Dans un moment historique pour les relations israélo-argentines, le président Javier Milei est devenu le premier chef d’État argentin à prendre la parole devant le parlement israélien. Son discours passionné, ponctué de références bibliques et de condamnations fermes du terrorisme, a électrisé l’assemblée qui lui a réservé de nombreuses ovations debout. Cette visite marque un tournant diplomatique majeur avec l’annonce du transfert de l’ambassade argentine à Jérusalem en 2026.
Un accueil triomphal au parlement israélien
Le président de la Knesset, Amir Ohana, a salué l’arrivée de Milei comme « un moment historique dans l’histoire des relations israélo-argentines ». « Sous ta direction, l’Argentine est devenue l’amie courageuse d’Israël, celle qui porte le flambeau de la clarté morale », a déclaré Ohana devant l’assemblée réunie.
Le Premier ministre Benyamin Netanyahou n’a pas été en reste dans ses éloges : « Javier, tu es un véritable ami. Avec cette visite, nous portons nos relations vers de nouveaux sommets. » Il a particulièrement salué la position ferme du dirigeant argentin : « Tu t’es dressé aux côtés de la vérité contre le mensonge, comprenant qu’il s’agit d’une guerre juste sans équivalent. »
Même le chef de l’opposition Yair Lapid a rendu hommage au président argentin, déclarant en hébreu puis en espagnol : « Tu viens à nous dans une heure difficile pour le peuple d’Israël. C’est ce que font les vrais amis. Ils viennent soutenir dans les moments difficiles. »
L’Argentine aux côtés d’Israël contre « les forces des ténèbres »
Milei a livré un réquisitoire implacable contre le Hamas et ses soutiens internationaux. « Avec l’attaque du Hamas du 7 octobre, le peuple d’Israël est tombé victime de la cruauté la plus grande en 80 ans », a-t-il affirmé, établissant un parallèle avec la Shoah.
Le dirigeant argentin a révélé que 21 citoyens argentins avaient été kidnappés lors de cette attaque, dont quatre sont encore détenus en captivité. « Nous continuerons à exiger leur libération », a-t-il promis sous les applaudissements.
Il a dénoncé avec véhémence la « manipulation » de la communauté internationale par les terroristes : « Quand les deux camps sont le bien et le mal, il n’y a aucune égalité morale. » Milei a particulièrement ciblé certains activistes occidentaux qui, selon lui, « transforment les victimes en agresseurs » par opportunisme médiatique.
Le transfert historique de l’ambassade à Jérusalem
La nouvelle la plus marquante du discours fut l’annonce officielle du transfert de l’ambassade argentine. « En 2026, nous transférerons notre ambassade à Jérusalem », a proclamé Milei, déclenchant une standing ovation prolongée dans l’hémicycle.
Cette décision historique s’accompagnera demain de la signature d’un mémorandum d’entente entre les deux nations sur « la liberté, la démocratie et la lutte contre le terrorisme et l’antisémitisme ». Le président a justifié ce rapprochement en soulignant que l’Argentine abrite « la plus grande communauté juive d’Amérique du Sud ».
Netanyahou a confirmé les avancées concrètes de cette visite : « Nous avons discuté de la lutte contre l’antisémitisme, de l’économie, du tourisme. L’une des choses qui aideront sera d’établir des vols directs d’Israël vers l’Argentine. » Le Premier ministre a aussi évoqué son projet de raccourcir les vols « de quelques heures via l’Afrique ».
Une vision spirituelle de la résistance juive
Dans la partie la plus émouvante de son intervention, Milei a puisé dans les références bibliques pour expliquer la pérennité du peuple juif. Évoquant l’Exode d’Égypte, il a déclaré : « Ils sont partis avec l’Arche sainte qui les précédait. Les commentateurs ont expliqué que l’Arche sainte les précédait pour les protéger, leur tracer un chemin et les guider. »
« Voilà votre histoire, voilà votre essence », a-t-il affirmé aux députés. « Chacun d’entre vous porte en lui cette liberté de la sortie d’Égypte et la morale et la spiritualité contenues dans les Dix Commandements. »
Pour conclure, le président argentin a livré sa philosophie politique : « L’Argentine traverse sa propre sortie d’Égypte, elle se libère après 100 ans de passé politique. » Il a promis de transformer son pays en « nation plus libre » et de ne pas « se reposer tant que nous n’y serons pas parvenus ».
La dimension Habad au cœur de la visite présidentielle
La visite de Milei à la Knesset a révélé une dimension spirituelle particulière avec la présence remarquée de représentants du mouvement Habad. Le président argentin était accompagné du Rav Haïm Barouch Oirchman, émissaire Habad à Buenos Aires, de son père le Rav Moché Chmouel Oirchman, ainsi que du célèbre écrivain et conférencier Rav Simon J. Jacobson de Crown Heights à New York, venu spécialement pour l’occasion.
Le président Isaac Herzog a évoqué dans son discours une maxime du Rabbi de Loubavitch, tandis que le président de la Knesset Amir Ohana a également cité une autre parole du Rabbi lors de l’ouverture du discours de Milei devant l’assemblée.
Netanyahou a particulièrement salué la dimension spirituelle du dirigeant argentin : « J’ai été très ému de voir la photo du Rabbi de Loubavitch accrochée chez toi aux côtés d’une grande Hanoukia, d’une kippa et d’un chapeau sur lequel est gravé avec fierté : jusqu’à la victoire absolue. »
Cette visite marque indéniablement une nouvelle ère dans les relations bilatérales, scellée par l’engagement de deux dirigeants partageant une vision commune de la lutte contre l’obscurantisme et pour la défense des valeurs démocratiques, avec une dimension spirituelle forte incarnée par la présence du mouvement Habad.























