Les Dix Commandements apparaissent deux fois dans la Torah : la première fois dans notre paracha, Yitro, et la seconde fois dans la paracha de Vaét’hanan, lorsque Moïse procède à leur récapitulation.

Les Dix Commandements constitue une base fondamentale de la Torah dans son ensemble. Il est donc clair que le fait qu’ils y apparaissent à deux reprises revêt une signification particulière. Dans cette optique, il convient de tirer également des leçons des différences de formulation entre les deux occurrences.

Une différence de taille sépare les deux versions des Dix Commandements : la première fut énoncée par D.ieu au Mont Sinaï, alors que la seconde, bien qu’elle fasse partie intégrante de la Torah, fait partie de la parole divine qui fut transmise par Moïse. En effet, les
« seconds » Dix Commandements furent entendus par les Enfants d’Israël lorsque Moïse se livra, au terme des quarante ans dans le désert, à la récapitulation des « premiers » Dix Commandements.

Or, dans la mesure où ces deux « sortes » de Dix Commandements font partie de la Torah, et sachant en particulier que chaque Juif à le devoir de considérer chaque jour qu’il reçoit celle-ci de nouveau, il est clair que ces deux versions recèlent chacune un enseignement sur la façon dont un Juif doit servir D-ieu au quotidien.

Cependant, cela même est surprenant : quel peut être l’apport des seconds Dix Commandements prononcés par Moïse par rapport aux premiers qui furent dits par D.ieu Lui-même ?
L’abnégation avec la compréhension
La Torah comporte deux aspects fondamentaux :

Intrinsèquement, la Torah est le « trésor caché » de D.ieu (Talmud Chabbat, 88b). Elle est Sa sagesse et Sa volonté, au point où Lui et elle ne font qu’un, comme le dit le Zohar, « la Torah et le Saint béni soit-Il ne font qu’un » (voir Tanya chap. 4 et 24 ; Zohar I, 24a ; Zohar II, 60a, et autres).

D’un autre côté, la Torah est ensuite descendue ici-bas. Elle est écrite sur du parchemin matériel, traite de sujets inhérents au monde matériel et, lorsque survient une question, c’est à des rabbins de ce monde que l’on doit s’adresser et ceux-ci déterminent le comportement à adopter selon leur compréhension de la Torah. La raison de cela est que tel est précisément le but de la descente de la Torah ici-bas : transformer ce monde-ci en un lieu saint, en faire une « demeure » pour D.ieu.

De par ces deux aspects de la Torah, l’étude de la Torah d’un Juif a également deux facettes :

Lorsqu’il étudie la Torah avec la conscience qu’il s’agit de la sagesse de D.ieu qui transcende le monde et l’entendement humain, le Juif ressent une soumission absolue vis-à-vis de D.ieu. Celle-ci s’exprime en premier lieu dans la bénédiction prononcée avant l’étude : « Béni sois- Tu Éternel, qui donne la Torah ».

L’étude elle-même en devient différente : ce n’est pas l’homme qui étudie, mais D.ieu qui prononce Ses paroles et l’homme ne fait que les répéter ensuite… Ainsi, l’étude est-elle pénétrée de crainte, car l’homme sait qu’il s’agit véritablement de la propre parole de D.ieu. D’un autre côté, puisque la Torah est descendue ici-bas, dans ce monde, chaque Juif se doit de l’étudier de façon à en saisir le sens avec ses propres facultés intellectuelles, et ce, jusqu’au point de s’unifier intellectuellement avec la Torah.
Tel est le sens du verset des Psaumes, « Car la Torah de D.ieu est l’objet de son désir ; et sa Torah il étudie » (Psaumes 1, 2) : bien qu’il s’agisse de « la Torah de D.ieu », le Juif l’assimile dans son esprit au point de s’unifier avec elle, jusqu’à ce qu’elle devienne « sa Torah », jusqu’à ce qu’elle soit sienne.

Conquérir le monde
Cette double approche de l’étude de la Torah est également nécessaire dans l’œuvre de « conquête » du monde visant à le transformer en
« demeure » digne de contenir la révélation de l’Essence divine :

D’un côté, cela doit être « une demeure pour D.ieu » et il est donc nécessaire de sanctifier le monde à travers l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot. Or, ceci n’est réalisable qu’à travers la Torah telle qu’elle ne fait qu’un avec D.ieu.

D’un autre côté, pour sanctifier ce bas monde et le transformer en demeure pour D.ieu, il est nécessaire que l’homme et la Torah y soient présents. En effet, un homme qui souhaite rénover et embellir une maison le mieux possible se doit de la voir de ses propres yeux et d’y résider afin de découvrir les conditions et les us inhérents au lieu.

De même devons-nous descendre dans ce monde et le sanctifier en mettant les comportements et les usages en vigueur ici-bas au service de la sainteté.

La capacité de mener à bien ces démarches contraires, tant dans le cadre de l’étude de la Torah que dans celui de la sanctification du monde, nous est conférée par la double occurrence des Dix Commandements dans la Torah.

En effet, en introduisant les premiers Dix Commandements, la Torah écrit « Et D.ieu prononça toutes ces paroles, en disant. » (Exode 20, 1). Le sens de l’expression « en disant » est que tout Juif, quelle que soit
son époque, a le pouvoir de répéter, de « dire » de nouveau les mots de la Torah avec la plus totale soumission, comme en répétant des paroles déjà émises. Cela même rend possible d’élever le monde pour en faire une « demeure pour D.ieu ».

Les seconds Dix Commandements, qui furent dits par Moïse, donnent quant à eux la force que l’homme tel qu’il existe ici-bas, âme incarnée dans un corps, puisse comprendre la Torah et faire du monde, tel qu’il est, un endroit saint.

Toutes les qualités
La nécessité d’avoir les deux versions des Dix Commandements réside dans leurs qualités respectives :

Les premiers Dix Commandements vinrent directement de D.ieu, sans aucun intermédiaire. Le reste de la Torah, s’il émanait également de D.ieu, fut néanmoins marqué par la transmission qu’en fit Moïse. La preuve en est que lorsque D.ieu Lui-même parla, les âmes des Enfants d’Israël les quittèrent et durent leur être restituées par une résurrection, ce qui ne fut pas le cas lorsque Moïse parla. Ceci montre que la révélation divine qui eu lieu au Mont Sinaï, lors des premiers Dix Commandements, fut bien plus intense que lors de leur répétition par Moïse. Malgré cela (ou plutôt : à cause de cela), cette révélation ne put être bien intégrée par les Enfants d’Israël.

La qualité des seconds Dix Commandements réside dans le fait qu’ils purent être parfaitement intégrés par les Enfants d’Israël. Il y manquait cependant la révélation de l’Essence divine qui caractérisa les premiers.

En d’autres termes, en répétant les Dix Commandements, Moïse établit la base permettant de préparer ce monde à être « une demeure » pour le Créateur, alors que dans la première occurrence des Dix
Commandements, c’est le fait que c’est D.ieu Lui-même qui
« résidera » dans cette demeure qui fut perçu.

L’idéal est que ces deux qualités soient réunies : que D-ieu Lui-même se révèle aux Enfants d’Israël tels qu’ils existent corporellement ici-bas et que ceux-ci aient la capacité de soutenir cette révélation.

C’est pour cela qu’en prononçant les seconds Dix Commandements dans la continuité des premiers, Moïse fit en sorte que la révélation de l’Essence divine (« Et D-ieu prononça ») qui caractérisa la révélation au Sinaï puisse être intégrée profondément par les Enfants d’Israël. Ceci signifie que chaque Juif est capable, à travers l’étude de la Torah, de révéler D.ieu et de s’unifier avec Lui, ici-bas, dans sa vie corporelle dans ce monde matériel.

Les degrés les plus élevés
Ce lien qui s’opère entre le degré du Divin qui (par Lui-même) ne peut être révélé dans le monde avec l’homme et le monde est également visible dans les dates de ce mois :

Le mois hébraïque de Chevat est appelé « le onzième mois » (à partir du
« premier des mois » qui est Nissane). Or, le nombre onze symbolise ce qui transcende la nature, ce qui dépasse les Dix Commandements et les
« dix paroles » de la Genèse par lesquelles le monde fut créé.

Et lorsque l’on parvient au dixième jour de ce mois (le 10 Chvat, jour de la Hiloula de mon beau-père, le Rabbi (précédent, Ndt)), se crée le lien entre ce qui dépasse la nature (11) et la nature elle-même (10). Puis, lorsque l’on arrive au 11 Chvat puis, en ce Chabbat où nous lisons la paracha de Yitro (en 5752-1992, Ndt), au 20 Chevat (« vingt » qui se dit en hébreu « esrim », mot dont la valeur numérique (620) est celle du mot « keter », « la couronne » (qui désigne la Volonté divine qui préside
à la création effectuée par les Dix Séfiroth, les dix Attributs divins.

« Keter » est donc un « onzième » degré du processus de la création, celui « qui est Un et n’est pas compté » dans les dix, Ndt)), c’est le signe que la nature de ce monde elle-même devient capable d’intégrer le
« onzième degré » et le « keter » dans toute leur puissance : le onzième jour du onzième mois et le degré de « keter » dans le onzième mois, le
« onzième dans le onzième ».

Ceci fait en outre allusion à la paracha de la semaine prochaine, Michpatim, de laquelle il ressort que ceux des préceptes divins qui sont intellectuellement assimilables (« michpatim ») proviennent également de l’Essence divine qui réside au-delà de la raison, mais aussi que les sujets les plus élevés et les plus secrets de la Torah ont été « présentés » par Moïse à chaque membre du peuple juif de sorte qu’ils lui soient compréhensibles, comme le dit le verset : « Et voici les statuts que tu placeras devant eux. » (Exode 21, 1)

Le Machia’h est présent
De ce qui précède découle un enseignement clair pour la période actuelle, alors que nous nous trouvons à proximité immédiate de la Délivrance messianique, comme nous l’avons déjà dit à plusieurs reprises :

Le lien entre les premiers et les seconds Dix Commandements qui exista à l’époque du Don de la Torah est toujours présent. Il y a en effet à chaque époque le « Moïse de la génération » (voir Zohar III 273a, Tikouné Zohar 469, Midrache Béréchit Rabbah 56, 7) qui transmet la parole divine (la Torah). Ainsi avons-nous les forces de révéler l’Essence divine dans ce monde-ci.

À plus forte raison dans notre génération, lorsqu’il apparaît clairement
que le Moïse de notre génération, mon beau-père le Rabbi (précédent, Ndt), le Nassi de notre génération, est lié à la révélation et au lien du niveau de « dix » et de celui de « onze », jusqu’au « onzième dans le onzième » (comme dit plus haut), cela fait encore plus ressortir le lien entre la révélation divine qui s’opère actuellement avec celle qui eut lieu au temps de Moïse.

Et ceci d’autant plus que notre génération est la dernière de l’exil et la première de la Délivrance, en particulier ces derniers temps, comme nous l’avons souligné à plusieurs reprises, tout est parachevé et il ne manque plus que l’avènement concret de la Délivrance : le dévoilement du niveau de « dix » (le dixième cantique, etc) avec celui du niveau de
« onze », celui de l’Essence divine ici-bas, à travers la venue du Machia’h qui est lié avec Moïse, car « le premier libérateur sera le dernier libérateur » (Midrache Chémot Rabbah 2, 4-6 ; Zohar I 253a ; Chaar Hapessoukim parachat Vayé’hi ; Torah Or Michpatim 75b).

En particulier selon l’acronyme donné à plusieurs reprises pour le mot
« מיד –miyad », « immédiatement » (caractérisant l’avènement messianique dans le Talmud et la loi tranchée par Maïmonide, Ndt) : le
« mem » est celui de « Moché », Moïse ; le « youd » est celui d’« Israël », le Baal Chem Tov ; le « dalet » est celui de « David », le roi oint (« Machia’h »). Cela signifie que la première génération ayant reçu la Torah (celle de Moïse) est reliée à la dernière (celle de la Délivrance qui se fera par le roi Machia’h, descendant de David) à travers la révélation de l’enseignement de la ‘Hassidout du Baal Chem Tov et de ses successeurs, nos Rebbéïm.

On peut avancer que, conformément au sens du mot « miyad », les trois lettres ne symbolisent pas trois époques différentes (Moïse dans sa génération, Israël le Baal Chem Tov dans sa génération, David le roi Machia’h dans sa génération), mais viennent ensemble dans une même continuité (« miyad – immédiatement »), dans chaque génération et à chaque époque. Cela est notamment illustré par le fait que les trois lettres de « miyad » représentent également « Moché – Moïse »,
« Yéhochoua – Josué », « doram – leur génération ».
De sorte qu’il y a le dévoilement de ces trois sujets dans notre génération : « mem » (initiale de Machia’h, dont le nom est Mena’hem, voir Talmud Sanhédrine 98b), « youd » (initiale des deux prénoms de mon beau-père, le Rabbi (précédent, Rabbi Yosseph Yits’hak, Ndt)) et
« dalet », (initiale de « doram », « leur génération ») ; avec le « Moïse » de notre génération (mon beau-père, le Rabbi, Nassi de notre génération), le niveau de « dix » (le dix Chvat), ce qui inclut la révélation de la ‘Hassidout du Baal Chem Tov qu’il a effectuée, il y a aussi la révélation du niveau de « onze », « le premier libérateur est le dernier libérateur », « David, le roi Machia’h ».

Et ces trois niveaux sont à l’image des trois niveaux évoqués précédemment : les premiers Dix Commandements (prononcés par D-ieu, qui sont à l’image de la révélation des profondeurs cachées de la Torah qui a commencé avec le Baal Chem Tov), les seconds Dix Commandements (prononcés par Moïse) et leur association (« dix » associé à « onze ») telle qu’elle aura lieu lors de la révélation de « la nouvelle Torah [qui] sortira de moi » (Isaïe 51, 4 ; Midrache Vayikra Rabbah 13, 3), le niveau exprimé par le verset « onze jours après le ‘Horev » (Deutéronome 1, 2), dont le sens profond est « au-delà des Dix Commandements qui furent donnés sur le mont ‘Horev », qui émanera de l’Essence divine (qui dépasse Moïse, l’intermédiaire- rassembleur), lors de la Délivrance qui se fera par le Machia’h.

Il est donc fondamental que chacun d’entre nous, homme, femme ou enfant, ne considère pas la paracha de Yitro comme un événement passé, mais en tire un enseignement pour toutes les semaines et les mois qui viennent. Chacun doit servir D.ieu de toutes les dix forces de son âme, avec son esprit, sa volonté et ses sentiments.

L’étude de la Torah doit être pénétrée de crainte, sachant que l’on prononce « la parole de D.ieu qui fut dite à Moïse au Sinaï » !

Outre cela, chacun doit prendre sur soi d’influencer (dans les jours qui viennent) dix Juifs dans tous les sujets de la Torah et du Judaïsme, en investissant en cela toutes les forces de son âme, les forces révélées
comme les forces cachées.

Cette instruction s’adresse à chaque membre du peuple juif, homme, femme ou enfant, à commencer par ceux qui se trouvent ici, dans la synagogue, la maison d’étude et de bonnes actions de mon beau-père, le Rabbi, Nassi de notre génération, le « Mikdache méat… Beth Rabbénou chébeBabel », le « petit sanctuaire… la maison de notre Maître en exil » (Talmud Meguila 29a), qui est « Beth ‘hayénou », la « maison de notre vie » pour tous les Juifs qui s’y trouvent et ceux de la génération tout entière, car « le Nassi est tout » (Rachi sur Nombres 21, 21), c’est de lui que provient la vitalité pour toute la génération dans tous les endroits du monde, par conséquent sa maison est la source de notre vitalité, à travers l’influence qu’elle diffuse dans la Torah et les Mitsvot qui sont « notre vie et la longueur de nos jours » (texte de la prière du soir, d’après Deutéronome 30, 20).

Et par le fait que les Juifs qui se trouvent ici montrent un exemple vivant de la façon dont il convient de se comporter d’après les instructions du Nassi de notre génération, la vitalité provenant de cette maison parvient aux Juifs dans le monde entier, et au monde dans son ensemble.

Et l’essentiel est que la Délivrance se fasse immédiatement, et alors cette synagogue, cette maison d’étude et de bonnes actions, avec toutes les autres synagogues, maisons d’étude et de bonnes actions du monde monteront, avec tous les Enfants d’Israël, « avec nos jeunes et nos vieux… nos fils et nos filles » (Exode 10, 9), en terre sainte, à Jérusalem la ville sainte, sur la montagne sainte, au troisième Temple.

Et ceci, « immédiatement », ce qui inclut toutes les interprétations de ce terme, à commencer par le sens le plus simple : maintenant, tout de suite.

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