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Lois relatives aux relations interdites (Chapitres 9 à 11)

Chapitre Neuf – Lois de la Nidda et de la Zava (39 lois)

I. Principes de base de l’impureté féminine

  1. Impureté thoranique de la nidda – Une femme contracte l’impureté de nidda ou zava au sens strict de la Torah uniquement si elle ressent physiquement l’écoulement et constate du sang sortant de sa chair. Elle n’est impure qu’à partir du moment de la constatation.
  2. Décret rabbinique sur les taches – Par décret des sages, toute femme qui trouve une tache de sang sur sa peau ou son vêtement devient impure d’ordre rabbinique, même sans sensation physique et même si l’examen interne ne révèle pas de sang.
  3. Impureté rétroactive – Toute femme constatant un écoulement hors du temps attendu ou trouvant une tache est impure rétroactivement depuis vingt-quatre heures, sauf si un examen dans ce laps de temps l’a trouvée pure.

II. Exceptions à l’impureté rétroactive

  1. Cas sans impureté rétroactive – Les femmes constatant un écoulement au moment attendu du cycle, les femmes enceintes, allaitantes, vierges (bétoula) et âgées ne sont impures que depuis le moment de l’écoulement seulement.
  2. Définitions des catégories – Femme enceinte : dès que le bébé se remarque (3 mois). Allaitante : 24 mois après naissance. Bétoula : jamais eu d’écoulement menstruel. Femme âgée : 90 jours après l’âge de vieillesse.

III. Règles concernant les taches de sang

  1. Différence peau/vêtement – Les taches sur la peau n’ont pas de mesure minimale, celles sur le vêtement doivent avoir la taille d’un griss kilki (carré de 3×3 graines de lentille).
  2. Objets ne contractant pas l’impureté – Une tache trouvée sur pierre, terre, engrais, peau de poisson, extérieur de récipient d’argile, ou vêtement de moins de 3×3 doigts laisse la femme pure.
  3. Localisation corporelle – Seules les taches dans la direction du petit bassin rendent impure : talon, intérieur des cuisses et jambes, sommet des orteils, mains (car elles bougent inconsciemment).

IV. Formes et aspects des taches

  1. Formes diverses – Une tache allongée, arrondie, en gouttelettes, ou suivant la largeur de la hanche rend impure si elle se trouve dans la direction du petit bassin, quelle que soit sa forme.
  2. Taches sur vêtements – Tache sous la ceinture : impure. Au-dessus : pure. Sur les manches : selon la possibilité d’atteindre le petit bassin.
  3. Habits portés la nuit – Si elle se dévêt ou revêt un habit la nuit, toute tache le rend impure, ainsi que sur la ceinture.

V. Statut de zava par les taches

  1. Vêtement porté trois jours – Un vêtement porté trois jours consécutifs avec trois taches ou une tache équivalente suscite le doute de zava.
  2. Conditions d’examen – Sans vérification du vêtement et examen personnel durant bein hachémachot du premier jour, même une petite tache suscite le doute de zava.
  3. Combinaison tache/écoulement – Une tache un jour suivie d’écoulement deux jours, ou l’inverse, suscite le doute de zava.

VI. Association des taches dans le temps

  1. Règle des 24 heures – Une tache peut être attribuée à un écoulement dans les 24 heures. Deux taches ne s’associent que si un état de pureté a été constaté entre elles.
  2. Premier exemple temporel – Si elle trouve une tache vendredi à la première heure et constate un écoulement avant la première heure de Chabbat, elle associe la tache à l’écoulement (dans les 24h). Si écoulement à la deuxième heure de Chabbat, elle est impure deux jours car hors des 24h.
  3. Deuxième tache de Chabbat – Si deuxième tache à la première heure de Chabbat après examen de pureté la veille, elle ne compte qu’une tache (dans les 24h). Sans examen, elle compte deux jours distincts.
  4. Troisième tache dominicale – Si troisième tache dimanche première heure, avec examen de pureté entre les précédentes, pas de crainte de zava. Sans examen entre les taches, crainte de zava.

VII. Attribution des taches à des causes externes

  1. Principe général – Une tache sur vêtement peut être attribuée à une cause externe et laisse pure. Sur la peau, le doute rend impure, sauf cause plus probable que pour le vêtement.
  2. Activités salissantes – Abattage d’animaux, contact avec taches, passage au marché des abattoirs permettent d’attribuer les taches du vêtement.
  3. Taches sur peau uniquement – Si la tache n’est que sur la peau (pas sur l’habit) lors d’activités salissantes, elle rend impure car elle devrait aussi être sur l’habit.
  4. Blessures personnelles – Une blessure, même cicatrisée mais pouvant s’ouvrir, permet d’attribuer une tache de sang.
  5. Taches mixtes peau/vêtement – Si trouvée sur les deux, attribution possible à toute cause, y compris vermine écrasée (jusqu’à taille d’un griss).

VIII. Attribution à des proches

  1. Attribution familiale – Possibilité d’attribuer à son fils ou mari ayant du sang ou une blessure.
  2. Limite de l’attribution – On n’attribue pas un sang d’un endroit à un autre (ex: blessure à l’épaule pour tache à la cuisse).

26-27. Règles de volume et couleur – Limitations selon le volume de sang disponible et concordance des couleurs.

IX. Vêtements multiples et partagés

  1. Vêtements superposés – Si elle porte trois vêtements et a une cause d’attribution, elle peut l’appliquer même au vêtement inférieur. Sans cause, même le vêtement supérieur la rend impure.
  2. Ville aux porcs – Dans une ville avec des porcs, on ne tient pas compte des taches sur vêtements.
  3. Vêtements prêtés – femmes impures – Si elle prête son vêtement à une femme ayant ses règles (juive ou non-juive) puis le remet sans vérification, elle attribue la tache à celle qui l’a porté.
  4. Vêtements prêtés – après vérification – Si elle vérifie le vêtement et s’examine avant de le prêter, puis trouve une tache au retour, celle qui a emprunté est impure.
  5. Différence de taille – Une grande femme portant le vêtement d’une petite : si la tache est dans la direction de son petit bassin, elle est impure, sinon elle est pure.

X. Cas de doute collectif

  1. Trois femmes – même vêtement/lit – Si trois femmes portent le même vêtement ou dorment dans le même lit et qu’une tache est trouvée, toutes sont impures. Si l’une s’examine et se trouve impure, les deux autres sont pures.
  2. Attribution selon la susceptibilité – Si toutes s’examinent et sont pures, celle non susceptible d’écoulement (enceinte, âgée, etc.) attribue à celle qui l’est. Si toutes sont dans la même catégorie, toutes sont impures.
  3. Trois femmes sur un lit – Montées du côté des pieds dans l’ordre : tache sous celle du milieu = toutes impures ; sous celle du côté intérieur = elle et sa voisine impures ; sous celle de l’extérieur = elle et sa voisine impures. Sans ordre : toutes impures.
  4. Conditions d’application collective – Ces règles s’appliquent si toutes se sont examinées et trouvées pures sans pouvoir attribuer. Si une ne s’examine pas, les pures lui attribuent la cause.

XI. Test d’identification des taches

  1. Principe du test – Une tache ne rend impure que si on sait qu’il s’agit de sang. En cas de doute avec substance rouge, appliquer sept substances dans l’ordre. Si elle disparaît/s’éclaircit : sang impure ; si inchangée : substance pure.
  2. Les sept substances – Dans l’ordre : salive sans goût, gruau de fèves mâché, urines fermentées, saponaire, salpêtre, terre glaise, potasse. Frotter trois fois avec chaque substance. Ordre obligatoire.
  3. Définitions des substances – Salive sans goût : de celui qui n’a pas mangé depuis le début de la nuit, a dormi la seconde moitié, et n’a pas trop parlé dans les trois premières heures. Gruau mâché : fèves mélangées à beaucoup de salive. Urines fermentées : trois jours ou plus.
  4. Statut final des taches – Femme impure par tache dans ses jours de nidda : doute de nidda, attend sept jours puis s’immerge. Dans ses jours de zava : doute de zava selon le cas. Tout cela est d’ordre rabbinique.

Chapitre Dix – Lois de la femme qui accouche (21 lois)

I. Principes de base de l’accouchement

  1. Impureté de l’accouchement – Toute femme qui accouche est impure comme la nidda, même sans écoulement de sang. Même statut pour enfant vivant, mort ou avorton, selon le sexe et à condition que l’embryon ait une forme finie.
  2. Délai de formation – Fausse couche dans les quarante jours : pas d’impureté d’accouchement. Le quarante et unième jour : doute, elle attend pour garçon, fille et nidda. Forme floue (chapir méroukam) : attendre pour garçon et fille.
  3. Description du chapir méroukam – Corps taille d’une lentille, yeux comme yeux de mouche éloignés, narines comme yeux de mouche rapprochés, bouche ouverte comme épaisseur d’un cheveu. Test à l’huile pour déterminer le sexe.
  4. Autres formes d’avorton – Morceau blanc avec os : impureté d’accouchement. Formes remplies d’eau, sang, insectes, chair sans forme humaine : pas d’impureté.

II. Naissances particulières

  1. Césarienne – Enfant né par césarienne : mère pas impure d’accouchement, pas de jours d’impureté ni de pureté. Sang des douleurs de l’utérus : zava/nidda selon le moment. Sang de la paroi abdominale : impur mais ne rend pas la femme impure.
  2. Naissance par parties – Si bébé sort membre par membre : impureté quand majorité sort. Tête entière = majorité. Si pas découpé : majorité du front suffit.
  3. Main sortie puis rentrée – Impureté d’accouchement d’ordre rabbinique, mais pas de jours de pureté jusqu’à sortie complète ou majoritaire.

III. Formes animales et monstrueuses

  1. Forme d’animal avec visage humain – Si visage semblable à l’humain : considéré comme nouveau-né selon le sexe. Même si le corps ressemble à un animal.
  2. Caractéristiques du visage humain – Doit avoir front, sourcils, yeux, sommet du menton humains. Bouche, oreilles, nez peuvent ressembler à l’animal.
  3. Cas particuliers – Forme de serpent : impureté (yeux arrondis comme l’humain). Homme ailé : impureté. Un œil et une hanche d’un côté : impureté (moitié d’humain). Au milieu : pure (autre créature).
  4. Malformations disqualifiantes – Œsophage bouché, amputé du nombril, crâne bouché, visage effacé, deux sourcils par œil, deux colonnes vertébrales, formes imprécises : pas de nouveau-né. Membres détachés précis : comptent pour la majorité.

IV. Sanedal et placenta

  1. Définition du sanedal – Morceau de chair comme langue de taureau qui s’enroule sur le bébé, formé du sang embryonnaire. Ne se forme qu’avec un bébé. Embryon mâle avec sanedal : attendre pour garçon et fille (crainte que le sanedal soit une fille).
  2. Définition du placenta – Enveloppe épaisse comme outre qui enveloppe l’embryon et le sanedal. Au début : fil de trame, creux comme trompette, épais comme jabot. Minimum un téfa’h.
  3. Règles du placenta – Émission de placenta : attendre pour garçon et fille (pas parce que c’est un embryon, mais parce qu’il n’y a pas de placenta sans embryon). Avorton puis placenta : crainte d’un autre embryon. Nouveau-né viable puis placenta même 23 jours après : associé au nouveau-né.
  4. Ordre d’émission du placenta – Placenta avant nouveau-né viable : crainte d’autre embryon. Placenta en deux fois : compter du premier jour pour l’impureté, du deuxième pour la pureté.
  5. Placenta avec forme animale – Forme animale avec placenta rattaché : pas de crainte. Non rattaché : précaution pour deux embryons.

V. Applications et cas de doute

  1. Absence de jours de pureté – Tous les cas de crainte de placenta : pas de jours de pureté. Émission sans embryon ni chapir méroukam avec sang : nidda/zava selon le cas. Sans sang : pure.
  2. Jumeaux et cas ambigus – Garçon et fille jumeaux : attendre pour fille. Toumtoum ou androgyne : attendre pour garçon et fille. Combinaisons diverses selon les cas de doute.
  3. Femme présumée enceinte – Accouchement sans savoir quoi : attendre pour garçon et fille. Non présumée enceinte : doute d’accouchement, attendre pour garçon, fille et nidda.

VI. Statuts pratiques détaillés

  1. Attendre pour garçon et fille – Interdite 14 jours comme pour fille (7 certains + 7 doute). Jours de pureté : 40 jours seulement comme garçon. Sang après 40 jours avant 80 : doute nidda/zava. Sang au 81e jour : doute nidda.
  2. Attendre pour garçon, fille et nidda – Interdite 14 jours. Sang au 81e jour : doute nidda. Interdite jusqu’au 48e jour comme garçon. Pas de jours de pureté. Tout sang jusqu’à 80 jours selon les jours de statut. Cycle se fixe après 80 jours.

Chapitre Onze – Coutumes contemporaines (19 lois)

I. Évolution historique des règles

  1. Règles thoraniques originelles – Toutes les règles précédentes constituent la loi thoranique appliquée du temps du grand tribunal avec des sages experts en types de sang. Possibilité de consultation à Jérusalem selon « entre un sang et un sang ».
  2. Complexité du décompte – Grande difficulté à tenir le compte des jours de nidda et zava. Même une fille née commence le décompte dès la naissance. Pas d’impureté de zava avant 10 jours (7 nidda + 3 jours suivants).
  3. Décret talmudique – À l’époque du Talmud, doutes sur les aspects du sang et perte des cycles. Les sages ont décrété que tous les jours soient considérés comme jours de zava, tout écoulement comme sang de zava par doute.

II. Coutume de rigueur des femmes juives

  1. Mesure de rigueur supplémentaire – Les femmes juives ont adopté partout : toute femme ayant un écoulement, même une goutte, décompte sept jours de propreté après arrêt, même dans ses jours de nidda. S’immerge la nuit du huitième jour.
  2. Application à l’accouchement – À notre époque, toute accouchante a le statut de zava et doit compter sept jours de propreté. Coutume répandue : même écoulement dans les jours d’attente nécessite nouveau décompte, supprimant tout sang de pureté.
  3. Époque des guéonim – Cette règle supprimant le sang de pureté date des guéonim. La rigueur talmudique ne concernait que le sang impur, pas le sang de pureté après décompte et immersion.
  4. Exception française – En France, on garde la règle talmudique permettant les relations conjugales avec sang de pureté après décompte et immersion post-accouchement. Cela dépend de la coutume locale.

III. Applications contemporaines spécifiques

  1. Sang de l’hymen – Même kétana n’ayant jamais eu d’écoulement : première relation puis retrait. Tout écoulement de blessure interne rend impure, nécessitant sept jours de propreté après arrêt.
  2. Fiançailles – Toute jeune fille acceptant une demande en mariage doit attendre sept jours de propreté puis s’immerger avant les relations, par crainte d’écoulement inconscient dû à l’attirance. Avec érudit : mariage immédiat possible, décompte après.
  3. Caractère irrévocable – Toutes ces rigueurs prises par les femmes juives à l’époque talmudique ne peuvent plus être abandonnées. Obligation de décompte avant mariage sauf cas d’érudit conscient de l’interdiction.

IV. Maintien de certaines règles originelles

  1. Statut des taches inchangé – Les règles sur les taches restent identiques sans nouveauté ni coutume. Tache pure reste pure, tache impure nécessite décompte selon sa taille (sept jours complets ou sept jours de propreté).
  2. Cas de pureté maintenus – Tous les cas où l’accouchante était déclarée pure le restent. Écoulements blancs, verts, morceaux sans sang : pureté maintenue. Rigueur seulement pour sang impur.
  3. Sang de blessure et urines – Blessure interne ou sang avec urines : pureté maintenue. Nouveau décompte seulement pour sang impur, tous les aspects de sang étant désormais considérés impurs.

V. Corrections d’erreurs contemporaines

  1. Erreur sur double décompte – Certains endroits prescrivent à tort sept jours de nidda puis sept jours de propreté. Erreur à ne pas suivre : un jour d’écoulement = sept jours de propreté puis immersion nuit du huitième.
  2. Erreur sur les délais d’accouchement – Certains responsa de guéonim interdisent à tort les relations jusqu’à 40 jours (garçon) ou 80 jours (fille) même sans écoulement après sept jours. Erreur sadducéenne à corriger : obligation de n’observer que sept jours de propreté.

VI. Règles d’immersion et comportement

  1. Obligation d’immersion – Aucune sortie d’impureté sans immersion dans mikvé valide sans séparation entre peau et eau. Simple bain, même avec toutes les eaux du monde, n’élève pas de l’impureté. Seuls mikvé, source ou mer sont valides.
  2. Immersion pendant les sept jours – Immersion durant les sept jours de propreté invalide. Immersion le septième jour : valide a posteriori mais interdite a priori par crainte de relations prématurées.
  3. Comportement durant le décompte – Interdiction de toucher la femme durant les sept jours de propreté, même habillés. Même comportement qu’avec la nidda car passible de retranchement jusqu’à l’immersion.
  4. Tâches domestiques – La nidda fait tous les services conjugaux sauf : laver visage/mains/pieds du mari, lui verser à boire, faire son lit devant lui (par crainte de faute). Même interdiction durant les sept jours de propreté. Elle peut se maquiller pour ne pas être dépréciée.