Le président de la Knesset Amir Ohana a lancé une attaque virulente contre la reconnaissance d’un État palestinien par certains pays européens lors du congrès mondial des parlements à Genève. Sa déclaration provocante suggère d’établir cet État à Londres ou Paris plutôt qu’au Moyen-Orient. Cette sortie diplomatique intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Israël et la communauté internationale.

 

 

Amir Ohana, président du parlement israélien, a provoqué un tollé lors du congrès de l’Union interparlementaire à Genève en s’opposant fermement à la reconnaissance d’un État palestinien par la France et la Britannique. Il a également dénoncé les appels iraniens à la destruction d’Israël et rappelé la situation des otages détenus à Gaza.

Une diplomatie de confrontation à Genève

Devant des dizaines de dirigeants parlementaires du monde entier réunis au siège de l’ONU à Genève, Amir Ohana n’a pas mâché ses mots. « Si vous voulez établir ce que vous appelez un État palestinien, établissez-le à Londres, à Paris, dans vos propres pays qui deviennent de plus en plus semblables au Moyen-Orient », a-t-il déclaré lors de son intervention au congrès de l’Union interparlementaire (IPU).

Cette déclaration fracassante a provoqué le départ des délégations iranienne et palestinienne de l’auditorium, tandis que les membres de la délégation yéménite ont quitté la salle de manière ostentatoire, passant devant le podium où s’exprimait le président de la Knesset.

Critique frontale de la position franco-britannique

S’adressant directement aux déclarations du président français et du Premier ministre britannique, Ohana a dénoncé ce qu’il considère comme une récompense accordée au Hamas : « Offrir un prix au Hamas sous la forme d’une reconnaissance d’un État palestinien n’apportera ni stabilité, ni partenariat, ni paix. Cela entraînera davantage d’effusion de sang d’Israéliens et de Juifs. »

Le dirigeant israélien a particulièrement visé les pays européens qui ont récemment reconnu la Palestine comme État, estimant que cette décision encourageait le terrorisme plutôt que de favoriser la paix dans la région.

Confrontation avec l’Iran et appel aux otages

Le moment le plus spectaculaire de l’intervention d’Ohana est survenu lorsqu’il a sorti un iPad pour projeter une vidéo du parlement iranien datant de juin dernier, montrant les députés scandant « Mort à Israël, mort à l’Amérique » après avoir adopté une loi rompant les relations avec l’Agence internationale de l’énergie atomique.

« Il ne s’agit pas d’images d’une cellule terroriste clandestine », a souligné Ohana, « c’est le parlement officiel de la République islamique d’Iran – membre à part entière de ce forum, appelant ouvertement à la destruction de deux États souverains. »

Le président de la Knesset a également profité de cette tribune pour rappeler la situation des otages : « Pendant que nous parlons, cinquante de nos sœurs et frères, des innocents, sont détenus en otages par le Hamas. Ils sont affamés, torturés, effrayés et seuls dans les tunnels sombres de Gaza. »

Marathon diplomatique en marge du congrès

Au-delà de son intervention polémique, Ohana a mené un intense programme de rencontres bilatérales. Il s’est notamment entretenu avec le Dr Ali Rashid Al Nuaimi, président du comité de sécurité et des affaires étrangères des Émirats arabes unis, ainsi qu’avec les présidents des parlements du Chili, du Brésil et de la Belgique.

Au total, le président de la Knesset devait rencontrer plus de 20 dirigeants parlementaires du monde entier, notamment d’Allemagne, d’Italie, de Suisse, de Grande-Bretagne, de Slovaquie, de Suède, de République tchèque, du Ghana, du Népal et du Congo. Cette offensive diplomatique témoigne de la volonté israélienne de défendre sa position sur la scène internationale malgré l’isolement croissant du pays.