Depuis des années, le Rabbi de Loubavitch avait mis en garde contre la sincérité douteuse de l’Égypte dans ses accords de paix avec Israël. Aujourd’hui, les faits semblent lui donner raison avec les révélations sur le renforcement militaire égyptien et les violations répétées des accords. Entre rhétorique hostile et préparatifs militaires, le « partenaire » égyptien soulève de sérieuses inquiétudes quant à ses véritables intentions.

 

 

Les avertissements du Rabbi concernant l’impossibilité de faire confiance à l’Égypte pour maintenir une paix durable résonnent aujourd’hui avec une actualité troublante. Malgré les accords de paix historiques, l’Égypte continue de se militariser dans le Sinaï, de soutenir indirectement le Hamas et d’entretenir une rhétorique anti-israélienne virulente. Les experts s’interrogent sur la stabilité de cette paix « sur le papier » face à un régime fragile et une population hostile.

L’héritage visionnaire du Rabbi face aux réalités géopolitiques

Les enseignements du Rabbi de Loubavitch concernant l’Égypte prennent aujourd’hui une dimension prophétique troublante. Pendant des années, il avait constamment averti qu’il était impossible de faire confiance au régime égyptien pour respecter ses engagements de paix. Ses mises en garde soulignaient que l’Égypte n’avait aucun intérêt véritable pour une paix durable, une intuition qui se révèle aujourd’hui douloureusement exacte.

« Le Rabbi avait prévu que derrière les accords officiels se cachait une réalité bien différente », explique un analyste spécialisé dans les relations israélo-arabes. « Ses avertissements portaient sur l’impossibilité structurelle pour l’Égypte de maintenir une paix sincère avec Israël. »

Une militarisation inquiétante du Sinaï

Les images satellites récentes du front égyptien révèlent une réalité préoccupante : expansion d’aéroports militaires, déploiement de chars, construction de tunnels sous le canal de Suez et édification de bunkers. Ces installations militaires contreviennent directement aux accords de paix signés avec Israël il y a plus de quatre décennies.

Le général Herzi Halevi, ancien chef d’état-major de Tsahal, avait choisi de briser le silence quelques semaines avant la fin de son mandat : « Nous sommes très préoccupés par cette situation, et ce n’est pas en tête de nos priorités. L’Égypte possède une grande armée avec des équipements avancés, des avions sophistiqués, des sous-marins et des missiles, ainsi qu’un très grand nombre de chars et de fantassins. Le régime là-bas peut changer en un instant. »

Le double jeu égyptien révélé au grand jour

Parallèlement à cette militarisation, l’Égypte continue de jouer un double jeu troublant. Malgré ses engagements publics de paix, de nombreuses armes sont acheminées vers les organisations terroristes de Gaza via le Sinaï, et ce malgré la présence militaire dans la région.

Le ton des médias d’État égyptiens s’est également durci, allant jusqu’à des menaces voilées d’annulation des accords de paix et de guerre contre Israël. Ces médias n’hésitent pas à qualifier Israël d' »ennemi éternel de l’Égypte et des Arabes ».

Une hostilité populaire profondément ancrée

L’expert Dr. Adi Cohen, spécialiste du Moyen-Orient, décrit dans une récente interview la réalité de l’opinion publique égyptienne : « La rue égyptienne nourrit une haine intense envers Israël, et les citoyens là-bas sont parmi les plus antisémites des pays arabes. »

Cette hostilité trouve ses racines dans l’histoire commune conflictuelle : « Les Égyptiens ont été humiliés à plusieurs reprises dans les guerres contre nous, d’où un grand désir de vengeance. Mais ils ne peuvent pas le réaliser, leurs mains sont liées. La frustration grandit, ils veulent nous détruire, mais ils ne le peuvent tout simplement pas », analyse l’expert.

Des incidents révélateurs d’un climat tendu

Cette haine ne reste pas confinée à la rhétorique. Il y a deux ans, un policier égyptien avait franchi la frontière israélienne près d’Eilat et ouvert le feu sur un poste de Tsahal. L’attentat avait coûté la vie à deux soldats israéliens, un troisième ayant été tué lors de la poursuite du terroriste.

Plus récemment, lors de l’opération « Glaives de fer », le général égyptien Samir Farag, qui nécessite une autorisation explicite des autorités pour le contenu de ses interviews, a déclaré à la télévision locale : « Nous nous identifions tous et nous nous tenons aux côtés de l’Iran. Notre ennemi n’est pas l’Iran mais Israël. Je le dis clairement, l’Égypte se tient aux côtés de l’Iran et il lui importe qu’elle ne soit pas attaquée. »

Les contraintes économiques comme seul garde-fou

Malgré cette hostilité manifeste et ce renforcement militaire, l’Égypte semble actuellement contrainte par sa situation économique catastrophique. « L’Égypte a une dette de 155 milliards de dollars – elle ne pourrait pas tenir dans une guerre d’un point de vue économique. Cependant, on ne peut pas savoir qui arrivera au pouvoir, donc tout peut exploser en un instant », prévient Dr. Cohen.

Une paix de façade aux fondements fragiles

L’analyse des relations actuelles révèle la superficialité de cette paix : « La paix avec l’Égypte n’existe que sur le papier – coopération sécuritaire, sans liens entre les peuples, sans normalisation et sans visites de dignitaires. Un président égyptien ne viendra pas à la Knesset, ne rencontrera pas un Premier ministre, c’est un message clair : ‘Nous ne vous reconnaissons pas’. »

L’affaire du gaz illustre parfaitement cette dynamique de faiblesse : « Plus nous nous montrons obséquieux, plus cela nous nuit. Malgré qu’un arbitrage international ait obligé l’Égypte à payer à Israël une compensation d’un milliard de dollars pour la rupture unilatérale du contrat avec la compagnie d’électricité, Israël a choisi de renoncer à cet argent, jusqu’au dernier shekel. »

Les révélations alarmantes du rapport Dekal

Un rapport israélien récent, préparé par le lieutenant-colonel de réserve Eli Dekal, spécialiste des systèmes d’infrastructure dans les pays arabes, vient corroborer ces inquiétudes grandissantes. Publié sous le titre « Le concept de paix avec l’Égypte… ce qui n’a pas été abordé » sur le site d’information israélien « nziv », ce document révèle des données particulièrement préoccupantes.

Dekal, qui a mené ses recherches pendant six ans, est parvenu à une conclusion alarmante : « Depuis 2014, l’armée égyptienne étend considérablement son infrastructure militaire dans le Sinaï. » Selon ses analyses, cette expansion s’est accélérée après l’arrivée au pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi et la chute des Frères musulmans.

« En 2014, après des jours de troubles régionaux et l’éviction des Frères musulmans du pouvoir en Égypte, la construction d’infrastructures militaires dans le Sinaï s’est accélérée, parallèlement à un processus d’acquisition d’armes avancées », explique l’expert. « Ce processus a permis à l’armée égyptienne d’atteindre le douzième rang mondial et a repoussé l’armée israélienne au dix-huitième rang. »

Un aveuglement institutionnel face aux signaux d’alarme

Le rapport Dekal met en lumière un phénomène troublant : l’indifférence généralisée des institutions israéliennes face à cette militarisation. « Les phénomènes inquiétants du renforcement significatif des forces de l’armée égyptienne et de la construction intensive d’infrastructures militaires, en particulier dans le Sinaï et sur les deux fronts du canal, ne préoccupent pas le public israélien », déplore-t-il.

Cette attitude s’étend même aux cercles militaires et académiques : « Les vétérans militaires de haut rang avec qui j’ai parlé dans les instituts de recherche académique, les commentateurs et les journalistes, y compris les journalistes des affaires militaires qui sont nourris par le système de sécurité israélien, partagent ce concept : l’Égypte, ayant reçu d’Israël le dernier grain de terre du Sinaï, n’a aucun intérêt à nuire à Israël. »

Des justifications remises en question

Dekal s’attaque méthodiquement aux justifications couramment avancées pour expliquer le renforcement militaire égyptien :

  • La menace éthiopienne sur les eaux du Nil
  • La menace de la faction libyenne occidentale
  • L’aspiration de l’Égypte à diriger l’Afrique et la nation arabe

« À travers mon rapport, je réfute toutes ces allégations une par une, soulignant que l’Égypte pose une menace sécuritaire pour Israël », affirme l’expert militaire. Il insiste sur le fait que « l’Égypte ne cesse d’armer le Sinaï et se prépare constamment à une guerre future contre Israël. »

L’écho des avertissements d’octobre 1973

Dekal va plus loin en évoquant les parallèles inquiétants avec la guerre de Kippour : « J’avertis contre une répétition de la guerre du 6 octobre et l’échec du renseignement israélien à anticiper l’attaque égyptienne soudaine contre Israël. »

Cette référence historique résonne particulièrement avec les enseignements du Rabbi, qui avait lui-même mis en garde contre les risques de faire confiance aux promesses égyptiennes. « Le leadership politique et sécuritaire en Israël traite l’Égypte comme un pays ami et non comme un ennemi », critique Dekal, rejoignant ainsi les préoccupations exprimées il y a des décennies.

Un appel à la vigilance stratégique

Le rapport se conclut par un avertissement sans équivoque : « Même si mes évaluations sur les intentions guerrières de l’Égypte étaient fondamentalement erronées, et que le président égyptien Sissi ne pensait qu’au bien d’Israël, même alors il me semble que le manque de préparation de Tsahal à un affrontement militaire potentiel avec l’Égypte équivaut à une négligence criminelle. »

Un avenir incertain face à des signaux d’alarme convergents

Face aux déclarations hostiles, au renforcement militaire documenté par le rapport Dekal, aux violations répétées des accords et à la haine intense dans la rue égyptienne, la menace venant du Caire ne semble plus seulement théorique. Les analyses convergentes d’experts militaires et les avertissements prophétiques du Rabbi dessinent un tableau préoccupant.

Même si aujourd’hui l’Égypte n’a pas d’intérêt direct dans un conflit militaire en raison de ses contraintes économiques, la réalité du Moyen-Orient enseigne que tout peut changer en un instant. L’histoire d’octobre 1973 reste dans toutes les mémoires comme un rappel que les surprises stratégiques peuvent être fatales.

Les avertissements du Rabbi résonnent aujourd’hui avec une acuité particulière, renforcés par les analyses techniques du rapport Dekal. Israël ne peut se permettre de sombrer dans l’illusion d’une paix stable, surtout quand de l’autre côté se dresse une armée que les experts classent désormais parmi les plus puissantes au monde.

Cette situation rappelle cruellement que dans cette région, la vigilance reste le prix de la survie, et que les accords diplomatiques, aussi solennels soient-ils, ne peuvent remplacer une analyse lucide des intentions réelles et des capacités militaires de chaque acteur régional.

 

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