Une allocution enregistrée de Zot Hanouka 5739 (1978), longtemps passée inaperçue, éclaire d’un jour nouveau la vision du Rabbi sur l’âge idéal du mariage. Le Rabbi y dépeint avec finesse les pensées d’un jeune homme qui s’approche de la ‘Houppa à vingt ans. Une position que le Rabbi n’a cessé de réaffirmer, et qui interpelle aujourd’hui encore les institutions du monde Loubavitch.

 

 

 

Une allocution longtemps passée inaperçue

J’ai découvert ce mois-ci une allocution enregistrée remarquable du Rabbi, dont il semble que personne n’ait, jusqu’à présent, relevé le contenu précis. Il s’agit de la Si’ha de Zot Hanouka 5739 (1978), cinq minutes et demie après le début de la seconde Si’ha. Dans cette allocution saisissante, nous pouvons entendre comment le Rabbi conçoit le parcours du mariage tel qu’il le juge souhaitable, puisqu’il y raconte et décrit les pensées d’un jeune homme sur le mariage à vingt ans, âge auquel la Halakha fixe l’obligation de se marier.

Le portrait d’un jeune homme à l’approche du mariage

Le Rabbi dépeint un jeune homme qui, dès le jour de sa Bar Mitsva, songe qu’avec le temps il aura dix-huit ans pour la ‘Houppa, puis vingt ans, l’âge de la force et de la poursuite, selon toutes les versions de la Michna sur ce point. Deux ou trois années plus tard, à vingt-deux ou vingt-trois ans, il se souciera de la manière dont il subviendra aux besoins de son épouse et de sa maisonnée, car tant que la famille demeure restreinte, le fardeau de la Parnassa ne pèse pas encore lourdement, ainsi que l’écrit l’Admour Hazaken dans les Hilkhot Talmoud Torah. Et durant les heures d’étude, ce jeune homme fixe le plafond du regard ; le Rabbi adresse alors un reproche au Machpia, qui ne veille pas à ce que son élève étudie véritablement.

Une position réaffirmée au fil des années

Il apparaît donc clairement que le Rabbi dévoile ici sa sainte opinion : les Temimim doivent se marier à vingt ans, et à vingt-deux ou vingt-trois ans, ils devraient déjà avoir fondé une famille, avec une épouse et un foyer. Cette allocution, le Rabbi la prononça deux semaines après ses noces d’or, célébrées le 14 Kislev 5739 (1978). Cela nous rappelle qu’un quart de siècle après le mariage du Rabbi et de la Rabbanit, le 14 Kislev 5714 (1953), le Rabbi avait pareillement déclaré que le Rabbi Rayatz et le Rabbi Rachab avaient institué que, passé vingt ans, l’on doit rechercher un Chidoukh ; propos qui ne furent rendus publics qu’il y a environ trois ans.

Le silence sur la Yechiva après vingt ans

Le Rabbi s’abstint même de mentionner qu’il existe des Temimim qui demeurent à la Yechiva à vingt ans. Ainsi, à l’issue du Chabbat, le 27 Chevat 5739 (1979), lorsqu’il évoqua le fait que les Ba’hourim ne devaient pas voyager outre-mer, le Rabbi s’exprima en ces termes : « Un jeune homme de quinze, seize, dix-sept, dix-huit ou dix-neuf ans, tu sièges à la Yechiva et ton rôle est d’étudier la Torah. » Et le Rabbi ne prolongea pas son propos jusqu’à un âge plus avancé.

Un cursus toujours inadapté

Chose étonnante : alors même que toute l’éducation des Temimim repose sur le dévouement aux volontés du Rabbi, et qu’il se publie, ces dernières années, de plus en plus clairement, que le Rabbi souhaite les voir se marier à vingt ans, il n’existe toujours pas de cursus d’étude adapté à un mariage célébré à cet âge.

L’exigence du traité Kiddouchin

Il semble par ailleurs que l’on tende à ignorer les difficultés engendrées par le report du mariage au-delà de vingt ans. Or le Rabbi écrit, dans l’Iguéret 5975, qu’il convient de veiller au respect des enseignements bien connus de nos Sages, ‘Hazal, renvoyant au traité Kiddouchin (page 29b) ; et le Rabbi précise que ces paroles s’adressent à toutes les communautés, y compris à la communauté des ‘Hassidim de Habad. Là, dans le traité Kiddouchin, il est écrit avec fermeté qu’il ne faut point différer le mariage au-delà de vingt ans.

La réponse au Rav Gavriel Tsinner

Et lorsque les Ba’hourim s’empresseront de conclure leur Chidoukh, cela facilitera tout naturellement les mariages des jeunes filles ; en accomplissant ainsi la volonté du Rabbi, nous nous rendrons plus dignes de recevoir ses bénédictions. Je conclurai par la réponse que le Rabbi adressa au Rav Gavriel Tsinner, le 10 Chevat 5746 (1986) : « De nos jours, quiconque hâte la célébration de son mariage selon la loi de Moché et d’Israël est digne de louanges […] et nos Sages ont enseigné que l’achèvement des âmes destinées à descendre ici-bas dans un corps hâte lui aussi la venue du fils de David, la Guéoula véritable et complète. »