L'interrogation de Moshé - Likoutei sihot - Volume 3 - Parachat Vaéra Paragraphes 1-12
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Vaéra Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 3
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1. A la fin de la précédente Paracha, celle de Chemot, est rapportée la question que Moché, notre maître, posa à D.ieu : “ Pourquoi as-Tu fait du mal à ce peuple ? ”. Cette interrogation était soulevée, dans toute sa force, pour la raison suivante. D.ieu avait confié à Moché la mission de libérer Israël de l’exil d’Egypte. Comment était-il envisageable qu’il en découle du mal ? Ne s’agissait-il pas d’une délivrance, relevant uniquement du bien, comme l’explique le Torah Or, Vaéra, à la page 56d ?
Bien plus, l’émissaire était, en l’occurrence, Moché lui-même, duquel il est dit, dès l’instant de sa naissance, (Chemot 2, 2) : “ Elle vit qu’il était bon ”, comme le précise le Or Ha Torah Chemot, à la page 60. Et, Celui Qui le déléguait était D.ieu Lui-même, “ en Tout Son honneur et par Toute Son Essence ”. En effet, les enfants d’Israël se trouvaient, en Egypte, dans la “ quarante neuvième porte de l’impureté ”, selon le Zohar ‘Hadach, au début de la Parchat Yethro. Leur libération ne pouvait donc pas passer par l’enchaînement des mondes, par le stade de la Divinité qui est perceptible à la création, dans lequel les accusations portées par l’attribut de rigueur restent possibles. Elle devait émaner de l’Essence de D.ieu, comme l’explique le Likouteï Torah Tsav, à la page 12c. Or, il est clair que D.ieu n’est que bienfaisance et bonté.
C’est donc pour toutes ces raisons que cette question se posait alors. La mission, l’émissaire et Celui qui le mandatait relevaient uniquement du bien. Dès lors, comment le mal pouvait-il en découler ?
La réponse que D.ieu apporta à cette interrogation apparaît au début de notre Paracha : “ Il lui dit : Je suis l’Eternel. Je Me suis révélé à Avraham… Je ne leur ai pas révélé Mon Nom, l’Eternel et J’ai conclu une alliance… ”. D.ieu expliqua à Moché qu’Avraham, Its’hak et Yaakov endurèrent de nombreuses épreuves. Malgré cela, ils ne posèrent jamais de questions et D.ieu constata : “ Il est dommage qu’ils aient disparu, ne soient plus là ”, selon l’expression du Midrach Chemot Rabba, chapitre 6, paragraphe 4 et du traité Sanhédrin 111a, citée par Rachi, dans son commentaire du verset Chemot 6, 9.
Or, on peut s’interroger sur ce qui vient d’être dit :
A) Tout d’abord, pourquoi Moché posa-t-il une question ? Son niveau n’était-il pas supérieur à celui des Patriarches ? Il appartenait, en effet, à la septième génération après Avraham et nos Sages disent, dans le Midrach Vaykra Rabba, chapitre 29, paragraphe 11, que “ une affection particulière est accordée au septième ”, dépassant celle des six qui l’ont précédé. Or, les Patriarches ne posèrent pas de question et pourquoi donc Moché le fit-il ? Comment put-il demander : “ Pourquoi as-Tu fait du mal ” ?
B) En rappelant que les Patriarches n’avaient pas posé de question, D.ieu soulignait à Moché la qualité qui était la leur. Dès lors, pourquoi mentionna-t-Il le nom Yaakov plutôt que Israël, celui qui exprime toute son élévation ?
C) Tous les récits de la Torah délivrent un enseignement à chaque Juif, comme l’indique le Zohar, tome 3, page 52b. Combien plus est-ce le cas pour le présent passage. En effet, la Torah s’efforce de ne pas s’exprimer négativement, même à l’encontre d’un animal impur, comme le souligne le traité Pessa’him 3a. Il est clair qu’elle le fait encore moins quand il s’agit d’un Juif, élu d’entre tous les créatures et, a fortiori, de Moché, notre maître, élu d’entre tous les Juifs. Malgré cela, la Torah rapporte ici un fait qui n’est pas à l’honneur de Moché, notre maître.
Il faut en conclure qu’il y avait bien une nécessité absolue de consigner tout cela dans la Torah, afin de délivrer un enseignement à chaque Juif, dans toutes les générations. D.ieu souhaite, en effet, que l’on suive l’exemple des Patriarches et que l’on ne pose pas de questions.
Or, ce qui vient d’être dit semble très difficile à comprendre. Comment imaginer que chaque Juif, en particulier en cette génération du “ talon du Machia’h ”, puisse être confronté à une telle alternative, qu’il lui faille imiter l’exemple des Patriarches ou bien celui de Moché, notre maître ? Certes, nos Sages disent, dans le Midrach Béréchit Rabba, chapitre 56, paragraphe 7, que “ il est, en chaque génération, un équivalent d’Avraham…, de Yaakov, de Moché ”. Pour autant, il ne s’agit bien là que d’une élite, alors que la Torah a été donnée à tous et “ prend en compte le cas majoritaire ”.
Les enseignements de la Torah concernent donc la situation la plus fréquente. Dès lors, comment demander, à la plupart des Juifs, de ne pas imiter Moché, notre maître et de prendre pour référence le comportement des Patriarches ?
2. La différence entre les Patriarches et Moché est la suivante. Ce dernier correspond à la sagesse, dont il perçut l’essence, comme l’explique le Likouteï Torah Bamidbar, à la page 91d. C’est la raison pour laquelle il révéla la Torah, qui est la Sagesse de D.ieu. Les Patriarches, en revanche, sont liés aux attributs du sentiment.
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Bien plus, l’émissaire était, en l’occurrence, Moché lui-même, duquel il est dit, dès l’instant de sa naissance, (Chemot 2, 2) : “ Elle vit qu’il était bon ”, comme le précise le Or Ha Torah Chemot, à la page 60. Et, Celui Qui le déléguait était D.ieu Lui-même, “ en Tout Son honneur et par Toute Son Essence ”. En effet, les enfants d’Israël se trouvaient, en Egypte, dans la “ quarante neuvième porte de l’impureté ”, selon le Zohar ‘Hadach, au début de la Parchat Yethro. Leur libération ne pouvait donc pas passer par l’enchaînement des mondes, par le stade de la Divinité qui est perceptible à la création, dans lequel les accusations portées par l’attribut de rigueur restent possibles. Elle devait émaner de l’Essence de D.ieu, comme l’explique le Likouteï Torah Tsav, à la page 12c. Or, il est clair que D.ieu n’est que bienfaisance et bonté.
C’est donc pour toutes ces raisons que cette question se posait alors. La mission, l’émissaire et Celui qui le mandatait relevaient uniquement du bien. Dès lors, comment le mal pouvait-il en découler ?
La réponse que D.ieu apporta à cette interrogation apparaît au début de notre Paracha : “ Il lui dit : Je suis l’Eternel. Je Me suis révélé à Avraham… Je ne leur ai pas révélé Mon Nom, l’Eternel et J’ai conclu une alliance… ”. D.ieu expliqua à Moché qu’Avraham, Its’hak et Yaakov endurèrent de nombreuses épreuves. Malgré cela, ils ne posèrent jamais de questions et D.ieu constata : “ Il est dommage qu’ils aient disparu, ne soient plus là ”, selon l’expression du Midrach Chemot Rabba, chapitre 6, paragraphe 4 et du traité Sanhédrin 111a, citée par Rachi, dans son commentaire du verset Chemot 6, 9.
Or, on peut s’interroger sur ce qui vient d’être dit :
A) Tout d’abord, pourquoi Moché posa-t-il une question ? Son niveau n’était-il pas supérieur à celui des Patriarches ? Il appartenait, en effet, à la septième génération après Avraham et nos Sages disent, dans le Midrach Vaykra Rabba, chapitre 29, paragraphe 11, que “ une affection particulière est accordée au septième ”, dépassant celle des six qui l’ont précédé. Or, les Patriarches ne posèrent pas de question et pourquoi donc Moché le fit-il ? Comment put-il demander : “ Pourquoi as-Tu fait du mal ” ?
B) En rappelant que les Patriarches n’avaient pas posé de question, D.ieu soulignait à Moché la qualité qui était la leur. Dès lors, pourquoi mentionna-t-Il le nom Yaakov plutôt que Israël, celui qui exprime toute son élévation ?
C) Tous les récits de la Torah délivrent un enseignement à chaque Juif, comme l’indique le Zohar, tome 3, page 52b. Combien plus est-ce le cas pour le présent passage. En effet, la Torah s’efforce de ne pas s’exprimer négativement, même à l’encontre d’un animal impur, comme le souligne le traité Pessa’him 3a. Il est clair qu’elle le fait encore moins quand il s’agit d’un Juif, élu d’entre tous les créatures et, a fortiori, de Moché, notre maître, élu d’entre tous les Juifs. Malgré cela, la Torah rapporte ici un fait qui n’est pas à l’honneur de Moché, notre maître.
Il faut en conclure qu’il y avait bien une nécessité absolue de consigner tout cela dans la Torah, afin de délivrer un enseignement à chaque Juif, dans toutes les générations. D.ieu souhaite, en effet, que l’on suive l’exemple des Patriarches et que l’on ne pose pas de questions.
Or, ce qui vient d’être dit semble très difficile à comprendre. Comment imaginer que chaque Juif, en particulier en cette génération du “ talon du Machia’h ”, puisse être confronté à une telle alternative, qu’il lui faille imiter l’exemple des Patriarches ou bien celui de Moché, notre maître ? Certes, nos Sages disent, dans le Midrach Béréchit Rabba, chapitre 56, paragraphe 7, que “ il est, en chaque génération, un équivalent d’Avraham…, de Yaakov, de Moché ”. Pour autant, il ne s’agit bien là que d’une élite, alors que la Torah a été donnée à tous et “ prend en compte le cas majoritaire ”.
Les enseignements de la Torah concernent donc la situation la plus fréquente. Dès lors, comment demander, à la plupart des Juifs, de ne pas imiter Moché, notre maître et de prendre pour référence le comportement des Patriarches ?
2. La différence entre les Patriarches et Moché est la suivante. Ce dernier correspond à la sagesse, dont il perçut l’essence, comme l’explique le Likouteï Torah Bamidbar, à la page 91d. C’est la raison pour laquelle il révéla la Torah, qui est la Sagesse de D.ieu. Les Patriarches, en revanche, sont liés aux attributs du sentiment.
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