Une opération israélienne sans précédent a visé mardi les dirigeants du Hamas réfugiés à Doha, marquant la première attaque de cette ampleur sur le sol qatari.
L’aviation israélienne a mené une frappe qualifiée d' »opération Sommet de feu » contre les plus hauts responsables de l’organisation terroriste présents dans la capitale qatarie. Cette attaque historique cible directement la direction politique du mouvement palestinien, longtemps protégée par son refuge diplomatique au Qatar. Les forces israéliennes confirment avoir frappé « de manière ciblée la direction de l’organisation terroriste », s’attaquant aux cerveaux des négociations et du financement du Hamas.
Cinq dirigeants dans le viseur
Selon les sources militaires israéliennes, l’opération visait principalement cinq membres du conseil de direction du Hamas résidant à l’étranger. Parmi les cibles prioritaires figurent Khalil al-Hayya, chef négociateur et dirigeant du Hamas à Gaza qui avait quitté l’enclave avant le 7 octobre, et Khaled Mechaal, considéré comme le leader du Hamas en exil.
L’attaque a également ciblé Zaher Jabarin, surnommé le « cerveau économique » du Hamas et responsable de l’empire financier de l’organisation estimé à des centaines de millions de dollars. Mohammed Darwich, chef du conseil consultatif (Shura) du Hamas, et Nizar Awadallah, l’un des fondateurs du mouvement qui avait défié Yahya Sinwar lors des élections internes de 2021, complètent cette liste de dirigeants visés.
Les architectes du 7 octobre
Ces responsables sont directement liés à la planification et à l’exécution du massacre du 7 octobre. Khalil al-Hayya faisait partie du « conseil militaire restreint » que Sinwar avait constitué pour préparer l’attaque, servant également d’émissaire pour les discussions secrètes avec l’Iran et le Hezbollah.
Interrogé l’année dernière sur d’éventuels regrets concernant le massacre du 7 octobre, al-Hayya avait répondu sans ambiguïté : « Supposons qu’ils détruisent le Hamas. Le peuple palestinien va-t-il disparaître pour autant ? »
Khaled Mechaal, qui a dirigé le bureau politique du Hamas pendant 21 années consécutives de 1996 à 2017, avait survécu en 1997 à une tentative d’assassinat ratée du Mossad en Jordanie. Accusé par la justice américaine de complicité dans le massacre du 7 octobre, il mène depuis des années un train de vie luxueux au Qatar, sa fortune étant estimée entre quatre et cinq milliards de dollars.
Le nerf financier de la guerre
Zaher Jabarin représente l’un des piliers économiques du Hamas. Ancien responsable du dossier des prisonniers et vice-dirigeant de l’organisation en Judée-Samarie, il supervise depuis plusieurs années un empire financier que les États-Unis évaluent à des centaines de millions de dollars, alimentant directement les opérations terroristes du Hamas.
Ce dirigeant gère les relations financières avec l’Iran et assure le transfert des fonds de Téhéran vers Gaza. Il contrôle également un réseau de sociétés générant des revenus réguliers pour le Hamas, tout en mobilisant des soutiens privés et des hommes d’affaires qui financent l’organisation terroriste.
Message de fermeté israélienne
Tsahal et le Shin Bet ont souligné que « les membres de la direction attaqués ont dirigé l’activité du Hamas pendant des années et sont directement responsables de l’exécution du massacre du 7 octobre et de la conduite de la guerre contre l’État d’Israël. »
Cette frappe marque un tournant stratégique dans la guerre contre le Hamas, Israël démontrant sa capacité et sa détermination à atteindre les dirigeants de l’organisation où qu’ils se trouvent. L’opération « Sommet de feu » envoie un signal clair : aucun responsable du 7 octobre ne peut désormais se considérer à l’abri, même dans les capitales les plus protégées du monde arabe.
Les forces israéliennes précisent avoir pris des mesures pour limiter les dommages collatéraux, utilisant des munitions de précision et s’appuyant sur des renseignements détaillés. Cette attaque sans précédent à Doha pourrait redéfinir les règles du jeu dans la région et les négociations futures concernant les otages israéliens.
















