À l’occasion du 27e Congrès des Chlou’him de Paris, le Rav Binyamin Mergui a prononcé un discours d’une profonde intensité, revenant sur les 58 ans d’une Chélou’hout fondatrice qui a façonné le visage du judaïsme parisien. Célébrant l’héritage spirituel et humain du Rav Chemouel, il a rendu un hommage vibrant à celui qui, arrivé avec son épouse il y a plus d’un demi-siècle, a su élever une communauté tout entière au rang de véritables Chlou’him. Dans un appel à la fraternité et à la responsabilité collective, le Rav Mergui a exhorté l’assemblée à préserver ce capital inestimable et à le transmettre de génération en génération.
Un fondateur arrivé avec confiance et vision
Il y a exactement 58 ans, le Rav Chemouel posait ses valises à Paris avec son épouse, animé d’une foi absolue et d’une confiance inébranlable. Sa mission, bâtie sur des fondations solides, s’est développée avec une réussite impressionnante, digne des plus hautes qualifications d’éclat et de gloire. Ce n’était pas là le fruit du hasard, mais la conséquence naturelle d’un dévouement total au Rabbi et d’une vision claire de ce que devait être une véritable Chélou’hout.
Le Rav Chemouel nous a éduqués dans l’amour des Chlou’him, dans la fraternité, dans l’exigence. Avec sa bienveillance et son amour profond, il nous a conduits à ne pas être simplement des Juifs religieux, ni simplement des ‘Hassidim, mais véritablement des Chlou’him. Cette manière d’élever ses disciples l’a amené à nous offrir la meilleure des éducations — pour nous, pour nos enfants —, nourrie de sentiments ‘hassidiques forts et d’un attachement particulier au Rabbi.
La gratitude comme fil conducteur de ce rassemblement
C’est cela précisément qui nous rassemble aujourd’hui, avec un sentiment profond de Hakarath Hatov envers le Rabbi, qui nous a envoyé ce Chalia’h inestimable. Ce capital gigantesque, légué par le Rav Chemouel et prolongé aujourd’hui par ses enfants, nous impose une responsabilité : le garder vivant, le transmettre autour de nous, le faire rayonner dans chaque foyer, dans chaque rue, dans chaque cœur.
L’ADN du Chalia’h : compassion et dévouement sincère
Ce matin, l’assemblée a longuement évoqué le soutien mutuel que se prodiguent les Chlou’him entre eux. On a parlé de ce qui constitue l’essence même d’un Chalia’h : la compassion, l’attention portée à l’autre, le souci constant de son prochain — agissant betmimioutam, dans une intégrité et une sincérité absolues. Ce dévouement des Chlou’him à travers le monde est devenu légendaire.
Comme l’a rappelé ce matin le Rav Mendi Azimov, le mouvement Loubavitch est désormais la première force communautaire du monde juif. Une réalité qui force le respect et appelle à une conscience accrue de la responsabilité que cela représente.
Ce que Paris a reçu en plus
Mais ici, à Paris, nous avons eu la grâce de recevoir davantage encore. Au-delà de la chaleur ‘hassidique inhérente à toute Chélou’hout, nous avons bénéficié de l’abnégation absolue du Rav Chemouel envers le Rabbi, de son attachement inconditionnel en toutes circonstances, de sa disponibilité sans faille, de cette flamme qui ne vacillait jamais.
Nombreux se souviennent du jour où le Rav Alperin, rédacteur en chef du journal Habad, vint à Paris pour la Chiva du Rav Chemouel. Il prit la parole et posa une question d’une grande force : quelle est la différence entre ce Chalia’h et les autres ? Et il répondit lui-même : certes, tous les Chlou’him font preuve d’engagement, mais le Rav Chemouel, lui, avait quelque chose de plus — une qualité rare, une profondeur d’âme qui le distinguait. Ce mot, simple en apparence, résumait à lui seul une vie entière au service du Rabbi et de la communauté.
Un appel à la fraternité pour hâter la Délivrance
Remercions donc le Rabbi en cet anniversaire du début de cette merveilleuse Chélou’hout, dont nous sommes les fruits vivants. Perpétuons cet amour fraternel entre nous, ce respect mutuel, cet esprit d’Ahavath Israël qui doit nous unir au-delà de toutes les distances et de toutes les différences.
Car c’est précisément cet amour qui fera disparaître la cause de l’époque obscure dans laquelle nous vivons, qui mettra fin à cet exil douloureux, et qui nous vaudra le retour du Rabbi — et avec lui, celui du Rav Chemouel — ainsi que de tous nos êtres chers.















