Dans une maison de Melbourne, un Chabbat, un cadre contenant la photo du Rabbi précédent tomba soudainement et se brisa. Reb Moché Feiglin, celui que le Rabbi appelait « l’Avraham Avinou d’Australie », sentit immédiatement que quelque chose s’était produit. Le récit émouvant d’une connexion spirituelle qui transcendait les distances et le temps.
Un titre honorifique exceptionnel
Il n’était pas dans les habitudes du Rabbi de désigner les personnes par des épithètes poétiques. Une exception remarquable fut sa référence répétée à Reb Moché Feiglin, homme discret qui fut pendant des décennies le seul ‘Hassid Loubavitch de son continent, comme « l’Avraham Avinou d’Australie » – en raison de son impact pionnier sur l’état du judaïsme là-bas.
À l’initiative du Rabbi Rayats, il réussit finalement à faire venir six familles pionnières et idéalistes de ‘Hassidim Loubavitch russes, qui transformèrent littéralement le visage du judaïsme australien.
Une correspondance aimante mais sans rencontre
Depuis son arrivée en 1912, Reb Moché avait maintenu une correspondance empreinte d’amour et de révérence avec le Rabbi Rayats, mais ne l’avait jamais rencontré en personne.
Le passage suivant est tiré de la biographie « Avraham Avinou d’Australie », écrite par Uri Kaploune, petit-fils de Reb Moché Feiglin :
« Après le décès de ma sage et chaleureuse grand-mère, Bobbé Léa, ses enfants ne voulaient pas que leur père, Reb Moché Feiglin, reste seul la nuit. Comme nous habitions juste à côté, je dormais dans sa maison – et continuais à étudier avec lui quotidiennement – pendant les sept années suivantes, d’abord dans la petite communauté rurale d’arboriculteurs juifs qu’il avait fondée il y a plus d’un siècle à Shepparton, puis à Melbourne. »
La nuit où le cadre tomba
« Un vendredi soir, juste avant ma Bar Mitsva, et presque quatre semaines après son veuvage, il se réveilla soudainement. Il se précipita anxieusement dans la salle à manger, où je le suivis, pour découvrir ce qui l’avait réveillé : une photographie encadrée du Rabbi Loubavitch de l’époque, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, qui occupait depuis des années une place d’honneur sur un buffet au bout de la pièce, était tombée au sol.
Pendant des décennies, Zeïdé Moché lui avait été lié de chaque fibre de son âme noble, même si durant leur vie en ce monde, ils ne s’étaient jamais rencontrés.
Maintenant, pointant du doigt le verre brisé, il me dit calmement : « Quelque chose s’est passé ! » »
Des tentatives de réconfort vaines
« Je fis de mon mieux pour le rassurer qu’il devait y avoir eu un courant d’air ou peut-être une secousse, mais en vain. Le Chabbat matin, il partagea son inquiétude avec notre voisin érudit, Rav Betsalel Wilschansky, le premier des ‘Hassidim Loubavitch russes qu’il avait fait venir en Australie. Il était passé comme toujours pour dire « Gut Chabbess » et accompagner mon grand-père et mon père à la synagogue. Lui aussi tenta de rassurer mon grand-père.
Or, Zeïdé Moché était un homme qui n’avait jamais été connu pour être ébranlé dans sa foi tranquille et son équanimité. Ce Chabbat-là, la seule fois dont je me souvienne, il ne put trouver la paix. »
Le télégramme fatidique
« Finalement, quelque temps après Chabbat, le télégramme de mauvais augure arriva de Brooklyn : « Histalkous Admour… » La date de ce Chabbat était le 10 Chevat 5710 (1950), le jour où Rabbi Yossef Its’hak acheva son œuvre de vie en ce monde et s’éleva vers un autre. »
Le défi permanent de la Hitkacheroute
Le défi permanent de maintenir le lien spirituel appelé Hitkacheroute avec un Rabbi que l’on ne peut ni voir ni entendre physiquement est abordé dans une lettre du Rabbi Rayats qui apparaît dans le Hayom Yom à l’entrée du 24 Sivan :
« Vous demandez : en quoi consiste votre lien spirituel avec moi – votre Hitkacheroute – puisque vous ne me connaissez pas de visage… ?
La véritable connexion s’atteint par l’étude de la Torah. Lorsque vous étudiez mes Maamarim, lisez les Si’hot, fréquentez mes amis (les membres de la fraternité ‘hassidique et les Temimim) dans leurs études et leurs Farbrenguen, et accomplissez ma demande en récitant les Tehilim et en maintenant un programme d’étude régulier – voilà ce qui constitue la Hitkacheroute. »
















