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Lois relatives aux Serments (Chapitres 10 à 12)

Chapitre Dix – Serment lié au témoignage : Cas d’exemption et conditions (19 lois)

I. Invalidité des témoins et exemptions

1 – Témoins invalides – Les témoins invalides (par ordre rabbinique ou thoranique), proches parents, ou le roi ne sont pas passibles d’offrande pour déni de témoignage car leur témoignage n’implique aucune obligation pécuniaire.

2 – Promesses non contraignantes – Le témoignage sur une simple promesse verbale (« il a dit qu’il me donnerait 200 zouz ») n’oblige pas à l’offrande car l’accusé peut revenir sur sa parole sans conséquence légale.

3 – Témoignages de statut – Les témoignages sur le statut personnel (cohen, lévi, non-fils de divorcée) exemptent d’offrande car ils ne concernent pas de litiges financiers.

II. Crimes capitaux versus obligations pécuniaires

4 – Crimes passibles de mort – Les témoignages sur des crimes capitaux (violence filiale, profanation du Chabbat, relations avec une consacrée) exemptent d’offrande car ils entraînent la peine de mort et non une compensation financière.

5 – Témoin unique – Un seul témoin qui nie son témoignage est exempt d’offrande car le témoignage individuel n’implique aucune obligation pécuniaire.

III. Cas spéciaux du mariage et de l’adultère

6 – Adultère de l’épouse – Les témoins de l’adultère d’une femme mariée sont passibles d’offrande car leur témoignage lui fait perdre sa ketouba, créant ainsi une obligation pécuniaire.

7 – Témoins de mise en garde et d’isolement – Ces témoins sont exempts car ils n’entraînent que l’obligation de boire les eaux de la sota, sans conséquence pécuniaire directe même si la femme peut perdre sa ketouba en refusant.

8 – Témoin unique d’adultère après isolement – Un seul témoin d’adultère après mise en garde et isolement est passible d’offrande car son témoignage fait divorcer la femme sans ketouba.

IV. Applications pratiques et timing

9 – Principe général – Tout témoin dont le déni concerne un témoignage à conséquence pécuniaire est passible d’offrande après serment mensonger.

10 – Cas de suspicion mutuelle – Lorsque demandeur et accusé sont suspectés de faux serment, le témoin unique sollicité devient passible d’offrande car son témoignage obligerait l’accusé au paiement.

11-12 – Veuvage et biens – Le témoin de la mort du mari est passible si la veuve peut prélever sa ketouba sur des biens mobiliers, exempt si elle ne peut que sur l’immobilier.

V. Coordination entre témoins

13 – Déni simultané – Deux témoins niant simultanément (dans le délai d’une parole) sont tous deux passibles. Si l’un attend plus longtemps, seul le premier est passible.

14 – Aveu et déni – Si un témoin avoue et l’autre nie, celui qui nie reste passible quel que soit l’ordre. Un aveu rapide (moins d’une parole) exempte son auteur.

15 – Groupes multiples de témoins – Le premier groupe est exempt si le second peut témoigner, sauf si le second groupe devient invalide par parenté avec des femmes mourantes.

VI. Serments répétés et tribunal

16-17 – Serments hors tribunal – Les serments prêtés hors tribunal n’obligent que si les témoins répondent « Amen ». S’ils nient simplement sans « Amen », ils ne sont passibles qu’après déni devant tribunal.

18-19 – Après déni devant tribunal – Une fois qu’ils ont nié devant tribunal, tous les serments ultérieurs deviennent des « serments sur déclaration » et non plus des « serments liés au témoignage ».

 

Chapitre Onze – Le serment des juges : Formes et procédures (20 lois)

I. Commandement positif du serment

1 – Obligation divine – Prêter serment par le Nom de D.ieu devant tribunal est un commandement positif, constituant un service divin et une sanctification du Nom.

2 – Exclusivité divine – Il est interdit d’associer autre chose au Nom de D.ieu dans le serment sous peine d’être retranché du monde.

3 – Serment pour les commandements – On peut prêter serment d’accomplir un commandement pour se stimuler, bien qu’on y soit déjà engagé depuis le Sinaï.

II. Classification des serments

4 – Serment des juges – Tout serment imposé par le tribunal, qu’il soit d’origine thoranique ou rabbinique.

5 – Trois catégories thoraniques – Aveu partiel avec déni partiel, déni total contredit par un témoin, et serment du dépositaire pour perte/vol/mort du dépôt.

6 – Serments rabbiniques – Deux types : ceux liés à une revendication certaine (salarié, détérioration de créance) et ceux liés à une revendication incertaine (associés, métayers).

III. Procédures rituelles

7 – Serment d’incitation – Institution talmudique distincte du serment des juges bien qu’imposée par le tribunal.

8 – Forme du serment des juges – Debout, tenant un rouleau de Torah, prêtant serment par un Nom divin ou qualificatif, en hébreu selon la directive des maîtres.

9-10 – Formulations – Par la bouche du jurant ou par celle des juges avec réponse « Amen », utilisant des expressions de serment ou de malédiction.

11-12 – Objets rituels – Rouleau de Torah obligatoire, phylactères acceptables. Les sages peuvent prêter serment assis avec des phylactères.

IV. Distinctions et adaptations

13 – Serment d’incitation – Même formulation que le serment des juges mais sans saisir d’objet rituel, bien que la pratique place souvent une Torah nearby pour effrayer.

14 – Langues – Légalement permis en toute langue comprise, mais usage rabbinique préfère l’hébreu avec explication obligatoire.

V. Procédure d’intimidation

15 – Cas d’intimidation – Obligatoire pour les serments liés à revendication certaine, non nécessaire pour revendication incertaine.

16 – Contenu de l’intimidation – Exposition détaillée des conséquences du faux serment : punition immédiate, extension aux proches, responsabilité collective d’Israël, destruction par le serment mensonger.

17-18 – Alternatives – L’accusé peut refuser de jurer et payer, le demandeur peut l’exempter. Si l’accusé accepte, avertissement final sur l’interprétation du tribunal.

19-20 – Conséquences du faux serment – Culpabilité pour serment mensonger, paiement du capital plus un cinquième, offrande de culpabilité si le Temple existe.

Chapitre Douze – Gravité et réglementation des serments (12 lois)

I. Gravité exceptionnelle du faux serment

1 – Imperfection du pardon – Même après flagellation ou offrande, le faux serment n’est pas entièrement pardonné car il implique profanation du Nom divin.

2 – Faute grave – Plus grave que les fautes passibles de retranchement ou de mort car elle profane le Saint Nom.

II. Serments non-valides

3 – Serments par les créatures – Jurer par les cieux, la terre, le soleil n’est pas un serment valide même avec intention de viser le Créateur.

4 – Serments sur les livres saints – Sur la Torah : valide si explicitement sur le contenu, invalide si sur le parchemin. Autres livres : non-valides mais traités comme serments par précaution.

5 – Distinction savant/ignorant – Le savant n’a pas besoin de libération pour serment invalide, l’ignorant si pour éviter la légèreté.

III. Statut personnel et serments

6 – Serment de l’esclave – Invalide car son corps ne lui appartient pas, il ne peut s’interdire ce qui appartient à autrui.

7 – Serments des mineurs – Bien que non obligatoires, on les force à accomplir leur parole pour éducation, sauf si préjudiciable à leur santé.

8 – Éducation des enfants – Obligation des pères et maîtres d’enseigner la vérité sans serment pour éviter l’habitude de jurer comme les non-juifs.

IV. Responsabilité communautaire

9 – Obligation d’ostracisme – Quiconque entend un serment en vain ou faux doit exclure le fautif de la communauté sous peine d’être lui-même exclu.

10 – Distinction intentionnel/involontaire – L’ostracisme ne s’applique qu’aux fautes intentionnelles, l’involontaire nécessite information et mise en garde.

V. Révérence du Nom divin

11 – Mention en vain interdite – Même sans serment, mentionner les Noms divins en vain est interdit. En cas d’erreur, corriger immédiatement par louange.

12 – Conseil de sagesse – Bien que l’annulation soit permise, éviter autant que possible de prêter serment. Si on jure, accomplir coûte que coûte selon le principe « ayant juré à son détriment, ne se rétracte point ».

FIN DES LOIS RELATIVES AUX SERMENTS, AVEC L’AIDE DE D.IEU.