Des récits remplaçant une éloge funèbre - Likoutei sihot - Vol 2 Hossafot Youd Chvat - Par 21-36
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Youd Chevat Série : 10 - Youd ChvatSérie : Likoutei sihot
21. La Hala’ha précise que l’on pleure celui qui est parti pendant trois jours et que l’on prononce son éloge, pendant sept jours. C’est aujourd’hui le quatrième jour.
Quelqu’un m’a écrit et me fait remarquer que les ‘Hassidim n’ont pas l’habitude de prononcer des éloges funèbres. En revanche, on peut raconter qui était celui qui a quitté ce monde et ces récits remplacent de telles éloges. Lui-même me rapporte le récit suivant.
Le Rabbi lui a écrit: “ Je n’emploie un adjectif qu’à bon escient. Lorsque j’écris à quelqu’un qu’il est un ami véritable ou que j’éprouve beaucoup d’estime pour lui, c’est qu’il en est effectivement ainsi ”. Il est possible que la personne concernée ne mérite pas encore ce qui est dit, à son propos. Mais, en tout état de cause, un moment viendra où elle le méritera.
En conséquence, et compte tenu de la pression exercée par ces sept jours d’éloges funèbres, je rapporterai maintenant quelques récits.
22. Lorsque le Rabbi avait six ans, son père, le Rabbi Rachab, l’appela, une fois et lui demanda de réciter la bénédiction des Tsitsit. Il répondit qu’il l’avait déjà dite, ce jour-là. Le Rabbi Rachab répondit: “ Peu importe ”. Mais, le Rabbi ne souhaita pas le faire.
Le Rabbi Rachab lui donna une petite gifle. C’est sans doute la seule fois qu’il le fit. Il lui dit ensuite: “ Lorsque je te demande quelque chose, tu dois m’écouter ”. Le Rabbi se mit à pleurer et répondit: “ Si une bénédiction est récitée pour D.ieu, je l’ai déjà dite. Mais, s’il faut la faire uniquement parce que tu le demandes... ”.
Le Rabbi Rachab expliqua: “ On dit une bénédiction parce que telle est la Volonté de D.ieu. Néanmoins, chaque père est responsable de ses enfants, qui doivent donc l’écouter ”.
23. Pendant les premières années, lorsque le Rabbi Rachab partait en voyage, il ne confiait pas à son fils la clé de la bibliothèque dans laquelle se trouvaient les manuscrits. Par la suite, en revanche, il prit l’habitude de le faire.
Une fois, le Rabbi pénétra dans la bibliothèque et il vit, sur la table, quelques feuilles de papier portant l’écriture du Rabbi Maharach. Peu avant cela, il avait appris à imiter l’écriture du Rabbi Maharach. Il prit donc une plume d’oie, instrument que le Rabbi Maharach utilisait très souvent et, contrefaisant son écriture, il rédigea, sur l’une de ces feuilles, un commentaire de ‘Hassidout, basé sur le verset “ un homme de la maison de Lévi partit et épousa la fille de Lévi ”.
Puis, le Rabbi examina les manuscrits, médita aux explications qui y étaient développées, puis s’en alla, laissant son commentaire parmi ceux du Rabbi Maharach. Lorsque le Rabbi Rachab revint de l’étranger, il entra dans la bibliothèque et y trouva cette feuille. Il dit alors, au Rabbi: “ J’ai, aujourd’hui, un motif de me réjouir. Je viens de trouver une explication de mon père que je ne connaissais pas ”.
Le Rabbi ne répondit pas. Puis, quelques semaines plus tard, le Rabbi Rachab évoqua ce sujet encore une fois. Le Rabbi se demanda alors ce qu’il avait fait et comment il pourrait réparer ce qui s’était passé. Il décida de solliciter une entrevue auprès de son père.
Pénétrant dans l’étude du Rabbi Rachab, il éclata en sanglots, fut saisi par la peine au point de ne pouvoir parler. Le Rabbi Rachab lui demanda pourquoi il pleurait et il expliqua qu’il avait commis un acte qu’il ne savait comment réparer. Il lui raconta ensuite ce qui s’était passé.
Le Rabbi Rachab lui répondit: “ Ce n’est pas si grave ”.
24. Parfois, le Rabbi Rachab demandait au Rabbi d’entrer dans son étude et d’observer ce qu’il faisait.
25. Une fois, le Rabbi Rachab devait écrire de longues lettres, à de nombreux Rabbanim. Celles-ci devaient toutes être manuscrites et les rédiger devait lui prendre beaucoup de temps.
Il demanda au Rabbi d’apprendre à imiter son écriture et d’écrire lui-même ces lettres, qu’il signerait.
Le Rabbi indiqua qu’il consentait à le faire à la condition qu’il lui fixe un cours supplémentaire, pendant lequel il lui enseignerait la ‘Hassidout. Le Rabbi Rachab accepta la condition et son fils apprit très rapidement à imiter son écriture. Par la suite, il écrivit ces lettres.
26. Lorsque l’on installa une ligne téléphonique entre la chambre du Rabbi Rachab et celle du Rabbi, il arrivait souvent que le premier appelle le second et lui dise: “ Tu peux venir, je voudrais fumer ”. Le Rabbi venait, craquait une allumette, allumait une cigarette et le Rabbi Rachab fumait.
Alors, le Rabbi Rachab lui parlait de ce qui le préoccupait pendant cette période, ou bien lui demandait: “ Qu’as-tu à me raconter? ”. Dans ce dernier cas, le Rabbi lui soumettait les questions qu’il se posait.
Puis, le Rabbi fit une découverte. A la veille du Chabbat ou des fêtes, il plaçait une allumette dans le loquet, afin que la porte de la chambre ne puisse se fermer complètement. De la sorte, il pouvait écouter la prière de son père.
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Quelqu’un m’a écrit et me fait remarquer que les ‘Hassidim n’ont pas l’habitude de prononcer des éloges funèbres. En revanche, on peut raconter qui était celui qui a quitté ce monde et ces récits remplacent de telles éloges. Lui-même me rapporte le récit suivant.
Le Rabbi lui a écrit: “ Je n’emploie un adjectif qu’à bon escient. Lorsque j’écris à quelqu’un qu’il est un ami véritable ou que j’éprouve beaucoup d’estime pour lui, c’est qu’il en est effectivement ainsi ”. Il est possible que la personne concernée ne mérite pas encore ce qui est dit, à son propos. Mais, en tout état de cause, un moment viendra où elle le méritera.
En conséquence, et compte tenu de la pression exercée par ces sept jours d’éloges funèbres, je rapporterai maintenant quelques récits.
22. Lorsque le Rabbi avait six ans, son père, le Rabbi Rachab, l’appela, une fois et lui demanda de réciter la bénédiction des Tsitsit. Il répondit qu’il l’avait déjà dite, ce jour-là. Le Rabbi Rachab répondit: “ Peu importe ”. Mais, le Rabbi ne souhaita pas le faire.
Le Rabbi Rachab lui donna une petite gifle. C’est sans doute la seule fois qu’il le fit. Il lui dit ensuite: “ Lorsque je te demande quelque chose, tu dois m’écouter ”. Le Rabbi se mit à pleurer et répondit: “ Si une bénédiction est récitée pour D.ieu, je l’ai déjà dite. Mais, s’il faut la faire uniquement parce que tu le demandes... ”.
Le Rabbi Rachab expliqua: “ On dit une bénédiction parce que telle est la Volonté de D.ieu. Néanmoins, chaque père est responsable de ses enfants, qui doivent donc l’écouter ”.
23. Pendant les premières années, lorsque le Rabbi Rachab partait en voyage, il ne confiait pas à son fils la clé de la bibliothèque dans laquelle se trouvaient les manuscrits. Par la suite, en revanche, il prit l’habitude de le faire.
Une fois, le Rabbi pénétra dans la bibliothèque et il vit, sur la table, quelques feuilles de papier portant l’écriture du Rabbi Maharach. Peu avant cela, il avait appris à imiter l’écriture du Rabbi Maharach. Il prit donc une plume d’oie, instrument que le Rabbi Maharach utilisait très souvent et, contrefaisant son écriture, il rédigea, sur l’une de ces feuilles, un commentaire de ‘Hassidout, basé sur le verset “ un homme de la maison de Lévi partit et épousa la fille de Lévi ”.
Puis, le Rabbi examina les manuscrits, médita aux explications qui y étaient développées, puis s’en alla, laissant son commentaire parmi ceux du Rabbi Maharach. Lorsque le Rabbi Rachab revint de l’étranger, il entra dans la bibliothèque et y trouva cette feuille. Il dit alors, au Rabbi: “ J’ai, aujourd’hui, un motif de me réjouir. Je viens de trouver une explication de mon père que je ne connaissais pas ”.
Le Rabbi ne répondit pas. Puis, quelques semaines plus tard, le Rabbi Rachab évoqua ce sujet encore une fois. Le Rabbi se demanda alors ce qu’il avait fait et comment il pourrait réparer ce qui s’était passé. Il décida de solliciter une entrevue auprès de son père.
Pénétrant dans l’étude du Rabbi Rachab, il éclata en sanglots, fut saisi par la peine au point de ne pouvoir parler. Le Rabbi Rachab lui demanda pourquoi il pleurait et il expliqua qu’il avait commis un acte qu’il ne savait comment réparer. Il lui raconta ensuite ce qui s’était passé.
Le Rabbi Rachab lui répondit: “ Ce n’est pas si grave ”.
24. Parfois, le Rabbi Rachab demandait au Rabbi d’entrer dans son étude et d’observer ce qu’il faisait.
25. Une fois, le Rabbi Rachab devait écrire de longues lettres, à de nombreux Rabbanim. Celles-ci devaient toutes être manuscrites et les rédiger devait lui prendre beaucoup de temps.
Il demanda au Rabbi d’apprendre à imiter son écriture et d’écrire lui-même ces lettres, qu’il signerait.
Le Rabbi indiqua qu’il consentait à le faire à la condition qu’il lui fixe un cours supplémentaire, pendant lequel il lui enseignerait la ‘Hassidout. Le Rabbi Rachab accepta la condition et son fils apprit très rapidement à imiter son écriture. Par la suite, il écrivit ces lettres.
26. Lorsque l’on installa une ligne téléphonique entre la chambre du Rabbi Rachab et celle du Rabbi, il arrivait souvent que le premier appelle le second et lui dise: “ Tu peux venir, je voudrais fumer ”. Le Rabbi venait, craquait une allumette, allumait une cigarette et le Rabbi Rachab fumait.
Alors, le Rabbi Rachab lui parlait de ce qui le préoccupait pendant cette période, ou bien lui demandait: “ Qu’as-tu à me raconter? ”. Dans ce dernier cas, le Rabbi lui soumettait les questions qu’il se posait.
Puis, le Rabbi fit une découverte. A la veille du Chabbat ou des fêtes, il plaçait une allumette dans le loquet, afin que la porte de la chambre ne puisse se fermer complètement. De la sorte, il pouvait écouter la prière de son père.
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