Un enfant de quatre ans s’est volatilisé jeudi midi, jour de Ticha Beav 5786, dans les dunes de la plage nord d’Ashkelon, déclenchant l’une des plus vastes opérations de recherche menées ces dernières années dans le sud du pays. Pendant que des centaines de policiers, de secouristes et de bénévoles ratissaient la mer, les airs et la terre, le Chalia’h du Rabbi dans le quartier d’Afridar s’est rendu au domicile de la famille pour y vérifier et y poser des Mezouzot. Trente secondes après que les sœurs de l’enfant et les voisines eurent achevé de réciter ensemble les douze Pessoukim, le téléphone sonnait pour annoncer que le petit garçon venait d’être retrouvé sain et sauf.

 

 

 

 

Quelques minutes d’inattention dans les dunes

Tout a basculé jeudi 23 juillet 2026, jour de Ticha Beav 5786, aux alentours de midi cinquante. Dani Kogan avait emmené ses trois enfants pique-niquer dans les dunes qui bordent la plage ‘Hofit, sur le littoral nord d’Ashkelon, une bande de sable sauvage coincée entre une haute falaise et la ligne d’eau. Le lieu n’est pas une plage déclarée, il n’y est prévu ni sauveteurs ni brise-lames, et le relief accidenté y forme un labyrinthe de creux, de buissons et de crêtes sableuses.

Selon le récit livré par la mère de l’enfant, Yuval, quatre ans, s’était intéressé à un buisson qui avait piqué sa curiosité. Son père, occupé quelques instants par ses deux filles, avait détourné le regard. Trois ou quatre minutes plus tard, l’enfant n’était plus là. Il s’était, selon les mots employés par sa mère, tout simplement volatilisé, sans laisser la moindre trace derrière lui. À treize heures, le père composait le numéro d’urgence de la police et signalait la disparition.

Une mobilisation immédiate sur trois fronts

La police israélienne a immédiatement qualifié l’événement de disparition à haut risque. En quelques minutes, des hélicoptères ont été mis en l’air, l’unité de police maritime a été déployée, des plongeurs ont été envoyés au large et l’unité de sauvetage municipale d’Ashkelon a rejoint le dispositif. Aux policiers se sont ajoutés des effectifs des Gardes-frontières, des agents du service de sécurité intérieure et des unités spéciales de Tsahal. Les recherches se sont organisées simultanément sur trois théâtres, en mer, dans les airs et au sol, avec l’ensemble des moyens technologiques dont dispose la police du district sud.

Les bénévoles de l’unité de recherche de personnes disparues de Zaka ont pris part à l’effort dès les premières heures, menant des ratissages méthodiques depuis le sol et depuis les airs à l’aide de véhicules tout-terrain, de drones perfectionnés et d’équipements de détection spécialisés. Des dizaines de citoyens anonymes se sont joints spontanément aux équipes, fouillant les bâtiments avoisinants, les sentiers et les espaces publics tout au long de la bande côtière. Les conditions de terrain, particulièrement complexes, ont considérablement entravé les opérations de balayage.

Le commandant du district sud, le Nitsav ‘Haïm Boublil, a tenu une évaluation de situation sur place avec les commandants des forces engagées et les responsables du secours. À l’issue de cette réunion, il a ordonné d’élargir l’activité aux heures de la nuit et de mobiliser l’intégralité des moyens dont dispose la police jusqu’à la localisation de l’enfant. Le maire d’Ashkelon, Tomer Glam, s’est rendu en personne sur le terrain et a rejoint les recherches, précisant que l’unité de secours municipale et les équipes de surveillance travaillaient en forces conjointes avec la police.

Une nuit blanche pour tout un pays

Les recherches se sont poursuivies sans interruption durant toute la nuit. Le chef de la police, le Rav Nitsav Danny Levy, est demeuré en contact permanent avec le commandant du district sud, recevant des mises à jour continues et ordonnant que la totalité des ressources de l’institution soit orientée vers l’effort de localisation. Au petit matin, il s’est rendu lui-même au poste de commandement avancé installé sur la plage d’Ashkelon pour y conduire une évaluation de situation avec les commandants présents sur le terrain.

D’autres acteurs sont venus grossir les rangs. La ministre des Transports, Miri Reguev, a donné instruction de mettre à la disposition des équipes un navire de l’autorité de la navigation et des ports, équipé de moyens de balayage perfectionnés. Le président de l’État, Its’hak Herzog, s’est entretenu au téléphone avec Dina Kogan, la mère de l’enfant, pour lui exprimer sa profonde préoccupation, l’informant qu’il se trouvait en contact étroit avec le chef de la police et avec le directeur du service de sécurité intérieure.

Partout dans le pays, des messages de prière ont circulé, appelant chacun à réciter des Tehilim pour le salut de l’enfant. Dans une chaleur écrasante, à la sortie du jeûne le plus douloureux du calendrier juif, la nouvelle avait touché une corde particulièrement sensible.

L’angoisse d’une mère

Dina Kogan, pédiatre de profession, n’a pas caché sa crainte que l’affaire dépasse le cadre d’un enfant égaré. Elle a redouté ouvertement qu’il s’agisse d’un enlèvement et a supplié les autorités d’élargir immédiatement le périmètre des recherches, estimant que les forces s’obstinaient à fouiller toujours le même secteur. Elle a insisté sur le caractère critique des heures qui s’écoulaient, parlant d’une question de vie ou de mort et appelant chacun à se mettre debout pour retrouver son fils.

Ses mots ont été relayés par tous les médias du pays. Une image de vidéosurveillance montrant les derniers instants où le petit garçon avait été aperçu, marchant avec son père et ses sœurs sur le sable, a été diffusée publiquement, dans l’espoir qu’un témoin puisse fournir une indication décisive.

Un cavalier qui se trompe de chemin

Le dénouement est venu vendredi en début d’après-midi, à quelques heures de l’entrée du Chabbat, et il a pris la forme la plus inattendue qui soit. Noam Sim’hi, un ‘Hassid de Breslev résidant à Ashdod, était sorti le matin avec son cheval pour participer aux recherches. En chemin, il s’est égaré alors qu’il tentait de rejoindre la plage de Nitsanim, à plusieurs kilomètres au nord du point de disparition.

C’est là, sur un itinéraire qu’il n’avait pas prévu d’emprunter, qu’il a aperçu la silhouette d’un enfant debout sous un arbre. Le petit garçon portait un débardeur rayé vert et blanc, celui-là même qu’il avait sur lui la veille. Il regardait le cavalier sans bouger.

Noam Sim’hi n’a pas caché son émotion en racontant la scène. Il a expliqué s’être trompé de route avec son cheval en se dirigeant vers la plage de Nitsanim et avoir soudain distingué cet enfant sous l’arbre, qui levait les yeux vers lui. Il y a des miracles en ce monde, a-t-il déclaré, ajoutant que ce petit garçon avait mis tout un pays debout et que la force du peuple juif résidait dans son unité. Il a demandé au public de réciter le Mizmor Letoda, le psaume de reconnaissance, et a rendu grâce au Saint béni soit-Il.

Des anges à cheval

Yehouda Twito, qui participait aux recherches avec un ami, a raconté avoir eu l’intuition qu’il fallait fouiller précisément à l’intérieur des buissons. C’est à ce moment qu’il a aperçu deux hommes à cheval, qu’il a décrits comme des anges, et qu’il a fait remarquer à son compagnon que c’était ainsi qu’il fallait chercher, au cœur même de la végétation. L’un des cavaliers s’est alors mis à leur crier de venir vite. Lorsqu’ils sont arrivés, l’homme tenait déjà l’enfant dans ses bras.

Yuval paraissait désorienté, fatigué, épuisé. Les sauveteurs lui ont parlé, l’ont immédiatement conduit vers une voiture climatisée et lui ont apporté de l’eau. L’enfant a expliqué qu’il avait perdu son père, qu’il avait marché, qu’il avait trouvé cette direction et qu’il avait sans doute attendu que quelqu’un vienne le chercher. Il n’avait besoin que d’une chose, a-t-il dit, un peu d’eau.

Quiconque sauve une âme

Le chef de la police, le Rav Nitsav Danny Levy, a confirmé officiellement que l’enfant disparu avait été localisé sain et sauf. L’institution a remercié l’ensemble des forces engagées sur le terrain, les bénévoles et le public qui avait fait preuve de vigilance et contribué à l’effort de localisation.

Le président Its’hak Herzog s’est entretenu avec Noam Sim’hi pour le remercier de sa présence d’esprit, de son dévouement et de sa détermination. Nous avons tous été bouleversés par cette heureuse nouvelle, lui a-t-il dit, rappelant l’enseignement de nos Sages selon lequel quiconque sauve une seule âme d’Israël, c’est comme s’il avait sauvé un monde entier, et lui a déclaré qu’il avait eu le mérite d’être ce jour-là le Chalia’h de cette grande Mitsva.

Arié Blumenfeld, commandant de l’équipe Zaka 360 d’Ashkelon, a résumé ce dénouement en quelques mots. Après une journée entière de recherches menées par les bénévoles de son unité, l’enfant a été retrouvé en bonne santé et sans blessure, a-t-il indiqué, tenant à remercier tous ceux qui avaient œuvré sur le terrain et n’avaient pas renoncé jusqu’à ce qu’il soit retrouvé. À Zaka, on a également exprimé le souhait que l’enfant et sa famille connaissent désormais le calme et la sérénité, et l’organisation a remercié les dizaines de milliers de personnes qui avaient aidé à la diffusion des appels et à la fouille du terrain.

Les Mezouzot de la maison d’Afridar

C’est toutefois un autre récit, parvenu quelques minutes après l’annonce, qui a bouleversé la communauté. Le Rav Moché Peles, Chalia’h du Rabbi dans le quartier d’Afridar à Ashkelon, s’était rendu au domicile de la famille pendant que les recherches battaient leur plein. Il a filmé son témoignage en sortant de la maison, la voix encore tremblante, expliquant qu’il tremblait de tout son corps sous le coup de l’émotion et qu’il venait à l’instant même de quitter le domicile de l’enfant. Vous ne réalisez pas quel Mofet Galoui, quel miracle manifeste du Rabbi, a-t-il déclaré.

Des proches de la famille l’avaient mis en relation avec la mère du petit garçon. Il avait alors emporté les Mezouzot de la maison pour les faire examiner, et l’on avait procédé à leur vérification. Il en avait rapporté d’autres pour équiper les pièces qui en étaient dépourvues, et deux montants de portes qui n’en portaient aucune ont ainsi reçu chacun leur Mezouza.

Pendant que cette Mitsva s’accomplissait, le Chalia’h a rassemblé les sœurs de l’enfant, quelques-unes de leurs amies et des voisines venues soutenir la famille. Tous ensemble, ils ont récité les douze Pessoukim, ces versets et enseignements que le Rabbi avait institués pour les enfants d’Israël et qui accompagnent depuis des décennies les campagnes éducatives du mouvement.

Trente secondes

Ils venaient à peine d’achever la récitation. Selon le récit du Rav Peles, il ne s’était pas écoulé trente secondes lorsque le téléphone a sonné. Au moment même où l’on posait les Mezouzot et où l’on prononçait les douze Pessoukim, l’appel est tombé. L’enfant avait été retrouvé.

Le Rav Peles n’a pas cherché d’autres mots pour qualifier ce qui venait de se produire. Un Mofet Galoui du Rabbi, a-t-il répété devant sa caméra. Sur le parchemin de la Mezouza figure l’un des Noms de D.ieu, dont les lettres forment également les initiales de l’expression qui désigne le Gardien des portes d’Israël. À Ashkelon, ce vendredi-là, la coïncidence n’a échappé à personne.

Un Chabbat de reconnaissance

À la veille du Chabbat, alors que les bougies allaient être allumées dans tout le pays, la famille Kogan a retrouvé son fils. Une mère qui avait passé une nuit entière à redouter le pire a pu enfin respirer. Des centaines de bénévoles qui avaient veillé sous une chaleur accablante ont pu rentrer chez eux avec le sentiment rare d’avoir participé à quelque chose qui les dépassait.

Yuval a été confié aux équipes médicales pour un examen. Les autorités n’ont pas communiqué de détails officiels sur son état de santé ni sur la manière dont l’enfant a pu survivre seul, une nuit entière, dans les dunes, sous la chaleur du jour et le froid relatif de la nuit, sans eau et sans que ses appels, s’il en a lancé, n’aient été entendus.

Il est difficile de ne pas relever la coïncidence des dates. C’est le jour même de Ticha Beav, celui où le peuple juif pleure la destruction du Beth Hamikdach et l’exil, que cet enfant avait disparu. Et c’est à l’entrée du Chabbat Na’hamou, celui de la consolation, qu’il a été rendu aux siens, découvert par un homme qui s’était trompé de chemin, à l’instant précis où des fillettes achevaient de réciter les douze Pessoukim dans une maison dont on venait de rectifier les Mezouzot. Nos Sages enseignent qu’il n’existe pas de hasard dans la conduite du monde, et que les pas de l’homme sont dirigés par D.ieu. Ceux du cavalier d’Ashdod, ce vendredi-là, l’ont conduit exactement là où il fallait qu’il soit.