A chacun sa mission - Likoutei sihot - Volume 2 - Hossafot - Youd Chvat Paragraphes 5-8

7 janvier 2024 · 26 téveth 5784 · 11:43 · 41 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Youd Chevat Série : 10 - Youd ChvatSérie : Likoutei sihot

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5. Le Rabbi chargea chacun de différentes missions. A certains, il confia un rôle ayant une dimension, en apparence, purement matérielle. Il leur demanda, par exemple, de faire du commerce. Mais, plus profondément, cette activité doit nécessairement être liée à la Torah et aux Mitsvot. La mission confiée à d’autres avait, de manière évidente, une portée spirituelle. Le Rabbi leur demanda de mener une action pédagogique, de renforcer la Torah ou de diffuser le Judaïsme, ou même d’enseigner l’alphabet aux enfants.

Ceux qui ont reçu une mission concrète comprennent bien que cette dimension matérielle n’est qu’apparente, que leur mission est nécessairement liée, si l’on envisage son aspect profond, à la Torah et aux Mitsvot. Ainsi, celui qui pratique le commerce aura pour objectif premier de donner de la Tsédaka, le dixième, le cinquième de ses bénéfices, ou même plus que cela. Bien plus, Igueret Hakodech explique qu’à l’époque actuelle, la Tsédaka est l’aspect essentiel du service de D.ieu, que la somme qui lui est consacrée apporte l’élévation au reste de ses gains. Et, ceux qui ont reçu une mission morale doivent également savoir qu’il n’y a là qu’une apparence, qu’il existe, pour eux également, une dimension plus profonde.

Le Zohar constate que “ il existe un cerveau pour l’un et un autre, pour l’autre, une force du mal, pour l’un et une autre, pour l’autre ”, ce qui veut dire que le niveau considéré comme profond, défini comme “ le cerveau ” par rapport au stade inférieur, ne sera que superficiel, qu’une “ force du mal ” par rapport à une situation encore plus élevée.

En conséquence, tous, y compris ceux qui ont reçu une mission de portée purement spirituelle, doivent méditer, afin d’établir s’ils ont atteint le but ou bien s’ils se trouvent encore en un stade superficiel, une “ force du mal ”. Ceux que l’on a chargé d’une activité commerciale comprennent bien qu’il n’y a là qu’une apparence, que l’objectif à atteindre est plus profond que cela. Il doit donc en être de même pour ceux qui sont chargés de diffuser la Torah ou de renforcer le Judaïsme. Ceux-là doivent savoir qu’il n’y a là qu’un moyen extérieur, qu’il y a, là encore, une finalité profonde.

6. Certains ont été envoyés par le Rabbi pour diffuser le Judaïsme dans des villes de province. Et, de fait, dès lors que l’on quitte le palais royal, on est bien en province, quelle que soit l’importance de la ville.

C’est dans ce palais que le roi accorde des entrevues, qu’il prie, qu’il étudie la Torah. Puis, dès lors que l’on passe le seuil de ce palais, on se trouve dans un “ champ ”, on ne ressent plus que “ la gloire de l’homme se révèle quand il se trouve chez lui ”. Il faut donc avoir conscience que le Rabbi, lorsqu’il confie une mission, a nécessairement une intention profonde, qui doit être la diffusion de la ‘Hassidout.

Le Rabbi explique, en effet, que l’Admour Hazaken ne voulut pas faire des ‘Hassidim un groupe à part. Il adressa son enseignement à tous les Juifs et tel est le sens de l’expression: “ Tes sources se répandront à l’extérieur ”, afin de préparer la venue du Machia’h.

7. On distingue quatre catégories de sainteté. Il y a l’aliment courant, celui qui appartient à la dîme, Maasser, celui qui fait l’objet d’un prélèvement, Terouma et celui qui est consacré, Kodech. De fait, on en définit même une cinquième, l’eau lustrale, Meï ‘Hatat, qui dépasse même le stade de Kodech. De même, on distingue cinq parties de l’âme, Néfech, celle qui vivifie, Roua’h, celle qui suggère les sentiments, Nechama, celle qui est à l’origine de la compréhension, ‘Haya, celle qui transcende les limites de la personnalité et Ye’hida, qui est sa dimension la plus profonde. Et, le Rabbi sut s’adresser à chacun dans les termes les plus adaptées à sa personne.

Au niveau de Néfech, la faute est concevable, ainsi qu’il est dit: “ l’homme (Néfech) qui commet une faute ”. S’adressant à quelqu’un qui possédait seulement le stade de Néfech, le Rabbi donnait donc des instructions ayant une portée matérielle. Les niveaux de Roua’h et de Nechama, a fortiori ceux de ‘Haya et Ye’hida, sont plus élevés. S’adressant à ceux qui les avaient révélés, le Rabbi évoquait donc des préoccupations plus élevées, à chacun selon sa situation propre.

Or, s’il est clair que le Néfech est une première étape vers les stades plus élevés de l’âme, il faut également savoir que Roua’h et Nechama, ou même ‘Haya et Ye’hida, ne sont que des noms, que des réceptacles, par rapport à l’essence proprement dite de l’âme. Nos Sages disent que “ elles portent cinq noms ”, correspondant à ces cinq niveaux. Bien évidemment, ils désignent ainsi l’essence de l’âme. De ce point de vue, la Ye’hida est elle-même définie comme un nom, comme un stade préalable à la révélation de l’essence de l’âme.

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