Le 31 mai 2026, les salons Haya Mouchka à Paris ont vibré au son des chants et des danses lors d’une Hakhnassat Sefer Torah inoubliable, dédiée à la mémoire du petit Meir Yaakov ben Yaakov Vouzlda Feldshtein, soldat de Tsivot Hachem rappelé vers les cieux le 15 Av 5784 (19 août 2024). Des centaines de fidèles, réunis dans la joie et l’émotion, ont accompagné l’entrée solennelle d’un nouveau Sefer Torah, transformant cette terrible épreuve en lumière et en Torah vivante. 

 

 

 

C’est une image qui restera gravée dans les mémoires : un Sefer Torah déployé à bout de bras, sous les acclamations d’une foule recueillie et joyeuse à la fois, dans la grande salle illuminée des salons Haya Mouchka, au cœur du 19ᵉ arrondissement de Paris. Ce dimanche 31 mai 2026, une journée entière a été consacrée à l’accueil d’un nouveau rouleau sacré, dédié leïlouï nechama — pour l’élévation de l’âme — de Meir Yaakov ben Yaakov Vouzlda Feldshtein, un enfant que sa famille et sa communauté désignent avec tendresse et profonde conviction comme un «soldat de Tsivot Hachem», l’Armée de D.ieu.

Qui était Meir Yaakov a’h Feldshtein ?

Dans la tradition Habad-Loubavitch, les jeunes enfants sont appelés « soldats de Tsivot Hachem », expression chère au Rabbi de Loubavitch qui voyait en chaque enfant juif un combattant au service de D.ieu et de Sa Torah. Meir Yaakov a’h Feldshtein a quitté ce monde prématurément, le 15 Av 5784 (19 août 2024), laissant derrière lui une famille et une communauté brisées de chagrin, mais résolues à transformer cette douleur en acte de lumière. Comme le veut la tradition juive dans sa profonde sagesse, c’est par la Torah — l’écriture d’un Sefer Torah, la mitsva la plus aboutie — que ses proches ont choisi d’honorer sa mémoire et de faire briller son âme dans les mondes supérieurs.

Une journée de Torah, de joie et de lumière

Le programme, conçu pour accueillir des centaines de participants à partir de 14 heures, reflétait l’ampleur de l’événement. Un buffet généreux ouvrait la journée, permettant à chacun de se retrouver avant les temps forts. À 15 heures débutait la vente des lettres — ce moment particulièrement émouvant où chaque fidèle, en acquérant une lettre du Sefer Torah, s’associe personnellement à l’œuvre sacrée et au mérite du défunt. C’est lors de ces instants que les larmes se mêlent souvent aux sourires, que les familles, les amis, les inconnus même se découvrent liés par un même fil de continuité.

Puis vint l’heure des Hakafot — les rondes traditionnelles —, moment de pure jubilation où le Sefer Torah est promené sous les vivats, porté à bout de bras comme un roi, au son des chants hassidiques. Les photos prises ce soir-là dans les salons Haya Mouchka montrent une scène saisissante : le rouleau déployé dans toute sa splendeur, entouré d’une centaine d’hommes, femmes et enfants serrés les uns contre les autres, chacun cherchant à en être plus proche, à en toucher les bords dorés par le temps et l’encre sacrée.

Les salons Haya Mouchka, haut lieu de la vie juive parisienne

Le choix des salons Haya Mouchka, situés au 49 rue Petit dans le 19ᵉ arrondissement, n’est pas anodin. Cette adresse est depuis de nombreuses années un point de rassemblement privilégié de la communauté Habad-Loubavitch de Paris pour ses grandes occasions : Bar-Mitsva, mariages, farbrenguens, et cérémonies de la vie communautaire. Son nom même rend hommage à Rebbetzin Haya Mouchka Schneerson, l’épouse bien-aimée du Rabbi de Loubavitch, dont la mémoire est vénérée dans toute la mouvance ‘Habad-Loubavitch à travers le monde.

La salle, ce dimanche, n’a pas désempli. Aux côtés de la famille Feldshtein, des fidèles venus de tout Paris et de la région parisienne se sont pressés pour partager ce moment à la fois intime et universel. Car c’est une des vertus propres à la tradition juive que de savoir transformer les épreuves en célébration de la vie et de la continuité.

La mitsva du Sefer Torah : un acte qui traverse le temps

L’écriture d’un Sefer Torah représente la 613ᵉ et dernière mitsva de la Torah — la commandement de rédiger son propre rouleau de la Loi. Rédigé à la plume par un sofer qualifié, sur parchemin casher, chaque lettre tracée à l’encre noire est un acte spirituel irréversible. Lorsqu’un Sefer Torah est dédié leïlouï nechama, il porte pour toujours le nom de celui dont il perpétue la mémoire. Chaque fois que le rouleau sera sorti de l’arche, lu en synagogue, étudié, les lettres que des centaines de mains auront contribué à financer continueront de faire rayonner l’âme de Meir Yaakov a’h Feldshtein.

C’est cette conviction — que les bonnes actions accomplies en mémoire d’un défunt lui procurent une élévation dans les mondes spirituels — qui donne à une Hakhnassat Sefer Torah toute sa dimension mystique et consolatrice. La famille Feldshtein, en initiant cette démarche, offre à leur enfant bien-aimé le plus beau des kadich : non pas des mots, mais des lettres vivantes, des lettres éternelles.

Au fil des danses et des chants, au fil des rondes et des bénédictions, une certitude s’est imposée à tous ceux qui étaient présents ce soir-là : Meir Yaakov a’h Feldshtein, soldat de Tsivot Hachem, n’est pas oublié. Ses lettres sont écrites. Sa lumière brille.

יהי זכרו ברוך — Que sa mémoire soit une bénédiction.

 

Photos : Israël Sudry