Lois relatives à la bénédiction des Cohanim : Chapitre Quatorze

  1. Moments de la bénédiction – La bénédiction des Cohanim est récitée à la prière du matin, de Moussaf et de Néila, mais non à la prière de l’après-midi, car les Cohanim pourraient avoir consommé du vin. Ce décret s’applique même aux jours de jeûne où l’ivresse n’est pas à craindre.
  2. Exceptions pour certains jeûnes – Pour les jeûnes sans prière de Néila comme le 9 Av et le 17 Tamouz, la bénédiction est récitée à Min’ha car cette prière a lieu près du coucher du soleil et ressemble à Néila. Si un Cohen transgresse et monte à l’estrade à Min’ha de Kippour, on ne le fait pas descendre pour éviter tout soupçon.
  3. Déroulement de la bénédiction – À la bénédiction d’Avoda, les Cohanim montent sur l’estrade, face à l’arche, doigts repliés. Après la bénédiction de reconnaissance, ils se tournent vers l’assemblée, étendent leurs doigts à hauteur des épaules et commencent la bénédiction. L’officiant leur dicte chaque mot et l’assemblée répond « Amen » après chaque verset.
  4. Conclusion de la bénédiction – Après les trois versets, l’officiant commence la bénédiction « Donne la paix ». Les Cohanim se tournent alors vers l’arche, replient leurs doigts et restent sur l’estrade jusqu’à la fin de cette bénédiction avant de regagner leur place.
  5. Synchronisation – L’officiant n’appelle « Cohanim » qu’après la réponse « Amen » à la bénédiction de reconnaissance. Les Cohanim ne commencent qu’après l’appel complet. L’assemblée répond « Amen » après chaque verset, et les Cohanim attendent cette réponse avant de poursuivre. L’officiant ne répond pas « Amen » pour ne pas se troubler.
  6. Règles de posture et de mouvement – Les Cohanim ne tournent pas le dos à l’assemblée avant « Donne la paix », ne quittent pas l’estrade avant la fin de cette bénédiction, et ne replient leurs doigts qu’après s’être détournés de l’assemblée. Ils doivent monter pieds nus selon l’institution de Rabban Yohanan ben Zakaï.
  7. Concentration et regard – Pendant la bénédiction, les Cohanim fixent le sol sans se laisser distraire, comme pendant la prière. L’assemblée ne doit pas regarder les Cohanim mais écouter attentivement la bénédiction, visage tourné vers eux sans les fixer.
  8. Nombre de Cohanim – Un Cohen seul commence la bénédiction sans être appelé. Deux Cohanim ou plus attendent l’appel de l’officiant qui dit « Cohanim » avant qu’ils ne commencent.
  9. Bénédiction au Temple – Au Temple, les Cohanim montaient sur l’estrade après le sacrifice quotidien du matin, mains levées au-dessus de la tête, doigts étendus. Le grand prêtre ne levait pas les mains au-dessus de sa plaque frontale. L’assemblée ne répondait « Amen » qu’à la fin des trois versets.
  10. Prononciation du Nom divin – Au Temple, le Nom divin était prononcé tel qu’écrit (YHVH). Ailleurs, on utilise le nom Ado-naï. Depuis la mort de Simon le Juste, même au Temple, on a cessé d’utiliser le Nom explicite pour éviter qu’il ne soit appris par des personnes inadéquates.
  11. Conditions requises – La bénédiction des Cohanim n’est récitée qu’en hébreu et debout, mains levées, face à l’assemblée, à voix haute, utilisant le Nom explicite uniquement au Temple, selon la tradition reçue depuis Moïse.
  12. Prières supplémentaires – Les Cohanim ne peuvent ajouter aucune bénédiction aux trois versets prescrits. Avant de monter à l’estrade, chaque Cohen récite une prière demandant que la bénédiction soit parfaite. Avant de se tourner vers l’assemblée, il récite une bénédiction sur le commandement de bénir Israël avec amour.
  13. Direction du mouvement – En se tournant vers l’assemblée et en lui faisant face, les Cohanim doivent tourner uniquement vers leur droite, comme pour tout mouvement circulaire.
  14. Fréquence des bénédictions – Au Temple, la bénédiction était récitée une fois par jour après le sacrifice matinal. Ailleurs, elle est récitée après chaque prière sauf Min’ha. L’officiant devrait être un israélite ordinaire et non un Cohen.

 

Lois relatives à la bénédiction des Cohanim : Chapitre Quinze

  1. Facteurs d’empêchement – Six facteurs empêchent un Cohen de bénir le peuple: le langage, les défauts physiques, la faute, l’âge, le vin et l’impureté des mains. Concernant le langage, ceux qui articulent mal ou qui ne sont pas compris par tous ne doivent pas réciter la bénédiction.
  2. Défauts physiques – Un Cohen avec des défauts visibles sur le visage, les mains ou les pieds, comme des doigts courbés ou des taches blanches, ne doit pas bénir car il attirerait l’attention. Si ces défauts sont familiers à tous les habitants de la ville, il peut bénir car on ne le regardera pas.
  3. Fautes interdisant la bénédiction – Un Cohen qui a tué, même involontairement, ou qui a servi des idoles, même contraint, ne peut jamais réciter la bénédiction, même après repentance. Les autres fautes n’empêchent pas la bénédiction.
  4. Restrictions d’âge et de vin – Un jeune Cohen sans barbe complète ne peut réciter seul la bénédiction. Celui qui a bu un réviit de vin d’un trait ne peut bénir jusqu’à ce que l’effet se dissipe, mais s’il l’a bu en deux fois ou mélangé avec de l’eau, il peut bénir.
  5. Pureté des mains – Un Cohen doit se laver les mains jusqu’aux poignets avant de bénir, comme pour le service du Temple. Un ‘halal (Cohen profané) ne peut réciter la bénédiction car il n’a plus le statut de Cohen.
  6. Obligation malgré l’indignité – Un Cohen qui n’est concerné par aucun facteur d’empêchement doit réciter la bénédiction, même s’il n’est pas pieux ou si sa conduite est critiquable. On ne dit pas à un homme mauvais d’augmenter sa perversité en s’abstenant des commandements.
  7. Efficacité de la bénédiction – L’efficacité de la bénédiction ne dépend pas de la piété des Cohanim mais de Dieu Lui-même. Les Cohanim accomplissent leur devoir, et Dieu, dans Sa miséricorde, bénit Son peuple comme Il le désire.
  8. Position de l’assemblée – Ceux qui se trouvent derrière les Cohanim ne sont pas inclus dans la bénédiction, contrairement à ceux qui sont sur les côtés. Même s’il y a une séparation entre les Cohanim et l’assemblée, si celle-ci leur fait face, elle est incluse dans la bénédiction.
  9. Quorum minimal – La bénédiction nécessite un minimum de dix personnes, Cohanim inclus. Dans une synagogue ne comptant que des Cohanim, ils bénissent leurs frères absents, et les femmes et enfants répondent « Amen ».
  10. Officiant Cohen – Si l’officiant est le seul Cohen présent, il ne doit pas monter à l’estrade, sauf s’il est sûr de pouvoir reprendre sa prière sans erreur. S’il n’y a aucun Cohen, l’officiant récite une formule spéciale incluant les trois versets.
  11. Récitations multiples – Un Cohen qui a déjà béni dans une synagogue peut le faire à nouveau dans une autre, même plusieurs fois par jour. Celui qui n’a pas quitté sa place à l’appel ne peut plus monter pour cette prière.
  12. Importance du commandement – Tout Cohen qui ne monte pas à l’estrade néglige trois commandements positifs. Celui qui ne bénit pas n’est pas béni, tandis que celui qui bénit est béni lui-même.

 

Lois des Tefilines, de la Mezouza, et du rouleau de la Thora : Chapitre Premier

  1. Constitution des Tefilines – Les quatre passages bibliques: « Consacre-Moi », « Lorsque l’Éternel t’aura introduit », « Écoute Israël » et « Or, si vous écoutez » sont écrits séparément, recouverts de peau, et constituent les Tefilines, posés sur la tête et attachés au bras. L’omission même d’une pointe de lettre les invalide.
  2. Exigence de perfection – De même, les deux passages de la Mezouza et tout le texte du rouleau de la Torah doivent être parfaitement écrits, sans qu’il manque la moindre lettre.
  3. Dix exigences des Tefilines – Dix conditions essentielles, toutes lois sinaïtiques, doivent être respectées pour les Tefilines: deux concernent l’écriture et huit la boîte et les lanières. Pour l’écriture, elles doivent être écrites avec de l’encre sur un klaf (parchemin).
  4. Préparation de l’encre – L’encre est fabriquée à partir de suie d’huiles ou de cire, pétrie avec de la sève d’arbre et du miel, séchée puis trempée dans du jus de noix de galle pour l’écriture. Cette encre est effaçable, mais une encre indélébile est également valide.
  5. Couleur de l’encre – Seule l’encre noire est valide. L’écriture en rouge, vert ou or, même pour une seule lettre, invalide le texte.
  6. Types de parchemins – Il existe trois types de parchemins : gvil, klaf et doukhsostos.
    – Le gvil est une peau entière traitée après avoir été débarrassée de ses poils.
    – Le klaf
    – les doukhsostos sont obtenus en divisant l’épaisseur de la peau en deux parties.
  7. Distinction entre klaf et doukhsostos – La partie fine, du côté des poils, est appelée klaf, tandis que la partie épaisse, du côté de la chair, est appelée doukhsostos. Chaque type a sa propre utilisation.
  8. Règles d’utilisation des parchemins – Selon la tradition sinaïtique, le rouleau de la Torah doit être écrit sur un gvil du côté des poils, les Tefilines sur un klaf du côté de la chair, et la Mezouza sur un doukhsostos du côté des poils. Toute autre combinaison les invalide.
  9. Flexibilité pour certains cas – Un rouleau de la Torah écrit sur un klaf reste valide, mais pas sur un doukhsostos. Une Mezouza écrite sur un klaf ou un gvil est valide, bien que le doukhsostos soit préférable.
  10. Pureté des matériaux – Les textes sacrés ne peuvent être écrits sur la peau d’animaux impurs, mais peuvent l’être sur celle d’animaux purs, même s’ils sont morts sans abattage rituel. La peau de poisson, même pur, est inadaptée à cause de son odeur.
  11. Intention dans la préparation – Le parchemin pour le rouleau de la Torah et les Tefilines doit être travaillé expressément à cette fin. S’il est préparé par un non-juif, il est invalide, car celui-ci agit selon sa propre intention. La Mezouza est dispensée de cette exigence.
  12. Règles de lignage – Le rouleau de la Torah et la Mezouza doivent être écrits sur des parchemins lignés. Les Tefilines en sont dispensés car les parchemins sont recouverts. Les Tefilines et la Mezouza peuvent être écrits de mémoire, mais pas le rouleau de la Torah.
  13. Personnes qualifiées pour l’écriture – Les textes sacrés écrits par un hérétique doivent être brûlés. Ceux écrits par un non-juif, un renégat, un esclave, une femme ou un mineur sont invalides et doivent être enterrés. Seuls ceux qui sont tenus d’accomplir le commandement peuvent les écrire.
  14. Causes d’invalidité – Sont invalides les textes sacrés écrits sur une peau d’animal impur ou sur un parchemin non préparé spécifiquement pour cet usage (pour la Torah et les Tefilines).
  15. Intention pour les noms divins – L’écriture des noms divins requiert une concentration particulière. Même si un roi salue le scribe pendant qu’il écrit le Nom, il ne doit pas répondre. Entre deux noms, il peut répondre.
  16. Précautions d’écriture – Pour écrire le Nom divin, on ne doit pas commencer par une lettre du Nom mais par la lettre précédente. Si l’on oublie d’écrire le Nom, on peut l’ajouter entre les lignes pour un rouleau de la Torah, mais pas pour les Tefilines ou la Mezouza.
  17. Protection du parchemin – Les scribes ne doivent pas retourner le parchemin face contre la surface pour éviter la poussière, mais le couvrir d’un tissu ou le plier.
  18. Témoignage du scribe – Si un scribe déclare n’avoir pas écrit les noms divins avec l’intention requise, il n’est pas cru pour invalider le texte, mais seulement pour perdre son salaire. S’il déclare que le parchemin n’a pas été correctement préparé, il est cru.
  19. Type d’écriture – Les Tefilines et la Mezouza ne peuvent être écrits qu’en écriture achourit (caractères carrés). Les rouleaux de la Torah pouvaient autrefois être écrits aussi en grec, mais aujourd’hui uniquement en achourit. Les lettres doivent être soigneusement formées et distinctes.
  20. Précautions concernant les trous – On ne doit pas écrire sur un trou du parchemin. Un trou sur lequel l’encre passe sans s’infiltrer est acceptable. Si un trou se forme dans une lettre déjà écrite, elle reste valide si la forme de la lettre est préservée.