(Pour la réussite spirituelle et matérielle de Moshe ben ‘Haïm-Nissim)

 

Dans le ‘Séfer ha Likoutim’ (lettre Youde, ‘Yona’) le Tséma’h Tsédek explique que la ‘colombe’, ‘Yona’ en hébreu, est une allusion à l’âme divine qui est en exil dans le corps et prisonnière de l’âme animale, exactement comme le prophète Yona qui fut prisonnier dans le ventre d’un énorme poisson.

C’est à cela que se rapporte le verset du ‘Cantique des Cantiques’ (2, 14) : ‘Ma colombe, nichée dans les fentes du rocher’, du fait que l’âme divine est telle ‘une colombe cachée entre les fentes d’un rocher’ lorsqu’elle ne parvient pas à imposer sa volonté, à prendre possession des pensées des paroles et des actes de l’homme qui est devenu la proie du mauvais penchant et qui ne cherche à assouvir que des plaisirs grossiers et matériels totalement dénués de divin.

‘Yona’, la ‘colombe’, est donc d’après le Tsémah Tsédek une allusion à l’âme divine, et la prière que Yona adressa à l’Eternel du fond des entrailles de cet énorme poisson est comparable à celle que l’âme divine adresse à l’Eternel, afin de l’aider dans le combat incessant qu’elle mène face aux forces du mal.

De fait, la mission de chaque Juif est de faire de ce monde ici-bas une demeure pour l’Essence divine. L’enseignement du Rabbi dans le Dvar Mal’hout sur les Parachiot ‘Ahareï-moth-Kédochim’ est que c’est précisément ici-bas que peut être dévoilée l’Essence divine. C’est précisément quand l’âme descend dans un corps matériel qu’elle peut dévoiler le but de la Création : l’intention divine d’avoir une demeure ici-bas.

Faire une demeure pour D.ieu consiste à purifier le corps, l’âme animale, et la matière de ce monde. C’est dans ce but que la majorité des Commandements divins est accomplie, au moyen de choses matérielles, afin que cet accomplissement nous permette de purifier les objets matériels, y compris le corps d’un Juif qui accomplit ces Commandements.

En fait, qu’il s’agisse du corps d’un Juif ou du corps de ce monde, chacun deux représentent l’exil : ‘Gola’. En effet, ‘l’âme que D.ieu nous a donnée est pure’ et elle descend ensuite dans un endroit qui est le contraire de la pureté, puisqu’elle s’habille dans une âme animale, dans un corps, et dans un monde où dominent les forces du mal, ou la possibilité est donnée à l’homme de choisir entre le bien et le mal.

Or, c’est précisément lorsque l’âme agit dans l’exil du corps et de ce monde quelle peut connaitre l’élévation à un niveau supérieur de celui d’où elle vient. Cette exceptionnelle élévation procède du dévoilement de l’Essence divine.

‘Gola’, l’exil, représente finalement l’unique moyen de dévoiler l’Essence divine. C’est la raison pour laquelle le Rabbi nous enseigne dans ce Dvar Mal’hout que la Délivrance finale n’exclut pas l’exil, et que bien au contraire ‘c’est par notre travail et par nos actions dans cet exil que l’on parvient à provoquer la Délivrance’ comme l’a écrit l’Admour Hazaken dans le livre du Tanya.

Notre travail et nos actions consistent à introduire le Divin dans la réalité afin de la transformer en révélant son contenu véritable. C’est à ce sujet qu’il est dit que si l’on ajoute la lettre א au mot גולה on obtient la Délivrance : גאולה

On peut donner l’exemple que le Rabbi a donné dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Chemot :

Quand Rabbi El’azar-ben-Azaria remplaça Raban Gamliel à la tête du Sanhédrin, il fit congédier le gardien du Beït-ha-Midrache afin de donner libre accès à tous ceux qui désiraient étudier la Torah. Il n’était pas question selon le nouveau Prince d’Israël de faire de différences entre ceux qui étaient des érudits et ceux qui ne l’étaient pas encore.

L’attitude de Rabbi El’azar-ben-Azaria, s’accorde parfaitement à la déclaration du Machia’h selon laquelle ‘les sources de l’enseignement du Baal Chem Tov doivent se répandre à l’extérieur’. ‘A l’extérieur’ : à tout endroit, même chez celui qui n’a pas encore atteint la perfection dans son service divin.

A travers cet exemple nous comprenons que rien qui n’appartient à cet exil ne doit être épargné et que chaque chose de ce monde doit connaitre l’élévation.

Au début de ce Dvar Mal’hout, le Rabbi explique que le nom d’une chose exprime son contenu profond. Aussi, le mot Gola et le mot Guéoula ont des sens opposés. Gola signifie ‘Exil’ alors que Guéoula signifie ‘Délivrance’. Or, si l’on dit que le nom d’une chose exprime son contenu profond comment est-il possible de dire que ces noms désignent tous les deux la Délivrance ?

‘Guéoula’, la Délivrance, et Gola, l’Exil, sont constitués en effet par les mêmes lettres, à l’exception de la lettre Aleph que possède le mot Guéoula mais qui est absent du mot Gola. Aussi, le Rabbi nous enseigne que de même que le mot Gola constitue une partie du mot Guéoula, de même l’Exil constitue une partie de la Délivrance.

Dans le Dvar Mal’hout des Parachiot ‘Tazria-Metsora’ le Rabbi déclare que ‘la racine de l’obscurité est plus élevée que la lumière’. En d’autres termes, l’obscurité du monde dans lequel nous vivons peut devenir partie intégrante de la Délivrance, et notre mission dans ce cas, consiste à lever le voile de l’obscurité de l’exil afin de révéler le divin qu’il cache à nos yeux, et cela dans tous les sujets de l’exil.

C’est là le sens du mot ‘Délivrance’, car ce mot désigne l’objectif de notre mission, de délivrer le divin qui se cache dans l’exil. C’est donc pour cela que le Rabbi nous enseigne que le mot Gola fait partie du mot Guéoula, car finalement l’obscurité de ce monde ne contredit, ni ne s’oppose, à la Délivrance finale. Bien au contraire, c’est en dévoilant la lumière qui se cache derrière l’obscurité de l’exil, que l’on parviendra à ce que l’Eternel insuffle au monde la lumière nouvelle de la Guéoula.

Le Rabbi nous explique donc que si l’on ajoute la lettre ‘Aleph’, la première lettre de ‘Aloupho chel Olam’ (‘le Maître du monde), au mot Gola (l’obscurité de l’exil) on obtient le mot Guéoula.

Un des exemples donnés par le Rabbi dans le Dvar Mal’hout, est celui du Compte de l’Omer, dont le but consiste à raffiner, à purifier, le corps et l’âme animale (l’Exil, Gola). Faire pénétrer la lumière du ‘Aleph’, le divin, dans l’obscurité du corps, signifie que l’on agit afin de réparer, de rectifier, l’incitation de notre âme animale, qui nous pousse sans-cesse à assouvir des plaisirs grossiers et dénués de divin.

Le point essentiel de l’enseignement du Rabbi, est qu’il ne s’agit pas d’éliminer l’âme animale. Il ne s’agit pas de supprimer sa force mais au contraire de l’utiliser, en la libérant de l’emprise du mal, c’est-à-dire de détourner sa force, du côté de l’impureté vers le côté de la sainteté, en se détournant des plaisirs grossiers, pour accéder à des plaisirs raffinés qui s’accordent à la Volonté de D.ieu d’avoir une demeure en nous-mêmes, et en ce monde.

Ainsi, il en va de même pour ce monde matériel, du fait que celui-ci est comparable à un grand corps, et notre mission consiste à libérer l’âme vitale qui le vivifie à chaque instant, de son emprise. En d’autres termes, de libérer les étincelles divines qui sont enfouies, et se cachent dans la matière de ce monde.

C’est à ce sujet que l’Admour Hazaken déclare dans le livre du Tanya, que tout au long de son existence un Juif a pour mission de raffiner et de purifier une certaine part de ce monde physique. Par exemple, lorsque le propriétaire d’un champ réserve un des coins de son champ pour les pauvres, il introduit la lumière divine, le ‘Aleph’, dans l’obscurité de ce champ. Ajouter la lettre ‘Aleph’ au mot Gola signifie donc réaliser le but divin de faire de l’exil une demeure pour le ‘Aleph’, une demeure pour l’Essence divine.

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