À l’occasion de la conclusion du cycle d’étude quotidienne du Michné Torah, la « Yad Ha’hazaka » du Rambam, dans ses deux parcours – annuel et triennal – et du début du nouveau cycle avec l’aide de D.ieu, le magazine « Ki Karov » a réuni des étudiants assidus et des enseignants pour un entretien édifiant sur le caractère unique de cette institution d’étude fondée par le Rabbi de Loubavitch. L’accès à la profondeur cachée dans chaque Halakha, l’émerveillement devant le style d’or de l’ouvrage, les défis sur le chemin vers l’étude de toute la Torah, le bonheur de la régularité de l’étude quotidienne et le lien direct avec le Grand Aigle.

 

 

 

Heureux êtes-vous, érudits de la Torah

Une fois tous les trois ans se produit cet événement, et cette fois-ci le quinze Chevat prochain. Roch Hachana des arbres sera également un jour de joie pour tous ceux qui s’attachent à l’arbre de vie de la Torah, où les deux parcours de l’étude de la Yad Ha’hazaka du Rambam convergeront – le cycle d’étude d’un chapitre par jour qui s’achève une fois tous les trois ans, et le cycle d’étude de trois chapitres par jour qui s’achève une fois par an.

Des dizaines de milliers de Juifs qui ont entamé leur parcours au début du cycle avec sur leurs lèvres les mots du verset que le Rambam a placé en tête de son ouvrage – si caractéristiques de son essence – « Alors je n’aurai pas honte en contemplant tous Tes commandements », réciteront avec une émotion sacrée mêlée de joie pour l’achèvement de la Torah, la conclusion des Lois des Rois traitant de la définition de la Rédemption d’Israël et des lois du Roi Machia’h :

« Et en ce temps-là, il n’y aura ni famine ni guerre, ni jalousie ni rivalité, car le bien sera répandu en abondance, et toutes les délices seront aussi communes que la poussière, et l’occupation du monde entier ne sera que de connaître D.ieu. C’est pourquoi les enfants d’Israël seront de grands sages et connaîtront les choses cachées, et ils atteindront la connaissance de leur Créateur selon la capacité humaine, comme il est dit : « Car la terre sera remplie de la connaissance de D.ieu comme les eaux recouvrent le fond de la mer. »

Ainsi s’achèvent les Lois des Rois et l’ouvrage tout entier, béni soit Celui qui a dit et le monde fut, dans son détail et dans sa globalité. »

Que cet ouvrage rassemble toute la Torah orale

Cela a commencé chez eux par un petit engagement, presque marginal en apparence : pas un « séder » entier, pas un nouveau traité, pas un objectif ambitieux. Juste un chapitre par jour, sans exception. Mais de cet engagement modeste est né un processus long, profond et transformateur, qui a influencé non seulement l’ensemble de leur étude personnelle de la Torah dans ses diverses branches, mais aussi tout leur entourage, ainsi que des dizaines d’étudiants qui les ont suivis dans ce voyage vers l’étude des Halakhot de toutes les Mitsvot de la Torah.

À l’occasion de la conclusion du cycle d’étude, nous avons souhaité entendre des témoignages de première main, de la bouche des étudiants. Nous nous sommes donc entretenus avec le Rav Azriel Cohen qui donne un cours régulier de Rambam à Guivat Zeev, le Rav Yaïr Rada’i, directeur de Kollel et enseignant à Roch HaAyin, et le jeune homme méritant Elazar Mena’hem ‘Hazan de Jérusalem, qui initie et organise des groupes d’étude du Rambam quotidien parmi les élèves des Yéchivot. Chacun d’eux n’est pas seulement un étudiant ordinaire, mais œuvre également à mériter le public et à diffuser l’institution de l’étude du Rambam.

Nous leur avons demandé : Comment s’est créé votre lien avec l’étude quotidienne du Rambam, et de quelle manière influence-t-elle votre vie ?

« J’ai toujours voulu étudier le Rambam dans l’ordre », commence le Rav Cohen, « j’aimais beaucoup approfondir le Michné Torah et je rêvais d’étudier et d’achever le livre entier. J’ai commencé ce grand travail il y a déjà 25 ans, avec un ‘Havrouta, et nous nous rencontrions pour plonger dans l’univers du Rambam. Mais comme cela arrive parfois, la ‘Havrouta s’est interrompue après un certain temps en raison de diverses circonstances. Les années ont passé, la vie a continué dans différentes directions, mais le désir d’achever l’étude du Rambam ne m’a pas quitté.

« Cela a continué ainsi jusqu’à l’arrivée de la pandémie de coronavirus dans le monde. C’étaient des jours complexes où chacun devait étudier seul, et j’ai décidé : c’est le moment d’étudier le Rambam, de réaliser ce que mon âme désirait. J’ai étudié avec ardeur et j’ai vu que c’était bon, puis j’ai pris sur moi une nouvelle ‘Havrouta qui m’a amené à plus d’engagement, et ensuite j’ai ouvert un cours régulier avec une large participation, jusqu’à ce que par la grâce de D.ieu nous ayons eu le mérite de parcourir pour la première fois les quatorze livres de la Yad. L’étude était bonne et douce et élargissait les horizons, c’est pourquoi j’ai continué également la deuxième fois, et avec l’aide de D.ieu nous continuerons encore. C’est un travail considérable de parcourir les mille chapitres contenant toutes les Halakhot de la Torah, mais quand on le fait avec persévérance et de manière ordonnée – on réussit et on accomplit la mission, et la satisfaction est évidemment immense. »

« Pour moi », dit le Rav Rada’i, « tout a commencé par le panneau d’affichage du quartier. J’ai vu une simple annonce parlant de l’étude du Rambam. L’idée m’a plu et j’ai demandé quand commençait le prochain cycle, et la réponse que j’ai reçue était surprenante : dans une semaine seulement. À cause de ce timing précis, j’ai décidé de me lancer. C’était une décision intuitive, j’ai senti que c’était pour moi la bonne chose au bon moment.

« À cette époque, nous avons déménagé à Roch HaAyin, et j’ai décidé de fonder sur place un cours régulier de Rambam. Ce qui a commencé comme un petit cours s’est rapidement développé en une institution bien plus grande et significative. Les cours ont commencé à se tenir également dans les maisons privées des membres de la communauté, agrémentés d’une atmosphère chaleureuse et familiale où les gens se sentent à l’aise pour poser des questions et participer activement à l’étude. Les cours se déroulent pendant la semaine et les Chabbatot, et sont devenus une partie intégrante de la routine communautaire. L’attitude envers le cours n’est pas celle d’un simple cours de Torah à la synagogue, mais d’une expérience partagée qui rapproche les gens et transforme l’étude en partie de la vie quotidienne. »

« Dans mon enfance », raconte ‘Hazan, « comme beaucoup d’enfants de mon âge, j’avais des jours de sérieux à côté de divertissements et d’occupations ordinaires. Et puis, un jour, une publication sur l’étude quotidienne du Rambam m’est tombée entre les mains. L’idée m’a captivé : des gens de tous âges et de toutes nuances du spectre toranique étudient chaque jour un chapitre avec persévérance, et acquièrent la connaissance de toutes les Halakhot de la Torah entière ! J’ai décidé de tout cœur que je voulais faire partie d’eux.

« Au début, ce n’était pas si simple. L’étude du Rambam est une chose sérieuse qui demande persévérance, concentration et investissement, et un enfant en septième année ne cherche pas toujours un contenu d’étude supplémentaire à la fin de ses cours au Talmud Torah, mais justement à cause du défi, je me suis enthousiasmé et j’ai décidé d’essayer. J’ai ouvert le Rambam et j’ai commencé à étudier, et après un certain temps, j’ai rejoint un cadre d’étude avec des examens réguliers et j’ai même commencé à étudier en ‘Havrouta. Ainsi nous avons fait soir après soir, dans un processus constant – chapitre après chapitre, sans sauts et sans concessions. À un certain stade, nous avons pris un engagement clair : on ne va pas dormir avant d’avoir étudié un chapitre de Rambam. Les jours ordinaires l’effort n’était pas si grand, mais le vrai défi arrivait les veilles de Chabbat, les Chabbatot et les jours de vacances où le cadre se relâche et où une autre atmosphère entre dans la vie, mais c’est justement là que notre sérieux était mis à l’épreuve. Parfois chacun de nous étudiait seul, parfois nous étudiions par téléphone, parfois nous nous contentions d’un quart d’heure ou vingt minutes seulement, mais nous n’avons pas renoncé ! »

Dans un langage clair et une voie concise

Comment maintenir vraiment la régularité et la persévérance ? Que pouvez-vous conseiller à vos camarades à ce sujet ?

« La ‘Havrouta et le fait de trouver un cadre aident beaucoup à la régularité », dit le Rav Cohen. « Un cadre comme l’organisation « Chinana » qui organise des examens réguliers, permet de maintenir la persévérance. » Le Rav Rada’i ajoute que « le fait d’enseigner soi-même un cours à d’autres ou de participer à un cours régulier vous aide à ne pas sauter l’étude. »

« Je me souviens des paroles de nos Sages », dit ‘Hazan, « qui disent « et de mes élèves plus que de tous ». Si vous voulez clarifier quelque chose pour vous-même – enseignez-le à d’autres. Je sers de coordinateur encourageant aussi d’autres à étudier et j’étudie moi-même avec eux. Cette action même a créé chez moi une obligation intérieure. On ne peut pas parler d’étude si l’on n’y est pas soi-même connecté. En parallèle, les réactions n’ont pas tardé à venir. Très nombreux sont ceux qui sont venus me dire qu’ils avaient pris sur eux d’étudier un quart d’heure par jour, mais le quart d’heure est devenu une heure… Le Rambam vous entraîne vers lui. »

Pourquoi spécifiquement le Rambam ? Il existe d’innombrables possibilités d’étude quotidienne de Torah – Guemara, Choul’han Aroukh et autres. Qu’y a-t-il de spécial dans le Rambam qui vous a tant enthousiasmés et vous motive à continuer jour après jour ?

« Le livre Michné Torah, comme son nom l’indique, englobe les Halakhot de toute la Torah », explique le Rav Cohen, « et c’était effectivement l’objectif du Rambam dans son ouvrage, comme il le développe dans son introduction. Dans cette étude, vous êtes exposé à des sujets halakhiques auxquels vous n’auriez pas accédé autrement. Il y a des domaines de la Torah que je n’ai connus que grâce au Rambam. De même, le Michné Torah est aussi la base des Halakhot codifiées dans le Choul’han Aroukh. Mais au-delà de cela, il y a des parties entières dans le Rambam qui ne sont pas dans le Choul’han Aroukh, et ce sont des domaines de la Torah que tout Juif doit connaître, étudier et savoir dans le cadre de l’accomplissement de la Mitsva de connaître toute la Torah.

« D’ailleurs, bien que l’ouvrage soit essentiellement purement halakhique, le Rambam intègre – surtout à la fin des sections de Halakhot et des livres, mais aussi au cours de l’étude – des questions de morale et de philosophie dans son style unique et de manière émouvante, comme par exemple à la fin des Lois de ‘Hanouka quand il parle de l’éloge de la Torah qui vient apporter la paix dans le monde. Et bien sûr, tout au long de l’ouvrage, la langue du Rambam elle-même est unique en son genre, pure et limpide. Ce n’est pas pour rien qu’elle est appelée « la langue d’or ». »

« Premièrement », répond le Rav Rada’i, « il faut noter la richesse et la variété des contenus que le Rambam propose dans son livre. Comme dit, le Michné Torah comprend l’étendue de toute la Torah, dans sa longueur, sa largeur et aussi sa profondeur. Prenez par exemple les Lois des Fondements de la Torah, où le Rambam traite des principes de la foi en l’existence de D.ieu, à côté de l’examen des corps célestes, des sphères, des éléments de la création et de la structure de l’univers. De même, dans les Lois de la Sanctification du Mois, l’étudiant est exposé à la science de l’astronomie d’une source fiable et aux méthodes de calcul du mois et à la connaissance des détails de la nouvelle lune. C’est un savoir que vous ne trouverez dans aucun autre livre de Halakha, et dans un langage aussi clair. C’est un savoir d’une valeur immense dans tous les aspects de la Torah.

« Au-delà du contexte particulier, chaque sujet que vous étudiez dans le Rambam, vous le comprenez aussi dans un contexte plus large, avec une vue d’ensemble qui voit le tableau complet. Quand on étudie tous les chapitres des Lois du Chabbat, par exemple, ce n’est pas seulement une question de connaissance de la Halakha sèche mais aussi de compréhension de la structure, de connaissance de la logique interne, de connexion entre les détails et l’ensemble complet. Chaque chapitre vous apporte de l’information et approfondit la compréhension.

« Au-delà du fait qu’en tant que membre de la communauté yéménite, l’étude du Rambam est une étude principale pour moi, car la communauté s’appuie sur ses décisions de manière constante, voici que quiconque parcourt le Rambam pendant un cycle complet, parcourt en fait parallèlement les quatre parties du Choul’han Aroukh puisque le Rambam est la source de la plupart des paragraphes du Choul’han Aroukh. C’est-à-dire que lorsque vous étudiez le Rambam, vous étudiez les fondements, les sources et la base sur lesquels repose tout le monde de la Halakha.

« Bien sûr, en plus de cela, le Rambam traite de sujets auxquels beaucoup d’étudiants de Torah n’ont jamais été exposés de manière systématique : lois de pureté et d’impureté, juges, rois et guerres, Sanhédrin et sacrifices, esclaves et jubilés et bien plus encore. Ce sont des domaines qui généralement ne sont pas étudiés dans les Yéchivot mais font partie intégrante de la connaissance de la Halakha. De même, on ne peut pas ne pas mentionner le sujet des temps messianiques où dans ces Halakhot le Rambam formule une doctrine claire sur des questions qu’aucun grand d’Israël n’avait traitées en tant que Halakha pratique, ou les Lois des Tempéraments qui traitent des traits de caractère convenables pour l’homme et de sa conduite correcte dans les chemins de sa vie. Bien sûr, il existe d’autres sources pour l’étude de la morale et de la conduite, mais le Rambam présente cela de manière systématique et ordonnée, et comme partie du monde de la Halakha lui-même.

« Pour ma part, et on l’a déjà mentionné, l’un des grands avantages de l’étude du Rambam est la familiarité avec sa langue. Le Rambam a une langue très claire, agréable et fluide. Donc quand vous étudiez le Rambam, vous ne vous attardez pas sur le déchiffrage des mots ou de la formulation mais vous pouvez immédiatement vous concentrer sur le contenu lui-même, sur la Halakha, sur la profondeur des choses. Chacun peut aborder le travail, même s’il n’est pas un érudit de grande stature. Il va sans dire qu’il y a aussi dans ses décisions et sa formulation une grande profondeur et un champ pour approfondir et débattre, mais la base, la structure et la langue sont accessibles et claires pour tous. Une personne peut ouvrir le Rambam et commencer à étudier par elle-même. Bien sûr, il est toujours préférable au début du chemin de se faire guider par un enseignant ou des livres de commentaires et d’explications, mais la possibilité même d’étudier aussi de manière autonome est très significative et rend l’univers du Rambam accessible à tous. »

« Je m’identifie beaucoup à ces propos », dit ‘Hazan. « Car le Rambam a écrit son livre – comme il l’explique dans son introduction – « pour que toutes les lois soient révélées au petit comme au grand ». Cet ouvrage est destiné à tout âge, du petit jusqu’au grand. Comme dit, personnellement, j’ai commencé à étudier le Rambam avant même d’atteindre l’âge des Mitsvot, et d’année en année j’étudie et je vois que le Rambam est écrit dans une langue adaptée à chacun selon son âge et selon son niveau de connaissances et de compréhension. »

Que la Torah orale soit ordonnée dans la bouche de tous

Est-ce qu’à chaque cycle vous avez appris des choses nouvelles que vous n’aviez pas apprises au cycle précédent ?

« Absolument », répond le Rav Cohen avec conviction, « on peut approfondir les paroles du Rambam de manière infinie. »

« Même pour quelqu’un qui a étudié la Torah pendant de nombreuses années, le Rambam offre de nouvelles profondeurs », dit le Rav Rada’i. « J’apprends toujours quelque chose de nouveau. Souvent l’étude quotidienne arrive à des discussions halakhiques complexes. On peut certes se contenter d’une étude superficielle, mais celui qui veut approfondir et comprendre vraiment – a un vaste champ à explorer. »

Est-ce que l’étude du Rambam vous a personnellement apporté aussi dans d’autres contextes en dehors de l’étude ?

« Comme dit, le Rambam aide à comprendre l’ensemble de toute la Torah », dit le Rav Cohen. « En général, je vois en cela une aide divine extraordinaire. Des dizaines de fois il m’est arrivé que juste après être arrivé dans l’étude régulière du Rambam à certaines Halakhot et les avoir comprises correctement, je rencontrais un rameau de ces sujets dans l’un des autres cours que j’enseigne, et c’est seulement grâce aux paroles du Rambam que je connaissais les choses et savais comment les aborder. Dans de tels cas, devant les yeux des étudiants, j’ouvrais immédiatement le Rambam et leur lisais les choses dans sa langue. De même pour toutes sortes de concepts obscurs que nous rencontrions dans les cours ou sur lesquels on m’interrogeait parmi les auditeurs, j’ai eu le mérite de l’aide constante du Rambam du Ciel, sans laquelle je n’aurais pas su me débrouiller dans ces questions.

« D’ailleurs, dans le cycle d’étude précédent, il y a eu quelque chose de merveilleux : exactement pendant la période de la fête de Souccot nous avons étudié les questions de Soucca, et pendant l’année de Chemita nous avons étudié les lois de la septième année, et ainsi de suite. Chaque chose en son temps, comme c’est bon. »

« L’une des choses les plus émouvantes dans l’étude quotidienne », dit le Rav Rada’i, « c’est le bonheur et la satisfaction dont elle remplit la vie des étudiants. Il y a environ deux semaines, un directeur de Kollel de mes connaissances m’a raconté que bientôt, avec la fin du cycle d’étude de trois chapitres par jour, il va achever le parcours du Michné Torah pour la troisième fois en trois ans ! Trois fois créent une ‘Hazaka (présomption légale), et la joie qui le remplit est indescriptible. »

« Quand on étudie une Souguia dans la Guemara », explique ‘Hazan, « il y a parfois un sentiment de flou : quel est le raisonnement de chaque opinion, quel est le parcours complet et comment les choses s’arrangent à la fin. Mais quand on arrive au Rambam, on voit comment il résume tout dans un langage bref et clair. Soudain le tableau s’éclaircit, et de là le retour à la page de Guemara se fait de manière plus ordonnée et sereine. Cela m’a donné un plus grand succès dans la compréhension des Souguiot étudiées à la Yéchiva. Chaque fois que j’arrive à une nouvelle question dans la Guemara que je sens obscure pour moi – je consulte le Rambam et je comprends comment il aborde les choses, et alors mon étude est complètement différente. »

Que toutes les lois soient révélées au petit et au grand

À la lumière de votre expérience, à quel point l’étude régulière de manière cyclique aide-t-elle et est-elle bénéfique dans l’étude du Rambam ?

« Il y a un grand bénéfice à savoir que dans un temps défini on achève tout le Michné Torah », dit le Rav Cohen. « Cela donne un sentiment de progression, d’accomplissement, de satisfaction. Cela permet aussi à l’étudiant de repasser sur les choses, et à chaque fois avec une compréhension plus approfondie. La structure quotidienne est aussi importante : chaque jour on apprend quelque chose de nouveau. Ce n’est pas une étude qui se concentre sur une page ou une Souguia pendant longtemps. C’est une progression constante et continue qui amène à un parcours complet. L’étude régulière, à sa manière, vous engage, et quand on prend l’étude au sérieux on mérite l’aide divine pour que la régularité ne bouge pas de sa place. »

« Au-delà du fait que le cycle engage », répond le Rav Rada’i, « quand il y a un groupe de personnes qui étudient toutes ensemble le même chapitre, vous pouvez poser des questions et discuter de l’étude avec d’autres, partager des ‘Hidouchim (nouvelles interprétations) et ainsi de suite. »

Il y a certainement des moments plus difficiles, où il n’est pas facile d’étudier le cours régulier…

« Chacun a ses difficultés », dit le Rav Rada’i, « mais la sagesse est justement la régularité – persister aussi dans les moments difficiles et ne pas renoncer. » « Il y a eu des jours où j’étais à la veille d’un vol à l’étranger », ajoute le Rav Cohen, « ou d’autres moments de saisons de joie dans la famille, mais toujours l’étude m’a accompagné partout. Et béni soit D.ieu, nous avons toujours vu la grandeur de l’aide divine. Parfois le contenu étudié dans le cycle exactement pendant cette saison difficile était plus facile à comprendre, et cela permettait de maintenir la régularité même dans les moments de pression. En tout cas, même s’il arrivait que je ne puisse pas rattraper l’étude un certain jour, je veillais à la compléter le lendemain ou le Chabbat. »

« Il y a des moments de difficulté », admet ‘Hazan, « mais après la difficulté vient une grande lumière. Vous vous dites : je connais le Michné Torah. Je connais toute la Torah. Il n’y a pas de plus grande joie que celle-là. Si une personne prend sur elle d’étudier chaque jour même un quart d’heure ou vingt minutes, à la fin elle s’en remerciera toute sa vie. »

À quel point l’étude du Rambam influence-t-elle votre entourage ?

« Les cours attirent de plus en plus de gens d’année en année », dit le Rav Rada’i, « les gens aspirent à étudier le Rambam dans l’ordre et veillent jour après jour à la régularité. » « Les proches d’abord », dit le Rav Cohen avec le sourire, « d’abord je mentionnerai mes fils qui pendant une longue période ont étudié le Rambam, et l’influence de l’étude s’est répandue aussi en dehors de la famille. De même, très nombreux sont ceux qui ont commencé à étudier grâce au cours que j’enseigne. Un Avrekh de mes voisins est un grand érudit et très assidu, il a rejoint le parcours sous mon influence et depuis il me remercie à chaque occasion et raconte combien l’étude lui apporte. »

« Comme je l’ai raconté », dit ‘Hazan, « j’œuvre à la diffusion de l’étude quotidienne du Rambam, et je répète à toutes mes connaissances que c’est leur bien matériel et spirituel : « Assieds-toi avec une ‘Havrouta ou seul » – leur dis-je – « et consacre à cela un quart d’heure ou vingt minutes. En plus du vaste savoir toranique que tu acquerras, tu mériteras une satisfaction sans pareille. » »

Est-ce que l’étude vous a particulièrement connectés à la personnalité du Grand Aigle, le Rambam ?

« À travers le livre du Rambam, vous apprenez sa grandeur », dit le Rav Rada’i. « Suite à l’étude halakhique, j’ai beaucoup appris sur l’histoire de sa vie et sur les secrets de la rédaction de ses autres livres. » « La chose spéciale est que chaque étudiant ressent un lien réel avec l’un des grands de la nation », ajoute le Rav Cohen avec enthousiasme. « Il est arrivé plusieurs fois que nous nous rendions aux tombeaux des Tsadikim en Galilée, et à ces occasions nous sommes aussi montés au tombeau du Rambam à Tibériade. C’était unique en son genre – visiter le tombeau d’un grand d’Israël dont nous étudions le livre jour après jour. Lors de ces voyages, pendant tout le trajet nous méditions sur le Rambam, et quand nous sommes arrivés au tombeau nous avons achevé l’étude. De même, nous avons demandé au Maître du tombeau, le Rambam, que le mérite de notre étude régulière de son livre nous assiste pour être exaucés dans nos prières. »

« Moi aussi je suis monté de temps en temps au tombeau du Rambam », dit ‘Hazan, « et chaque fois que j’y arrivais, je ressentais quelque chose de complètement différent des tombeaux d’autres Tsadikim et grands. J’ai compris qu’il s’agissait du sentiment de visiter le tombeau d’un grand que j’avais eu le mérite de connaître personnellement. On peut peut-être comparer cela à la visite sur les tombes d’un grand-père ou d’un arrière-grand-père, des personnalités qui font partie de votre monde et envers lesquelles vous ressentez une proximité particulière. Quand j’étais au tombeau du Rambam, j’ai prié pour réussir à étudier dans son livre de plus en plus, et qu’il continue à nous donner le mérite d’agrandir la Torah en Israël. »

Notre génération a eu le mérite de l’institution de l’étude du Rambam, dans le cadre de laquelle des multitudes de la Maison d’Israël s’unissent autour des Halakhot de toute la Torah. Il semble que jamais les lèvres du Rambam n’ont murmuré dans la tombe autant qu’en notre temps, et lui de son côté intercédera en bien pour les étudiants et ceux qui se joignent à eux pour voir le salut de D.ieu car le temps est venu, selon ses paroles à la fin de son grand ouvrage : « Les prophètes et les sages n’ont désiré les temps messianiques – ni pour dominer sur le monde entier, ni pour soumettre les nations, ni pour être élevés par les peuples, ni pour manger, boire et se réjouir, mais pour être libres de s’adonner à la Torah et à sa sagesse… car la terre sera remplie de la connaissance de D.ieu comme les eaux recouvrent le fond de la mer. »