לע״נ הרה״ח ר׳ שמואל וזוגתו מרת בתי׳ ע״ה אזימאוו
שלוחי כ״ק אדמו״ר כיובל שנה במדינת צרפת

Attentat en Samarie: les terroristes toujours pas retrouvés

Des terroristes ont tiré depuis leur véhicule lundi soir sur une voiture près de l’intersection de Shevout Rahel en Samarie. Les quatre occupants juifs de la voiture, habitants de Kochav Hashah’ar, ont été blessés à divers degrés, l’un d’eux, Malakh’i Rosenfeld, est dans un état très grave.

Il s’agit en fait d’un miracle qu’il n’y ait pas eu de morts car l’armée a relevé plus de vingt-cinq impacts de balles sur le véhicule!

A Tsahal on note une recrudescence des actes terroristes »isolés et spontanés » surtout depuis le début du Ramadan. Motti Yogev (Habayit Hayehoudi) demande à Tsahal de faire un examen de conscience sur sa politique en Judée-Samarie: « Il n’est pas admissible que nous accordions des allégements aux Arabes Palestiniens à l’occasion du Ramadan et que nous récoltions plus d’attentats en retour », explique Yogev.

Cérémonie émouvante à Sinaï : les élèves de l’école retrouvent des descendants de survivants de la Shoah

article Actualité Juive

Jeudi 18 juin, les larmes ont gagné les yeux d’un grand nombre de personnes à la cérémonie organisée à l’école Sinaï située du 110 au 114 boulevard de Ménilmontant dans le XX. arrondissement. L’adresse à son importance, elle est même primordiale. Car ce 18 juin, une plaque a été dévoilée, révélant les noms des habitants juifs déportés de ces lieux. il y a plus de 70 ans.

La cérémonie n’a pas été ouverte par les officiels. Les représentants de la maire de Paris, de la ministre de l’Education et de la Culture étaient pourtant présents, tout comme le grand rabbin de France et de Paris. Ce sont les douze enfants de CM2 à l’origine de ces recherches alternant discours et chorales, qui ont donné le ton avec leur directrice Mme Krawiec, elle-même petite-fille d’enfant caché, à l’origine du projet, et leurs institutrices Mmes Stéphanie Klein et Myriam Haziza qui ont piloté le projet.

Ce jour-là, ces douze enfants ont marqué les esprits par leur engagement qui a permis de réaliser leurs deux objectifs : dix d’entre eux. les filles, ce sont attelées à la lourde tâche d’écrire les mémoires d’Edmond Richmond, enfant caché, qu’ils ont rencontré « afin de réaliser, par des ateliers d’écriture, livre de littérature de jeunesse sur cette période de sa vie », a expliqué Mme Haziza. Le livre, en recherche de financement, devrait paraitre très bientôt.

Le deuxième a été réalisé par les deux garçons du groupe. Partis à la recherche des personnes juives vivant entre le 110 et le 114 boulevard Ménilmontant, leurs investigations les ont menés du Centre de Documentation Juive Contemporaine au Mémorial de la Shoah. Partis à l’assaut d’internet, ils ont également rencontré des anciens du quartier. Résultat : treize noms sortis des limbes, enfants cachés ou déportés. « Nous avons ensuite voulu étendre nos recherches et trouver plus de renseignements comme savoir où ils avaient été internés et déportés, savoir si certains étaient revenus ou s’ils avaient de la famille encore vivante », explique Yoni dans son discours.

Nous sommes malheureusement habitués des cérémonies et des commémorations. Georges Kuchman, déppgé à Drancy. Elles sont le signe des épreuves passées, mais aussi de la vitalité des mémoires. Protocole oblige, elles se figent parfois dans des instants sans émotion, où le sens même semble parfois évacué. Mais dans le face-à-face entre les enfants, les institutrices et les descendants de ces premiers habitants, une alchimie particulière a opéré.

Les descendants de Marcel Kuchman, qui tenait une boulangerie au 110 boulevard Ménilmontant ont fait le déplacement ce jour-là. Il y a trois semaines seulement que la maîtresse de Yoni a retrouvé les traces de sa fille Annie-Myriam, de Sarah Sisman, Catherine et Brigitte Kuchman, toutes présentes ce jour-là, émues aux larmes. Cette dernière raconte une histoire héritée de son père Marcel : « Mon père et moi (Marcel-Ndlr) étions internés à Drancy. Quand je suis sortie, parce que la police française évacuait les enfants, mon père m’a dit « n’oublie jamais » et « nékoumé vengeance en yiddish Mais si la plus belle vengeance, s’est demandée Brigitte, c’était la vie : pour un mort, une vie… », a-t-elle expliqué en regardant les enfants de l’école autour d’elle. Et concluant : « grand-père, aujourd’hui tu es vengé…

Le nouveau Ganon de Beth Rivkah à Yerres

Notre merveilleux nouveau Jardin d’Enfants a pu voir le jour en juin 2015. Ce ne sont pas moins de 40 tout-petits de 2-3 ans qui sont entrés avec les yeux qui brillaient découvrir leur « nouveau monde » riche en couleurs, en ateliers et équipé de matériel d’éveil de grande qualité.


Le personnel a également pu apprécier un avant gout de la rentrée avec des équipements de pointe pour leur faciliter la vie et leur donner la possibilité d’octroyer toujours plus de temps à l’épanouissement des enfants…


L’équipe de la direction

Ouverture d’un Beth Habad à Wilmette, Chicago

Wilmette est une banlieue de Chicago sur le lac Michigan où la population juive est importante, elle compte environ 6000 personnes. A l’heure actuelle, environ deux cent cinquante familles sont impliquées dans les activités du Beth Habad tout au long de l’année. Jusqu’à présent, le Rav David Finkenstein et son épouse s’occupaient de leur Chlihout depuis un sous-sol, ensuite depuis un magasin. Leurs activités s’étant développées au fil du temps, leurs programmes et leur services étaient dispersés dans plusieurs endroits.

Le nouveau Beth Habad d’environ 800 m2 est construit en pierre de Jérusalem. Il comprend une grande synagogue, des salles pour les cours d’hébreu pour adultes, une cuisine industrielle et une zone de loisirs pour les adolescents.

Beth Loubavitch des étudiants : voyage chez le Rabbi Guimel Tamouz 5775

Ils ont du mal à trouver les mots, l’émotion se lit sur leurs visages, ils ont vécu une expérience unique, inoubliable.


Tout a commencé à la fin du Beth Hamidrach du jeudi soir, lorsque Mendi annonce à tous les participants que ceux qui veulent voyager pour Guimel Tamouz pourront le faire à un tarif spécial étudiants.


Très vite un groupe se forme, Ben, Jonas, Eitan et Eytan, Menahem et Jeremy. Et c’est parti.


Durant ce court mais intense voyage de 3 jours, ils ont écrit au Rabbi une demande de bénédictions au Ohel dans le Queens, étudié ses enseignements, passé un Chabbat sur place avec plus de 5000 personnes dans une ambiance indescriptible.

Après toutes ces émotions, ils sont allé manger au restaurant à Manhattan.


Le lendemain, déjà le jour du départ, ils ont passé un moment dans la synagogue du Rabbi, le célèbre 770, à Brooklyn.


Chacun le raconte avec ses mots, peu importe le décalage horaire, les révisions, la foule… La sensation est la même: avant de partir ils étaient des connaissances, voire des amis. A leur retour, ils sont une fratrie. On ne rentre pas de chez le Rabbi comme on y est parti.


On dit que les voyages forment la jeunesse. Cet adage n’a jamais été aussi vrai que pour ce voyage.

N.B. D’autres voyages seront organisés, nous vous tiendront informés

Consistoire : Centre Européen du Judaïsme dans le 17ème

Un projet qui cherche délibérément à faire les choses en grand ! Outre ses attributions cultuelles et culturelles, le futur Centre du judaïsme européen, qui prévoit d’ouvrir ses portes dans les deux prochaines années, entend pleinement rayonner vers l’extérieur, en ces temps troublés par l’intolérance et le repli sur soi. Il se veut « la vitrine d’un judaïsme bien vivant, ouvert et actif, le rempart contre l’oubli, l’ignorance et les préjugés » et contribuer ainsi au « vivre ensemble », afin de toujours demeurer partie prenante à la construction du monde de demain. Un impératif que l’institution consistoriale sera en mesure d’optimiser réellement, elle qui œuvre déjà en faveur de la connaissance du judaïsme à travers la formation des personnels hospitaliers, d’éducation, de justice, de police et des prisons en lien avec les ministères concernés.

Un dialogue interculturel qu’elle sera à même de renforcer au sein des 2 500 m2 (dont 650 m2 de salles de spectacle et d’exposition) notamment consacrés aux expositions, colloques, concerts, spectacles, animations, cursus de formation et ateliers. Une offre culturelle qui s’adressera en premier lieu aux générations futures sous-tendues par la notion de transmission, dans un cadre idéal qui réunira une bibliothèque, un espace multimédia, un centre d’information, d’archives et de conservation du patrimoine. « Parce que la communauté juive française est le pivot du judaïsme européen, le Centre se tournera vers l’Europe et l’avenir », indique Daniel Vaniche responsable du projet. Construit au cœur même de la communauté la plus importante du Vieux continent, il représentera l’espace même de coopération entre les différentes institutions juives européennes afin de pouvoir non seulement mutualiser l’ensemble des expertises, mais de promouvoir et préserver une identité juive plurielle. Serge Cwajgenbaum, secrétaire général du Congrès juif européen, pour qui le CEJ est un projet novateur à une époque où le judaïsme européen a besoin de s’adosser à des repères solides, confie à Hamodia : « Le futur Centre sera amené à jouer un rôle capital, permettant de mieux faire passer le message du judaïsme, offrant aux Juifs d’Europe la possibilité d’appréhender leur culture, leur passé et d’assurer leur avenir ». Porté par l’ensemble des communautés consistoriales de France, le projet du CER s’inscrit enfin dans une volonté manifeste de répondre toujours mieux aux attentes du monde juif hexagonal, mettant à disposition du public une offre diversifiée de services. « Il sera la maison des communautés juives de France et d’Europe », précise Sam Attia, président de la communauté Brit Chalom à Paris, investi dans le projet au sein du Consistoire central. « Un magnifique et monumental projet, qui servira tous les consistoires de France » poursuit Maurice Nidam, président du consistoire de Nice et ordonnateur des dépenses du CEJ, veillant à la faisabilité du projet, soulignant ainsi que le fonctionnement du Centre permettra de réaliser des économies d’échelle à travers notamment la possibilité de louer l’auditorium. Les 1 300 m2 dédiés au pôle cultuel rassembleront à eux seuls une synagogue de 800 m2, la direction opérationnelle de l’ensemble des services consistoriaux – du Beth-Din à la conversion en passant par les mariages et ‘Hévra Kadicha -, un mikvé, un talmud Torah et un espace de restauration. La synagogue, joyau posé au-dessus du hall et de la salle de fête, sera la plus grande de l’Ouest parisien, à la hauteur des attentes de la communauté. Mais face à un contexte qui semble se tendre jour après jour pour les Juifs français et européens, on est en droit de se demander si l’atmosphère d’insécurité qui règne actuellement a quelque peu semé des doutes quant à la continuité du projet. Pour Sam Attia, « le problème a été soulevé lors du dernier séminaire des présidents de communautés au lendemain des funestes événements de janvier. Le doute est une réaction légitime. Après l’attentat de l’Hypercasher, nous étions tous à fleur de peau. Mais comme l’a dit le grand rabbin de Paris Michel Gugenheim, les dirigeants communautaires n’ont pas la même approche que le simple citoyen. Nous sommes comme des bergers qui ne peuvent abandonner leur mission. Nous croyons fortement en ce projet, il représente un véritable espoir pour le judaïsme français qui va perdurer ! »

Par Katja Epelbaum / Hamodia

Guimel Tamouz avec le club des dames du Beth Loubavitch

Une soixantaine de dames du cours du mardi au Beth Loubavitch de la rue Lamartine, se sont réunies Roch Hodech Tamouz pour célébrer Guimel Tamouz au restaurant le Kavod.


Rav Mickaël Sojcher, Chaliah à Boulogne a livré un très bel enseignement du Rabbi concernant le fait d’être toujours positif.


Le grand Rabbin de France, Haïm Korsia qui était présent, a encouragé les rassemblements positifs de ce genre.


L’après-midi s’est poursuivi avec la participation de la chanteuse Meleha qui, comme à son habitude, a enthousiasmé toute l’assemblée.

Le Rabbi de Viznitz commémore la Hilloula du Rabbi de Loubavitch devant des milliers de Hassidim

Kikarhashabat, traduit par hassidout.org

Le Rabbi de Viznitz a participé, vendredi soir, 3 Tamouz, à un « Tish » géant (réunion hassidique) en présence de milliers de ses Hassidim. Il a rappelé que c’était le jour de la Hilloula du Rabbi de Loubavitch.

Le Rabbi de Viznitz a raconté l’entretien qu’il avait eu avec le Rabbi de Loubavitch en 1984 au mois de Tevet, il y a 31 ans. Lors de cet entretien qui avait duré près d’une heure et demi, le Rabbi de Loubavitch lui avait demandé de transmettre un message à son père zt « l, le précédent Rabbi de Viznitz, qui était a l’époque l’un des chefs de file du Conseil des Sages de la Torah du mouvement Agoudat Israël. Le Rabbi de Viznitz n’a pas révélé la teneur de ce message.

Il a rappelé le mérite inestimable du Rabbi de Loubavitch qui a influencé des millions de Juifs dans le monde entier. « Il a envoyé des milliers d’émissaires dans le monde afin que chaque Juif puisse avoir un lien avec le judaisme, y compris dans les endroits les plus reculés. »

Le Rabbi de Viznitz s’est également émerveillé de la simplicité du Rabbi de Loubavitch qui vivait très modestement malgré sa haute position.

« Le Rabbi de Loubavitch s’est consacré jour et nuit pendant toute sa vie à l’ensemble du Peuple Juif et pas seulement à ses propres hassidim. Que son mérite nous protège tous », conclut-il.

Des objets rares ayant appartenu au Rabbi et à la Rabbanit sont exposés à Jérusalem

Photos : Ezra Landau / Gold PR

Hassidout.org

De la vaisselle et d’autres objets rares ayant appartenu au Rabbi et à la Rabbanit Haya Mouchka sont actuellement exposés à Jérusalem à l’occasion de Guimel Tamouz.

Parmi ces objets, il y a une cuillère en argent utilisée par le Rabbi et la Rabbanit, une première édition du Tanya (publiée en 1796 à Slavita), un manuscrit de Maamarim de l’Admour Hazakène écrit en 1802 alors qu’il était encore en vie, une lithographie du portrait du Tsemah Tsedek faite à Vilnius à partir de 1886, une lettre du Rabbi Rayats de la dernière année de sa vie avec sa signature ainsi que d’autres livres avec la signature du Rabbi, des lettres et des dollars.

Ces objets sont actuellement exposés au « Kedem Auction House », une des plus grandes salles de ventes aux enchères Judaïca au monde où ils seront mis en vente pendant deux semaines. Le prix d’ouverture de cette collection sera de 20.000 dollars.

La cuillère en argent est gravée en son manche de la lettre «S» (pour Schneerson), un splendide plateau en argent est également gravé en son centre des initiales «MS» (pour Rabbanit « Moussia Schneerson »), une serviette brodée, des plats de service en argent et un porte-serviette font également partie des objets de cette exposition. Ces objets avaient été offerts par la Rabbanit à une femme qui vivait à Crown Heights. ALBUM PHOTOS

Le Rabbi de Loubavitch

Le Rabbi de Loubavitch

fr.chabad.org

Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, septième héritier de la dynastie du Hassidisme Habad-Loubavitch fondée en 1797 par Rabbi Schnéour Zalman de Lyadi, est né le 11 Nissan (18 avril) 1902 à Nikolaiev en Ukraine au foyer de Reb Levi Yits’hak et de la Rabbanit ‘Hannah. Il doit de porter le même patronyme que Rabbi Yossef Yist’hak, son futur beau-père auquel il succèdera, au fait que tous deux descendent, à travers deux lignées différentes, de Rabbi Mena’hem Mendel, troisième de la lignée, le célèbre Tsemah Tsedek. Il passera sa jeunesse à Yekatrinoslav (rebaptisée Dniepropetrovsk par les bolcheviks) dont son père Rav Levi Yits’hak est le rabbin.

Rav Levi Yits’hak est un maître inspiré de la Kabbale, qui explore le Zohar et le Talmud en identifiant les âmes de leurs Maîtres aux sphères du divin. En 1911, au moment de l’affaire Beilis, la dernière et spectaculaire affaire de meurtre rituel, il sera chargé de constituer le dossier kabbalistique de l’instruction. On dit que le petit « meka » qui a alors neuf ans lui sera d’une aide précieuse.

Contre toute attente, le futur Rabbi de Loubavitch ne fréquentera pas de Yéchiva. En dehors d’un premier maître avec lequel il fera ses premiers pas dans les textes – et auquel il vouera une éternelle déférence –, son père sera son unique précepteur. On aime à dire de tels personnages que dès leur tendre enfance ils étaient des prodiges. En l’occurrence, l’euphémisme est émouvant. Reb Levik prescrit à son fils un cursus de 16 heures d’études quotidiennes allouées à la Torah et lui abandonne les huit qui restent pour s’alimenter, dormir et… pour les études profanes avec différents professeurs de la ville dont la communauté juive est une pépinière d’intellectuels. L’enfant soutient le défi. Il accumule les lectures, dévore des dictionnaires de langues, tout en passant le plus clair de son temps à étudier les ouvrages dont il devra un jour assurer l’héritage. Sa chambre est tapissée de cartes astronomiques. Sa mère se plait à vanter ses capacités d’absorption – celles qui lui permettront, le moment venu, de dicter la réponse à une lettre en en lisant trois autres. On sait également qu’il ne prise guère les distractions de son âge et que les livres sont déjà sa patrie.

Pour les qualité humaines, sa mère relatera tardivement qu’il sauta à l’âge de dix ans dans le Dniepr gelé pour sauver un enfant qui se noyait et qu’il manquera d’être emporté par le typhus contracté lors d’une épidémie après s’être porté secouriste volontaire. Peu de choses tout de même au regard de ce que l’avenir révélera. Le jeune homme s’intéresse à tout. C’est à dire à tous les déploiements intellectuels dont il fera plus tard usage pour valoriser le Créateur et la profession de foi rédemptrice de la Torah. Il s’inscrit en candidat libre dans divers établissements et y obtient des diplômes. La chose jure un peu avec l’orthodoxie de son extraction, mais ce ne sera que le premier des paradoxes dont le personnage foisonnera.

Au moment où il rencontre Rabbi Yossef Yits’hak en 1923, à Rostov, il est quasiment inconnu de la communauté ‘hassidique qui campe autour du maître. Elle est même un peu surprise par ce jeune homme de vingt et un ans, impeccablement mis, et aux manières raffinées assez peu rencontrées sous ses latitudes, d’autant plus que l’on saura vite que le sémillant jeune homme est destiné à épouser la dernière des filles du Rabbi : ‘Haya Mouchka. Le Rabbi rassure ses disciples en attestant que ce jeune homme un peu suspect sait mot à mot les deux Talmud et les grands décisionnaires, et que les larmes qu’il verse lors du Tikoun ‘hatsot – ces lamentations que les très pieux récitent quotidiennement à minuit – sont indicibles.

* * *

En 1927, l’enfer carcéral du bolchevisme commence à broyer les institutions religieuses et Rabbi Yossef Yits’hak qui ne laisse planer nulle équivoque sur le mépris qu’il voue à ce régime et du peu de cas qu’il fait de son règlement est arrêté. La sentence de mort prononcée contre lui est miraculeusement commuée en exil et durant l’été suivant, il doit quitter la patrie du ‘Hassidisme pour Riga ou il établira six ans durant son « gouvernement en exil ». Il emmène sa famille, ses proches disciples et son futur gendre qui fait un ultime adieu à parents.

Le 27 novembre 1928 à Varsovie, Rabbi Mena’hem Mendel épouse la fille de Rabbi Yossef Yits’hak, la Rabbanit ‘Haya Mouchka. Lors de ce mariage, la capitale polonaise, haut lieu s’il en fut, du Judaïsme d’Europe centrale connaîtra une de ses dernières effervescences avant l’épouvante. Des sommités rabbiniques dont le lieu foisonnait à l’époque, eurent alors l’occasion de mesurer la texture intellectuelle de cet homme apparu ganté de blanc qui leur fournit une matière édifiante.

Le nouveau couple part ensuite s’installer à Berlin où le futur Rabbi fréquentera l’université, et un grand nombre d’intellectuels juifs dont la cité s’honore encore (il se souviendra par la suite y avoir vu Albert Einstein jouer du violon…) En 1933, la montée au pouvoir du nazisme les fait quitter Berlin pour Paris. Là, il fréquentera la Sorbonne et d’autres établissements de l’enseignement supérieur tout en revivifiant l’esprit des nombreux réfugiés que la tourmente commence à déverser dans la Ville des lumières. Il assure aussi un cours quotidien à l’oratoire du 17 rue des Rosiers.

Ceux qui fréquentent le couple, qui habite à quelques encablures de la station Mouton Duvernet, attesteront que l’ouverture de cet homme aux êtres et aux idées cohabite avec une piété méticuleuse. De son séjour dans la capitale française, le Rabbi gardera toute sa vie un attachement particulier au judaïsme français, dont l’histoire par la suite le lui rendra bien. Au point même que lors d’un mémorable Sim’hat Torah en 1974 à New York, auquel assistaient quelque cinq cent Français, devant une communauté médusée, il fit danser les Français sur l’air de… la Marseillaise qu’il entonna sur les paroles d’un cantique à la gloire de D.ieu, récité le Chabbat et les Fêtes à la synagogue.

En 1941, l’invasion de la France le fait quitter Paris pour la Zone libre. Son périple le conduit à Vichy puis à Nice. Certains témoignages attestent qu’il y aura des liens avec la Résistance locale, et qu’il emmènera même des jeunes en montagne la nuit pour confectionner des Matsot à l’approche de Pessah.

Entre temps, en Russie, son père exaspère les bolcheviks en refusant de jouer leur jeu. Une nuit précédant la Fête de Pessa’h 1939, le NKVD fait irruption chez lui et l’emmène. Après avoir transité de prison en prison, il est envoyé en exil dans un cloaque du Kazakhstan où il quittera ce monde le 9 août (20 Av) 1944 dans une pitoyable déchéance physique. C’est là-bas qu’avec de l’encre confectionnée par son épouse – laquelle l’aura rejoint entre temps – il écrira ses commentaires kabbalistiques du Zohar, sur les marges des quelques livres qu’il aura pu emporter. Son fils les publiera par la suite et les commentera abondamment.

En mai 1941, le Rabbi et son épouse embarquent à Marseille pour Barcelone. Peu après, ils embarqueront à Lisbonne pour accoster à New York le 23 juin 1941. Son beau-père s’y trouve depuis mars 1940 après avoir échappé d’une façon aussi rocambolesque que miraculeuse à l’anéantissement des Juifs de Varsovie.

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Le Mena’hem Schneerson qui arrive à New York est aussi méconnu de la colonie Loubavitch américaine qu’il l’était de l’entourage de son beau-père en Russie. Il est enjoué, plein d’humour et de distinction, mais très réservé. Dans un premier temps, il se consacre exclusivement à la maison d’édition fondée par son beau-père et qui s’est donnée pour tâche de publier l’immense patrimoine accumulé depuis deux siècles.

Mais la santé de son beau-père décline et il est appelé à le remplacer pour célébrer les Farbrenguen, ces réunions ‘hassidiques lors desquelles les interventions du Rabbi alternent avec les chants. C’est ici que l’on va découvrir la trempe de ce charmant intellectuel que son beau-père appelle « mon ministre de la culture ». Dans ses interventions il fait sauter les clivages qui cloisonnent apparemment les diverses disciplines du savoir accumulé par la tradition juive. Le pilpoul talmudique est soudain chamarré de Kabbale, le sens littéral devient écarlate quand la sève du ‘Hassidisme ‘Habad les irrigue et les irradie. Cet homme qui n’a pas cinquante ans fait boire, danser, exulter et réfléchir des doctes qui ont parfois deux fois son âge et qui n’aperçoivent rien de semblable dans leur expérience passée.

Au printemps 1947, il fait son ultime voyage à l’étranger en revenant à Paris accueillir sa mère qui a réussi à quitter l’Union soviétique. Il ne quittera plus jamais son fief de Crown Heights à Brooklyn.

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Le 10 Chevat 5711, 17 janvier 1951, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson s’assoit sur le siège laissé vacant, par le départ de son beau-père un an auparavant et devient le septième Rabbi de Loubavitch. Il abat très vite ses cartes et sa profession de foi se résume en un mot : « Oufaratsta », la diffusion de la Torah et de ses valeurs vers tous les horizons juifs qu’elles n’ont pas encore atteintes. C’est le saut à corps perdu dans cette entreprise qui attestera du véritable attachement de ses ‘hassidim à son enseignement. D’un ghetto où s’est replié un quarteron de juifs timorés par un passé traumatisant, il fera une citadelle ou afflueront chaque année des dizaines de milliers de juifs venus de tous horizons intellectuels et géographiques. Les Farbrenguen qu’il célèbre – lesquels peuvent parfois durer huit heures et plus, et durant lesquels il discourt sans notes – exaltent jusqu’à ceux qui n’entendent pas un mot à son yiddish talmudique et didactique.

Dans ce foisonnement d’enseignements, une profession de foi générique : le refus de relativiser le moindre aspect d’une Torah divine, servi par un désir effréné d’asseoir chaque enseignement dans le monde du concret. Son sourire ne laisse personne intact et personne ne sait résister à un mouvement de son bras lorsqu’il demande d’augmenter la vigueur du chant, ou lorsqu’il porte deux doigts vers sa bouche pour demander de …siffler. Le déploiement in extenso de toutes ses interventions approche la centaine de volumes… Il discourt et chante, mais écrit aussi, et à tous. Aux rabbins, aux hommes d’État, à des artistes, des écrivains – Élie Wiesel compte parmi ceux dont il a marqué l’esprit – à des enfants et à tous ceux qui recherchent son conseil, qui dans le domaine de la Torah, qui pour son travail qui pour ses études… Quelque trente volumes de sa correspondance ont été publiés.

Il reçoit aussi beaucoup. Pendant plus de trois décennies, il donnera à raison de deux nuits par semaine des audiences privées lors desquelles, durant parfois un tour de cadran, il écoute et conseille ceux qui auront sollicité une entrevue. Tous ceux qui auront vécu l’un de ses instants en resteront définitivement marqués. Il intercède aussi pour ceux qui lui en font la demande. Il passe régulièrement des heures, à jeun, et parfois sous un soleil de plomb à lire, sur la sépulture de son beau-père, les demandes de bénédictions qui affluent tous les jours à son secrétariat.

Après un accident cardiaque au beau milieu de la joie des danses de la Fête de Sim’hat Torah en 1977, il met son entourage à la torture en refusant de prendre du repos. À 76 ans, après avoir récupéré d’un épisode qui incite généralement à lever le pied, il repart de plus belle. Il célèbre un Farbrengen toutes les semaines, sans compter des interventions publiques inopinées à l’issue des offices du soir. Pour couronner le tout, les audiences particulières interrompues après son incident cardiaque reprennent en la matière du « dollar » qu’il distribue chaque dimanche matin à des centaines de personnes qui passent devant lui – parfois pendant huit heures d’affilée – et demandent sa bénédiction et son conseil. Il y en a pour tout le monde : religieux, non-religieux, hommes, femmes et enfants, célébrités de toutes sphères. Certains échanges, saisis lors de ces moments, constituent des morceaux d’anthologie du rayonnement moral et de la sensibilité à autrui.

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Au début des années 80, le Rabbi passe l’ultime et incontournable vitesse. Il annonce que les pas du Messie résonnent déjà et engage tous ceux qui aspirent à eux à les hâter en s’en faisant l’écho par l’étude des enseignements et des lois liés à l’époque messianique, en s’attachant à convaincre tous ceux qu’ils peuvent atteindre que la venue du Messie est une réalité qui n’attend que notre foi en elle pour prendre corps. Dès lors à chacune de ses interventions il accentuera encore l’urgence de l’effort à déployer pour faire aboutir l’ultime parachèvement de la Création.

Au début des années 90, il déclare que les bouleversements politiques intervenus en Europe et qui mettent fin à la Guerre Froide sont un signe caractéristique du prochain avènement messianique. Il relie le fait que ces mutations se soient effectuées sans effusion de sang aux prémices d’une ère de paix universelle.

Lorsque éclate la première Guerre du Golfe, il déclare qu’il s’agit de la réalisation des termes du Midrache Yalkout Chimoni annonçant, pour « l’année où le Machia’h se dévoilera », la guerre du dirigeant de la « Perse » (qui avait dans l’Antiquité sa capitale à Bagdad) contre un pays arabe et le désarroi mondial qui en résultera. Le Rabbi ne cesse d’encourager la population d’Erets Israël et annonce prophétiquement qu’il n’y aura à craindre aucune attaque non conventionnelle et que la guerre se terminera à Pourim, contrairement aux prévisions de tous les experts stratégiques. Dans la confusion régnante, il est la seule voix qui rassérène et donne espoir aux Juifs du monde entier.

* * *

Le soir du 12 avril (28 Nissan) 1991, dans une intervention d’une vigueur et d’une intensité jamais atteintes, il admoneste ses ‘hassidim en disant son amertume et sa déception de n’avoir pas vu accomplir tout l’effort qu’il sollicitait. Avec quelques soupçons perceptibles de dépit, il affirme avoir accompli le travail qui relevait de sa tâche et que le reste appartient désormais à ceux qui l’écoutent.

Il passera l’année qui suivra à commenter la section hebdomadaire de la Torah en s’attachant particulièrement à montrer comment le monde dans sa finitude aussi bien que l’homme, tout humain qu’il soit, sont des vecteurs de l’Infini. Engageant chacun à révéler cette dimension dans sa vie quotidienne, il ne cesse d’annoncer que nous nous trouvons désormais au seuil de la Rédemption et qu’il suffit « d’ouvrir les yeux » pour en prendre conscience.

Le 2 mars 1992, alors qu’il se trouve sur la sépulture de son beau-père, une violente attaque cérébrale le soustrait aux yeux d’une communauté juive suspendue à ses lèvres.

Après des mois d’une convalescence lors de laquelle il n’a cessé de répondre aux demandes de bénédictions et désormais atteint d’hémiplégie, il réapparaît dans sa synagogue le jour de Roch Hachana de l’année 5753, à l’automne 1992. Au prix de grands efforts physiques, il tiendra à assister aux offices quotidiens, à l’occasion desquels les ‘hassidim lui témoignent de leur attachement à la mission qu’il leur a imparti.

Le 3 Tamouz 5754, le 12 juin 1994, il disparaît aux yeux d’un monde qui résonne encore quotidiennement de ses enseignements sur tous les horizons de la planète, nous laissant la promesse de la Délivrance et l’injonction de travailler « de nos propres forces », de celles des profondeurs de l’âme, pour en concrétiser l’avènement.

Que ce soit en priant au « Ohel » où il repose auprès du Rabbi précédent ou en écrivant une lettre qu’il est d’usage d’envoyer sur le Ohel après l’avoir glissée dans un volume de son œuvre, tous ceux qui sont attachés à lui continuent de recevoir ses bénédictions.

Le Rabbi de Loubavitch
Le Rabbi de Loubavitch
Le Rabbi de Loubavitch
Le Rabbi de Loubavitch
Le Rabbi de Loubavitch

Succès sans précédent pour le spectacle organisé par les élèves du séminaire de Beth Rivka

C’était un voyage dans l’espace et dans le temps avec des costumes et des décors éblouissants. Il y avait de la grâce, du dépaysement, de l’humour, de l’émotion et surtout une merveilleuse leçon de Emouna.

On a ri, on a pleuré, on a chanté, on aurait même dansé !

Une si belle production avec ses chants, ses chorégraphies, ses chorales et ses dialogues ont certainement demandé beaucoup de préparation mais le résultat était au rendez vous.

Beth Rivkah toujours au top !!!

« Cette entreprise (pièce de théâtre) est des plus importantes car elle amène à l’école (Beth Rivkah), une grande satisfaction et une considération de la part de l’entourage ».
Le Rabbi

Les membres de la Knesset rendent hommage au Rabbi à l’occasion de Guimel Tamouz

Photos : col

La cérémonie s’est déroulée lundi (15 juin 2015) en présence notamment du grand rabbin ashkénaze d’Israël, Rav David Lau, de ministres, de vice ministres, de députés de tous bords et de responsables d’institutions Habad.


Juste après les discours, une exposition a ouvert ses portes dans l’enceinte de la Knesset présentant d’une part une série de photos et d’écrits et d’autre part des films sur un écran.

Une séance a ensuite eu lieu, sous la conduite du ministre Ophir Akounis, au nom du gouvernement. Des ministres de différents partis ont alors raconté leur rencontre avec le rabbi et les liens qu’ils ont tissés avec lui.

Binyamin Netanyahou à l’exposition

Inauguration d’une nouvelle synagogue Habad à Bruxelles

La nouvelle synagogue et son Mikvé viennent d’être inaugurés dimanche (14 juin 2015), dans le quartier des institutions européennes à Bruxelles.

A l’occasion de cet événement, le Rav Groner, secrétaire du Rabbi, s’est déplacé de New York. Le Rav G.M. Garelik, Chalia’h du Rabbi à Milan, le Rav Lévi Garelik, Rav de la communauté du quartier Européen, le Rav Menahem Margolin, directeur général du « European Jewish Association », le Rav Chabtaï Slavetitski, Chalia’h du Rabbi à Anvers, le Rav Y.Y. Pevzner, directeur des institutions Sinaï, le président du consistoire de Belgique ainsi que plusieurs Rabbanim et représentants communautaires locaux ont également participé à cette inauguration.

La communauté à profité de la présence du Rav Groner pendant tout le week-end pour organiser plusieurs événements et faire profiter le grand nombre de personnes. Le Rav Tawil a organisé un grand repas de Chabbat vendredi soir et un grand Kiddouch Chabbat après-midi puis le Rav Groner a fait un Farbrengen tout l’après midi en présence des Chlou’him.

Ecriture d’un Sefer Torah à Washington

Photos : collive

Un projet historique a été lancé lors du gala annuel de « l’American Friends of Lubavitch » dans un des lieux les plus prestigieux de Washington. Pour la première fois, un Sefer Torah sera entièrement écrit à Washington. Lors d’une cérémonie émouvante, le Sofer a préparé la plume pour commencer l’écriture du Sefer Torah sur un parchemin.

Salon du Livre à Jérusalem: Jacky Yarhi, ou comment raconter l’histoire d’Israël en BD

(Facebook) Israpresse
Jacky Yarhi, dont le nom n’est pas inconnu des fans de BD israéliens, français ou anglophones, s’est confié à la veille de l’ouverture de la traditionnelle Semaine du livre hébraïque à Jérusalem durant laquelle il rencontrera ses lecteurs à Jérusalem pour une séance de dédicaces.

Doté déjà d’un joli parcours dans le domaine de la BD, Jacky Yarhi arrive en Israël à l’âge de 25 ans. Après la sortie en France de deux albums à thème juif « Supermitsva » (Otsar, 1983) et « Echec à Haman » (Colbo, 1986) – et face au dilemme sur la voie à suivre concernant un plus large public mais réduisant le thème juif dans ses œuvres, Jacky Yarhi a choisi: il mettra son art au service du monde juif en se consacrant à tout ce qui le touche au niveau historique ou religieux.

Influencé par Astérix, Corto Maltese mais aussi par l’Ecole américaine, l’artiste né à Paris au milieu des années 60 a illustré pour d’autres plus de deux cent livres en français, hébreu, anglais mais aussi en grec ou espagnol.

S’adressant à des adolescents mais aussi à des adultes de tous bords, l’auteur a une quinzaine d’albums à son actif qu’il a écrit, co-écrit et bien sûr illustré en anglais, hébreu ou en français. Ses derniers ouvrages, encore inédits en français, » Skullcaps and crossbones » et » The wonders of the Baal Shem Tov” sont sortis simultanément en anglais et en hébreu (Editions Feldheim) respectivement en 2013 et 2014. Lire la suite


Après l’avoir publié à 18 ans, vous avez envoyé votre premier album traitant du judaisme au rabbi de Loubavitch. Avez-vous envoyé celui sur l’Opération Entebbe (« Thunderbolt : the story of operation Entebbe », Editions Beitel, 2011) à Binyamin Netanyahou?

Jacky Yarhi: Il s’agit de « Supermitsva, on a enlevé Rabbi Schlomo » (Otsar, 1983) que j’avais créé avec Marc Bensoussan. Tout naïf que je suis, je me suis dit, pourquoi ne pas lui envoyer le premier exemplaire. A mon grand étonnement, il me souhaita une grande réussite à plus forte raison que « [je] contribuais à répandre le judaïsme autour de [moi] ». J’ai été très flatté, d’autant plus que cette BD était surtout une caricature de la communauté juive française et que l’on a eu des moments de franche rigolade pendant sa conception. In fine, je n’ai pas eu à me plaindre des ventes.

Quant à « Mission Entebbe » – roman graphique sur l’opération Entebbe, lors de laquelle Yonathan Netanyahou, frère du Premier ministre, a trouvé la mort – mon éditeur m’a appelé pour me dire que Bibi avait lu la bd et avait été ému aux larmes à l’évocation de son frère et manifestait le désir de me rencontrer.

Comment dessine-t-on des lieux et des personnages que l’on n’a pas connus?

Je me souviens de l’époque où je devais soit voyager pour des repérages, soit chercher en bibliothèque iconographies et sources. Aujourd’hui, Internet nous permet de trouver ces choses sans avoir à se déplacer. Par contre le facteur humain est toujours là. Les livres, textes ou photos d’époque ne transpirent pas intégralement l’ambiance à recréer. Je suis actuellement en pleine préparation d’un ouvrage. Le héros du livre n’est plus de ce monde, aussi j’ai dû m’entretenir avec des proches de sa famille, afin de comprendre la psychologie du personnage, ses peurs, ses aspirations, bref m’imprégner de ces choses dont j’ai besoin pour m’identifier au personnage.

Comment s’opère le choix de dessins à intégrer dans un album de 60 pages?

Il y a tout d’abord le travail de recherches et de débroussaillage, ensuite l’écriture du plan et son scénario. Seulement après, vient le découpage de ces pages en faisant en sorte que le choix – malheureusement limité – des images à dessiner soit les plus fortes, qu’elles soient celles qui me parleront et qui parleront par la suite au lecteur. Au travail technique, qu’est celui du story-board, s’ajoute un travail émotionnel qui consiste à choisir les dessins ainsi que les textes qui verront le jour.

Quelle est la phase la plus difficile, celle de la préparation de l’œuvre, sa création ou sa séparation?

Je crois que les trois ont chacune leur difficulté. Lorsque l’on s’attèle à un roman (même graphique !) où la part historique à sa place, on ne peut pas se tromper. Ni anachronisme, ni affirmation non vérifiée par des sources. Tout cela demande un énorme travail de recherches et de documentation.

La création demande beaucoup de concentration. Choisir les meilleurs angles, la meilleure perspective, l’expression du visage adéquat, rendre chaque page unique et intéressante.

Lorsque l’on atteint la ligne d’arrivée, les sentiments se mélangent, celui du triomphe d’avoir pu relever le défi, celui de vide comme après un moment de grande émotion, le doute- ai-je donné véritablement le meilleur de moi-même ? Est-ce que la fiction créée est-elle proche de la vérité historique ?- autant de questions qui ne nous laissent jamais véritablement en paix. Ajoutez à cela la réponse de l’éditeur si oui ou non il publiera le livre. Et les critiques des journalistes ou des lecteurs qui sont là face à toi comme la sentence d’un juge.

De la quinzaine de livres que j’ai écrits et illustrés, celui qui m’a posé ce genre de difficulté a été celui sur la traque d’Eichmann – « The chase after Eichmann » (Editions Beitel, 2013) – avec des émotions qui m’ont pris à chacune de ces étapes, mais il m’était indispensable de passer par là.


Quels sont vos projets à venir?

Un de mes éditeurs, Beitel, a créé une collection en fonction des livres que j’ai publiés chez lui – »mission Entebbe« et « le code Eichmann », encore inédits en français – avec le désir d’enrichir sa collection. Cela correspond à ce que j’aime faire, voyager à travers l’histoire et le peuple juif par la BD. J’ai donc en préparation quelques titres ayant pour trame l’histoire d’Israël. En parallèle, je travaille sur des projets ayant trait au judaïsme, tout en gardant une place pour la BD humoristique et caricaturale. Des titres ? Parler un peu plus de ces projets ? Je préfère laisser la place au suspense.

Propos recueillis par Nelly Ben Israël