À travers la Paracha Devarim, le Saint béni soit-Il nous délivre un message d’une actualité saisissante qui transcende les siècles. Alors que Moïse préparait jadis le peuple d’Israël aux lendemains de leurs éclatantes victoires contre les géants Sihon et Og, nous traversons aujourd’hui des prodiges comparables suite à nos triomphes militaires récents. Ces jours solennels de bein hametzarim nous enseignent que l’unité du peuple demeure, hier comme aujourd’hui, le secret de toutes nos victoires.

 

Rav Yohanan Butman

 

La Paracha Devarim : une boussole spirituelle pour notre époque

Cette semaine marque l’ouverture du Deutéronome, alors que nous sommes témoins d’événements historiques sans précédent avec nos récentes victoires militaires. La Paracha nous tend une véritable boussole spirituelle en ces jours de introspection que sont les bein hametzarim – période qui commémore certes la destruction du Temple, mais qui constitue surtout un temps de préparation intense vers l’avenir.

Dans ce contexte prophétique, Moïse notre maître s’adresse au peuple au lendemain de la défaite de deux colosses que le monde entier redoutait : Sihon, roi des Amoréens qui régnait depuis l’imprenable Heshbon, et Og, souverain du Bashan. Ces monarques gouvernaient depuis des citadelles réputées inexpugnables, des bastions naturellement fortifiés. La puissance de Sihon était telle qu’il pouvait défier seul n’importe quel adversaire, sans même solliciter l’aide d’Og, et inversement. Face à de tels géants, seule l’intervention divine rendit possible leur chute.

Quand l’Histoire se répète : nos victoires contemporaines

Les échos de cette épopée biblique résonnent avec une intensité troublante dans notre réalité contemporaine. Les parallèles entre les victoires d’alors et nos triomphes récents contre l’Iran et le Hezbollah frappent par leur précision. Ces puissances, que la communauté internationale redoutait par-dessus tout, semblaient aussi invincibles que jadis Sihon et Og. Le Hamas lui-même, galvanisé par les soutiens financiers de multiples nations, incarnait une menace d’une ampleur considérable.

Pourtant, conformément au schéma biblique, ces adversaires apparemment indestructibles se sont effondrés. En l’espace de onze jours seulement – cette même durée symbolique du voyage accéléré de Horeb -, nous avons accompli contre l’Iran des exploits qui auraient pu nécessiter des années d’efforts. Des dizaines de commandants d’élite ont été neutralisés, des installations nucléaires stratégiques détruites, et tout récemment encore, un complexe secret développant une arme électromagnétique capable de paralyser l’infrastructure énergétique d’Israël a été anéanti.

Le miracle le plus saisissant demeure celui-ci : chacun de nos soldats engagés dans ces missions périlleuses est revenu intact, sans la moindre perte. Un tel prodige n’avait jamais été enregistré dans toute l’histoire militaire d’Israël.

La dimension métaphysique des victoires terrestres

Les Sages nous dévoilent une vérité fondamentale à travers le Midrash : avant que le Saint béni soit-Il ne précipite la chute des nations terrestres, Il orchestre d’abord la défaite de leurs anges protecteurs dans les sphères célestes. Cette séquence cosmique trouve son illustration parfaite dans les paroles divines adressées à Moïse : « Vois, J’ai commencé à livrer devant toi Sihon et son pays. »

Rachi déchiffre pour nous ce mystère : l’ange gardien des Amoréens gisait déjà, terrassé et humilié sous les pieds de Moïse. Cette chute spirituelle préfigure invariablement la victoire physique. Car pour triompher dans nos combats les plus décisifs, nous devons d’abord bénéficier de cette bravoure divine, de cette réussite transcendante qui s’opère dans les hauteurs célestes avant de se déployer dans notre monde matériel.

C’est cette leçon éternelle que Moïse transmet au peuple : nos victoires les plus éclatantes ne sont jamais le fruit du hasard, mais l’expression tangible d’une intervention divine qui commence toujours par ébranler les fondements spirituels de nos adversaires.

L’unité : cette arme spirituelle décisive

La Torah nous révèle ici un aspect stratégique souvent méconnu : au-delà de leur puissance militaire et de leur sophistication technique, nos ennemis possèdent une force d’une tout autre nature – la cohésion spirituelle. Le texte biblique souligne avec précision qu’aucune « kirya » – aucune communauté véritablement unie – ne put résister à notre avancée.

Cette kirya symbolise bien plus qu’une simple alliance tactique : elle incarne cette cohésion profonde, cette unité organique qui permet à un peuple de vivre comme une communauté parfaitement soudée. Une telle force spirituelle s’avère redoutablement difficile à vaincre, et nous l’observons encore aujourd’hui chez nos adversaires. Qu’il s’agisse du régime iranien ou des factions de Gaza, leur unité apparente – aussi factice soit-elle – constitue indéniablement leur principale source de résistance.

Comment donc les surmonter ? Par notre propre cohésion, infiniment plus authentique et plus profonde. Notre unité véritable possède ce pouvoir mystérieux de faire s’effondrer la leur, exactement comme nous l’enseigne l’épisode de la Tour de Babel : lorsque D.ieu brisa leur communication commune, leur projet titanesque s’écroula instantanément. La dispersion des langues suffit à anéantir leur rêve de puissance, car leur unité n’était qu’artificielle.

Des jours de deuil vers l’espérance : la transformation des bein hametzarim

Ces jours solennels de bein hametzarim portent en eux une leçon d’une actualité brûlante : c’est la haine gratuite qui provoqua jadis la destruction du Second Temple. Comment réparer cette blessure historique ? Par son antidote naturel : l’amour gratuit, cette unité authentique qui doit rayonner à tous les échelons de notre existence collective – familles, cercles d’amis, classes d’étude, communautés locales, villes entières.

Vivre ensemble dans cette harmonie véritable, c’est développer cette force qui fait s’effondrer non seulement la puissance matérielle de nos adversaires, mais aussi – et surtout – leur cohésion spirituelle. Car l’unité véritable est contagieuse : elle se propage et finit par dissoudre les alliances factices qui lui font face.

De la vision prophétique à la reconstruction imminente

Le Saint béni soit-Il choisit de nous parler précisément durant cette période charnière de introspection, cette transition délicate entre un passé douloureux et un avenir radieux, entre la mémoire de la destruction et l’imminence de la reconstruction du Temple. Le prochain Shabbat Hazon illustre parfaitement cette dualité : nous y lirons certes la vision d’Isaïe annonçant la destruction, mais selon la Hassidout, ce même terme « hazon » évoque simultanément la vision du Troisième Temple, cette révélation accordée à chacun durant cette période bénie.

Comme l’enseigne prophétiquement le verset : « Sion sera rachetée par la justice et ses convertis par la charité. » Par l’approfondissement de notre étude de la Torah – particulièrement les lois régissant la construction du Temple et les modalités de la Délivrance future – et par l’intensification de nos actes de bienfaisance, nous possédons le pouvoir d’accélérer la descente de ce Temple déjà achevé et qui nous attend dans les sphères célestes.

Au sortir de nos victoires éclatantes, au lendemain de ces triomphes militaires sans précédent, nous pénétrons maintenant dans cette phase décisive de préparation spirituelle pour notre entrée définitive en Terre d’Israël dans ses frontières véritables. Nous savons désormais avec certitude que nous triompherons du Hamas, que nous ramènerons chacun de nos captifs, et que le peuple d’Israël retrouvera Sion dans une joie éternelle, très bientôt, Amen.

 


Rav Yohanan Butman

Le Rav Yohanan Butman, né en 1969 à Tel Aviv, est l’émissaire officiel du Rabbi et directeur du Beth Habad central de Hadera. Frère jumeau du Rav Yehouda Butman, il est fils de R’ Shalom Dober Butman et de Mme Devorah, dirigeante de l’organisation des femmes Habad en Terre Sainte.

Parcours:

  • Formation dans les Yechivot Tomkhei Temimim en Israël, puis au 770 à Brooklyn
  • Marié à Leah, fille du hassid R’ Its’hak Tzvi Eisenbach
  • Envoyé par le Rabbi en 1993 à Hadera pour rejoindre l’émissaire local Rav Kalonimus Kopczyk

Réalisations à Hadera:

  • Directeur général des institutions Habad de la ville
  • Création d’un réseau éducatif complet : jardins d’enfants, Talmud Torah pour garçons, école pour filles
  • Direction d’une soupe populaire distribuant des centaines de repas quotidiens aux nécessiteux
  • Élu « homme de l’année » de Hadera en 2008

Défis et expansion:

  • Direction d’une trentaine d’émissaires supplémentaires dans les quartiers de la ville
  • Ouverture d’un kollel d’érudits en 2016 combinant études rabbiniques et diffusion du judaïsme

Le Rav Butman incarne le développement moderne du mouvement Habad en Israël, alliant action sociale, éducation et rayonnement spirituel.