Biographie

Rabbi Yo’hanane ben Zakaï fut le plus jeune des 300 disciples de Hillel. Il fut le collègue de Rabbi Ne’hounia ben Hakana.

Il était toujours le premier à arriver au Beth Ha.midrach et le dernier à le quitter ; et le premier à saluer chacun, juif et non-juif.

Il fut le maître de Rabbi Éliézer ben Hourkenos, Rabbi Yossé, Rabbi Chimone ben Netanael, Rabbi Éléazar ben Ara’h (qui fut le seul qui parvint à le consoler après la mort d’un de ses jeune fils) et de Rabbi Yehochoua ben Hanania

Réalisant que la ville de Jérusalem allait tom.ber aux mains des Romains qui en faisaient le siège depuis trois ans, il décida de se faire passer pour très malade puis « mourant » et enfin on demanda à sortir son corps pour le faire en.terrer en-dehors de la ville.

Une fois sorti (dans le cercueil…), il se dressa – bien vivant – devant le général Vespasien et le salua en termes élogieux comme s’il était empereur – ce qu’un messager venu de Rome confirma par la suite !

Pour le remercier, Vespasien accéda à ses requêtes, entre autres :
1) la permission de dé.ménager sa Yechiva à Yavné et ainsi préserver l’étude de la Torah dans le peuple juif ;
2) laisser sortir le Nassi, Rabbi Chimon ben Gamliel, descendant d’Hillel et donc du roi David et ainsi préserver la dynastie royale.

Comme son maitre Hillel, il mérita de vivre 120 ans.

l’histoire

Rabbane Yo’hanane ben Zakaï était un modèle de patience et d’humilité.

Cependant, il s’opposa avec véhémence aux tsedoukim (les Saducéens), une secte juive qui rejetait les enseignements de la loi orale et prétendait s’appuyer uniquement sur la loi écrite.

Ainsi, ceux-ci prétendaient que la fête de Chavouot devait toujours tomber le lendemain de Chabbat c’est-à-dire : dimanche car c’est ainsi qu’ils expliquaient le verset : « Vous compterez pour vous depuis le lendemain du Chabbat ».

Rabbane Yo’hanane répondit : « Vous êtes des sots ! ».

Un vieux objecta : « Moché Rabénou aimait le peuple juif et c’est pourquoi il institua la fête de Chavouot à la sortie de Chabbat afin qu’on se réjouisse avec deux jours de fête ! ».

A cela Rabbi Yo’hanane protesta : « Alors pourquoi a-t-il fait errer le peuple juif pendant 40 ans dans le désert et ne l’a-t-il pas amené immédiatement en Eretz Israël ? ».

L’homme n’accepta pas cet argument.

Rabbi Yo’hanane continua : « Sot que tu es ! Comment peux-tu comparer notre sainte Torah à une de vos conversations futiles ? Voici la preuve de ce que j’avance. Il est écrit dans un verset : « Il y aura sept Chabbat – c’est-à-dire : semaines – pleines ». Une semaine pleine commence un dimanche et s’achève un dimanche. Un autre verset demande : « Vous compterez cinquante jours ». Et non : des semaines. Si on commence à compter depuis dimanche, cela se terminera effectivement dimanche. Mais si on compte cinquante jours depuis le milieu de la semaine, cela ne se terminera pas un dimanche mais au milieu de la semaine ! ».

En souvenir de la victoire de Rabbane Yo’hanane ben Zakaï sur les tsedoukim, les Sages ont institué des jours spécifiques où on ne jeûne pas.

L’enseignement du Rabbi (Likouté Si’hot 19 P 4)

A propos de l’échange entre Rabbane Yo’hanane et les Tsedoukim, nous pouvons nous interroger : comment est-ce possible que, uniquement selon eux, Moché aimait le peuple juif ? De plus, ils ont donné comme preuve concrète à Rabbane Yo’hanane un passage où nous ne voyons justement pas cet amour de Moché pour le peuple juif.

Nous devons au préalable comprendre le point de divergence entre les Tsedoukim et les Sages d’Israël.

Les Tsedoukim admettent et reconnaissent uniquement ce qui figure dans la Torah écrite ; ils ne considèrent pas la Torah orale.

La Torah écrite a été donnée de D.ieu telle quelle ; elle a été transmise de façon authentique, mot par mot sans aucun changement et sans aucun rajout de la part de l’homme. La Torah orale par contre, a dès l’origine été déposée dans la propriété des Sages d’Israël à travers chaque génération. Ils ont la force et le devoir d’ajouter et de la développer.

Il existe une différence essentielle entre les Tsedoukim et des Sages d’Israël : la situation idéale selon les Tsedoukim est, lorsque nous recevons l’abondance, intégralement, de D.ieu, sans aucun effort de la part de l’homme, à l’image de la Torah écrite que l’homme n’a aucunement enrichie. Les Sages en revanche désirent que l’homme puisse mériter, grâce à son travail et à ses efforts, de pourvoir atteindre ce niveau et non comme un cadeau du ciel.

C’est ainsi que nos Sages établisse dans le Talmud (traité Baba Metziah 38,1) qu’un homme chérit davantage un Kav (mesure talmudique) qui provient de son effort personnel que neuf Kav reçus de son ami gratuitement.

A présent nous comprenons la réponse des Tsedoukim à Rabbane Yo’hanane : puisque Moché Rabénou aimait le peuple juif, il a donc voulu que la fête de Chavouot arrive sans que le peuple ait besoin de se fatiguer la veille de la fête. C’est pour cela que, d’après eux, Chavouot tombera le lendemain de Chabbat.

Et a cela Rabbane Yo’hanane a répondu : si Moché Rabénou aimait le peuple comme vous l’avez décrit, il aurait dû faire entrer le peuple immédiatement en terre d’Israël ! Or justement : Moché désirait que le peuple, grâce à son effort, à son étude, à sa Techouva puisse atteindre durablement le niveau de pouvoir entrer avec leurs propres efforts en Eretz Israël. Et c’est ainsi que nous pouvons constater l’amour véritable et incontestable de Moché envers le peuple juif.

LES CONTES DE NOS SAGES EMOR
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