Dimanche soir 16 janvier et lundi 17 janvier 2022, on consomme de nombreux fruits, en particulier ceux qui représentent la fierté de la Terre Sainte, qui sont cités dans le verset de la Torah :
– blé,
– orge,
– raisin,
– figue,
– grenade,
– olive
– datte.
On s’efforcera également de manger des caroubes ainsi que des fruits nouveaux qu’on n’a pas encore consommés cette année.
On veillera à réciter les bénédictions adéquates avant et après manger. On profitera de cette belle occasion pour se réunir en réunions joyeuses et productives sur le plan des bonnes résolutions.
La Torah compare l’homme à un arbre des champs : lui aussi est supposé produire des fruits, c’est-à-dire des Mitsvot, des bonnes actions. De même que le fruit peut produire des arbres qui produiront des fruits etc., de même nos Mitsvot entraînent d’autres Mitsvot, encouragent d’autres Juifs à assumer leur judaïsme, à retrouver leurs racines et à s’enraciner dans un sol riche d’étude de la Torah et de pratique des Mitsvot. C’est ainsi que le peuple juif se perpétue, se développe et produira d’autres fruits.
A Tou BiChevat, nous mangeons des fruits, nous «produisons» des fruits, nous plantons des graines de bonnes actions.
Par la grâce de D.ieu, veille du 15 Chevat 5725, Brooklyn, New York,
Aux chers enfants,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu vos dessins avec joie (1), vos dessins de même que la lettre de votre enseignante et jardinière d’enfants, madame Ra’hel Zamir, à laquelle D.ieu accordera une longue vie. Les dessins et la lettre me sont parvenus avant la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi et ma réponse a été rédigée à la veille du 15 Chevat, Roch Hachana des arbres. Or, j’ai vu, dans vos dessins, des petits garçons et des petites filles, des arbres et des fleurs.
Pour établir un lien entre tout cela, je vous rappellerai l’affection, l’amour intense que mon beau-père, le Rabbi, vouait à tous les Juifs et à toutes les Juives, grands et petits. Il éprouvait un amour particulier pour les enfants, se préoccupait de leur éducation, recherchait leur bien, en tout endroit.
En chaque petit garçon, en chaque petite fille, il voyait une pousse qui grandirait et deviendrait un bel arbre fruitier, portant des fruits bons et agréables. Néanmoins, tout cela dépend de l’effort qui est consenti par chaque petit garçon et par chaque petite fille. L’image permettant de comprendre cette idée est celle de l’arbre.
Quand on plante une graine ou une jeune pousse, on doit la préserver des mauvaises herbes et de tout ce qui est nocif, l’arroser, jusqu’à ce quelle devienne un arbre portant de beaux fruits. Il en est de même pour chaque petit garçon et chaque petite fille. D.ieu dit, par l’intermédiaire de Son prophète, qu’ils sont : “ les fruits de Mes plantations, les actions de Mes mains, dont Je suis fier ”.
D.ieu a implanté en vous une âme sainte, une “ parcelle de Divinité véritable ”. Vous devez donc protéger cette graine divine de toutes les actions mauvaises et négatives, c’est-à-dire des mauvaises fréquentations, lui apporter de l’eau vive. Or, “ il n’est d’eau que la Torah ” (2), Torah de vie et ses Mitsvot, qui “ insufflent la vie à ceux qui les accomplissent ”.
De la sorte, D.ieu vous accordera Sa bénédiction et Il vous l’accordera encore, afin que vous parveniez à être des arbres portant des fruits beaux et bons, pour la joie de vos parents et de vos professeurs, pour l’honneur et la gloire de notre peuple, la nation des enfants d’Israël. Avec ma bénédiction de réussite, de même que pour me donner de bonnes nouvelles,
M. Schneerson,
Notes
(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 6, à la page 310.
(2) Selon le traité Baba Kama 17a.
L’ordre de priorité des fruits d’Erets-Israël est le suivant :
on regarde l’ordre d’apparition dans le verset.
Aliment à base de farine de blé
à défaut, à base de farine d’orge
à défaut, une olive
à défaut, la datte
à défaut, le raisin
à défaut, la figue
à défaut, la grenade
Si aucun de ces fruits n’est présent, on choisira n’importe quel fruit pour réciter la Bénédiction.
Le Blé – l’âme divine
C’est l’aliment des hommes par excellence. Dans ce sens, il souligne l’humain en l’homme, il représente son âme Divine et le service de D.ieu – tout de spirituel – qui l’exprime. Grâce à lui, lier tout son être à la Divinité devient possible. Quand s’ouvrent de nouvelles synagogues, des endroits de prières et de retrouvailles avec soi-même, animés par une centaine de délégués enthousiastes dans toute l’Ile-de-France, c’est cela qui apparaît. Quand, tout à côté de son lieu de vie quotidienne, où qu’on soit, qui que l’on soit et quoi qu’on fasse, une lumière spirituelle se met à briller, c’est aussi l’âme qui rayonne.
L’Orge – l’aspect matériel
C’est traditionnellement une nourriture donnée aux animaux. Nos Sages en ont fait le symbole de l’aspect matériel de l’homme, de sa corporalité. Cela n’est pas négatif car il revient à chacun de raffiner sa propre dimension physique, par la force de son âme, pour en faire un des moyens du service Divin. Découvrir D.ieu dans sa vie de tous les jours, n’est-ce pas le rêve de tous ? C’est ainsi que ce moment privilégié d’un certain culte du corps prend sens: vacances devenant des universités d’été pour les adultes, des centres aérés pour les enfants. C’est également ainsi que des repas cachères sont proposés au plus près des universités et des lieux de travail – une nourriture pour le corps… et pour l’âme. Par ces actions, ils cessent d’être en opposition.
Le Raisin – la joie
C’est un fruit prodigieux dont le produit – le vin – « réjouit le cœur de l’homme » dans toutes ses dimensions, spirituelle et matérielle. On se saurait mieux dire qu’il est la représentation même de la joie. Et celle-ci est indispensable car elle brise les barrières, repousse les limites et conduit aux éternelles avancées. Elle est le secret de toutes les victoires. L’année juive est ainsi jalonnée d’événements festifs, parsemée d’allégresse : 19 Kislev, allumages publics de ‘Hanouccah, Siyoum HaRambam, parade de Lag Baomer. Des réjouissances qui complètent le calendrier traditionnel des fêtes, de Souccot à Chavouot en passant par Pourim et Pessa’h. La joie est partout, elle guide nos pas.
La Figue – les vêtements
Les premiers vêtements mentionnés dans la Torah furent créés à partir de feuilles de figuiers. La figue en est restée le rappel. Le vêtement est l’instrument du contact avec l’extérieur, comme ces « vêtements » quasi spirituels que sont la pensée, la parole et l’action, véritables outils d’expression de l’âme. Ce sont ces vêtements-là qu’il faut élever en révélant leur vrai nature. Car, au-delà de leur apparence, éclairés par l’effort de l’âme, ils peuvent devenir des « vêtements de lumière ». Pour cela, il existe un chemin : l’étude, la recherche de la connaissance et de la sagesse, la réflexion qui conduit à l’action. Les rendez-vous d’étude en Ile-de-France, l’édition de livres, de brochures explicatives sur les fêtes ou les Mitsvot, de la « Sidra de la semaine », site internet, serveur vocal « Lé’haïm » etc. en sont autant de points d’accès.
La Grenade – les Mitsvot
Chacun est « empli de Mitsvot comme la grenade est pleine de grains » disent nos Sages. Car, au-delà même des « vêtements », il appartient à tous de spiritualiser le monde par l’accomplissement des commandements de D.ieu. Le judaïsme sait que le monde est perfectible. Il sait que l’utiliser pour un usage de sainteté le rend saint. Nous en possédons la force. Nous avons aussi le mode d’emploi de la création : les commandements de D.ieu dans leur pratique quotidienne. Pour cela, le Beth Loubavitch est au côté de chacun : mise des Téfiline, bénédiction sur le Loulav à Souccot, pose de Mézouza… Tout un monde de Bien.
L’Olive – de l’amertume à la douceur
L’olive est, par nature, un fruit amer. Il ne devient comestible que par un effort de transformation. Pour cela, il représente l’amertume qu’il faut transformer en douceur par l’action résolue. C’est alors seulement qu’il révèle sa richesse. Nous connaissons tous ces situations de la vie où tout paraît amer. Certains ne peuvent découvrir le chemin de la transformation nécessaire que si on leur vient en aide. Les temps sont difficiles, dit-on parfois. A nous de les rendre beaux pour tous. Le bonheur est trop précieux pour que certains en soient exclus. Les visites régulières aux familles isolées et aux malades, l’aide aux familles, le soutien lors des naissances ou pour les mariages etc. sont les déclinaisons indispensables de ce principe.
La Datte – le miel
Ce fruit est ici la source d’un véritable délice : le miel. Pourtant, il faut tant de labeur et de patience pour parvenir à ce stade ultime. Le palmier ne produit de dattes qu’au bout de soixante-dix ans enseigne le Zohar. Mais, lorsqu’on sait y consacrer l’effort nécessaire, le résultat est immanquablement au rendez-vous : la douceur du miel. Il ne faut sans doute pas moins d’attention pour assurer une éducation juive authentique, ouverte et chaleureuse, à tous les enfants. Ecole Beth ‘Haya Mouchka, jardins d’enfants, crèches, sans oublier les Talmud Torah : c’est sans doute un investissement lourd mais, demain, la récolte sera sans pareille.