C’est dans une atmosphère empreinte d’émotion, de fraternité et de recueillement que s’est tenu, le dimanche 26 Mena’hem Av qu Beth Habad francophone de Netanya dirigé par le Rav Yaacov Mazouz, un grand rassemblement à l’occasion du premier Yortzeit de la Rabbanit Bathya Kalmenson. Épouse du Rav Chalom Mendel Kalmenson et bâtisseuse infatigable, aux côtés de son mari, de l’œuvre éducative Chné-Or à Aubervilliers, elle demeure une figure lumineuse du judaïsme francophone. Autour de tables garnies et au fil des paroles de Torah, proches et fidèles ont rappelé l’empreinte durable laissée par cette femme d’exception.

 

 

Un rassemblement empreint de Torah et de Farbrenguen

Venues nombreuses pour honorer sa mémoire, les personnes présentes se sont réunies au Beth Habad francophone de Netanya, autour de tables dressées, perpétuant la tradition ‘hassidique du Farbrenguen, ce moment de partage spirituel où l’enseignement et l’inspiration mutuelle se mêlent au chant. Rabbanim, proches, membres de la communauté d’hier et d’aujourd’hui et fidèles se sont succédé pour prendre la parole. Entre mélodies, paroles de Torah et récits émouvants, chacun a rappelé l’impact profond que cette femme d’exception a laissé sur son entourage et bien au-delà.

Un parcours marqué par l’exil et la résilience

Fille du Rav Ouziel Hazanov et issue de l’une des familles les plus respectées de la ‘Hassidout, Bathya Kalmenson connut, dès son plus jeune âge, l’épreuve de la guerre. Enfant, elle vécut d’abord paisiblement à Moscou avant que la Seconde Guerre mondiale ne bouleverse son existence, avec son lot de bombardements, de restrictions alimentaires, de peur constante et, finalement, d’exil jusqu’à Samarcande, en Ouzbékistan. Comme le rappelait sa fille, la Rabbanit ‘Haya Nissilevitch, elle sut triompher de ces épreuves, comme de bien d’autres encore, sans jamais renoncer à sa joie. Cette force intérieure, forgée dans l’adversité, allait irriguer toute une vie de dévouement.

Une œuvre éducative bâtie à deux

Son foyer, elle le partagea avec le Rav Chalom Mendel Kalmenson, Chalia’h du Rabbi à Aubervilliers, lui-même façonné par les années de clandestinité vécues en Russie soviétique, où il étudiait la Torah en secret. En 1963, le couple s’installe à Aubervilliers, banlieue populaire du nord de Paris où affluent alors de nombreux réfugiés d’Afrique du Nord. Inspiré et encouragé par le Rabbi de Loubavitch, le Rav Kalmenson y fonde la communauté Kéhilat Chné-Or, la « communauté des deux lumières », appelée à réunir en son sein Juifs séfarades et achkénazes. L’école maternelle ouvre ses portes avec une quinzaine d’enfants seulement, avant de devenir aujourd’hui un vaste ensemble scolaire de près de 700 élèves, de la maternelle à la terminale, animé par une centaine de collaborateurs. Aux côtés de son époux, qui exerçait aussi les fonctions de Cho’het, de Bodek et de Mohel, la Rabbanit œuvra avec discrétion, générosité et constance pour l’épanouissement de la vie juive et le soutien des familles. Son foyer demeura toujours grand ouvert, incarnant les valeurs d’hospitalité, l’A’hnassat Or’him, et d’entraide.

Une descendance de Chlou’him à travers le monde

L’héritage de la Rabbanit Kalmenson se lit d’abord dans sa propre famille. Ses enfants, qui comptaient parmi les tout premiers élèves de l’école, en sont aujourd’hui les animateurs, tandis que plusieurs servent comme Chlou’him et Chlou’hot du Rabbi à travers le monde. Ainsi le Rav Yossef Its’hak Kalmenson et le Rav Meir Sim’ha Kalmenson, à Aubervilliers, la Rabbanit ‘Haya Nissilevitch, à Aubervilliers également, la Rabbanit Beila Gansburg, en Italie, la Rabbanit Rivka Lipsker et la Rabbanit Ra’hel Bruchstat, à New York, la Rabbanit Feïga Levitin, à New Haven, la Rabbanit Sterna Sarah Deutsh, à Migdal HaEmek, et la Rabbanit Léa Raskin, en Australie. À travers eux, l’œuvre entreprise à Aubervilliers rayonne bien au-delà des frontières de la France.

Une mémoire vivante et inspirante

Rappelée à D.ieu le 25 Mena’hem Av 5785 (2025), à l’âge de quatre-vingt-quinze ans, la Rabbanit Bathya Kalmenson a été inhumée au mont des Oliviers, à Jérusalem. Le rassemblement de Netanya ne fut pas seulement un moment de souvenir, mais un rappel vivant des valeurs qu’elle incarna toute sa vie, le dévouement envers autrui et le soutien constant aux œuvres communautaires, l’attachement aux traditions et la transmission des valeurs de la Torah aux générations futures, l’unité et la fraternité qui, aujourd’hui encore, rassemblent proches et fidèles, en Israël comme en France. Que le souvenir des justes soit une source permanente de bénédiction, de force et d’inspiration pour toute sa famille et pour l’ensemble de la communauté.