Israël a lancé de puissantes frappes sur le port stratégique de Hodeida en riposte au missile qui a explosé sur le tarmac de l’aéroport Ben Gourion. L’opération baptisée « Ville de fourmis » marque la fin de plusieurs mois de retenue israélienne face aux provocations des Houthis. Les responsables du mouvement yéménite menacent désormais d’une réponse « puissante ».
Une opération coordonnée de grande envergure
Une vingtaine d’avions de combat israéliens ont mené des frappes massives contre plusieurs cibles au Yémen, notamment le port stratégique de Hodeida et une importante cimenterie. Ces installations sont considérées comme des « sources de revenus » essentielles pour le mouvement houthi, selon les autorités israéliennes. D’après un responsable sécuritaire israélien, « 50 munitions ont été larguées » dans une opération synchronisée avec des frappes américaines et qualifiée de « très puissante ».
« Le port maritime de Hodeida est utilisé pour le transfert d’armes iraniennes, d’équipements à des fins militaires et d’autres besoins terroristes », a déclaré le porte-parole de Tsahal. « En outre, l’usine de ciment ‘Bajil’ à l’est de la ville de Hodeida, qui constitue une ressource économique importante pour le régime terroriste houthi et sert à la construction de tunnels et d’infrastructures militaires, a également été frappée », a-t-il ajouté.
La fin d’une période de retenue
Cette frappe massive intervient environ 36 heures après qu’un missile houthi a explosé pour la première fois à l’intérieur même de l’aéroport Ben Gourion, faisant cinq blessés légers à modérés. Cet événement a constitué un tournant majeur après plus de 25 tirs de missiles et de drones en quelques semaines, qu’Israël avait jusqu’alors choisi de ne pas venger directement.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a supervisé l’opération depuis le bunker du commandement de l’armée de l’air à Tel-Aviv en compagnie du ministre de la Défense Israël Katz et du chef d’état-major Herzi Halevi, avait prévenu la veille dans un message vidéo : « Nous agissons contre eux, nous avons agi dans le passé, nous agirons aussi à l’avenir. Ce n’est pas ‘un coup et c’est fini’. Mais il y aura des coups. »

Des menaces de riposte immédiate
Les responsables houthis ont immédiatement réagi en promettant une riposte sévère. « Les conséquences de la frappe israélienne seront graves pour les sionistes. Nous ne reculerons pas. La réponse yéménite arrive – et avec force », a déclaré le haut responsable Ali al-Qahum.
Mohammed al-Bukhaiti, membre du bureau politique des Houthis, a envoyé un message menaçant : « L’escalade sera confrontée à une escalade similaire, jusqu’à l’arrêt des frappes sur Gaza. » Il a ajouté : « Nos capacités de missiles se trouvent dans des endroits sûrs. Nous sommes sérieux quant à l’imposition d’un blocus aérien sur Israël. La dernière attaque à l’aéroport Ben Gourion était un avertissement. »
Un conflit qui s’étend au-delà des frontières
Parallèlement aux frappes au Yémen, l’armée israélienne a également attaqué des cibles du Hezbollah au Liban, où des bombardements ont été signalés dans la région de Janta, dans l’est du pays, et à Tyr Harfa, dans le sud. Des frappes ont également été rapportées près de Damas en Syrie, bien qu’aucune confirmation officielle n’ait été fournie.
Cette escalade régionale survient alors que l’administration américaine a intensifié ses propres opérations contre les Houthis. Selon le commandement central américain, plus de 800 cibles houthies ont été frappées depuis le début de leur campagne, avec des centaines de militants et plusieurs hauts responsables tués. Cependant, l’objectif principal de mettre fin à l’agression houthie contre Israël et en mer Rouge n’a pas encore été atteint.
L’impact économique de ces frappes commence déjà à se faire sentir au Yémen, avec la compagnie pétrolière yéménite à Sanaa qui a annoncé avoir « activé un plan d’urgence dans toutes ses stations » en raison des « agressions américaines continues contre ses installations. »
















