Au-delà de notre existence physique se trouve une réalité profonde que nous négligeons souvent : notre âme. Composée de cinq dimensions distinctes, elle représente notre véritable essence, bien plus riche et complexe que notre simple corps. Découvrez comment comprendre et nourrir cette architecture spirituelle peut transformer votre vie.

 

 

Rav Simon Jacobson / The Jewish Learning Institute

Tout commence par l’âme

Chacun de nous sur cette terre, participe d’une vérité fondamentale : tout commence par l’âme. Lorsque vous pénétrez dans l’univers du mysticisme juif, lorsque vous effleurez les rivages du spirituel et de l’ésotérique, c’est la première révélation qui s’impose : l’âme précède tout. Le corps n’arrive qu’en second.

Pourtant, notre perception quotidienne contredit cette hiérarchie cosmique. Au réveil, c’est le corps qui s’impose d’abord à notre conscience. La faim nous tenaille, la fatigue nous pèse, mille sensations matérielles nous assaillent avant même que nous puissions entrevoir notre dimension spirituelle. C’est seulement dans un second temps, par un effort de concentration, que nous murmurons : « Modé Ani, D.ieu m’a rendu mon âme. »

Cette inversion n’a rien d’anodin. Sur le plan sensible, nous sommes essentiellement des êtres sensoriels, entièrement consumés par nos sens : ce que nous voyons, ce que nous entendons, ce que nous goûtons, touchons et sentons nous définissent bien plus que nous ne l’imaginons.

Imaginez un instant cette expérience : fermez vos yeux, obstruez vos oreilles, privez-vous du goût, du toucher et de l’odorat. Gardez simplement vos oreilles légèrement ouvertes, sans quoi vous ne pourriez m’entendre. Que croyez-vous qu’il adviendrait de vous ?

Notre première intuition nous souffle : « Je disparaîtrais, tout simplement. » Erreur fondamentale. Vous ne disparaîtriez nullement. Au contraire, vous découvririez le véritable vous. Ce vous qui existe indépendamment de toute stimulation sensorielle, car vous n’avez nul besoin d’yeux pour vous percevoir, nul besoin d’oreilles pour vous entendre, nul besoin de l’odorat, du goût ou du toucher pour expérimenter votre propre essence. Les sens constituent certes un pont nécessaire qui nous relie aux autres, indispensable aux relations humaines.

À bien des égards, le Chabbat s’apparente précisément à cet exercice spirituel : un voyage intérieur durant lequel nous tentons de réduire au maximum les stimulations extérieures, autant que notre condition incarnée le permet, afin d’accéder à cette voix qui murmure au plus profond de nous. Chaque méditation, chaque pratique de pleine conscience contemporaine poursuit ce même objectif : créer les conditions d’un voyage vers l’intérieur.

Que savez-vous vraiment de vous-même ?

Lorsque vous prenez conscience que l’âme constitue votre essence fondamentale, une question vertigineuse s’impose : que connaissez-vous réellement d’elle ? Prenons même le corps humain, cette enveloppe d’un mètre cinquante à un mètre quatre-vingts, pesant quelques dizaines de kilos, parfois un peu plus. Que savons-nous vraiment de ce corps ? Certes, nos connaissances ont progressé de manière spectaculaire, et pourtant, les mystères demeurent légion.

Interrogez n’importe quel expert, médecin ou scientifique : ce cerveau de la taille d’une paume, combien de ses secrets avons-nous véritablement percés ? Et nous parlons ici du cerveau physique, de la matière grise observable. Lorsqu’il s’agit de l’âme, notre ignorance devient abyssale.

Paradoxe troublant : nous consacrons l’essentiel de nos existences, quand nous le faisons, à l’étude des sciences, du corps, du monde physique et de ses lois. Mais combien de temps investissons-nous à comprendre les dynamiques et les composants de notre âme, qui constitue pourtant notre véritable essence, le cœur même de notre être ?

D’une certaine façon, la Kabbale contemporaine se révèle être précisément cela : l’étude de l’âme. Imaginez votre visite chez un médecin. Il vous prescrit un scanner, une radiographie, divers examens corporels pour comprendre ce qui vous fait fonctionner, identifier d’éventuelles pathologies. Eh bien, il existe également une radiographie de l’âme.

L’ADN de votre âme

Penchons-nous donc sur cette radiographie avec davantage d’acuité. Certes, l’explorer de manière exhaustive dépasserait le cadre de cet exposé, mais j’espère en dire suffisamment pour éveiller votre curiosité et vous donner l’envie d’approfondir. Nombre d’entre vous ont sans doute déjà étudié certains de ces concepts et les connaissent peut-être fort bien.

Il ne s’agira donc pas d’un simple ABC élémentaire, mais d’une véritable plongée dans votre composition intime, dans les briques fondamentales de votre être, dans ce que j’appelle l’ADN de votre âme. Et cet ADN existe réellement, il n’est simplement pas physique.

De même que nous affirmons que le monde se compose d’innombrables objets, eux-mêmes constitués d’éléments, qui se décomposent en molécules, formées d’atomes et de particules subatomiques, puis de particules sub-subatomiques, dans une descente vertigineuse vers l’infiniment petit dont nous ignorons encore les ultimes frontières.

L’âme obéit à cette même architecture fractale. Il y a son expression extérieure, et à mesure que vous voyagez vers l’intérieur, vous traversez le niveau moléculaire, puis atomique, puis subatomique. Les êtres véritablement engagés dans une quête spirituelle ont développé, dans une certaine mesure, cette capacité à plonger dans ces profondeurs.

La prière : odyssée de l’âme

La vérité profonde, c’est que la prière authentique constitue un véritable voyage de l’âme. Elle ne se réduit pas à un murmure des lèvres, à un simple alignement de mots, à une supplique adressée à D.ieu pour satisfaire nos besoins quotidiens. Non, la prière véritable s’apparente à une odyssée à travers ces dimensions intérieures insoupçonnées. Voilà pourquoi certains spectacles spirituels n’ont rien d’étonnant.

J’en ai été témoin, certes rarement, mais j’ai vu des juifs hassidiques, des Rabbanim, demeurer assis sous leur Talith pendant le Chabbat, priant durant six heures d’affilée. Or, il faut bien moins de six heures pour simplement lire ces mots, il suffit de se rendre dans n’importe quel minyan ordinaire pour s’en convaincre. Mais ces hommes ne se contentaient pas d’égrener des paroles : ils entreprenaient un voyage vers ces territoires profonds de la conscience, vers ces états d’être rarement accessibles.

Les cinq dimensions de l’âme

Décomposons maintenant cette architecture spirituelle. D’abord, les dimensions de l’âme proprement dites. Il existe des strates dimensionnelles, et le voyage débute de l’extérieur pour progresser vers l’intérieur, selon exactement la même logique que je viens d’exposer : du sub-subatomique vers le moléculaire, puis l’atomique, jusqu’au niveau élémentaire. L’âme obéit à la même structure.

On dénombre généralement cinq dimensions, dont vous avez peut-être entendu parler. Permettez-moi de les nommer en hébreu : Nefesh, Rouah, Neshama, ‘Haya et Ye’hida. Le Midrash les présente ainsi : l’âme possède cinq noms. Ce qui signifie en réalité cinq niveaux, cinq dimensions distinctes.

À première vue, en surface, ces termes semblent synonymes. Mais lorsque vous en saisissez la substance, vous découvrez qu’ils n’ont rien de synonyme. Ce sont des dimensions radicalement différentes, que je vais maintenant détailler. Commençons par le bas, ou plutôt, comme il serait plus juste de le formuler, par l’extérieur.

Premier niveau : Nefesh, la vie biologique

Il existe un premier niveau de l’âme, celui qui répond à la question : que signifie être en vie ? Interrogez n’importe quel profane, et à plus forte raison n’importe quel biologiste, médecin ou scientifique : ils vous répondront que la vie se définit ainsi : vous respirez, vos organes vitaux fonctionnent, le cœur bat, l’esprit demeure actif. Voilà ce qui constitue la vie.

Cette définition ne dit rien, toutefois, de la qualité de cette vie. Elle atteste simplement que vous êtes physiquement vivant. Une personne peut, D.ieu nous en préserve, se trouver dans un état végétatif à l’hôpital et être néanmoins considérée comme vivante. Nous nommons cela la vie biologique. C’est le premier niveau, Nefesh : vous existez, vous êtes un organisme vivant, simplement.

Deuxième niveau : Rouah, la vie émotionnelle

Le niveau suivant transcende déjà cette simple existence biologique. Vous n’êtes plus un zombie, vous possédez désormais une vie émotionnelle, un univers de sentiments. Vous ressentez, vous éprouvez. Certains se promènent en déclarant : « Certes, je suis physiquement vivant, mais je me sens mort intérieurement. Je me sens comme un zombie. » Que signifie cette plainte ? L’absence de sensations, le vide émotionnel. Ce niveau supérieur, nous le nommons Rouah : la vie émotionnelle.

Troisième niveau : Neshama, la vie intellectuelle

Le troisième niveau s’élève encore : Neshama désigne la vie intellectuelle. Votre esprit fonctionne, se trouve stimulé, demeure actif. Il arrive parfois que nous ressentions des émotions intenses tout en éprouvant un blocage mental, comme si notre intellect se trouvait muré.

Ces trois premiers niveaux constituent ce que nous nommons les dimensions conscientes de l’âme, son expression perceptible et tangible.

Les deux niveaux transcendants : au-delà de la conscience

Au-delà de ces trois dimensions conscientes surgissent deux niveaux supplémentaires. Nous les qualifierons de super-conscients, de forces transcendantes à l’œuvre. Elles échappent à la tangibilité ordinaire. Vous ne pouvez affirmer qu’elles s’expriment à travers une activité intellectuelle, émotionnelle ou, comme précédemment évoqué, biologique. Ces forces relèvent désormais d’une réalité plus transcendante, telle que la question du sens profond de votre existence, comme je l’ai abordé plus tôt.

Enfin apparaît le cinquième niveau, celui qui vous rapproche au plus près de l’essence absolue de ce que vous êtes. Imaginez un état de paix parfaite avec vous-même, atteint dans ce lieu intérieur le plus reculé. C’est la partie la plus intime de l’âme, dans sa connexion avec sa source Divine. Cette dimension ne s’expérimente pas réellement de manière consciente, et pourtant elle existe, présente et essentielle. Y accéder s’avère évidemment infiniment plus ardu que d’atteindre les premiers niveaux.

La carte de la structure humaine

Voici donc tracées les premières lignes de la carte, la cartographie générale d’une âme humaine. Lorsque la Bible relate que D.ieu prit une motte de terre et l’imprégna de vie, qu’Il y insuffla Son énergie Divine, ce souffle même de la Divinité, Il l’imprégna en vérité de l’ensemble de ce que j’ai décrit précédemment.

Revenons à l’analogie du compositeur. Observez deux musiciens interprétant une même œuvre brillante : l’un produit un son prodigieux, l’autre, un résultat correct sans plus. Même partition, même composition. Cette musique identique peut donc être jouée avec différents niveaux d’âme, différentes strates de ce que nous pourrions nommer profondeur, passion, intensité spirituelle.

Les composants de l’âme : dix facultés

L’âme se compose de trois facultés intellectuelles, relevant de Neshama ; de trois facultés émotionnelles, incarnées par l’amour, la révérence et la compassion ; puis viennent les quatre dernières facultés, de nature comportementale, s’approchant du versant plus biologique de notre être.

De fait, un corps humain dépourvu d’âme, je ne souhaite pas paraître morbide, n’est rien d’autre qu’une dépouille. Lorsqu’une personne vit, ces niveaux d’âme palpitent en elle, et chacun se compose de multiples éléments.

Nourrir votre âme : le spa spirituel

De même qu’un corps réclame sa nourriture, son eau, son hygiène, son repos et son exercice, notre âme exige également son propre régime nutritif. Lorsque vous saisissez les composants dont l’âme se tisse, vous comprenez alors comment la nourrir. Comment alimenter la dimension comportementale ? En adoptant une conduite alignée avec votre âme.

J’ai récemment développé un concept que j’ai nommé l’immersion dans votre spa spirituel. Spa constitue un acronyme désignant trois piliers : étude, prière, action. Les familiers des textes reconnaîtront là les trois colonnes sur lesquelles repose le monde entier. Ces trois piliers soutiennent le monde, terme qui désigne à la fois l’univers cosmique et l’univers microcosmique qu’incarne chaque être humain.

Quels sont donc ces trois piliers ? Torah, l’étude ; Avoda, la prière, service du cœur, Avoda Shebalev ; et l’accomplissement de bonnes actions, la bonté manifestée en actes. Que représentent-ils ? Vous y retrouvez Rouah et Nefesh : le conditionnement cognitif, le conditionnement émotionnel et le conditionnement comportemental.

Le diagnostic de l’âme

Nous pouvons nous observer nous-mêmes. Tout comme j’évoquais la visite chez un médecin du corps, il existe également un médecin de l’âme. Quel enseignement nous dispense-t-il ? Examinons quelle dimension de votre vie nécessite une immersion dans ce spa spirituel, d’où cette trilogie : étude, prière, action.

Certains d’entre nous requièrent un renforcement de leur dimension comportementale, d’autres de leur dimension émotionnelle, d’autres encore de leur dimension cognitive. En vérité, nous avons tous besoin des trois, mais il convient de cibler nos efforts. Peut-être connaissez-vous l’ouvrage que j’ai composé, destiné à une autre période de l’année, intitulé « Le guide spirituel pour compter l’Omer ».

Ces quarante-neuf jours qui séparent Pessa’h de Chavouot nous offrent l’opportunité d’œuvrer au raffinement de notre caractère. De quoi s’agit-il exactement ? J’ai écrit un livre qui établit littéralement la radiographie de notre structure émotionnelle, le spectre complet de nos émotions.

L’équilibre dans l’amour

Prenons un exemple concret. Nombreux sont ceux qui se savent profondément aimants. Ils débordent d’amour. Fort bien, mais évaluez donc la nature de cet amour. L’amour peut se révéler magnifique, certes, mais si vous ignorez quand vous arrêter, si vous ne maîtrisez pas l’art de la retenue, la Gevoura de ‘Hessed, cet amour risque de dériver vers des territoires dangereux.

Un amour sans limites peut gâter quelqu’un, l’infantiliser. Un amour excessif peut également suffoquer autrui, car il demeure, comme je le disais, sans tempérament, sans cette juste mesure qui fait toute la différence.

Durant les quarante-neuf jours du compte de l’Omer, vous bénéficiez d’une occasion précieuse d’exercice spirituel, d’évaluation introspective. Vous pouvez alors vous administrer les vitamines spirituelles nécessaires, celles qui nourrissent et bonifient chaque facette de votre constitution spirituelle.

Un processus qui transforme l’existence

Vous le percevez désormais : il s’agit d’un processus d’une élaboration remarquable. C’est littéralement une démarche capable d’occuper magnifiquement une vie entière, avec ces cinq dimensions et leur composition complexe, toutes ces strates dont j’ai esquissé les contours.

Le point essentiel vers lequel je souhaite vous conduire est celui-ci : tout cela se produit en vous, en ce moment même. La plupart d’entre nous n’en avons probablement pas conscience, mais à l’intérieur de vous palpitent des voix et des forces qui attendent, simplement, que vous les nourrissiez.

L’âme qui parle à travers l’anxiété

Lorsque vous ressentez soudainement une forme d’anxiété, de peur ou d’insécurité, il s’agit invariablement d’un symptôme, d’un message que votre âme vous adresse pour vous signifier qu’il vous faut agir. Tout comme la douleur physique, que nous redoutons mais qui constitue néanmoins un signal d’alarme précieux, nous enjoignant d’intervenir.

L’âme ne peut s’exprimer en termes physiques, elle nous parle donc en langage émotionnel et psychologique. Chaque anxiété représente le cri de votre âme : « Secourez-moi ! » Il ne s’agit pas nécessairement d’un appel de détresse, cela dépend de l’intensité de l’anxiété, mais assurément d’un appel vous signifiant : « J’ai besoin d’être nourrie. »

La révolution nécessaire

Malheureusement, nous évoluons dans un monde où l’essentiel de ce que je viens d’exposer ne nous a jamais été enseigné. Non seulement nous ne comprenons pas nos propres voix intérieures, mais nous ignorons également comment les alimenter. Que faire lorsqu’une personne se trouve dans cet état de dénuement spirituel ?

Cette question constitue l’essence même de toute mon existence, de notre vie collective. J’ai grandi immergé dans ces enseignements. Depuis que j’ai commencé à apprécier, et je continue d’apprendre à apprécier, cet extraordinaire système intérieur qui vous définit, je m’efforce d’aider les personnes à déterminer d’abord où elles en sont, puis ce qu’elles peuvent accomplir. Je formule des recommandations concernant les différentes vitamines de l’âme, les exercices spirituels, les immersions dans le spa de l’âme, toutes ces pratiques destinées à nourrir, alimenter et cultiver l’essence même de ce qui nous fait vivre.

Une nouvelle approche de la santé mentale

Certes, nous connaissons l’existence d’un vaste monde thérapeutique. Nous savons qu’il représente une industrie colossale, se chiffrant probablement en milliers de milliards, sans que personne n’en connaisse le montant exact, surtout si l’on y inclut le versant pharmaceutique, les médicaments, et toutes les formes d’auto-médication. Ajoutez-y l’ensemble des addictions et autres fléaux avec lesquels tant de personnes luttent pour soulager, ne serait-ce qu’un instant, leur angoisse existentielle, leur douleur et leur solitude.

Au fond, c’est véritablement par ces tourments que se définit une grande partie de l’existence humaine. Si chaque personne parvenait à accéder à cette dimension de son âme et à la nourrir adéquatement, combien de souffrances seraient évitées, combien de drames prévenus ?

Ce dont nous avons véritablement besoin, en toute franchise, c’est d’une révolution authentique, qui ne débute pas à l’âge adulte. Frederick Douglass l’a si justement formulé : il est infiniment plus aisé d’élever un enfant sain que de réparer un adulte brisé.

Enseigner aux enfants leur nature spirituelle

Si nous parvenions à former une génération d’enfants en leur enseignant la connaissance de leurs âmes et de leur nature spirituelle innée, souvenez-vous, leurs âmes naturelles, car les enfants demeurent par essence bien davantage portés par l’imagination, l’idéalisme et les rêves que nous ne le sommes. C’est nous, adultes, qui étouffons ces élans en déclarant : « Ce n’est pas pratique. »

Comprenez-vous ? Nous les transformons en mathématiciens, en techniciens, leur enseignant à manœuvrer et à gagner de l’argent dans ce monde. Je ne conteste nullement la valeur de ces compétences, mais nous les mutons essentiellement d’âmes en corps, au lieu de cultiver leurs âmes fertiles et leur imagination foisonnante.

Imaginez que nous puissions engendrer une génération se comprenant selon cette perspective spirituelle. La médecine préventive que cela créerait… Qui pourrait en mesurer la valeur ? Mais lorsque nous affrontons une épreuve, armés de ces ressources, nous disposons d’une méthode d’analyse : « Un instant, s’agit-il d’une question relevant de Nefesh ? De Rouah ? D’une dimension émotionnelle ? Cognitive ? D’un problème transcendant ? D’une combinaison de plusieurs d’entre eux ? »

Cartographier le génome spirituel

Puis approfondir spécifiquement l’analyse. J’ai donné quelques exemples, mais il en existe évidemment bien davantage. Tous vous offrent un aperçu révélateur de votre être. Permettez-moi de partager l’un de mes rêves les plus ardents : ils cartographient actuellement le génome humain, n’est-ce pas ? Et si nous cartographions le génome spirituel ?

Imaginez la création d’une carte exhaustive qui nous révélerait l’ADN de chaque âme individuelle, nous permettant de l’examiner et de formuler des questions précises : « Voici mes forces, voici mes faiblesses, voici les dimensions nécessitant une amélioration, voici ce qui demande à être maîtrisé. »

Un tel outil pourrait engendrer un changement de paradigme dans notre perception de nous-mêmes, l’émergence d’un nouveau modèle psychologique capable d’intégrer tout ce qui existe de bénéfique, tout en y adjoignant cette dimension supplémentaire, ce don que D.ieu nous a fait : le plan directeur dont j’ai parlé précédemment. Le plan de la Torah, le plan de votre âme, le plan de votre psyché, la clé de ce qui vous anime.

Transformer votre vie par la connaissance de soi

Lorsque vous parvenez à cette compréhension profonde, elle peut littéralement métamorphoser votre existence. Tout comme lors d’une radiographie pulmonaire, que personne ne devrait avoir à subir, mais si cela s’avérait nécessaire, vous verriez le médecin afficher votre radiographie à l’écran, juxtaposée à celle de poumons sains, vous permettant de comparer et de constater : « Ah, ici se trouve, D.ieu nous en préserve, une obstruction, là un problème. »

Il s’avère donc crucial de posséder une image de l’archétype quintessentiel d’un génome spirituel sain. Vous pouvez alors vous interroger : « Où me situé-je par rapport à cet idéal ? » Et progresser vers lui, croître en sa direction, pour devenir un être humain infiniment meilleur et plus équilibré.

Cette connaissance de soi spirituelle ne constitue pas un luxe intellectuel, mais bien une nécessité vitale. Elle représente la clé d’une existence pleinement vécue, consciente, harmonieuse. En comprenant les cinq dimensions de votre âme, en apprenant à nourrir chacune d’elles par l’étude, la prière et l’action, vous accédez à votre véritable potentiel, à cette grandeur inscrite en vous depuis toujours, attendant simplement d’être révélée et cultivée.