Ce jour de 20 Tamouz marque la Hilloula du Rav Avraham ‘Haïm Naeh, auteur des ouvrages fondamentaux « Ketsot HaChoul’hane » et « Chiourei Torah ». À l’occasion de cette date, nous présentons les grandes lignes de la vie de ce décisionnaire d’exception qui établit avec précision les mesures des Mitsvot et dirigea avec un dévouement exemplaire les affaires du Colel Habad en Terre Sainte. Il jouissait d’une estime immense de la part de nos Rabbis et des plus grands décisionnaires de sa génération.

 

 

 

Les étapes de sa vie et son action publique

Le Rav Avraham ‘Haïm Naeh naquit le 13 Iyar 5650 (1890) dans la ville sainte de ‘Hévron. Son père, le Rav Mena’hem Mendel Naeh, comptait parmi les dirigeants de la Yechiva « Maguen Avot » et parmi les ‘Hassidim Habad les plus éminents de Terre Sainte.

Dès sa jeunesse, il se distingua par une assiduité extraordinaire à l’étude. Il fréquenta les prestigieuses Yechivot de ‘Hévron et de Jérusalem, où il reçut l’ordination rabbinique des plus grands Rabbanim de l’époque. En 5672 (1912), il partit en mission au nom du Rabbi Rachab vers la ville de Samarkand, en Boukharie. Il y œuvra au sein de la communauté juive locale, y diffusa la Torah et s’employa à consolider les remparts de la religion. C’est durant cette période qu’il composa, à l’intention des membres de la communauté, son premier ouvrage halakhique, le fascicule « ‘Hanokh LaNaar », consacré aux lois et coutumes des Téfilines et de la Bar Mitsva.

De retour en Terre Sainte, il épousa en 5674 (1914) son épouse, Mme Dvora, fille de l’homme d’affaires ‘hassidique Rav Chaoul Its’hak Fenigstein, et s’installa dans le quartier des Batei Ungarin à Jérusalem. Lorsque éclata la Première Guerre mondiale, sa nationalité russe lui valut d’être expulsé par les autorités turques vers l’Égypte. Là encore, il ne resta pas inactif : il œuvra à la fondation d’une Yechiva destinée aux réfugiés juifs, jusqu’à ce que les combats s’apaisent et qu’il puisse regagner Jérusalem.

Secrétaire du tribunal rabbinique et dirigeant du Colel Habad

Au cours de sa vie en Terre Sainte, il eut le mérite d’occuper des fonctions publiques de premier plan. Il fut nommé secrétaire du tribunal rabbinique (Safra DeDayana) de la Éda ‘Harédite de Jérusalem, charge qu’il exerça avec une droiture et une fidélité hors du commun. En 5698 (1938), le Rav Naeh traversa une douloureuse épreuve personnelle : il perdit son épouse et demeura seul pour élever ses enfants. Accaparé le jour par son exigeante activité publique, il consacrait les heures tardives de la nuit à la rédaction assidue de ses monumentaux ouvrages halakhiques.

Parallèlement à son travail au tribunal rabbinique, il se trouvait au cœur de l’action des ‘Hassidim Habad en Terre Sainte. Il siégea durant de longues années au comité de direction, puis assuma la direction du Colel Habad, aux côtés de son collègue le Rav Azriel Zelig Slonim. Dans cette fonction, il entretenait un contact régulier avec le Rabbi précédent, le Rabbi Rayats, et gérait avec une responsabilité et une rigueur remarquables la répartition des ressources et des aides destinées aux familles des ‘Hassidim, en ces temps de pénurie et de privations.

L’œuvre d’une vie : le « Ketsot HaChoul’hane » et la controverse des mesures

C’est avant tout grâce à ses ouvrages remarquables que le Rav Naeh acquit sa renommée dans le monde de la Torah. Son ouvrage fondamental, le « Ketsot HaChoul’hane », accompagné de son commentaire « Badei HaChoul’hane », naquit de la volonté de rendre accessibles les décisions profondes du Choul’han Aroukh de l’Admour Hazakène, sous une forme claire, ordonnée et adaptée, sur le plan halakhique comme pratique, aux réalités de l’époque et à la vie quotidienne. Nos Rabbis exprimèrent une estime immense pour cet ouvrage et soulignèrent l’importance de son étude.

À ses côtés, son ouvrage révolutionnaire « Chiourei Torah » suscita une controverse halakhique historique qui ébranla l’ensemble du monde de la Torah. Le Rav Naeh y définit avec une précision extrême les mesures et quantités requises pour les Mitsvot, telles que le Kazayit, le volume de la coupe de bénédiction ou la contenance du Mikvé, selon la méthode de l’Admour Hazakène et du Rambam. Pour ce faire, il procéda à des mesures concrètes de poids et de pièces de monnaie anciennes, comme le « dirham », encore en usage à son époque. Cette méthode se retrouva au centre d’un débat halakhique intense face à celle du ‘Hazon Ich, une controverse qui demeure jusqu’à ce jour l’un des axes majeurs du monde de la Halakha.

Le 20 Tamouz 5714 (1954), à l’âge de 64 ans, le Rav Avraham ‘Haïm Naeh quitta ce monde. Il fut inhumé au cimetière de Har HaMenou’hot à Jérusalem, laissant derrière lui un héritage halakhique prestigieux qui accompagne le monde de la Torah et les ‘Hassidim Habad jusqu’à ce jour.