Kinous Hachlou’him : « En notre génération, chaque Juif, sans la moindre exception, peut être un Chalia’h »

Kinous Hachlou’him : « En notre génération, chaque Juif, sans la moindre exception, peut être un Chalia’h »

 

Traduit par Haim Mellul

 

C’est dans une causerie prononcée le soir de Sim’hat Torah 5746 (1985) que le Rabbi fait une annonce proprement inimaginable : en notre génération, chaque Juif, sans la moindre exception, peut être son émissaire. Le Rabbi déclare, notamment :

La mission confiée par le chef de la génération concerne chacun de ceux qui appartiennent à cette génération, chaque Juif. Selon l’expression de nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction, « tout comme vous-mêmes avez contracté l’alliance, ceux que vous déléguez doivent l’avoir contractée également ». En d’autres termes, quiconque a contracté l’alliance est apte à devenir l’émissaire du Rabbi.

De fait, le Rabbi avait déjà fait part de son intention, au préalable, à plusieurs de ses ‘Hassidim. Ainsi, comme le rapportent ses correspondances, les Iguerot Kodech, il avait écrit ceci, à l’un de ses émissaires au Maroc, le 18 Chevat 5716 (1956) :

Il me semble avoir déjà écrit que, de façon générale, chaque ‘Hassid, quel que soit l’endroit dans lequel il se trouve, doit se considérer comme l’émissaire de nos saints maîtres, diffuser leur enseignement, leurs directives et leurs usages dans tout son entourage, sa ville et son pays.

Comme le disent nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction, « l’un d’entre vous est exilé en Barbarie… ». Cette tâche a été confiée à chacun d’entre nous et il est donc certain qu’encore avant cela, ont été accordées les forces pour la mener à bien, de la manière qui convient et avec largesse d’esprit.

Le Rabbi précise la raison pour laquelle chaque Juif est son émissaire, dans la présente génération. Il est dit, en effet, que : « le chef est tout ». Dans une causerie du 21 Mena’hem Av 5744 (1984), en relation avec la Hilloula de son père, Rabbi Lévi Its’hak Schneerson, le Rabbi explique, à ce sujet :

Il semble que le titre d’émissaire, la distribution d’eau-devie et tout ce qui concerne la mission confiée concerne uniquement une partie de ceux qui sont ici présents, mais, en réalité, il faut savoir que tous à la fois, chacun d’entre nous et tous ensemble, au sein de tout le peuple d’Israël, nous sommes les émissaires du chef de notre génération, mon beau-père et maître, le Rabbi.

Depuis qu’il est devenu le chef de la génération, tous les Juifs de cette époque sont devenus ses serviteurs et ses émissaires. Il est dit, en effet, que : « le chef est tout ».

Un émissaire du Rabbi mène une action qui a une incidence sur le monde entier. Et, chaque Juif peut agir pour qu’il en soit ainsi. Dans une lettre figurant dans ses Iguerot Kodech, tome 8, à la page 198, le Rabbi écrit :

On sait ce qui est dit dans les livres, et non uniquement ceux de la ‘Hassidout. En outre, la logique immédiate établit qu’il en est bien ainsi. Chaque homme, chaque femme ne sont pas uniquement des individus. En fait, leurs actions concernent l’ensemble du peuple, car chacun est l’émissaire de D.ieu, chargé d’illuminer son entourage par la clarté divine.

Ainsi, si l’on désire connaître la réussite, au sein de ses quatre coudées personnelles, on ne peut pas se soustraire à la mission de D.ieu, béni soit-Il, Qui dirige tous, en général et chacun en particulier.

Le Rabbi précise également cette idée dans une autre lettre, figurant dans ses Iguerot Kodech, tome 12, à la page 385 :

Je présume qu’un émissaire s’acquitte de la mission qui lui est confiée. En effet, chacun des enfants d’Israël est l’émissaire de D.ieu, chargé de bâtir pour Lui, béni soit-Il, une Résidence parmi les créatures inférieures, grâce à : « la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une Lumière », de même que par le Luminaire de la Torah, qui en est la dimension profonde.

C’est la raison pour laquelle il est nécessaire d’agir également auprès des autres, car c’est uniquement par la Tsedaka qu’un homme obtient la réussite céleste en ce qu’il accomplit. C’est ce que l’on peut déduire de l’affirmation de nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction, selon laquelle : « Rabbi Eléazar donnait une pièce à un pauvre avant de prier ».

Le Rabbi fait appel à la notion de divine Providence, telle qu’elle est définie par le Baal Chem Tov pour montrer l’implication de chaque Juif dans la mission qui est confiée à toute une génération. Dans une causerie figurant dans le Séfer Ha Si’hot 5749 (1988), à la page 52, le Rabbi précise cette notion :

Pour ce qui est de l’obligation de se consacrer à la diffusion de la Torah et du Judaïsme, on peut penser que le simple fait de voir un Juif qui se trouve dans un cas de force majeure est un effet de la divine Providence, conformément à l’enseignement bien connu du Baal Chem Tov.

Il faut voir en cela une preuve tranchée de son implication, se dire qu’influencer ce Juif est son rôle, la mission que l’on reçoit. On doit donc mettre de côté toutes ses préoccupations personnelles et courir faire du bien à ce Juif, le rapprocher du Saint béni soit-Il, de la Torah et de ses Mitsvot.

Les émissaires du Rabbi sont ceux qui doivent révéler ce caractère en toutes les créatures du monde. Comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, publié à New York, à la page 126, le Rabbi explique, à ce propos :

En réalité, tous les Juifs sont les émissaires du Saint béni soit-Il. Cette mission, chez tous les hommes, chez toutes les créatures en général, peut parfois rester cachée, au moins jusqu’à un certain point. Les émissaires, ceux qui ont été nommés pour assumer ce rôle de manière effective, doivent donc révéler, à la fois chez les enfants d’Israël et chez les nations du monde, chez toutes les créatures du monde, ce caractère d’émissaire du Saint béni soit-Il. Ils doivent les motiver, les convaincre d’assumer concrètement leur rôle et leur mission.

La nomination par le Rabbi est ainsi le moyen d’officialiser, chez certaines personnes, la mission qui est confiée, en fait, à toute la génération. Dans une causerie figurant dans le Sefer Ha Si’hot 5748 (1987), à la page 82, le Rabbi explique :

Ceci concerne chaque Juif, car tous sont les émissaires du Saint béni soit-Il, comme on l’a indiqué. Et, cet aspect est encore plus clairement souligné, encore plus évident chez ceux qui ont eu le mérite d’être nommés par le chef de notre génération, mon beau-père et maître, le Rabbi lui-même.

Le chef de notre génération les a désignés comme ses émissaires. Ils assument la mission particulière de diffuser la Torah, le Judaïsme et les sources de la ‘Hassidout à l’extérieur, jusqu’au plus extérieur qui soit.

Le Rabbi souligne la singularité de la présente époque, précédant de façon immédiate la délivrance véritable et complète. C’est aussi le justificatif de cette mission qui est confiée
à chacun, à titre personnel. Dans une causerie figurant dans le Sefer Ha Si’hot 5748 (1988), à la page 473, le Rabbi précise :

En notre génération, la dernière de l’exil qui sera la première de la délivrance, mon beau-père et maître, le Rabbi, qui est son chef, a fait de chacun, homme, femme ou enfant, son émissaire pour diffuser les sources de la ‘Hassidout à l’extérieur, au sein de la diffusion de la Torah et du Judaïsme, en général.

Le Rabbi a fait de tous ceux qui appartiennent à cette génération des responsables communautaires, portant la responsabilité non seulement pour leur propre personne, mais aussi pour la diffusion du Judaïsme auprès de tous les Juifs de leur entourage.

Devenir l’émissaire du Rabbi reste une démarche personnelle, à l’initiative de chacun, que le Rabbi définit en ces termes, comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, publié en Erets Israël, à la page 76 :

Ceci doit être énoncé clairement. Nul ne doit attendre qu’on l’appelle et qu’on lui demande de se rendre dans tel endroit. On doit savoir que la volonté du Rabbi est que l’on diffuse la
‘Hassidout dans le monde entier.

Il faut donc prendre une carte, rechercher un pays ou une ville où la diffusion des sources de la ‘Hassidout est encore insuffisante. Si l’on est apte à mener une action dans cet endroit, on viendra, on se portera candidat et l’on dira : « Cette contrée est détruite et elle t’appartient. Prends donc la décision qu’elle soit reconstruite ».

Un émissaire du Rabbi est, avant tout, une Lumière qui éclaire son entourage, qui montre à tous de quelle manière vivre un Judaïsme pleinement assumé. C’est ce que le Rabbi souligne, dans une causerie figurant dans le Sefer Ha Si’hot 5748 (1988), à la page 585 :

Mon beau-père et maître, le Rabbi, chef de notre génération, « le chef (qui) est tout », « le cœur de toute l’assemblée d’Israël », a confié une sainte mission à tous ceux qui appartiennent à cette génération, celle d’être : « une Lumière pour éclairer », pour illuminer les autres, « la Lumière de D.ieu (qui) est l’âme de l’homme », c’est-à-dire tous ceux que l’on côtoie, en plus des membres de sa famille.

En tout endroit que l’on peut atteindre, on doit éclairer par : « la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah qui est une Lumière ». C’est de cette façon que l’on supprime l’obscurité de l’exil et que l’on révèle la Lumière de la délivrance.

Le Rabbi accorde toutes les bénédictions, matérielles et spirituelles, en abondance, à ses émissaires, comme il le dit dans une causerie figurant dans le Sefer Ha Si’hot 5748 (1988), à la page 100 :

Avant que le Its’hak de notre génération délègue un émissaire, il lui accorde ses bénédictions, des bénédictions qui sont au-delà de toute mesure et de toute limite, « il donnera et il donnera encore ». Ces bénédictions sont les plus grandes, émanant de la source de toutes les bénédictions du monde.

Ces bénédictions sont, avant tout, matérielles, mais elles permettent aussi le service de D.ieu d’un émissaire dans sa dimension morale, son étude de la partie révélée de la Torah et de sa dimension profonde, sa pratique des Mitsvot. Avant tout, elles servent à mettre en pratique la mission confiée, à diffuser la Torah, le Judaïsme et les sources de la ‘Hassidout à l’extérieur.

Le Rabbi souligne, notamment, que ses émissaires doivent se distinguer par leur érudition de la Torah. Il explique, à ce propos, comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, publié en Erets Israël, à la page 627 :

De façon générale, quand on se prépare à être un émissaire ou bien un responsable communautaire, on doit d’abord avoir une connaissance précise de la Torah, de sa partie révélée et de la ‘Hassidout. A l’époque actuelle, cela est particulièrement important.

Le Likouteï Si’hot, tome 23, à la page 540, rapporte la réponse du Rabbi à quelqu’un qui voulait devenir son émissaire immédiatement après son mariage :

Pour connaître la réussite, dans la mission que l’on assume, on doit se préparer de la manière qui convient en consacrant au moins une année à l’étude de notre sainte Torah, avec enthousiasme et ardeur.

Le Rabbi précise aussi que la connaissance de la Torah est le moyen de se libérer des limites de sa propre personnalité, comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, publié en Erets Israël, à la page 477 :

Vous allez faire en sorte que votre prochain se libère de ses limites et de ses entraves. Pour cela, vous devez, vous aussi, vous libérer des vôtres et, pour y parvenir, répéter, par cœur, des passages de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, au-delà de vos limites et de vos entraves. Plus vous développerez cette pratique et mieux cela sera.

Pourquoi le Rav Mena’hem Mendel de Vitebsk reffusa de succéder au Maguid de Mezeritch

Pourquoi le Rav Mena’hem Mendel de Vitebsk reffusa de succéder au Maguid de Mezeritch

Photo : La tombe du Rav Mena’hem Mendel de Vitebsk

 

 

Le Rav Mena’hem Mendel de Vitebsk (1730 -1788), aussi connu sous le nom Mena’hem Mendel de Horodok, était un dirigeant du judaïsme hassidique. Faisant partie de la troisième génération de dirigeants hassidiques, il était le principal disciple du Maguid de Mezeritch. Depuis sa base à Minsk, Mena’hem Mendel a joué un rôle déterminant dans la diffusion du hassidisme dans toute la Biélorussie.

 

À l’hiver de 1772,il se rendit chez le Gaon de Vilna avec Rabbi Shneur Zalman de Liadi dans le but de le convaincre d’annuler son interdiction du hasidisme.  Le Gaon de Vilna refusa de les recevoir.

Après la mort du Maguid, le Rav Mena’hem Mendel et son compagnon disciple le Rav Abraham Kalisker («Kalisker») se sont installés à Horodok. En 1777 les deux, ainsi que 300 adeptes, ont émigré à Eretz Israël, s’installer à Safed, la Syrie ottomane. En 1783, ils sont forcés de quitter Safed et sont transférés à Tibériade. La synagogue qu’ils y ont construite en 1786 figure toujours parmi les anciennes synagogues de Tibériade.

Après le décès du Maguid de Mezritch, en 1772, un groupe de ses hassidim s’approcha du Rav Mendel d’Horodok pour lui demander de succéder au Maguid de Mezritch comme Rabbi.

Ils ont alors présenté au Rav Mendel une lettre, signée des plus grands disciples du Maguid, dans laquelle ils lui adressaient divers titres honorifiques et affirmaient qu’ils l’avaient accepté comme leur Rabbi.

Le Rav Mendel pris la lettre, l’a lue et l’a garda un certain moment, puis la rendit au Hassid qui lui  a remise. « Si vous n’avez pas accepté la lettre », demanda le Hassid, « pourquoi ne l’avez-vous pas retournée tout de suite? »

Le Rav Mendel répondit: «Au début, je me suis dit:« Il y a des signatures de grans Hassidim ici. Quand je me rendrai dans le monde futur, je pourrai montrer cette lettre avec toutes les signatures de Hassidim importants, ils croiront  alors que je suis digne d’aller directement au paradis. Pour cette raison, j’ai accepté la lettre. Puis je me suis demandé: « Et si ils me demanderaient ce que je pense de cette lettre? » Sachant que ma réponse ne serait pas favorable, j’ai compris que cette lettre n’était d’aucune utilité et je l’ai donc retournée.”

VIDEO. Le Rav Yossef Its’hak Jacobson bénit le président Donald J. Trump lors d’un dîner organisé par America First

VIDEO. Le Rav Yossef Its’hak Jacobson bénit le président Donald J. Trump lors d’un dîner organisé par America First

Le Rav Yossef Its’hak Jacobson présentant le président Donald J. Trump lors d’un dîner organisé par America First, le 12 novembre 2019, au InterContinental New York Barclay, à Manhattan.

L’événement, organisé par Leizer Schiner, a rassemblé des donateurs juifs américains qui ont exprimé leur gratitude au président pour son amitié unique avec Israël et le peuple juif.

Programme: Le MC de l’événement était Kivi Bernard. Hymne américain de Beri Weber. Invocation par le Rav Yisroel Reizman. Paroles d’introduction par Rabbi YY Jacobson. Discours du président Trump.

 

Texte et Audio : Dvar Mal’hout sur la Paracha de Vayéra  « L’Attachement au Rabbi »,   par le Rav Yaakov Abergel

Texte et Audio : Dvar Mal’hout sur la Paracha de Vayéra « L’Attachement au Rabbi », par le Rav Yaakov Abergel

(Pour la réussite spirituelle et matérielle de Shimchon Benhamou et de Chlomo Tordjman)

 

‘L’Eternel lui apparut dans les plaines de Mamré, alors qu’il était assis à l’entrée de la tente, dans la chaleur du jour’.

Selon l’explication de Rachi ‘la chaleur du jour’ signifie que ‘Le Saint béni soit-Il fit sortir le soleil de son enveloppe afin de ne pas le fatiguer avec des invités’, et le Rabbi souligne que ‘le soleil qui sort de son enveloppe’ évoque le dévoilement du Nom divin ‘Havayéh’ (le soleil), lequel ‘sort de son enveloppe’, c’est-à-dire qu’il n’est plus caché par le Nom divin ‘Elokim’ (son enveloppe).’Le soleil qui sort de son enveloppe’ est donc une allusion au dévoilement supérieur de l’Essence divine, laquelle est symbolisée par le nom ‘Havayeh’.

La Mitsvah de la Milah a en effet ceci de supérieur à toutes les autres Mitsvoth de la Torah, qu’elle attire la Sainteté, non seulement dans la matière du corps, mais également dans la matière de ce monde. En effet la promesse que fit Hachem à Avraham de lui donner, et de donner à tous les enfants d’Israël, la Terre d’Israël, dépend de la Mitsvah de la Milah.

Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha ‘Le’h Lé’ha’, le Rabbi nous explique que nous ne possédons pas à présent la totalité de la Terre d’Israël, car nous ne possédons que sept des dix Terres qui constituent sa totalité (de manière profonde les sept Terres que nous avons reçues correspondent aux sept Midot : les sept attributs de l’émotion, et chaque Mida inclut en elle les sept Midoth, ce qui fait un total de 49).

Ce n’est que dans les Temps messianiques que nous recevrons les trois Terres de ‘Kini’, ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’, lesquelles correspondent aux trois forces de ‘Habad : ‘Hohmah’, ‘Binah’ et ‘Daat’. Il y a d’ailleurs une allusion à ce dévoilement, qui aura lieu au moment de la Délivrance, dans notre Paracha (Vayéra, 18, 2) : Avraham ‘leva les yeux, il vit, et voici trois hommes qui se tenaient debout devant lui’, car le Rabbi nous enseigne que ces ‘trois hommes’ représentent en réalité l’Essence des 3 attributs divins de ‘Hokhmah’ ‘Binah’ et ‘Daat’.

Ces ‘trois hommes’ ne sont donc pas sans évoquer le don des trois Terres et le dévoilement des trois Mo’hin qui auront lieu pendant la Délivrance, et qui de ce fait ‘se tiennent devant nous’, les enfants d’Avraham, car ‘la chose est proche de nous dans notre bouche et dans notre cœur pour l’accomplir’, et dans les Temps messianiques L’Eternel dévoilera enfin aux enfants d’Israël, par l’intermédiaire du Machia’h, la ‘Cinquantième Porte de la Connaissance’.

Le lien qui existe entre le corps et la Terre d’Israël apparaît ici à l’évidence car l’acquisition de la totalité de la Terre d’Israël dépend directement du fait de nous préparer à la venue du Machia’h, c’est à dire de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour sanctifier notre corps, d’abord par la circoncision ‘matérielle’, qui consiste à faire pénétrer l’Alliance avec D.ieu dans notre propre chair, mais aussi par la circoncision ‘spirituelle’ qui consiste à étudier l’Essence de la Torah, la ‘Hassidouth, afin de devenir un réceptacle pour recevoir le dévoilement des trois Terres de ‘Kini’ ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’, qui correspondent, comme il vient d’être dit, à la ‘Cinquantième porte de la Connaissance’ : ‘Torah Hadacha’, la Torah du Machia’h.

La ‘Hassidout revient constamment sur le fait que la Volonté du Saint béni soit-Il, le but de Sa Création, est Son désir de résider dans ce monde matériel. Or, ce monde est le plus bas d’entre tous les mondes, et force est de constater que ‘c’est précisément sur cette Terre inférieure que se révèle Son Essence’.

Ce principe essentiel s’exprime tout particulièrement par l’exemple de Moché. Hachem le choisit pour être le Berger d’Israël car ‘il est le plus humble parmi tous les hommes de la Terre’. A l’exemple d’Avraham qui a déclaré de lui-même qu’il n’est que ‘poussière et cendre’, Moché est humble comme ‘la poussière de la Terre que tout le monde piétine et qui ne s’en plaint jamais’.

De manière profonde, la ‘Terre’ représente la soumission la plus totale vis-à-vis de L’Eternel. C’est parce qu’il est humble, qu’il mérite que D.ieu se révèle à lui : ‘L’Essence divine Se révèle précisément sur la Terre’. C’est à ce sujet que le Rabbi rapporte dans le Dvar Mal’hout la declaration du Roi Chlomo selon laquelle : ‘Les cieux et les cieux des cieux ne peuvent pas Te contenir, mais le Beït Ha Mikdache qui se trouve ici, dans ce monde inférieur, le peut’.

Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi explique que lorsqu’un Juif lit dans la Torah : ‘L’Eternel lui apparut’, il doit comprendre que le mot ‘lui’ s’adresse à lui-même. Le mot ‘lui’ ne désigne pas une seule personne, il vient inclure l’ensemble des enfants d’Israël, lesquels reçoivent ‘une parcelle de divinité d’En-Haut’, le huitième jour qui succède à leur venue au monde, au moment de la circoncision. L’Alliance avec l’Eternel s’inscrit alors dans la profondeur de leur chair, comme un signe gravé dans l’âme et dans le cœur.

‘L’Eternel lui apparut’ représente le moment de la circoncision, pendant lequel l’âme divine pénètre profondément dans le corps de l’enfant. Peut-être est-il possible de dire ici sous la forme d’un ‘Hidouch qu’il est aussi fait allusion à cela dans le verset décrivant Avraham ‘alors qu’il était assis à l’entrée de la tente’ (Vayéra, 18, 1).

En effet, l’Admour Hazaken dans l’un de ses discours ‘Hassidiques a comparé l’âme à une tente, et cette image d’Avraham assis à l’entrée de la tente n’est donc pas sans évoquer ce moment unique pendant lequel l’âme s’asseoit dans le corps, c’est à dire le moment de la circoncision, de l’Alliance éternelle entre le Saint béni soit-Il et les enfants d’Israël, de l’Alliance entre l’âme et le corps.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, le Rabbi raconte l’histoire du Rabbi Rachab (dont l’anniversaire est le 20 du mois de Mar-Hechvan), lorsque âgé de 4 ou 5 ans, il entra dans le bureau de son grand-père, le Tsémach Tsédek en pleurant et en se plaignant, disant : ‘L’Eternel est apparu à Avraham mais à nous il ne nous est pas apparu’.

Cette histoire nous enseigne l’importance de désirer nous-même au point d’en pleurer le dévoilement de D.ieu. L’exemple du Rabbi Rachab lorsqu’il est un enfant parle de lui-même.

Un des mots employés par le Rabbi dans l’histoire qu’il nous raconte attire tout particulièrement notre attention. Le Rabbi Rachab ne dit pas ‘LEternel ne m’est pas apparu’, mais il dit : ‘LEternel ne nous est pas apparu !’. Le Rabbi Rachab désire que L’Eternel apparaisse aux yeux de tous :’ne nous est pas apparu’, et non pas seulement à ses propres yeux.

Par ailleurs, le Rabbi souligne ici la qualité des jeunes enfants d’Israël. Leur attachement à D.ieu ne dépend pas des forces de leur intellect, ni même de leurs sentiments. Leur attachement à D.ieu découle de l’Essence de leur âme, du lien qui dépasse la raison et l’intellect.

Dans son ouvrage intitulé : ‘La Source’, le Rabbi Rachab nous enseigne que ‘l’intellect affaiblit la volonté’. Cette volonté inébranlable de faire le bien et de s’éloigner du mal, pour ne faire que la Volonté du Saint- béni-soit-Il. Cette volonté de voir avec nos yeux de chair le dévoilement de D.ieu, de Son Temple, de Sa Torah ‘Hadacha, et de Son Machia’h.

Un des points essentiels du Dvar Mal’hout sur notre Paracha, est que chaque Juif possède la capacité de dévoiler et de révéler dans nos actions, la partie la plus profonde son âme. Lorsqu’il nous enseigne ce sujet, le Rabbi déclare que ‘L’âme divine est une parcelle de divinité véritable, et lorsque l’on détient, ‘tofès, une partie de l’Essence, on la détient dans sa totalité. On détient véritablement l’Essence divine’.

Aussi, le mot ‘tofès’ (‘tfisa’ : ‘détention’) est lié à l’acquisition, au ‘kinian’, par lequel un homme devient propriétaire de la chose acquise. Ainsi, chaque Juif ‘tofès’ et acquiert, devient propriétaire de l’Essence divine de manière véritable’.

La circoncision matérielle sur notre chair est la première étape vers cette acquisition. ‘L’Eternel lui apparut’ au moment désigne la première apparition de l’âme divine dans le corps au moment de la Brith-Milah, puis par notre attachement à la partie profonde de la Torah, par notre attachement à tous les enseignements du Rabbi, nous parviendrons à la circoncision de notre cœur, à ‘aimer D.ieu de tout notre pouvoir’, et dans cas L’Eternel nous apparaîtra, et nous Le verrons avec nos yeux de chair, ainsi qu’il est dit : ‘De ma chair je verrais D.ieu ! ‘

Très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.