Lois des téfiline, de la mezouza, et du rouleau de la Thora
Chapitre 5 – Lois relatives à la mezouza
- Écriture de la mezouza – La mezouza contient deux passages (Chema et Véaya im chamoa) écrits sur un seul parchemin avec des espaces précis en haut et en bas. Peut être écrite sur deux ou trois colonnes mais pas en forme de queue, de cercle ou de tente. L’ordre des passages est essentiel et ne peut être inversé.
- Espacement entre passages – Un espace correspondant à un passage « fermé » (stouma) doit être laissé entre Chema et Véaya im chamoa. Si l’espace est fait comme pour un passage « ouvert » (petou’ha), c’est valide car ces passages ne sont pas juxtaposés dans la Thora.
- Fioritures des lettres – Certaines lettres portent trois zaïn: sept lettres dans le premier passage et six dans le second. L’omission ou l’ajout de fioritures n’invalide pas la mezouza, contrairement à l’écriture sans lignes ou l’ajout de lettres au texte.
- Écriture sur les faces – Il est coutume d’écrire le nom divin Sha-daï sur l’extérieur au niveau de l’intervalle entre les passages. Ceux qui écrivent des noms d’anges ou autres sur la face intérieure font une grave transgression, transformant un commandement spirituel en talisman profane.
- Structure des lignes – Tradition d’écrire sur vingt-deux lignes, avec « al haarets » au début de la dernière ligne. Le texte suit un ordre précis de mots au début de chaque ligne.
- Pliage et installation – La mezouza est enroulée de la fin au début, placée dans un tube et fixée au montant avec un clou ou dans une cavité du montant.
- Bénédiction – Une bénédiction spécifique est récitée avant de fixer la mezouza, car la mitsva consiste à la fixer et non à l’écrire.
- Fixation correcte – Une mezouza suspendue, placée derrière la porte, horizontale ou trop enfoncée dans le mur est invalide. La mezouza doit être fixée après que le montant soit installé.
- Vérification périodique – Une mezouza privée doit être vérifiée deux fois tous les sept ans, une mezouza publique deux fois tous les cinquante ans, pour s’assurer qu’aucune lettre n’est endommagée.
- Obligation universelle – Le commandement de la mezouza s’applique à tous, y compris aux femmes et aux esclaves. Les mineurs sont éduqués à cette pratique. En Terre d’Israël, l’obligation est immédiate pour un locataire.
- Responsabilité du locataire – C’est au locataire d’apporter et de fixer la mezouza. En quittant les lieux, il ne doit pas l’emporter, sauf si le propriétaire est non-juif.
Chapitre 6 – Les conditions nécessitant une mezouza
- Dix conditions requises – Une pièce doit remplir dix conditions pour nécessiter une mezouza: dimension minimale, deux montants, linteau, toit, portes, hauteur suffisante, usage profane, destinée à l’habitation, habitation digne et permanente.
- Condition de taille – Une pièce doit mesurer au moins 4×4 coudées. Les formes non carrées (rondes, pentagonales) nécessitent une surface équivalente de 16 coudées carrées.
- Condition des montants – Une structure avec trois murs (excédra) n’a pas besoin de mezouza car les piliers soutiennent le toit mais ne sont pas considérés comme des montants de porte.
- Conditions de linteau et hauteur – Une entrée avec un arc au lieu d’un linteau nécessite une mezouza seulement si les montants mesurent au moins dix téfa’him de hauteur.
- Condition de toit – Une pièce sans toit ne nécessite pas de mezouza. Si une partie est couverte, celle près de l’entrée détermine l’obligation.
- Condition de sainteté – Les lieux saints (Temple, synagogues) ne nécessitent pas de mezouza, sauf s’ils contiennent une pièce d’habitation, comme la synagogue d’un village où logent des voyageurs.
- Condition d’habitation – Les lieux de stockage (réserves, étables) ne nécessitent pas de mezouza sauf s’ils servent aussi à l’habitation, comme une étable où des femmes se parent.
- Portes donnant sur des habitations – Les portes des cours, allées et cités nécessitent une mezouza si elles donnent accès à des maisons qui en nécessitent elles-mêmes.
- Conditions de dignité et permanence – Les lieux impropres à une habitation digne (latrines, bains) ou temporaires (soucca, maison sur bateau) sont exemptés de mezouza.
- Portes multiples – Toutes les portes d’une maison nécessitent une mezouza, même si une seule est régulièrement utilisée. Les portes intérieures entre pièces en nécessitent également.
- Entrées partagées – Une entrée entre la maison d’étude et une habitation nécessite une mezouza si elle est régulièrement utilisée. La position du gond détermine le côté où placer la mezouza.
- Position correcte – La mezouza est fixée à l’intérieur de l’entrée, dans le téfa’h extérieur, au début du tiers supérieur, du côté droit pour celui qui entre. Une maison partagée entre associés nécessite une mezouza.
- Valeur spirituelle – Un homme doit être scrupuleux à l’accomplissement du commandement de la mezouza, car c’est une obligation qui incombe constamment à tout un chacun. [Ainsi,] à chaque fois qu’il entrera et sortira de chez lui, il se trouvera face à l’unité du nom du Saint Béni soit-Il, se souviendra de son amour pour Lui. Il se réveillera de son sommeil et de son quotidien dans les vanités du temps. Il prendra conscience qu’il n’est rien d’autre que la connaissance du Créateur du monde qui dure éternellement. Il reviendra ainsi immédiatement à ses esprits, et suivra le chemin des droits. Les sages d’antan ont dit : « Qui a des téfiline sur sa tête et sur son bras, des tsitsit sur son vêtement, et une mezouza sur sa porte, peut être assuré qu’il ne fautera point, car il aura de nombreux rappels. Ce sont des anges qui l’empêcheront de fauter, comme il est dit : « Un ange du Seigneur est posé près de ceux qui Le craignent, et les fait échapper »
Chapitre 7 – Lois du rouleau de la Thora
- Obligation d’écriture – Chaque juif doit écrire un rouleau de la Thora, même s’il en a hérité un. L’écrire soi-même équivaut à l’avoir reçu au Mont Sinaï. Corriger une seule lettre équivaut à écrire tout le rouleau.
- Obligation royale – Le roi doit écrire un second rouleau après son couronnement, en plus de celui qu’il possédait avant. Ce rouleau royal l’accompagne partout sauf dans des lieux inappropriés.
- Double rouleau pour le roi – Si le roi n’avait pas de rouleau avant son couronnement, il doit en écrire deux: un pour sa salle des trésors et un qui l’accompagne toujours.
- Règles de base d’écriture – Le rouleau doit être écrit entièrement sur un même type de parchemin (gvil ou klaf), avec des lignes. L’écriture doit être minutieuse et belle, avec des espaces précis entre lettres, mots et lignes.
- Gestion des fins de ligne – Si un mot de cinq lettres ne tient pas à la fin d’une ligne, on écrit trois lettres dans la colonne et deux dans la marge. Des règles précises gouvernent la division des mots pour maintenir l’esthétique du texte.
- Mots à cheval sur deux lignes – Un mot de deux lettres ne doit pas être écrit dans la marge mais au début de la ligne suivante. Pour un mot plus long, on peut écrire la moitié dans la colonne et l’autre moitié dans la marge.
- Espacement entre livres – Quatre lignes vides doivent séparer chaque livre. Le dernier livre doit se terminer au milieu d’une ligne à la fin d’une colonne.
- Attention aux particularités – Le scribe doit respecter les lettres de taille spéciale, les lettres pointées et celles de forme anormale, ainsi que les fioritures traditionnelles qui ont la forme d’un zaïn.
- Flexibilité des règles esthétiques – Si certaines règles esthétiques ne sont pas respectées mais que le texte reste intact, sans lettres manquantes ou en surplus, le rouleau reste valide.
- Traditions des scribes – Certaines règles sont observées par tradition: chaque colonne doit avoir entre 48 et 60 lignes, et les mots commençant les lignes autour des cantiques suivent un ordre précis.
- Invalidité du rouleau – Si les formes ouvertes et fermées des passages ne sont pas respectées, si un mot est écrit différemment de ce qui est prescrit, ou si un cantique est écrit comme un texte ordinaire, le rouleau est invalide.
- Correction des erreurs – Un rouleau avec des erreurs ne doit pas être gardé plus de 30 jours sans correction. Avec quatre erreurs ou plus par colonne, il doit être enterré, sauf si la majorité est correcte.
- Correction selon le type d’erreur – Si des mots qui devraient être à la forme courte sont écrits à la forme pleine, la correction est plus facile car on peut gratter les lettres en trop.
- Écriture partielle – Il est permis d’écrire chaque livre séparément, mais pas des passages isolés, sauf si l’on prévoit de compléter le livre ou si l’écriture est très espacée (trois mots par ligne).
- Assemblage de livres sacrés – On peut écrire la Thora, les Prophètes et les Hagiographes sur un même parchemin avec des espaces spécifiques entre chaque livre. L’ordre des livres est précisé en détail.
- Utilisation des lignes – Tous les livres saints doivent être écrits avec des lignes, même sur papyrus. Seulement trois mots peuvent être écrits sans lignes. Un rouleau combinant plusieurs livres n’a pas la sainteté d’un rouleau complet de la Thora.








