Texte et Audio sur la Paracha : « A la Lumière du Dvar Mal’hout Vayigach », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio sur la Paracha : « A la Lumière du Dvar Mal’hout Vayigach », par le Rav Yaacov Abergel

 

Le Rabbi explique Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayigach que la force dont un Juif a besoin pour faire face à l’exil peut s’exprimer de deux façons.
Dans un premier cas la force d’un Juif reste limitée car il compose avec le monde et ne sort pas des limites qu’il lui impose. Dans un deuxième cas, le fait de vivre dans l’obscurité de l’exil n’empêche absolument pas ce Juif de vivre en étant totalement détaché de tous les sujets de l’exil. Il renforce tellement le lien qui l’unit à Hachem que ses pensées ses paroles et ses actions ont pour effet de transformer la réalité au point que même la plus grande autorité du pays dans lequel il se trouve se pliera à sa volonté (laquelle se fond dans la Volonté du Saint béni soit-Il). Ainsi, le Rabbi explique que la force d’un Juif consiste à s’élever bien au-delà du monde et de l’exil afin d’en briser les limites pour en faire le réceptacle de la Lumière infinie de D.ieu.

L’exemple donné ici est celui Mordé’haï au temps de Pourim. Il est écrit au sujet du festin que donna le Roi A’hachvéroch (Méguila d’Esther, 1, 8) : ‘On buvait à volonté, sans aucune contrainte, car le Roi avait recommandé à tous les sujets de sa maison de faire la volonté de l’un et de l’autre’.
La Guémara (Méguila, 12, chapitre 1) explique que l’expression ‘faire la volonté de l’un et de l’autre’, signifie que le roi A’hachvéroch ordonna de faire en même temps, ‘selon la volonté de Mordé’haï et d’Aman’.
Or, comment est-il possible de faire en même temps, selon la volonté de Mordé’haï, ‘un homme Juif’, et d’Aman, ‘un oppresseur et un ennemi’ d’Israël’ ?
Peut-on ‘Faire la volonté de l’un et de l’autre ? Le vent peut-il souffler en même temps dans deux directions opposées pour permettre à deux bateaux de naviguer dans deux directions opposées ? ‘. Il est impossible d’assouvir, en une seule fois, deux désirs qui s’opposent l’un avec l’autre : la volonté de Mordé’haï en même temps que celle d’Aman.

Il est écrit (Méguila, 3, 2) : ‘Tous les serviteurs du roi, admis à la cour royale, s’agenouillaient et se prosternaient devant Aman, car tel était l’ordre donné par le roi en son honneur, mais Mordé’haï ne s’agenouillait ni ne se prosternait’.
L’opposition entre Mordé’haï et Aman est telle l’opposition qui existe entre notre façon de combattre l’exil : en composant avec le monde et donc en restant soumis aux limites que cet exil nous impose (Aman), ou bien en nous attachant à D.ieu d’un lien si intense que cela nous permet de nous élever bien au-delà de toutes les limites (Mordé’haï).

Chaque Juif a le devoir de se soumettre aux lois du pays dans lequel il vit, évidemment c’est seulement dans le cas ou ces lois ne contredisent pas la Hala’ha. Personne ne peut imposer à un Juif d’agir contrairement à la Volonté de D.ieu. Le point que le Rabbi soulève ici ne concerne pas les sujets qui sont liés à la Torah et aux Mitsvoth. Il concerne les sujets qui sont permis par la Torah. Un Juif peut-il vivre selon les normes et les usages de ce monde conformément à la volonté d’Aman et en même temps selon la volonté de Mordé’haï qui ‘ne s’agenouillait pas et ne se prosternait pas’ ?
A priori nous pouvons penser que le fait que L’Eternel nous a envoyé en exil implique que nous soyons obligés de nous plier aux limites et aux usages qu’il nous impose, et dans ce cas comment est-ce possible d’agir à l’exemple de Morde’haï ? En effet l’attitude de Mordé’haï, contrairement à la volonté d’Aman, exclut totalement l’idée de composer avec le monde et dans ce cas comment est-il possible de ‘faire la volonté de l’un (Aman) et de l’autre (Mordé’haï)’ ?
S’il se soumet aux lois et aux usages du pays (la volonté d’Aman) comment pourra-t-il dans ce cas faire la volonté de Mordé’haï qui consiste à ne ‘jamais s’agenouiller ni de se prosterner’ ?
De fait, les usages et les normes d’un pays, même s’ils ne sont pas contradictoires avec la Hala’ha peuvent constituer des limites dans nos actions qui ont pour but de provoquer la Délivrance. Or, le ‘Hidouch que le Rabbi nous enseigne ici est que si nous nous attachons à l’Essence de D.ieu alors nous pouvons accomplir même en exil la volonté de Mordé’haï car nous nous trouvons au-dela de toutes les limites (par le fait d’être attachés à l’Essence divine). En autres termes, lorsqu’un Juif s’attache de manière profonde à D.ieu, il parvient à unir deux contraires, à faire pénétrer dans ce monde limité une lumière illimitée. Même en exil il agira à l’exemple de Mordé’haï, au sujet duquel il est dit : ‘Il ne s’agenouillait ni ne se prosternait’.
La qualité de Mordé’haï qui est allusionnée dans son nom : Mordé’haï ‘Ha Yéhoudi’, est aussi celle Yéhoudah.

‘Yéhoudah’ exprime le fait de reconnaître (‘Hodaa’ : ‘reconnaissance’) à chaque instant et dans chaque situation ‘qu’il n’y a rien en dehors de Lui’.
Le Rabbi nous enseigne que Yéhoudah n’a pas agi en étant soumis aux normes et aux usages de ce monde. Il ‘s’approcha de Yossef’ sans même en avoir reçu l’autorisation. Bien que Yéhoudah savait que pour libérer son frère Benyamin il devait avant tout se soumettre à Yossef, ainsi qu’il est dit (Vayigach, 44, 18) : ‘De grâce, mon maître…Car tu es comme Pharaon…’, une force redoutable l’animait. Yéhoudah était même d’un niveau supérieur à celui de Mordé’haï. Contrairement à Mordé’haï qui fut nommé comme associé du roi par A’hachvéroch, ou comme Yossef qui fut nommé vice-roi par Pharaon, Yéhoudah agit seulement par ses propres forces lorsqu’il ‘s’approcha de Yossef’, et au Rabbi de nous apprendre que c’est par cette attitude que Yéhoudah donna la force aux enfants d’Israël de combattre l’exil de l’Egypte, et de s’y installer dans la largesse.

Cet enseignement du Rabbi n’est pas sans nous rappeller cet autre enseignement du Maguid de Mézeritch. A celui qui désirait obtenir la richesse, le Maguid conseilla ‘d’aller vers le nord, car la Table des pains de proposition se trouve au nord, dans le Temple’. S’il désirait la Torah, ‘il lui fallait se diriger vers le sud, car la Ménorah se trouve vers le sud, dans le Temple’. Enfin, s’il désirait les deux, ‘il lui fallait se diriger vers l’endroit de l’Arche, car l’Arche ne prenait pas de place dans le Temple’.
Cet enseignement du Maguid s’accorde à celui du Rabbi, car un Juif détient le pouvoir d’unir deux contraires, d’attirer la lumière infinie de D.ieu dans ce monde inférieur. Il lui suffit pour cela de ‘se diriger vers l’endroit de l’Arche’, c’est-à-dire d’agir par la force de l’Essence de son âme, laquelle se situe bien au-delà de ce monde puisqu’elle est enracinée dans l’Essence divine. Chaque Juif détient la capacité de dévoiler en lui-même la force du lien qui unit son âme à D.ieu. Il doit tout d’abord utiliser les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (l’intellect, les sentiments, la force de l’action), et c’est par elles qu’il parviendra ensuite à révéler en lui-même la force infinie de la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps, l’Essence de l’âme.
En révélant l’Essence de son âme, un Juif parvient à atteindre le niveau de l’Arche, laquelle ‘ne prend pas de place dans le Saint des Saints’ et dont le niveau se situe bien au-delà de toutes les limites de ce monde matériel.
Comme pour Mordé’haï dont l’attitude permit l’annulation du décret d’Aman, et comme ce fut le cas pour Yéhoudah qui permit à son père Yaakov de vivre en Egypte, en exil, les plus belles années de sa vie, c’est par notre soumission vis-à-vis de l’Eternel et notre soumission vis-à-vis du Rabbi qu’Il a choisi pour nous conduire jusqu’à la Délivrance finale, que nous aurons enfin le mérite de provoquer la Délivrance et le dévoilement de notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

 

Vendredi 10 décembre 2021 à 10h30 : Etude en direct du Kovets de Vaygash, avec le Rav Levi Azimov

Vendredi 10 décembre 2021 à 10h30 : Etude en direct du Kovets de Vaygash, avec le Rav Levi Azimov

Chaque vendredi, étude du Likoutei Si’hot avec le Rav Levi Azimov 10h30 – 11h30
Tél. : +33 0756753993 – code : 33 41 593#
Egalement EN DIRECT  sur
RADIO HASSIDOUT

 

Vayigach – Le grand étonnement de Yossef
Source : Likouté Si’hot volume 15, première Si’ha sur Vayigach

Des coupures de téléphones ont eu lieu pendant la retransmission. Veuillez nous en excuser. Un nouvel enregistrement du cours est en préparation.

 

 

Inauguration de la nouvelle section de la bibliothèque du Rabbi, le 5 Tevet 5782

Inauguration de la nouvelle section de la bibliothèque du Rabbi, le 5 Tevet 5782

Les responsables des institutions officielles de Habad se sont joints à un petit groupe de donateurs et de Hassidim pour poser les Mezouzot dans la nouvelle section de la bibliothèque Agoudat Hassidei Habad à Crown Heights.

 

La bibliothèque et le centre d’archives central Habad d’agoudat Hassidei Habad, situés au siège mondial de Loubavitch à Brooklyn, New York, sont le joyau de la couronne de Chabad-Loubavitch et abritent une multitude de trésors du patrimoine Loubavitch.

Une collection inestimable de livres et manuscrits a été initiée par le fondateur de Habad, l’Alter Rebbe (1745-1812), et s’est agrandie avec les Rebbeim ultérieurs. Tout au long de cette période, cette collection inestimable a survécue aux ravages des souffrances juives – subissant des pertes considérables dans des incendies, des confiscations par des gouvernements hostiles et des relocalisations en Europe de l’Est alors que les Juifs fuyaient d’un pays à un autre – jusqu’à ce qu’elle soit enfin rassemblée, en toute sécurité, aux Etats-Unis.

Aujourd’hui, la bibliothèque de recherche possède l’une des plus grandes collection privée de textes judaïques au monde et est ouverte aux étudiants et aux universitaires cherchant à accéder à des livres rares et à des manuscrits non disponibles ailleurs.

La bibliothèque est le dépositaire des écrits, les manuscrits des sept générations de Loubavitch. C’est à partir de ces précieux manuscrits que le flux continu de livres nouveaux est constamment mis à jour.

De plus, la bibliothèque a créé des expositions périodiques d’artefacts de la bibliothèque. Ces expositions fascinantes et soigneusement organisées sont ouvertes au grand public et attirent des milliers de visiteurs, hommes, femmes et enfants de tous horizons.

La bibliothèque est entretenue par un personnel à temps plein composé de bibliothécaires et d’employés talentueux qui cataloguent, archivent et restaurent les objets précieux, les archives, les photographies, les manuscrits et les livres.

La bibliothèque ajoute constamment des titres et des documents judaïques mettant à jour sa collection sans cesse croissante. Ces dernières années, le contenu de l’ensemble de la collection a été méticuleusement catalogué et mis en ligne sur www.chabadlibrary.org. Le catalogue est constamment mis à jour.

Pour le Rabbi, la bibliothèque représentait l’héritage spirituel du mouvement Habad Loubavitch.

Nous nous souvenons tous comment en 1985, de nombreux livres du Rabbi avaient été volés. Dix-huit mois douloureux plus tard, le 5 Tevet 5747-1986, la Cour fédérale des États-Unis a confirmé que les livres appartenaient à l’ensemble du peuple juif.

 






























































La Corse éclairée par les lumières de Hanouccah

La Corse éclairée par les lumières de Hanouccah

 

Des Allumages publics ont été organisés dans plusieurs villes de Corse cette année par les Centres de Judaïsme – Beth Habad – de Corse, dirigés par le Rav Levi Pinson, délégué régional de la Corse.

À Ajaccio 200 personnes étaient réunis (!) sous le hall du marché malgré le mauvais temps.

Les élus représentants de Laurent Marcangeli Maire d’Ajaccio, Danielle Antonini représentante de Marie-Antoinette Maupertuis Présidente de l’assemblée de Corse et de Gilles Simeoni Président de l’exécutif avec Miloud Mesghati représentant du culte Musulman ont honoré l’allumage de la 1ère bougie de Hannouka par leur présence.
Patrick – François Vincensini partagea avec les présents ses mémoires de Hanouka à Jérusalem.

Lina Sillamy représentante de la Communauté Juive d’Ajaccio a rappelé l’histoire de Hanouka et, accompagnée de André Markovitch à la guitare, elle anima la cérémonie au piano avec les chants traditionnels de Hannouka.

À Porto Vecchio, sous un vent « glacial » (de l’extrême sud..), l’assemblée réunie s’est réchauffée autour de la 3ème bougie de Hannouka.

Le Maire de Porto Vecchio, Jean Christophe Angelini, était aux côtés de la Communauté Juive pour ce moment spécial. Il a rappelé la symbolique de la fête et renouvelé son message d’accueil chaleureux réservée à la Communauté Juive à Porto Vecchio.

Rav Zalman Teboul et son épouse, délégués à Bastia, ont organisé le première Allumage public dans la ville historique du Judaïsme Corse ! L’émotion et la joie étaient ressentis chez les participants, qui étaient plus d’une centaine présents pour cette première.

Pierre Savelli Maire de Bastia, Serge Linale vice président de la Cab, les représentants de la CDC et Marguerite Mondoloni directrice de l’Onacvg 2b étaient tous présents pour l’allumage de l’ensemble des 8 bougies de Hannouka.

Le Rav Zalman Teboul et le Rav Levi Pinson rappelèrent le message universel de paix et de foi que la fête porte.

Mr Dana de la Communauté Juive de Bastia entama le Chant de « Hanerot Halalou » aux applaudissements de tous les présents.

Les Allumages se sont déroulés dans une ambiance chaleureuse, accompagnés de musique et bien sur d’un Lehaim et de beignets pour tous !

En se souhaitant, l’an prochain à Jérusalem avec le Machiah !

 

Hé Tevet – Interview du Rav Mendel Azimov: « Lorsque nous prenons de bonnes résolutions à Paris, cela peut faire la différence à New York »

Hé Tevet – Interview du Rav Mendel Azimov: « Lorsque nous prenons de bonnes résolutions à Paris, cela peut faire la différence à New York »

Le 11 Nissan 5742-1982

Le 11 Nissan 1982, le Rabbi fêtait ses 80 ans. Alors, bien sûr, ses Hassidim voulaient venir à New York pour célébrer cet événement et assister au Farbrenguen que le Rabbi organisait en cette occasion.

Le problème était que tout le monde voulait venir, mais que tout le monde ne pouvait pas.

Certains Hassidim avaient même écrit au Rabbi pour lui dire à quel point ils se sentaient mal de ne pas pouvoir venir, soit parce qu’ils ne pouvaient pas payer le billet, soit parce que Pessah avait lieu quelques jours plus tard.

Ainsi, quelques semaines à l’avance, le Rabbi avait annoncé que personne ne devait faire de voyage uniquement pour son anniversaire.

De telles restrictions n’étaient pas nouvelles. En général, le Rabbi ne donnait la permission à ses émissaires à l’étranger, comme mes parents qui étaient les émissaires du Rabbi en France, de lui rendre visite que tous les deux ans. Pour voyager plus d’une fois en deux ans, il fallait une raison spéciale.

Heureusement, cette année, nous avions une bonne raison de voyager :  ma Bar Mitsva devait avoir lieu le 12 Nissan, le lendemain de l’anniversaire du Rabbi, pas à Paris, mais chez le Rabbi.

Donc, mes parents et les Hassidim du groupe, avaient une bonne raison de se rendre à New York.

Ce fut une expérience incroyable. Le dimanche soir, le Rabbi organisa un Farbrenguen qui dura très tard dans  la nuit.

À la fin du Farbrenguen, le Rabbi annonça qu’il voulait remercier tout le monde d’être venu et qu’il allait personnellement distribuer un exemplaire du Tanya, à toutes les personnes présentes. La distribution se termina à six heures du matin.

Après cela, eut lieu une Kiriat Hatorah avec le Rabbi dans la petite Shoul et j’ai été appelé à monter à la Torah pour la première fois.

Puis, mon père organisa un Farbrenguen dans la petite Shoul, en l’honneur de ma Bar Mitsva.

Avant de rentrer à Paris, ma famille rendit visite à la Rabbanit Haya Mouchka. Ma mère avait une relation étroite avec elle, et elle était parfois invitée lorsque nous étions à New York. Cette année-là, je reçus une bénédiction de la Rabbanit pour ma Bar Mitsva.

Le sujet de l’interdiction de voyager à l’occasion de l’anniversaire du Rabbi avait été abordé dans notre discussion avec la Rabbanit. « Zalman Jaffe était aussi là », avait-t-elle remarqué, faisant référence à un Hassid de Manchester qui avait également décidé de venir pour fêter l’anniversaire du Rabbi, malgré les objections du Rabbi et n’était pas sûr d’avoir fait le bon choix. La Rabbanit l’avait cependant rassuré : « Les bons amis », nous avait-elle répété, « n’étaient pas inclus dans la règle ».

Nous avons donc compris que nous avions fait le bon choix : celui qui n’était pas venu à New York pour l’anniversaire n’était pas venu, mais celui qui était venu pouvait être considéré comme un « bon ami » du Rabbi et de la Rabbanit.
Un « bon ami » sait qu’il doit d’être présent pour une occasion heureuse, mais il sait aussi qu’il doit apporter son soutien dans les moments difficiles, comme ce fut le cas quelques années plus tard, en 1986, ce fut une année très difficile pour la communauté Loubavitch (Le procès des livres).

Le 5 Tevet 5747-1986

La saga entourait la bibliothèque du Rabbi. Elle avait appartenu au précédent Rabbi, qui possédait une vaste collection de livres saints et de manuscrits qui, après son décès, devenait la possession du Rabbi. En 1985, on avait découvert que des livres commençaient à disparaître de la bibliothèque et que le neveu du Rabbi les avait volés. Il avait fini par contester le fait que la collection était la propriété du Rabbi et, dans un sens plus profond, il avait contesté le Rabbi lui-même.

Ce conflit avait fini par être porté devant les tribunaux. Le Rabbi avait pris toute cette affaire très à cœur. Cela s’était manifesté notamment par la fréquence à laquelle le Rabbi se rendait au Ohel, le lieu de repos du précédent Rabbi.

En temps normal, le Rabbi se rendait au Ohel deux fois par mois, en plus de quelques autres occasions spéciales. Il était donc très surprenant qu’après le début du procès, il s’y rendait tous les jours.

L’importance de ces visites ne peut être sous-estimée. Le Ohel est un lieu de grande sainteté, le lieu de sépulture non seulement du beau-père du Rabbi, mais aussi de son Rabbi.

Par conséquent, il investissait beaucoup d’énergie chaque fois qu’il s’y rendait. Il s’immergeait d’abord dans les eaux d’un Mikvé, puis se rendait au cimetière du Queens où se trouve le Ohel. Il y passait de nombreuses heures, debout tout le temps, avant de retourner au 770 pour les prières, souvent tard dans la soirée. Il faut savoir que le Rabbi jeûnait les jours où il se rendait au Ohel et qu’il ne mangeait quelque chose qu’après les prières du soir. Et le lendemain matin, il se rendait à nouveau au Ohel, encore et encore.

Pour les Hasidim, il était difficile de voir tout cela. Nous étions inquiets pour la santé du Rabbi et voulions le soutenir dans cette lutte spirituelle. Nous avons donc essayé de faire tout ce que nous pouvions pour lui faciliter la vie et le rendre plus heureux.

À l’époque, j’étais étudiant à la Yéchiva Loubavitch de Londres. Chaque jour du procès, nous nous levions une heure et demie plus tôt pour réciter le livre entier des Psaumes. Nous prenions sur nous d’étudier davantage la Torah, en particulier les enseignements du Rabbi, ainsi que d’autres activités supplémentaires. Nous espérions apporter au Rabbi, un peu de réconfort et de joie.

A cette époque, mon père, Rav Shmuel Azimov, a voyagé à New York pendant quelques jours au cours de l’hiver 1986. Il était là pour le début du procès et l’avait trouvé très pénible.
« Ce ne sont pas seulement les Hassidim qui sont assis devant le juge », s’exclamait-il. « C’est le Rabbi qui a été traîné au tribunal ! »

L’idée que le Rabbi soit contesté devant un tribunal avait profondément bouleversé mon père. Lorsqu’il était rentré à Paris, il avait décidé de faire quelque chose pour soulager la douleur du Rabbi.

Un samedi soir à Paris, mon père avait invité tous les Hassidim à une grande réunion. Lors de cet énorme rassemblement, il avait demandé à chacun de s’engager à faire plus pour les campagnes des Mitsvot du Rabbi : aider plus de gens à mettre les Tefilines, à apposer une Mezouza sur leur porte, à allumer la Ménorah de Hanoucca, et d’autres activités de sensibilisation.

Plus tard ce soir-là, mon père avait écrit un compte rendu complet sur l’événement. Le nom de chaque personne qui y avait participé, ainsi que les résolutions qu’elle avait prises. Puis il l’avait envoyé au Rabbi, par fax.

Le lendemain, c’était dimanche. Comme il le faisait toujours avant de se rendre au Ohel, le Rabbi était allé s’immerger dans le Mikvé, puis était revenu au 770, d’où il s’était rendu au Ohel dans le Queens. Mais avant cela, le secrétaire du Rabbi, Rav Binyamin Klein, avait remis le rapport de mon père au Rabbi. Le Rabbi avait lu le rapport attentivement, puis s’était tourné vers le Rav Klein : « Aujourd’hui, je n’ai pas besoin d’aller au Ohel ! »

Il n’avait pas donné d’explications, mais tout ce que nous savons, c’est qu’il y eut un changement soudain de plan et qu’il était resté à Crown Heights ce jour-là.

À la surprise générale, la prière de Min’ha eut lieu à l’heure habituelle. Il y avait là une grande leçon à tirer : lorsque nous ajoutons de bonnes actions et prenons de bonnes résolutions à Paris, cela peut faire la différence à New York !

Plus tard, mon père avait rappelé cette idée à de nombreuses reprises pour illustrer tout ce que nous pouvons faire pour aider le Rabbi dans son travail et pour rapprocher la venue du Machia’h.