Une découverte historique remarquable vient d’être mise au jour autour du célèbre machal du « Roi dans les champs », énoncé pour la première fois par l’Admour Hazakène durant le mois d’Elloul 5557 (1797). Les archives révèlent que ce ma’amar fut prononcé à peine trois mois après que le nouvel empereur de Russie, fraîchement couronné, eut parcouru cette même région pour aller à la rencontre des habitants de son royaume. Un parallèle saisissant entre la parabole hassidique et la réalité vécue par les Juifs de Liozna à cette époque.
Une découverte historique remarquable vient d’être mise au jour autour du célèbre machal (parabole) du « Roi dans les champs », énoncé pour la première fois par l’Admour Hazakène, Rabbi Chnéour Zalman de Liadi, lors du Chabbat Mevar’him du mois d’Elloul 5557 (1797). Il en ressort que ce ma’amar fut prononcé seulement trois mois après que le tout nouvel empereur de Russie, à peine couronné, eut entrepris une tournée à travers la région pour rencontrer des gens venus de tout son empire.
Cette découverte est l’œuvre du chercheur et historien ‘habadnik, le Rav Chraga Dovid Homnick, alors qu’il étudiait le contexte historique de l’époque de l’Admour Hazakène.
Un nouveau souverain soucieux de proximité
Catherine la Grande s’éteignit en novembre 1796, et son fils, Paul Ier, monta sur le trône. Paul souhaitait transformer l’image publique de la monarchie et se présenter comme un souverain plus accessible, personnellement attentif aux besoins des gens ordinaires.
À la suite de son couronnement à Moscou, en avril 1797, il entreprit un long périple à travers les provinces occidentales, traversant Smolensk, Orcha, Moguilev, Minsk et d’autres villes encore.
En s’appuyant sur les registres du Journal cérémoniel du Chambellan pour la période d’avril à juin 1797, un document officiel consignant au jour le jour les déplacements de la cour impériale russe, Anash.org a établi que, les 7 et 8 mai, Paul traversa Orcha, dans le district même où se trouvait Liozna et où l’Admour Hazakène vivait et enseignait alors.
Plus proche de Liozna qu’il n’y paraît
Un examen plus approfondi des archives montre que l’empereur passa bien plus près de Liozna qu’on ne pourrait le croire de prime abord.
Le voyage de Paul Ier vers Orcha, en mai 1797, le conduisit de Smolensk à Krasnoïé et Liady, puis le long de la route historique menant à Doubrovna et Orcha. D’après les cartes routières d’époque et les indices sur son itinéraire, la route reliant Liady à Doubrovna passait par Koziany, amenant le cortège impérial à une cinquantaine de kilomètres de Liozna, là où résidait l’Admour Hazakène.
S’il n’est pas possible d’établir que Paul traversa Liozna même, les données sur son parcours démontrent qu’il en approcha de façon remarquable.
Un roi qui sort dans les champs
Trois mois plus tard à peine, lors du Chabbat Mevar’him du mois d’Elloul 5557, l’Admour Hazakène prononça le célèbre ma’amar commençant par les mots « Ani Lédodi Védodi Li », introduisant le machal qui allait devenir peut-être le plus célèbre de toute la ‘Hassidout : celui d’un roi qui quitte son palais et sort dans les champs, où les gens du peuple peuvent l’approcher et lui présenter leurs requêtes.
Fait fascinant, les habitants de la région entourant Liozna venaient précisément de vivre, dans la réalité, l’expérience d’un roi fraîchement couronné parcourant la campagne et se rendant accessible aux gens ordinaires.
Une pétition remise directement à l’empereur
Un épisode documenté survenu durant le voyage de Paul s’est révélé plus proche encore de l’imagerie du machal. Ce récit, fondé sur des documents conservés aux Archives historiques nationales de Biélorussie, raconte comment, alors qu’il traversait le gouvernement de Minsk, Paul fit halte pour la nuit dans un village nommé Nacha.
Là, un grand nombre d’habitants se rassemblèrent et vinrent en personne à la rencontre de l’empereur, lui remettant directement une pétition. Le document d’archives les identifie comme des paysans de la région désireux de présenter une plainte touchant à des questions religieuses. Ils profitèrent de la présence du tsar pour tenter de lui remettre leur requête en main propre.
Le plus célèbre machal de toute la ‘Hassidout
Le machal de Mélè’h Bassadé, le Roi dans les champs, est sans doute le plus célèbre de toute la ‘Hassidout, et il est devenu l’un des enseignements centraux de la ‘Hassidout au sujet du mois d’Elloul.
Ce machal fut abordé par chacun des Rabbis de Loubavitch, et le Rabbi l’évoqua des dizaines de fois dans d’innombrables Si’hot et ma’amarim, en expliquant chaque détail et chaque mot. À plusieurs reprises, le Rabbi demanda également que ce machal et son message sur l’occasion unique que représente le mois d’Elloul soient largement diffusés, insistant tout particulièrement sur l’importance de le transmettre aux enfants.
« Un machal de la ‘Hassidout a disparu »
On raconte une vieille histoire au sujet du ‘Hassid Reb Dovid Horodoker.
Lorsque le tsar Nicolas II fut renversé lors de la Révolution russe de 1917, Reb Dovid se mit à pleurer. « Pourquoi pleures-tu la chute d’un tyran ? », lui demanda-t-on. « Je pleure, répondit-il, parce qu’un machal de la ‘Hassidout vient de disparaître. »
Il faisait allusion au machal du roi dans la ‘Hassidout, qui éclaire une dimension de notre relation avec Hachem difficile à saisir par toute autre image. Pour les ‘Hassidim vivant sous une monarchie, la notion de roi était tangible et concrète. Privée de cette réalité, la parabole deviendrait bien plus ardue à ressentir de la même manière.
Le Roi était bel et bien dans les champs
Cette découverte historique remarquable offre un nouvel éclairage sur la manière dont le machal enseigné par l’Admour Hazakène était, pour ceux qui l’entendirent, une image extrêmement proche de leur vécu. De fait, le Roi s’était trouvé, au sens le plus littéral, dans les champs quelques mois seulement auparavant, dans la région même qui entourait Liozna.
















