Agression d’un Chalia’h Habad à Milan : trois suspects interpellés
Le Rav Tzemach Mizrachi, Chalia’h Habad et responsable religieux de la communauté juive de Milan, a été violemment agressé mercredi soir par trois individus alors qu’il patientait à un arrêt de bus dans le quartier juif de la ville. Bousculé, frappé et projeté au sol, il n’a heureusement nécessité aucun soin médical, mais l’incident a suscité une vive émotion au sein de la communauté juive locale. La police italienne, alertée rapidement, a interpellé les trois suspects, aujourd’hui placés en garde à vue.
une agression en pleine rue
Mercredi 16 septembre 2026, correspondant au 5 Tichri 5787 dans le calendrier hébraïque, le Rav Tzemach Mizrachi, âgé de 51 ans et présent en Chalia’h à Milan depuis près de trente ans, se rendait comme chaque jour chercher ses enfants à l’école lorsqu’il fut abordé par trois jeunes hommes alors qu’il attendait son bus place Bande Nere, dans un secteur à forte présence juive de la ville. Selon son témoignage, les trois individus commencèrent par le pRavoquer avant de s’emparer de son chapeau. Lorsque le Rav Mizrachi leur en réclama la restitution, l’un des agresseurs lui asséna un violent coup de pied qui le projeta au sol, en pleine rue. La presse italienne a rapporté que l’agression s’est poursuivie par des coups de poing, des coups de pied supplémentaires ainsi que des crachats, tandis que son chapeau était piétiné sous ses yeux. Malgré la violence de l’altercation, le Rav Mizrachi est parvenu, une fois relevé, à photographier et à filmer ses agresseurs à l’aide de son téléphone avant d’alerter la police. Baroukh Hachem, a-t-il précisé, il n’eut besoin d’aucun soin médical à la suite de cette agression.
une intervention policière immédiate
Alertées, les patrouilles de police se sont rapidement rendues sur place et ont localisé les trois suspects non loin des lieux, certains témoignages évoquant leur interpellation à proximité d’une station de métro voisine. Âgés de dix-neuf à vingt et un ans et issus, selon la presse italienne, de familles d’origine tunisienne et marocaine, les trois jeunes hommes ont été conduits au commissariat pour y être identifiés et interrogés. Le Rav Mizrachi lui-même est resté plusieurs heures sur place afin de faire sa déposition et de contribuer à l’enquête. Il a tenu à saluer le sérieux avec lequel les autorités ont traité l’affaire. Les policiers ont pris les faits très au sérieux, a-t-il confié, ils ont arrêté les agresseurs immédiatement et ceux-ci resteront en garde à vue durant la nuit.
un sentiment d’insécurité grandissant
Au-delà de l’incident lui-même, le Rav Mizrachi a tenu à souligner une évolution du climat dans les rues de Milan ces derniers mois. Il a expliqué ressentir une présence de plus en plus palpable de tensions dans l’espace public, une réalité qui préoccupe la communauté juive locale. Il a néanmoins exprimé l’espoir que l’arrestation rapide des trois agresseurs jouerait un rôle dissuasif et contribuerait à apaiser la situation. Le Rav Mizrachi officie comme Rav du Beth Hatalmud, au sein du Heikhal Menahem, l’une des institutions communautaires rattachées au Beth Habad central de Milan, où il exerce sa Chalia’h depuis près de trois décennies au service de la communauté juive de la ville.
une communauté solidaire
L’agression a suscité de nombreuses réactions de solidarité au sein du réseau Habad-Loubavitch à travers le monde, plusieurs Chlou’him rappelant l’importance de la vigilance et de l’unité face à la recrudescence des actes hostiles visant les communautés juives en Europe. Cet épisode s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupations sécuritaires exprimées par diverses institutions juives européennes au cours des derniers mois, alors que plusieurs villes du continent font état d’une montée des tensions dans l’espace public.
des condamnations au plus haut niveau de l’état italien
L’agression a rapidement suscité des réactions au sommet de l’État italien. La présidente du Conseil, Giorgia Meloni, a condamné l’attaque, la qualifiant d’épisode vil et inacceptable, et a exprimé sa solidarité envers le Rav Mizrachi et l’ensemble de la communauté juive de Milan. Elle a affirmé que la haine antisémite constitue un fléau que l’Italie ne peut ni ne veut tolérer sous quelque forme que ce soit. Le vice-président du Conseil, Matteo Salvini, a de son côté qualifié l’attaque de très grave, terrible et inacceptable, mettant en garde contre le retour de scènes de haine et de violence antisémites dans les villes italiennes et reconnaissant que l’ampleur de la montée de l’antisémitisme avait été sous-estimée.
Walker Meghnagi, président de la communauté juive de Milan, a indiqué que le Rav Mizrachi avait été pris pour cible en raison de son apparence visiblement juive, qualifiant l’agression d’acte à caractère raciste et soulignant qu’une violence de cette ampleur n’avait, selon lui, jamais visé un rabbin à Milan auparavant. Selon son témoignage, les trois agresseurs, décrits comme étant d’origine arabe, auraient également proféré des insultes en arabe au cours de l’altercation. De son côté, Davide Romano, directeur du musée de la Brigade juive de Milan, a qualifié l’attaque de glaçante et a appelé les autorités à enquêter non seulement sur les agresseurs eux-mêmes, mais aussi sur ceux qu’il a désignés comme leurs possibles instigateurs moraux.
















