Lois relatives aux bénédictions : Chapitre Premier

  1. Obligation biblique après le repas – Il est un commandement positif de la Torah de réciter une bénédiction après avoir mangé à satiété. Les sages ont étendu cette obligation même après avoir consommé le volume d’une olive de pain.
  2. Obligation rabbinique avant et après – Une injonction rabbinique exige de réciter une bénédiction avant et après la consommation de tout aliment, même en petite quantité, et avant de jouir d’un parfum agréable. Profiter sans bénédiction est considéré comme un sacrilège.
  3. Types de bénédictions – Outre les bénédictions pour un profit, on récite des bénédictions avant l’accomplissement des commandements. Les sages ont également institué des bénédictions de louange et remerciement pour se souvenir constamment du Créateur.
  4. Catégories de bénédictions – Il existe donc trois types de bénédictions: pour un profit, pour l’accomplissement d’un commandement, et de remerciement pour maintenir la crainte du Créateur.
  5. Formulation établie – Le texte de toutes les bénédictions fut institué par Ezra et son tribunal. On ne doit ni le modifier ni l’omettre. Toute bénédiction sans mention du Nom et de la Souveraineté divine n’est pas valide.
  6. Langue permise – Toutes les bénédictions peuvent être récitées en n’importe quelle langue, pourvu que la formulation corresponde à celle instituée par les sages et inclue le Nom et la souveraineté de Dieu.
  7. Audition personnelle – On doit entendre ce qu’on prononce, mais si l’on a récité à voix basse sans s’entendre, l’obligation est remplie, même si la bénédiction n’a été que pensée.
  8. Interruption interdite – Il est défendu de s’interrompre entre la bénédiction et son objet. Une interruption nécessite de répéter la bénédiction, sauf si elle est liée au sujet de la bénédiction (comme demander du sel pour le pain).
  9. Pureté rituelle – Une personne rituellement impure peut réciter toutes les bénédictions. Cependant, il est interdit de réciter une bénédiction lorsqu’on est nu, jusqu’à ce que la nudité soit couverte.
  10. Récitation pour autrui – On peut réciter des bénédictions pour d’autres personnes, même si l’on a déjà rempli sa propre obligation, sauf pour les bénédictions sur un profit non associé à une mitsva (où l’on doit partager le profit).
  11. Écoute équivalente – Celui qui entend une bénédiction du début à la fin, avec l’intention de remplir son obligation, est quitte même sans répondre Amen. Répondre Amen équivaut à avoir récité soi-même la bénédiction.
  12. Bénédiction collective – Pour le pain et le vin, si une personne récite la bénédiction et que d’autres répondent Amen, ils peuvent manger ensemble seulement s’ils avaient l’intention de partager le repas. Pour les autres aliments, l’intention commune n’est pas nécessaire.
  13. Réponse à Amen – On doit répondre Amen à toute bénédiction prononcée par un Juif, même sans l’avoir entendue entièrement, et même si l’on n’est pas concerné par cette bénédiction. On ne répond pas Amen aux bénédictions d’un non-juif, hérétique, samaritain ou enfant qui apprend.
  14. Comment répondre Amen – L’Amen ne doit être ni précipité, ni coupé, ni trop court, ni trop long, mais de longueur moyenne. On ne doit pas élever la voix plus que celle de l’officiant.
  15. Bénédiction inutile – Prononcer une bénédiction non nécessaire équivaut à prononcer le Nom divin en vain. On ne répond pas Amen à une telle bénédiction. Les enfants peuvent apprendre les bénédictions même sans occasion concrète.
  16. Amen à sa propre bénédiction – Répondre Amen à sa propre bénédiction est généralement inapproprié, sauf après la dernière bénédiction d’une série, comme « Qui construis Jérusalem » dans les Actions de Grâce.
  17. Exceptions pour Amen – On répond Amen après « Qui construis Jérusalem » bien qu’elle soit suivie de « Qui es bon et fais le bien », car cette dernière est un ajout ultérieur. On ne répond pas Amen après la bénédiction précédant le Chema pour éviter toute interruption.
  18. Restrictions pour Amen – On ne répond pas Amen à sa propre bénédiction finale pour les fruits car c’est une bénédiction isolée. L’Amen personnel n’est approprié que pour conclure une série de bénédictions.
  19. Aliments interdits – Celui qui consomme un aliment interdit, délibérément ou non, ne doit pas réciter de bénédiction avant ou après. Cela inclut les aliments dont les prélèvements rituels n’ont pas été effectués correctement.
  20. Exceptions d’interdiction – Pour certains aliments moins strictement interdits, comme le demaï (produits douteux) permis aux pauvres, ou la première dîme dont la térouma a été partiellement prélevée, on récite les bénédictions habituelles.

Lois relatives aux bénédictions : Chapitre Deux

  1. Structure des Actions de Grâce – Les Actions de Grâce comprennent quatre bénédictions: « Qui nourris » (instituée par Moïse), la bénédiction pour la terre (par Josué), « Qui construis Jérusalem » (par David et Salomon), et « Qui es bon et fais le bien » (par les sages).
  2. Prière des ouvriers – Les ouvriers travaillant pour un employeur ne récitent que deux bénédictions après leur repas pour ne pas perdre de temps de travail, combinant les bénédictions de la terre et de Jérusalem.
  3. Contenu de la bénédiction sur la terre – On doit exprimer un remerciement au début et à la fin de cette bénédiction, mentionnant « une terre précieuse, bonne et large ». On doit y mentionner l’alliance de la circoncision et la Torah, dans cet ordre.
  4. Troisième bénédiction – La bénédiction de consolation commence par « Aie pitié » ou « Console-nous » et se conclut par « Qui construis Jérusalem ». On doit y mentionner la royauté de la Maison de David, essentielle à la consolation parfaite.
  5. Mentions pour jours spéciaux – Les jours de Chabbat et de fêtes, on commence et conclut la troisième bénédiction par la consolation, en intercalant la mention de la sainteté du jour au milieu.
  6. Additions spéciales – À Hanoucca et à Pourim, on ajoute « Al Hanissim » dans la bénédiction sur la terre. Quand un jour spécial tombe un Chabbat, on mentionne d’abord le Chabbat puis le jour spécial.
  7. Quatrième bénédiction – La royauté divine doit être mentionnée trois fois dans la quatrième bénédiction. Un invité ajoute une bénédiction spéciale pour son hôte.
  8. Bénédiction chez un endeuillé – Chez un endeuillé, on modifie la quatrième bénédiction en reconnaissant Dieu comme juge véritable, et on implore la compassion pour consoler l’endeuillé.
  9. Bénédiction des mariés – Dans la maison de jeunes mariés, on ajoute la bénédiction des mariés après les quatre bénédictions habituelles, pendant un jour pour un veuf épousant une veuve, ou sept jours pour les autres cas.
  10. Sept bénédictions – Si les convives n’étaient pas présents au mariage, on récite les sept bénédictions complètes du mariage après les Actions de Grâce, à condition qu’il y ait dix personnes dont le marié.
  11. Texte des sept bénédictions – Les sept bénédictions du mariage célèbrent la création, l’humanité, Jérusalem, et la joie des époux, se concluant par l’espoir de réjouissances futures à Jérusalem.
  12. Omission du jour spécial – Si l’on oublie de mentionner le Chabbat ou un jour de fête et qu’on s’en souvient avant la quatrième bénédiction, on récite une formule spéciale. Après avoir commencé la quatrième bénédiction, on doit reprendre depuis le début.
  13. Omission de Roch Hodech – Si l’on oublie de mentionner Roch Hodech et s’en souvient avant la quatrième bénédiction, on récite une formule sans conclusion. Après avoir commencé la quatrième bénédiction, on ne reprend pas.
  14. Oubli des Actions de Grâce – Celui qui a oublié de réciter les Actions de Grâce doit les réciter s’il s’en souvient avant que la nourriture soit digérée. En cas de doute, on récite à nouveau si la digestion n’est pas achevée.

Lois relatives aux bénédictions : Chapitre Trois

  1. Cinq espèces de céréales – Les cinq espèces sont le blé, l’orge, le blé sauvage, l’orge sauvage et l’avoine. Ces céréales, à différents stades de transformation, sont appelées récolte, céréales puis pain.
  2. Bénédiction pour le pain – Avant de manger du pain, on récite « Qui fais sortir le pain de la terre », et après, les quatre bénédictions des Actions de Grâce. Pour les céréales cuites entières, on récite « Qui crées le fruit de la terre » puis « Qui crées de nombreuses âmes ».
  3. Farine cuite des cinq espèces – Pour la farine des cinq espèces, cuite et mâchable, on récite « Qui crées différentes sortes d’aliments » puis « pour la subsistance et la nourriture ». Si elle est assez liquide pour être bue, on récite « chéhakol » puis « Qui crées de nombreuses âmes ».
  4. Préparations à base de céréales – Pour les préparations cuites contenant l’une des cinq espèces, comme les beignets, le blé pilé ou les gruaux, on récite « Qui crées différentes sortes d’aliments ».
  5. Aliment principal et secondaire – Cette règle s’applique quand l’espèce de céréale est l’élément principal. Si elle est secondaire dans un mélange, on ne récite la bénédiction que sur l’aliment principal.
  6. Définition de l’accessoire mélangé – Un aliment utilisé comme liant, arôme ou colorant est considéré comme secondaire. Par exemple, pour des légumes liés avec de la farine, on ne récite pas « Qui crées différentes sortes d’aliments » car la farine est secondaire.
  7. Accessoire non mélangé – Quand on mange du pain uniquement pour accompagner un aliment principal (comme du poisson salé), on récite la bénédiction sur l’aliment principal qui rend quitte pour le pain.
  8. Pain émietté – Si des morceaux de pain dans une soupe font le volume d’une olive ou conservent l’aspect du pain, on récite « Qui fais sortir le pain ». Sinon, ou si le pain a perdu son aspect par la cuisson, on récite « Qui crées différentes sortes d’aliments ».
  9. Pâtes particulières – Pour une pâte cuite dans le sol à la manière bédouine, on récite « Qui crées différentes sortes d’aliments », sauf si l’on en fait un repas. De même pour le pat habaa bekissanine (pain avec miel, huile ou épices).
  10. Riz et autres céréales – Pour le riz cuit ou le pain de riz, on récite « Qui crées différentes sortes d’aliments » puis « Qui crées des âmes ». Pour le pain de millet ou d’autres légumineuses, on récite « chéhakol » puis « Qui crées des âmes ».
  11. Bénédictions après consommation – Après le pain, on récite les quatre bénédictions des Actions de Grâce. Après un aliment sur lequel on a récité « Qui crées différentes sortes d’aliments », on récite une bénédiction qui inclut trois bénédictions, sauf pour le riz.
  12. Quantité minimale – Ces règles s’appliquent quand on consomme au moins le volume d’une olive d’un aliment ou un réviit d’une boisson. Pour des quantités inférieures, on récite la bénédiction avant mais aucune après.