Depuis le retour des 20 otages libérés le 13 octobre après 737 jours de captivité, des récits bouleversants émergent révélant une foi inébranlable face à la torture systématique, la famine organisée et les tentatives de conversion forcée. Des témoignages qui illustrent la force de l’âme juive dans les ténèbres.

 

 

Dans les jours qui ont suivi le retour des 20 derniers otages vivants – retenus à Gaza pendant exactement deux ans jour pour jour – une histoire bouleversante après l’autre a commencé à émerger. Les 251 personnes enlevées le 7 octobre 2023 ont subi l’impensable, et seuls 20 hommes ont survécu parmi les derniers captifs.

Au-delà de leur survie miraculeuse face à la torture et aux privations, les témoignages révèlent une Emouna inébranlable, un profond Messirout Nefesh et une connexion indestructible à Hachem, forgée et testée sous la menace constante, les abus, la famine organisée et l’isolement total.

Ce qui frappe particulièrement dans ces témoignages, c’est que nombre de ces jeunes n’avaient pas grandi dans des foyers religieux. Beaucoup venaient de milieux laïcs, fréquentaient des festivals de musique électronique, vivaient une vie moderne et israélienne typique. Pourtant, dans les profondeurs de leur captivité, quelque chose s’est éveillé en eux. Une étincelle divine qu’ils ne savaient peut-être même pas posséder.

Rom Braslavski : la découverte de son identité juive

Rom Braslavski, 21 ans, agent de sécurité enlevé lors du festival de musique Nova, a été retenu pendant plus de 730 jours par le Jihad islamique palestinien. Durant sa captivité, il a été enchaîné par les quatre membres dans une cellule exiguë d’un mètre sur un mètre, affamé systématiquement, et soumis à des pressions répétées pour se convertir à l’islam en échange de nourriture et de produits d’hygiène de base.

Sa mère, Tami, a révélé des détails terrifiants : « Entre avril et juillet, ils ont intensifié les abus. Plusieurs fois par jour, ils le battaient avec un fouet et d’autres objets que je ne mentionnerai même pas. Il a tout absorbé. » Les gardiens lui promettaient de la nourriture supplémentaire, du savon – « des choses banales pour nous » – s’il jeûnait pendant le Ramadan ou lisait le Coran. Rom a refusé catégoriquement.

Mais c’est dans ce refus que quelque chose de profond s’est révélé. Rom, qui n’avait jamais été particulièrement religieux avant son enlèvement, a découvert la force de son identité juive précisément au moment où on tentait de la lui arracher. « Ce qui m’a maintenu là-bas, c’était de savoir que je suis Juif », a-t-il déclaré. « Le Hamas nous parlait de Mahomet, du fait qu’ils étaient la vraie religion. Un Juif doit savoir qu’il est dans un endroit formidable, c’est ce qui m’a maintenu. »

La guerre psychologique était constante : on lui disait que « l’Iran a bombardé Israël », on lui montrait des vidéos montées pour le convaincre que ses parents l’avaient abandonné. Durant les premières semaines, dans un moment de désespoir face à la faim, il s’est libéré de ses menottes et a tenté d’allumer un feu pour cuire des pâtes. La fumée a alerté les habitants, créant une situation de quasi-lynchage. « J’ai pensé au lynchage de Ramallah », a-t-il confié à sa mère, « je ne voulais pas finir comme ça. »

Dès son retour auprès de sa famille, il n’a cessé de répéter : « Je suis Juif ! Je suis un Juif fort ! » Sa mère raconte : « Je ne comprenais pas pourquoi il continuait à dire ‘Je suis Juif’, ‘Je suis un Juif fort’. C’était si important pour lui de préserver son identité juive. » La toute première chose qu’il a demandé à faire à l’hôpital – avant même de voir certains membres de sa famille – a été de mettre les Tefilines et de prier.

« Dès qu’il est revenu, il a mis les Tefilines. Nous les avons apportés à l’hôpital et il les a mis immédiatement », raconte Tami. Ce geste, pour un jeune homme qui n’avait probablement jamais mis les Tefilines régulièrement avant sa captivité, symbolise une transformation spirituelle profonde. Dans les ténèbres de Gaza, Rom a trouvé la lumière de sa Nechama.

« La force que j’ai trouvée là-bas venait du fait de savoir que tous ceux qui m’entouraient n’étaient pas Juifs, et que la raison de tout ce que j’ai enduré, c’est parce que je suis Juif », a-t-il déclaré. Cette prise de conscience a transformé sa souffrance en quelque chose de sacré, en un Kidouch Hachem vécu jour après jour.

Sa mère raconte qu’aujourd’hui, alors que tout le monde veut lui offrir des cadeaux, Rom répète : « Maman, je n’ai besoin de rien. Pourquoi feraient-ils cela pour moi ? Je veux juste regarder le ciel, le soleil et respirer l’air. » Cette humilité, cette capacité à voir la vie elle-même comme un cadeau, témoigne d’une transformation spirituelle profonde.

Yossef ‘Haim Ohana : la Providence divine à travers les ondes

Yossef ‘Haim Ohana, également enlevé lors du festival Nova, a décrit comment lui et d’autres otages ont été forcés d’écouter des prières musulmanes et des messages islamiques à la radio en permanence, dans une tentative de les briser psychologiquement et de les convertir.

Mais dans un moment de Providence divine extraordinaire, lorsque les gardiens ne faisaient pas attention, ils ont réussi à bricoler les fils du poste et à capter une station israélienne. C’est alors que Yossef a entendu la voix de son propre père être interviewé. Ce moment, qu’il a perçu comme un signe direct du Ciel, lui a donné une force renouvelée pour résister. « C’était comme si Hachem me disait : ‘Tu n’es pas seul, ton père ne t’a pas oublié, ton peuple ne t’a pas oublié' », aurait-il confié à ses proches.

Malgré les tentatives incessantes de briser son esprit, il n’a jamais cédé. Pour Yossef ‘Haim, cette expérience a renforcé sa conviction que chaque Juif est lié aux autres par un fil invisible, et que la prière de son père et de tout le peuple juif le maintenait en vie.

Lorsqu’il a finalement retrouvé son père et que leurs yeux se sont rencontrés, son père a immédiatement crié : « Chema Israël ! » – la déclaration de foi la plus fondamentale du judaïsme – et l’a embrassé en pleurant, refusant de le lâcher. Ce moment a cristallisé pour Yossef ‘Haim la centralité de la foi juive dans sa survie.

Quelques instants plus tard, Yossef ‘Haim a accompli la Mitsva du Loulav et du Etrog avec un ensemble que son père avait préparé pour lui plus tôt dans la semaine, n’ayant jamais perdu espoir de le revoir. Ce geste symbolique – accomplir une Mitsva liée à la joie immédiatement après deux années d’horreur – témoigne d’un réveil spirituel profond.

Matan Angrest : la prière comme bouclier

Matan Angrest, soldat de Tsahal de 22 ans, a été capturé après que son char ait été touché à Nahal Oz. Il était le seul survivant de son équipage. Durant ses deux années de captivité brutale à Gaza, Matan a subi ce que sa mère décrit comme « une torture très sévère » pendant les premiers mois.

« Il se souvient avoir été battu si violemment qu’il a perdu connaissance », raconte-t-elle. « Ils le traînaient recouvert de sacs noirs, et les murs des tunnels s’effondraient autour de lui pendant les combats au-dessus. » Durant les quatre derniers mois, il a été confiné dans un petit tunnel sombre sous « garde spéciale ».

La guerre psychologique était implacable. Ses ravisseurs lui disaient que les Israéliens avaient abandonné les otages, que le Hamas avait conquis Israël et planifiait « un nouveau 7 octobre ». Ils ont même faussement prétendu que ses grands-parents, survivants de la Shoah, étaient morts. Apprendre qu’ils étaient vivants après sa libération « l’a motivé », dit sa mère.

Mais Matan, même dans cet enfer, avait une foi forte. Il décrivait son expérience comme « une série de miracles » – une expression qui révèle comment il a choisi de voir la main de D.ieu même dans les moments les plus sombres. Affamé, maintenu en isolement, battu à plusieurs reprises, il a raconté comment ce sont les Tefilines et Hachem qui l’ont maintenu en vie.

« Même dans ce cauchemar, j’avais besoin de rester connecté. J’ai exigé des Tefilines, un Siddour et un Tana’h. » Cette exigence – un soldat qui demande des objets religieux à ses ravisseurs terroristes – est en elle-même extraordinaire. « Pour une raison inexpliquée, ils les ont apportés », raconte-t-il, voyant là encore la main de la Providence.

« À partir de ce jour, j’ai prié trois fois par jour – matin, après-midi et soir. Cela m’a donné de la force. Cela m’a protégé. » Pour Matan, la prière n’était pas une simple récitation mécanique. C’était un bouclier spirituel, une forteresse d’où ses ravisseurs ne pouvaient l’atteindre. Dans les moments où il mettait les Tefilines et priait, il était libre. Son corps était enchaîné, mais son âme s’élevait vers les Cieux.

Lorsqu’il est retourné en Erets Israël, il a immédiatement demandé une nouvelle paire de Tefilines pour remplacer celle qu’il avait perdue. Ce n’était pas un geste symbolique ou une obligation formelle – c’était le besoin profond de quelqu’un qui avait découvert que la prière était aussi essentielle à sa survie que l’eau et l’air.

Ses médecins ont rapporté que bien que son corps ait énormément souffert – il avait perdu une quantité considérable de poids et portait les marques de la torture – son esprit était resté remarquablement fort. Sa mère l’a dit simplement : « Il a subi une torture inimaginable, mais sa foi en Hachem l’a maintenu en vie. »

Avant de quitter l’hôpital, il a mis les Tefilines avec l’émissaire Rav Pini Marton, et ils ont récité des Tehilim ensemble. Pour Matan, ce moment n’était pas la fin d’un cauchemar, mais le début d’une nouvelle vie où la foi qu’il avait découverte dans les tunnels continuerait à le guider.

Avinatan Or : l’isolement qui rapproche de D.ieu

Avinatan Or, enlevé du festival de musique Nova en octobre 2023, a passé plus de deux ans en isolement complet. Il n’a vu d’autres otages qu’au moment de sa libération. Un premier examen médical a révélé qu’il avait perdu entre 30 et 40 pour cent de son poids corporel. Ses proches ont déclaré qu’il avait été « affamé et terrifié » pendant de longues périodes.

Pourtant, dans cet isolement total, quelque chose de remarquable s’est produit. Privé de toute présence humaine, Avinatan a découvert qu’il n’était pas vraiment seul. La présence de Hachem, qu’il n’avait peut-être jamais vraiment ressentie dans sa vie avant la captivité, est devenue palpable pour lui. Dans le silence absolu des tunnels, il a appris à parler à D.ieu, non pas comme un rituel, mais comme une conversation vitale avec le seul Être qui partageait vraiment sa solitude.

Segev Kalfon : le Chema Israël comme ancre

Segev Kalfon, 27 ans, enlevé par des terroristes du Hamas lors du festival Nova, a été détenu dans des conditions extrêmement dures, souffrant d’abus graves, de famine et de traumatismes psychologiques. Kalfon a raconté à sa famille que réciter le Chema Israël l’a maintenu en vie lorsque tout espoir était perdu.

« Quand je fermais les yeux et disais ‘Chema Israël’, je me connectais à tous les Juifs qui avaient dit ces mêmes mots au cours des millénaires », aurait-il confié. « Je pensais aux martyrs, aux grands-parents qui l’avaient dit dans les camps, aux générations qui l’avaient récité face à la mort. Je n’étais pas seul – j’étais avec eux tous. »

Lors de sa libération, sa famille l’a aidé à mettre un Tallit et une Kippa avant de réciter la bénédiction de Matir Assourim – remerciant Hachem d’avoir libéré les captifs – suivie du Chéhé’héyanou. Ce moment, filmé et partagé, a ému des millions de personnes. Voir Segev, émacié et marqué par la souffrance, réciter ces bénédictions avec une ferveur profonde, a rappelé au monde entier la force indestructible de l’âme juive.

Plus tard, il a été filmé en train de prier avec Tallit et Tefilines aux côtés de Rom Braslavski. Ces deux jeunes hommes, qui ne se connaissaient probablement pas avant leur captivité, unis dans la prière après deux années d’enfer, symbolisaient quelque chose de plus grand qu’eux-mêmes : la renaissance spirituelle d’une génération.

Bar Kuperstein : de la dissimulation à la révélation

Bar Kuperstein, 21 ans, également pris en otage lors du festival Nova, a décrit son expérience comme étant dans « la dissimulation la plus profonde » – « Hastara Mitoch Hastara » – un concept profondément enraciné dans la pensée juive qui parle des moments où D.ieu semble le plus absent.

Mais même là-bas, a-t-il dit, il a découvert qu’Hachem était avec lui. « Dans la Hastara la plus profonde, j’ai trouvé la révélation la plus grande », a-t-il confié à ses proches. Cette compréhension paradoxale – que c’est précisément dans les moments où D.ieu semble caché qu’Il est le plus proche – témoigne d’une maturité spirituelle extraordinaire pour un jeune homme de 21 ans.

Durant sa captivité, Bar a raconté à sa famille qu’il récitait souvent le Chema Israël et disait un chapitre de Tehilim qu’il connaissait par cœur. Ce chapitre, qu’il avait peut-être appris dans son enfance et oublié pendant des années, est remonté à la surface de sa mémoire quand il en avait le plus besoin. « C’était comme si mon âme avait gardé ces mots pour ce moment précis », a-t-il dit.

En rentrant chez lui après sa longue épreuve, il a découvert qu’un miracle s’était produit : son père, qui avait été paralysé pendant six ans, avait miraculeusement retrouvé la capacité de se tenir debout. Pour Bar, ce miracle physique reflétait le miracle spirituel qu’il avait lui-même vécu : la capacité de se tenir debout spirituellement même quand tout semblait effondré.

Peu après sa libération, Bar a publié une vidéo remerciant tous ceux qui ont combattu et prié pour son retour : « Je veux dire merci beaucoup à tous ceux qui ont prié, soutenu et n’ont pas abandonné. Et, plus important encore, merci au Créateur, Père au Ciel. » Le fait qu’il ait mentionné D.ieu en dernier n’était pas un oubli, mais une reconnaissance que tout – les prières, le soutien, l’armée, les négociations – tout venait ultimement de Hachem.

Une génération transformée

Ce qui émerge de tous ces témoignages, c’est le portrait d’une génération transformée. Beaucoup de ces jeunes hommes venaient de milieux laïcs. Ils travaillaient dans la sécurité, servaient dans l’armée, fréquentaient des festivals de musique. Le judaïsme était peut-être pour eux une identité culturelle, un héritage familial, mais pas nécessairement une foi vivante.

Pourtant, dans les profondeurs de leur captivité, quelque chose de profond s’est éveillé. Confrontés à des tentatives systématiques de les convertir à l’islam, privés de tout ce qui était familier, ils ont découvert que leur identité juive n’était pas seulement culturelle – elle était spirituelle, elle était ancrée dans leur Nechama même.

Les Tefilines que Matan a exigés, le Chema Israël que Segev a récité, le « Je suis Juif » que Rom a répété encore et encore – ce n’étaient pas des réflexes culturels. C’étaient des expressions d’une âme qui avait redécouvert sa source.

Le Rav Pini Marton, qui a prié avec plusieurs des otages libérés, a déclaré : « Ce que j’ai vu dans leurs yeux n’était pas seulement du soulagement d’être libérés. C’était quelque chose de plus profond – une lumière, une clarté spirituelle. Ces jeunes hommes ont vécu dans l’obscurité physique des tunnels, mais ils en sont ressortis avec une lumière spirituelle que beaucoup d’entre nous cherchent toute leur vie. »

Le message aux générations futures

Ces récits ne parlent pas seulement de survie physique, mais de la victoire de l’esprit sur la matière, de la lumière sur les ténèbres. Ils témoignent de la force éternelle du peuple juif et de sa connexion indéfectible à Hachem, même dans les conditions les plus extrêmes.

Pour les jeunes Juifs du monde entier, particulièrement ceux qui sont éloignés de la pratique religieuse, ces histoires portent un message puissant : votre identité juive n’est pas seulement un fait historique ou culturel. C’est quelque chose de vivant, de puissant, ancré dans votre âme même. Comme l’ont découvert Rom, Matan, Yossef ‘Haim et les autres, cette identité peut être une source de force inimaginable dans les moments les plus sombres.

Comme l’a dit Rom Braslavski : « Je suis Juif, et c’est ce qui m’a maintenu en vie. » Cette simple déclaration résume une vérité profonde : l’âme juive, même lorsqu’elle semble endormie, ne meurt jamais. Elle attend simplement le moment de se réveiller.

Dans les tunnels de Gaza, au milieu de la torture et de la famine, vingt jeunes hommes ont redécouvert ce que des générations de Juifs avant eux savaient : que notre lien avec Hachem est plus fort que n’importe quelle chaîne, que notre foi est plus puissante que n’importe quelle arme, et que l’âme juive est véritablement indestructible.évélés.