Au 27e Kinous Hachlouhim de Paris, le Rav Yossef Celnik, Chalia’h à Longjumeau, a pris la parole pour raconter non pas un résumé, mais une véritable aventure spirituelle. Celle d’un Mikvé construit contre toute attente, porté par des signes répétés et béni, mot pour mot, par le Rabbi lui-même. Une histoire qui commence par une coïncidence troublante et s’achève par une révélation sidérante dans les pages des Igrot Kodesh.
Une innovation au Kinous : la parole en direct
Cette année, les organisateurs du Kinous ont souhaité innover. Plutôt qu’une vidéo, ils ont voulu qu’un Chalia’h témoigne en direct, devant ses pairs, d’une réalisation concrète sur le terrain. C’est ainsi que le Rav Yossef Celnik a été invité à monter à la tribune. Avant de commencer son récit, il a tenu à exprimer sa reconnaissance au Rav Azimov et à son gendre — à qui il adresse tous ses vœux de mazal tov — pour les précieux conseils qui ont accompagné, pas à pas, la construction du Mikvé de Longjumeau.
Le projet des 120 Mikvaot : un appel auquel il était impossible de ne pas répondre
Pour comprendre les origines de cette aventure, il faut remonter à l’année 5782 (2021-2022). À l’occasion des 120 ans du Rabbi, le Merkaz avait lancé un vaste programme de soutien financier à 120 Mikvaot à travers le monde. Le Rav Celnik s’est inscrit, et sa candidature a été retenue. Mais ce qui l’a frappé, c’est ce qui s’est produit dans les jours qui ont suivi cette bonne nouvelle.
Une semaine à peine après avoir appris qu’il faisait partie des projets sélectionnés, il se trouvait un matin près de chez lui en compagnie de son collègue, le Rav Zerbib. Ce dernier lui dit avec insistance : « Tu dois ouvrir un Mikvé. Tu as un terrain, il le faut. » Le Rav Celnik en était encore à peser ces mots lorsque, ce même jour, il reçut un appel d’un ami en Israël. Le message était limpide : « Je veux financer un Mikvé. » Le même jour. La conclusion s’imposait d’elle-même : il fallait y aller.
La première erreur : croire qu’un seul homme pouvait tout porter
Comme il l’a rappelé avec une franchise désarmante, la grande faute de jeunesse dans ce type de projet est de s’imaginer qu’une seule personne va tout prendre en main, du premier euro au dernier coup de peinture. Avant même que la première pierre ne soit posée, des dépenses considérables s’imposaient — c’est la réalité de toute construction. Les promesses s’accumulèrent, mais les retours concrets, eux, tardèrent à se matérialiser. Une année entière s’écoula dans cet entre-deux inconfortable, suspendu entre l’engagement pris et le vide des caisses.
Le recours à l’Igrot Kodesh : écrire au Rabbi pour tenir parole
Un an après le lancement, le doute s’était installé. Le Rav Celnik et son épouse avaient pris un engagement solennel — ils faisaient partie des 120 Mikvaot — mais les fonds manquaient cruellement. C’est alors qu’ils décidèrent d’écrire au Rabbi, en glissant leur lettre dans un volume des Igrot Kodesh. Leur message était simple et résolu : nous allons continuer, et nous allons collecter l’argent nous-mêmes.
Le Rav Celnik l’admet sans détour : il n’avait jamais mené de collecte de fonds. Il ne savait pas vraiment comment cela fonctionnait. Mais la décision était prise. La campagne fut planifiée quatre jours à l’avance. L’objectif espéré ? Peut-être 80 000 €, dans le meilleur des cas.
La lettre qui change tout : le Rabbi parle depuis les Igrot Kodesh
En ouvrant les Igrot Kodesh pour y déposer sa lettre, le Rav Celnik tomba sur une réponse qu’il n’avait pas cherchée — et qui allait tout transformer. Dans cette lettre, le Rabbi s’adressait à un Rav au Mexique pour lui exposer l’importance capitale de rénover un Mikvé existant sur place. Il lui recommandait de faire appel au Rav Deutsch, grand expert en construction de Mikvaot, et développait longuement les implications halakhiques de la question.
Puis, dans les dernières lignes de cette lettre, le Rabbi concluait en ces termes : « Compte tenu de l’importance qu’il convient d’accorder à la pureté des femmes juives, et dans la mesure où cela est nécessaire, je couvrirai la moitié de ces frais. »
La Bracha du Rabbi était là, noire sur blanc : il prenait en charge la moitié du coût du Mikvé.
135 000 €, puis 270 000 € : la Bracha tient ses deux promesses
Trois jours après le lancement de la campagne, le résultat dépassa toutes les espérances : 135 000 € collectés. La moitié exacte du coût total du projet, qui s’est finalement élevé à 270 000 €. Mais le vrai hiddouch — la révélation profonde que recèle cette histoire — ne s’arrête pas là. Car à y regarder de près, le Rabbi n’avait pas seulement couvert la première moitié. La seconde, elle aussi, avait trouvé son chemin. Les brachot accordées pour la construction de ce Mikvé avaient opéré dans leur totalité, jusqu’au dernier centime.
Pas encore ouvert, mais déjà attendu
Le Mikvé de Longjumeau n’est pas encore tout à fait achevé, pas encore officiellement inauguré. Pourtant, l’épouse du Rav Celnik reçoit déjà des dizaines de messages : « Quand est-ce qu’il ouvre ? » Ce simple fait, dit-il, suffit à confirmer que le choix était le bon, que le besoin était réel, et que la communauté attendait ce lieu depuis longtemps.
Il conclut avec un vœu sincère : que D.ieu permette d’ajouter encore de la Tahara — de la pureté — dans le monde, et que cela contribue à hâter l’avènement de la Délivrance complète.
















