Le Rav Yossef Its’hak Pinson, émissaire principal à Nice et ses environs en France et fils du Rav Nissan Pinson, s’est spécialement rendu en Terre Sainte pour présenter ses condoléances à la famille du Grand Rabbin Meir Mazouz. Cette visite ravive des souvenirs d’une époque où le Grand Rabbin Mazouz enseignait au jeune Pinson à la Yechiva Loubavitch en Tunisie, il y a environ 60 ans. Au cours de cette rencontre émouvante, les souvenirs et les liens avec le Rabbi ont été partagés, révélant la profondeur de leur connexion spirituelle et intellectuelle.
Une visite de condoléances chargée d’histoire
Le Rav Yossef Its’hak Pinson n’a pas hésité à traverser la Méditerranée pour venir présenter ses respects à la famille du Grand Rabbin Meir Mazouz, récemment décédé. Ce dernier, qui fut directeur de la Yechiva « Kissé Rahamim » et l’un des leaders de la communauté séfarade en Terre Sainte, avait été son professeur et mentor à la Yechiva Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Tunisie.
« Ce voyage était essentiel pour moi. Le Grand Rabbin Mazouz a façonné ma formation intellectuelle et spirituelle à une période cruciale de ma jeunesse, » confie le Rav Pinson avec émotion. « Les enseignements qu’il m’a transmis continuent de guider mon travail quotidien à Nice. »
La rencontre s’est déroulée dans une atmosphère de recueillement et de respect mutuel, témoignant de la force des liens qui unissent ces deux familles engagées dans la transmission des traditions juives. Le Rav Pinson a partagé plusieurs anecdotes illustrant l’influence déterminante que le Grand Rabbin Mazouz avait eue sur sa formation rabbinique et sa vision du judaïsme.
Des souvenirs précieux partagés avec le Rav Tsemah Mazouz
Lors de sa visite, le Rav Pinson a eu un long entretien avec le Rav Tsemah Mazouz, frère du défunt et son successeur actuel. Ensemble, ils ont ravivé des souvenirs de cette époque fondatrice en Tunisie et évoqué leurs relations respectives avec le Rabbi de Loubavitch.
« Notre conversation a été comme un voyage dans le temps, » raconte le Rav Tsemah Mazouz. « Nous avons retrouvé l’atmosphère unique de la Yechiva en Tunisie, où mon frère enseignait avec tant de passion et de clarté. »
Les deux hommes ont partagé des histoires personnelles qui témoignent de l’influence profonde du Rabbi et du Grand Rabbin Mazouz sur leurs parcours respectifs. Ils ont notamment évoqué comment ces deux grandes figures du judaïsme contemporain avaient su préserver et développer l’héritage séfarade tout en l’intégrant dans une vision plus large.
« Mon frère avait un don particulier pour rendre accessibles les textes les plus complexes, » a ajouté le Rav Tsemah Mazouz. « C’est cette qualité que le Rabbi avait particulièrement appréciée chez lui. »

Une reconnaissance du Rabbi lors d’une audience privée
L’un des moments forts de cette rencontre fut le récit par le Rav Pinson d’une audience privée (yehidout) qu’il avait eue avec le Rabbi à Crown Heights en 1965. Pendant cette entrevue, le Rabbi l’avait interrogé sur les lois de la sanctification de la nouvelle lune et lui avait demandé qui lui avait enseigné cette matière particulièrement complexe.
« Quand j’ai mentionné que c’était le Rav Meir Mazouz qui m’avait formé sur ces questions, j’ai vu une expression de grande satisfaction sur le visage du Rabbi, » se souvient le Rav Pinson. « Cette approbation silencieuse en disait long sur l’estime qu’il portait aux compétences pédagogiques du Grand Rabbin Mazouz. »
Cette anecdote illustre parfaitement les liens étroits qui existaient entre les communautés hassidiques et séfarades en Tunisie, ainsi que la reconnaissance par le Rabbi de l’excellence de l’enseignement dispensé par le Grand Rabbin Mazouz.
« Le Rabbi avait une connaissance approfondie des talents de chaque enseignant dans nos yeshivot à travers le monde, » explique le Rav Pinson. « Sa satisfaction ce jour-là confirmait la haute estime dans laquelle il tenait mon maître. »
L’héritage du judaïsme tunisien préservé à travers les générations
Cette visite de condoléances a également été l’occasion d’évoquer le riche héritage du judaïsme tunisien et son influence durable sur les communautés juives contemporaines, tant en Israël qu’en diaspora.
Le Rav Nissan Pinson, père du Rav Yossef Its’hak, a été l’émissaire du Rabbi en Tunisie pendant près de 40 ans. Durant cette période, il a travaillé en étroite collaboration avec les Rabbanim locaux, dont la famille Mazouz, pour préserver et renforcer les traditions juives dans un contexte d’émigration croissante.
« Mon père et le Grand Rabbin Mazouz partageaient la même vision : préserver notre héritage tout en l’adaptant aux défis de la modernité, » explique le Rav Pinson. « Cette approche équilibrée a permis de sauvegarder des trésors de sagesse qui auraient pu disparaître. »
Aujourd’hui, la Yechiva « Kissé Rahamim » fondée par la famille Mazouz en Israël et les institutions Loubavitch de Nice dirigées par le Rav Pinson perpétuent, chacune à leur manière, cet héritage commun né sur les rives de la Méditerranée.
« Notre rencontre aujourd’hui n’est pas seulement un hommage au passé, » conclut le Rav Tsemah Mazouz, « c’est aussi une promesse pour l’avenir. Nous continuons à transmettre ces enseignements précieux aux nouvelles générations, dans l’esprit de fraternité qui a toujours caractérisé nos relations. »
Cette visite symbolique rappelle ainsi les liens profonds qui unissent les différentes traditions du judaïsme et l’importance de préserver la mémoire des maîtres qui ont façonné le judaïsme contemporain.















