Cannes : un nouveau concept pour la campagne des Téfilines

Cannes : un nouveau concept pour la campagne des Téfilines

 

La campagne des Téfilines lancée par le Rabbi en 1967 prend une part importante dans les activités des Baté Habad. De nombreuses idées, au fil des années, ont contribué à l’expansion de cette campagne, afin qu’un maximum de juifs puissent mettre les Téfilines chaque jour.

 

Les Baté Habad de Cannes et Région, sous la direction de Rav Yehouda Leib et Rav Mendel Matusof, ont lancé récemment un nouveau concept: des stands de Téfilines «Self-Service» fixés au mur dans les commerces et restaurants Cacher.

« Nous avons réalisé que les stands de Téfilines habituels posaient deux problèmes », explique le Rav Youdi Lewin, Directeur des Activités. « Le stand prend de la place dans les commerces qui sont parfois très petits, et il est souvent déplacé. De plus, il faut qu’il soit tenu par une personne, et nous ne pouvons pas être physiquement présents partout toute la journée».

De là l’idée d’un stand «Self-Service» fixe qui ne prend pas de place. Les Tefilines sont posés dans une boite, le texte du « Chema Israel » et la Beraha sont affichés en Hébreu et en Phonétique, il suffit de prendre les Téfilines et se servir tout seul. Et le petit «plus» : un code QR à scanner avec le Smartphone pour donner la Tsédaka…

«Depuis que nous avons mis en place les stations Tefilines self-service cet été», dit le Rav Mendel Matusof, «des milliers de juifs ont déjà pu mettre les Téfilines seuls, en plus des tournées de Mivtsaim habituelles. Beaucoup de gens auraient mis les Téfilines le matin, mais ils se lèvent, courent au travail, et ne le font pas uniquement par négligence. Mais lorsqu’ils vont manger le midi dans un restaurant Cacher, c’est là le bon moment». 
Et de préciser «entre le moment où l’on commande son plat et le moment où l’on est servi, il se passe au moins quelques minutes dans lesquelles on ne fait rien de spécial. C’est là le moment ‘crucial’ où beaucoup de gens sont susceptibles de mettre les Téfilines».

Pour la mise en place du projet, le Beth Habad a impliqué un professionnel de la publicité, Stéphane Cohen, Directeur Général de «Newtone Design» et fidèle du Beth Habad de Cannes-Centre.

« J’ai immédiatement adhéré à cette idée », dit Stéphane Cohen. «Lier une Mitsva si ‘ancienne’ avec un marketing si ‘moderne’, dans l’esprit du temps : pratique et rapide. C’est comme une station Wifi, mais au lieu de se connecter à Facebook, on se connecte à D-ieu, et donc à soi-même».

Il a imaginé le slogan de la campagne : «Take one minute to connect with yourself» (« Prenez une minute pour vous connectez à vous-mêmes »).

« On peut dire que c’est dans l’esprit de l’instruction que le Rabbi avait donnée en son temps de fixer une boite de Tsédaka dans le mur. Cela donnera une grande dynamique dans le nombre de Téfilines mises chaque jour », conclut le Rav Yehouda Leib Matusof, émissaire du Rabbi à Cannes et région.

 

C’est après ce Chabbat que nous passerons en heure d’hiver :  « Lumière sur la nuit ! » par Rav Haim Nisenbaum

C’est après ce Chabbat que nous passerons en heure d’hiver : « Lumière sur la nuit ! » par Rav Haim Nisenbaum

Les médias nous le rappellent et déjà la rue en bruisse : c’est après ce Chabbat que, selon l’expression consacrée, nous passerons en heure d’hiver. Quel que soit l’avenir de ce changement saisonnier, il présente régulièrement le même saut impressionnant. Brutalement, il fait nuit au réveil et le jour paraît beaucoup plus court.

Certes, les choses ne se sont pas vraiment passées ainsi, chacun le sait. Cependant, la réalité du quotidien finit par nous conduire à le penser : la nuit a pris des longueurs inaccoutumées. C’est alors que surgit la question : que faut-il en faire ?

Dans la vision juive du monde, D.ieu ne créa rien en vain. C’est dire que tout ce à quoi nous assistons au fil du temps, même ce qui dépend de la volonté des hommes, s’inscrit également dans le plan Divin pour la création.

Force est donc de se saisir de ce changement si essentiel, celui de l’heure. De fait, il n’y en a pas de plus déterminant car le temps est cette dimension qui constitue le support de notre existence, autant, et peut-être davantage, que l’espace.

Que peut donc y faire l’homme, en dehors d’y souscrire car ainsi est fixé le rythme social ? Il doit y réfléchir et mettre cela en perspective. Lorsque revient l’hiver et que, par nature cette fois, les jours raccourcissent et les nuits rallongent, le Talmud observe que « celui qui étudie la Torah la nuit, un trait de bonté Divine descend sur lui. » L’idée va loin. Ainsi, pour nos Sages, ce n’est pas seulement d’une évolution due à l’avancée des saisons qu’il s’agit mais bien d’un nouveau temps du service de D.ieu.

Alors que nous vivons une période où ce changement n’est pas progressif mais brutal, que la nuit grandit de façon quasi irrésistible, l’action de chacun est d’autant plus nécessaire.

On pourrait se laisser entraîner par l’obscurité régnante, glisser dans un sommeil d’oubli et laisser le temps s’écouler sans le remplir. Pourtant, il a été remis entre nos mains comme l’ensemble de la création. A nous de lui donner un sens. Cette nuit plus longue peut ne pas être celle de l’endormissement mais bien celle d’un éveil de la conscience. L’étude en est la clé. Elle est à la portée de chacun. Il n’est pas de plus grande lumière.

Paracha Vayéra  ‘L’acquisition de Yé’hida’  par le Rav Yaakov Abergel

Paracha Vayéra ‘L’acquisition de Yé’hida’ par le Rav Yaakov Abergel

  

(pour l’élévation de l’âme du Rav Mordé’haï Olidort)

Dans la Paracha précédente, Lè’h-Lé’ha, nous avons étudié l’importance et la signification profonde de l’expression ‘Lè’h-Lé’ha’ (‘Va pour toi’).

 

Or, il est possible de souligner ici que dans l’un des versets de la Paracha ‘Vayéra’ (22, 2), L’Eternel S’adressa à Avraham en lui disant aussi ‘Lè’h-Lé-ha’: ‘Prends Je t’en prie ton fils, ton unique, que tu aimes, Itz’hak, et va pour toi (Lè’h-Lé’ha) vers le pays de Moriah et offre-le là-bas en un sacrifice sur l’une des montagnes que Je t’indiquerais’.

Comme il a été expliqué, la marche d’Avraham (Lè’h-Lé’ha) symbolise son travail pour s’élever progressivement de degré en degré dans son service divin, jusqu’à dévoiler la force de l’Essence de  son âme (Ye’hida).

C’est-à-dire jusqu’à parvenir à s’élever au-delà de la raison et de l’intellect, en agissant de manière à faire don de sa propre existence, pour faire de ce monde une demeure pour l’Essence de D.ieu.

Or, il y a également une allusion à ce dévoilement dans ce même verset, lorsque L”Eternel déclare à Avraham ‘Prends Je t’en prie ton fils, ton unique’ (‘Yé’hid’ha).

En effet, le mot ‘unique’ se dit en en hébreu ‘Yé’hida’, et il est alors possible d’expliquer que l’emploi précis de ce mot est une allusion au fait que la mission d’Avraham consiste à acquérir le niveau de ‘Yé’hida’ de son âme divine.

C’est pourquoi L’Eternel demande à Avraham de ‘prendre son unique’, car dans la Torah l’action de prendre un objet procède de l’acquisition de cet objet (ce que l’on appelle en hébreu un ‘kinian’, une ‘acquisition’).

Ainsi, l’expression: ‘Prends Je t’en prie ton fils, ton unique’ semble clairement exprimer l’action d’acquérir (‘prends’) le niveau de ‘Yé’hida’ (‘ton unique’).

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayéra, le Rabbi définit ce même principe lorsqu’il parle de l’âme Juive: ‘L’âme divine est d’un niveau divin supérieur. “Elle est une parcelle de divinité véritable”, et lorsque l’on détient (‘tofès) une partie de l’Essence, on la détient dans sa totalité. On détient véritablement l’Essence divine. Aussi, le mot ‘tofès’ (qui vient de ‘tfisa’: la ‘détention’), est lié à l’acquisition, au ‘kinian’, par lequel un homme devient propriétaire de la chose acquise. Ainsi, chaque Juif ‘tofès’ et acquiert, devient propriétaire si l’on peut dire, de l’Essence divine  de manière véritable’.

Le Rabbi nous enseigne ici qu’au moment de la circoncision, lorsque l’âme divine pénètre et s’habille dans le corps de l’enfant, ‘chaque Juif devient propriétaire de l’Essence divine de manière véritable’, l’intention du Rabbi est de nous dire que la possibilité est donnée à chaque Juif, à chaque moment de sa vie, de dévoiler la force de son âme divine.

Cependant, il existe plusieurs niveaux de l’âme divine, et le dévoilement de l’Essence de l’âme est celui qui est le plus élevé d’entre tous. Aussi, il apparaît à l’évidence que dévoiler la force de l’Essence de notre âme requiert de notre part de sérieux efforts dans notre service divin, et combien plus encore pour ‘l’acquérir’ en la dévoilant en nous-mêmes de manière constante.  L’acquisition de l’Essence de l’âme est bien plus importante qu’un simple dévoilement de celle-ci.

En effet, le terme ‘d’acquisition’ sous-entend que l’on devient propriétaire de la chose acquise, c’est-à-dire que cette chose est à présent à notre portée, puisqu’il nous appartient d’en disposer et de l’utiliser chaque fois que l’on en éprouve le désir.

Ainsi, dans notre cas, l’acquisition de Yé’hida signifie que l’on est parvenu à ce que l’Essence de notre âme soit constamment dévoilée en nous-mêmes.

Dans la Si’ha du Dvar Mal’hout sur ‘les Hala’hot de la Torah qui ne disparaitront jamais’ ( à la fin du livre Dévarim) le Rabbi explique que dans les Temps futurs chaque Juif atteindra un niveau supérieur d’union parfaite avec D.ieu. ‘D.ieu et chaque Juif ne formeront plus qu’une seule réalité’. Si l’acquisition de Yé’hida aura effectivement lieu au moment de la résurrection des morts, il n’en demeure pas moins qu’à présent, seul le Rabbi, qui est ‘le Tsaddik sur lequel repose le monde’, est à ce niveau.

A la lumière de tout ce qu’il vient d’être dit, nous pouvons expliquer que lorsque L’Eternel demanda à Avraham ‘d’acquérir l’Essence de son ame’ (‘Prends Je t’en prie ton fils, ton unique), Il signifiait qu’Avraham devait agir au-delà de la raison et de l’intellect, non pas de manière occasionnelle, mais au contraire, sa soumission à L’Eternel devait être totale et constante.

Avraham devait acquérir la force de l’Essence de son âme, afin d’agir à tous les moments de son existence, et dans toutes les situations de sa vie, en faisant un don total de sa propre existence (comme pour le fait de faire don de son propre fils, lequel représente sa propre existence du fait ‘qu’Itz’hak est le futur d’Avraham’), pour faire de lui-même, et de ce monde, une demeure pour l’Essence de D.ieu.

Dans son discours intitulé ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’ le Rabbi nous donne un exemple  qui s’accorde avec notre propos. Le Rabbi explique en effet que lorsque les Juifs étaient oppressés par le régime politique russe qui les empêchaient de pratiquer librement leur Judaïsme, ces mêmes Juifs n’hésitaient pas à mettre en danger leur vie pour sanctifier le Nom de D.ieu. Rien ne pouvait les arrêter dans leur service divin, car ils étaient alors inspirés par la force de l’Essence de leurs âmes. Cependant, après la guerre, lorsque ces Juifs quittèrent la Russie et partirent vivre en Amérique dans un endroit où ils pouvaient librement pratiquer leur Judaïsme, ils retrouvèrent leur première nature et perdirent l’inspiration divine. De fait, ils avaient été jusqu’à présent animés par la force de l’Essence de l’âme, mais cela, sans pour autant l’avoir acquise de manière profonde, sans avoir acquis le niveau de Yé’hida.

L’étude du Dvar Mal’hout de la Paracha Vayéra nous donne à réfléchir sur le dévoilement et l’acquisition du niveau supérieur de l’Essence de l’âme.

A l’évidence l’acquisition de Yé’hida dépend de notre attachement au Rabbi. Un attachement profond et sans limites.

Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi raconte l’histoire du Rabbi Rachab qui pleura devant son grand-père parcequ’Hachem apparut à Avraham, et qu’à lui-même Il n’était pas apparu. Il semble évident que les larmes du jeune enfant parvinrent jusqu’au ciel et y firent leurs effets. Le fait que ce jeune enfant devint par la suite le Rabbi de Loubavitch est bien la preuve que L’Eternel finit par lui apparaître.

Par ailleurs, le Rabbi souligne ici qu’à l’exemple de cet enfant nous devons demander, jusqu’à en pleurer, la Délivrance finale et que le Machia’h nous apparaisse enfin, dès à présent. L’acquisition de Yé’hida aura alors effectivement lieu, et ‘D.ieu et chaque Juif ne formeront plus qu’une seule réalité’. Avec l’aide de D.ieu.