En direct, chaque vendredi, étude du Likoutei Si’hot
avec le Rav Levi Azimov de 10h30 – 11h30
Tél.: +33159423068 – code: 33 41 593 (♯)

ET SUR RADIO HASSIDOUT
RADIO HASSIDOUT

Vayakhel – Les « piquets » d’une éducation stable
Source : Likouté Si’hot volume 31, première Si’ha sur Vayakhel

Le mystère des piquets du Tabernacle

Dans la Paracha Vayakhel, Rachi explique la fonction des piquets du Tabernacle : « Pour enfoncer et fixer au sol les extrémités des tentures, pour qu’elles ne bougent pas par le vent. » Cette explication peut sembler superflue, puisque Rachi avait déjà longuement décrit ces piquets dans la Paracha Terouma.

Pourtant, cette répétition recèle un enseignement profond. Comme le souligne le Likouté Si’hot, la Paracha Vayakhel ne mentionne que les éléments du Tabernacle nécessitant l’expertise des « Sages du cœur » (Hakhmé Lev). La présence des piquets dans cette liste révèle qu’eux aussi requéraient une telle expertise, bien qu’ils puissent sembler secondaires.

L’exigence du détail dans la construction du sacré

Rachi précise que les piquets faisaient partie intégrante des tentures elles-mêmes. Sans ces piquets, les tentures auraient été instables, ballottées par le vent. Cette précision n’est pas anodine : les « Sages du cœur » ne se contentaient pas de créer les éléments principaux, mais veillaient à les parfaire jusque dans leurs moindres détails.

L’insistance de Rachi sur le fait que les piquets étaient « enfoncés » dans le sol (et non simplement suspendus) souligne leur rôle fondamental dans la structure du Tabernacle. Ils ne constituaient pas un élément accessoire, mais assuraient l’ancrage solide des tentures à la terre, garantissant ainsi la stabilité de l’ensemble.

L’éducation : un édifice à parfaire jusqu’aux moindres détails

Cet enseignement se transpose parfaitement au domaine de l’éducation. Comme le rappelle Maïmonide, chaque Sage d’Israël a l’obligation d’enseigner à tous les disciples, même s’ils ne sont pas ses enfants biologiques. Mais le devoir de l’éducateur ne s’arrête pas à la simple transmission du savoir.

Le véritable « Sage du cœur » dans l’éducation est celui qui veille à ce que ses élèves soient accomplis dans tous les détails. Il ne néglige aucun aspect de leur formation, même ceux qui pourraient sembler secondaires ou périphériques – tels des « piquets » et des « cordages » – car c’est précisément cette attention aux détails qui garantira la stabilité future du disciple.

La stabilité face aux vents contraires

Seul un disciple dont l’éducation a été « achevée » jusque dans ses aspects les plus extérieurs pourra rester ferme face aux « vents » qui soufflent dans le monde. Cette complétude de l’éducation est le signe que l’enseignement du maître a véritablement imprégné l’élève jusque dans les moindres recoins de sa personnalité.

Comme nous le rappelle Rachi dans son commentaire sur Ekev : « Une Mitsva n’est attribuée qu’à celui qui l’achève. » De même, la réussite éducative n’est pleinement accomplie que lorsque le maître a veillé à parfaire chaque détail de la formation de son disciple.

Notre génération : les « piquets » qui achèvent l’œuvre

Ce message est particulièrement encourageant pour notre génération, celle qui précède la venue du Machia’h. Bien que nous puissions nous considérer comme les « talons » par rapport aux générations précédentes, c’est précisément notre rôle d’achever le raffinement du monde qui est déterminant.

Tels les piquets qui fixent fermement les tentures au sol, notre génération a pour mission d’ancrer solidement l’œuvre spirituelle des générations précédentes. Ce travail d’achèvement, même s’il peut sembler modeste, est celui qui permettra finalement d’amener la Délivrance véritable et complète par notre juste Machia’h.

En conclusion, l’attention aux détails que nous portons dans notre service divin et dans la transmission de nos valeurs constitue la garantie de leur pérennité. Ne négligeons pas les « piquets » qui assurent la stabilité de notre édifice spirituel, car c’est par eux que nous achèverons l’œuvre et mériterons la Rédemption finale.