Un moment émouvant au cœur du conflit : alors que la guerre fait rage en Ukraine, un jeune militaire apprend son héritage familial caché depuis des générations
Dans l’ombre du conflit qui déchire l’Ukraine depuis plus de trois ans, des histoires profondément humaines continuent d’émerger, rappelant que même en temps de guerre, des découvertes personnelles peuvent transformer des vies. C’est précisément ce qui s’est produit lors d’une visite de l’émissaire à Kiev, le Rav Jonathan Markovitch, sur une base militaire ukrainienne.
À l’approche de la fête de Pessah, le Beth Habad de Kiev poursuit activement ses initiatives auprès des soldats en première ligne. Cette semaine, sur une base militaire abritant une unité d’élite non loin de la capitale ukrainienne, le Rav Jonathan Markovitch organisait une distribution de Matso lorsqu’un moment extraordinaire s’est produit.
Un jeune soldat, conversant avec sa mère au téléphone pour lui raconter cette visite inhabituelle, a reçu une révélation inattendue : sa grand-mère maternelle était juive. Une information que sa famille lui avait cachée jusqu’à ce jour.
Stupéfait par cette révélation, le militaire s’est immédiatement tourné vers le Rav Markovitch. Après une brève conversation, il a été confirmé que selon la loi juive traditionnelle (halakha) – qui reconnaît comme juive toute personne née d’une mère juive – ce jeune homme était effectivement lui-même juif. Le Rav et le soldat ont convenu de se retrouver lors de la prochaine permission du militaire pour approfondir la signification de cette nouvelle identité.
« C’était un moment aussi surprenant qu’émouvant, de voir ce jeune soldat découvrir soudainement son héritage juif, » confie le Rav Markovitch. « Ces dernières années, de plus en plus d’Ukrainiens renouent avec leur identité juive, précisément grâce à l’activité visible et continue de la communauté dans l’espace public, qui bénéficie du soutien des autorités. »
Cette découverte personnelle s’inscrit dans un contexte plus large de réappropriation identitaire en Ukraine, où de nombreuses familles avaient dissimulé leurs origines juives pendant l’ère soviétique par crainte des persécutions.
Parallèlement à ces initiatives sur le front, Beth Habad de Kiev se prépare à organisé des Sedarim communautaires publics dans plusieurs endroits de la ville. Elle fournit également des colis de fête aux survivants de l’Holocauste, aux personnes âgées et aux nécessiteux. Ces colis comprennent des Matsot, du vin, des produits alimentaires de base et des Haggadot , et sont livrés directement au domicile de ceux qui ne peuvent pas se déplacer pour participer aux événements communautaires.
Cette histoire illustre comment, même dans les circonstances les plus difficiles, la transmission culturelle et religieuse persiste, parfois de manière inattendue. Pour ce jeune soldat ukrainien, engagé dans la défense de son pays, cette découverte représente non seulement un héritage familial retrouvé, mais potentiellement une nouvelle dimension à son identité personnelle en ces temps troublés.















