans le Commentaire de Rachi sur la Tora, il y a le vin de la Tora », la partie profonde de la Tora. De même que dans le Commentaire, il y a le Pchat de la Tora, puisque c’est apparemment la préoccupation de Rachi qui explique la Tora, les Néviim – les Prophètes, les Kétouvim – les Hagiographes, selon le sens littéral du Texte, jusqu’à ce que même les enfants du ‘héder puissent comprendre que c’est le Pchat du Pchat.

Cela veut dire que dans le Commentaire de Rachi, il y a deux parties de la Tora : le Pchat et le Sod. Et même si, à première vue, le Sod est très éloigné du Pchat – puisque le Sod est déjà distant du Rémez et du Drach et donc à plus forte raison du Pchat – malgré tout, les deux extrémités s’unifient dans le Commentaire de Rachi […] ».
Les bases sont jetées, et déjà, voilà que tout est dit. L’Enfant de cinq ans est au cœur de cette étude, il en représente l’assise. Cinq ans, c’est l’âge au ‘héder auquel on est initié à l’étude de la Tora, Cet enfant est au seuil de la connaissance, à l’opposé de l’érudit, si coutumier des saintes écritures et de toute l’exégèse rabbinique. Face au talmid ‘hakham, l’Enfant de 5 ans, doté seulement d’un regard neuf et de bon sens, fait office d’outsider, mais c’est justement ce qui le rend fascinant et irrésistible. Le manque apparent est devenu qualité essentielle. L’approche est à peine croyable et l’audace folle, à comparer avec l’ensemble des commentateurs de Rachi, si nombreux au cours des siècles, qui considèrent l’œuvre de Rachi comme s’adressant d’emblée à l’érudit.

Au fil du temps, le Rabbi restituera désormais cette œuvre au grand public, comme Rachi lui-même l’avait conçu à son origine. Il en permettra à nouveau l’accès à chacun et en livrera le passe-partout. L’Enfant de 5 ans est en réalité en chacun de nous et ne demande qu’â être éveillé. L’étude se libère et n’appartient plus qu’aux experts. Le Rabbi procèdera ainsi plus tard avec l’œuvre du Rambam, mais à y réfléchir, cette  accès à la sagesse juive et au Judaïsme en général, est l’esprit de toute l’action du Rabbi le long de ses 45 années de leadership. La Tora est pour tous.

Plus en profondeur, ce niveau de l’Enfant de 5 ans, le pchat, voire le pchat du pchat, rejoint le Sod, et même le sod du sod, comme le corps et l’âme. Bien plus, la simplicité propre à l’Enfant de 5 ans est l’expression de l’essence de l’âme juive, une et indivisible, la yéhida, le 5ème niveau de l’âme. Les révélations les plus hautes se réalisent aux endroits les plus bas. A travers Rachi, le Rabbi opère un travail d’unification entre le Ciel et la Terre. Il œuvre ainsi à l’accomplissement de la venue de notre juste Machia’h.
Le Rabbi sur Rachi, c’est 25 années d’explications édifiantes, des centaines d’interventions éblouissantes, des milliers d’explications prodigieuses.

Plus que jamais, à nous de les incarner, les diffuser. Plus que jamais, à nous de tisser la suite.

C’est, je crois, la volonté profonde du Rabbi, j’en ai la conviction intime.

Daniel TOLEDANO

*Traduction extraite du livre « Cinq ans – Savoir étudier le commentaire de Rachi sur la Tora », publié aux éditions Kehot.

 

 

 

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