Des centaines de Hassidim se sont rassemblés au Beth Mena’hem de Kfar Habad pour commémorer cette date lumineuse du calendrier hassidique. Le Rav Zoucha Wolff a révélé des enseignements inédits du Rabbi, notamment ses directives aux militaires. Cette Hitvaadout exceptionnelle a conjugué profondeur spirituelle et joie communautaire jusqu’aux premières heures du matin.
Une assemblée spirituelle d’envergure s’est tenue au Beth Knesset « Beth Mena’hem » de Kfar Habad pour célébrer le 28 Sivan, date historique de l’arrivée du Rabbi et de la Rebbetzin aux États-Unis en 1941 après leur évasion miraculeuse de la France occupée. Sous la direction du Rav Meir Ashkenazi, rabbin de Kfar Habad, cette soirée a été marquée par les révélations du Rav Zoucha Wolff concernant des Yehidout inédites et les directives du Rabbi aux militaires. La participation du Rav Yaakov Katan de Tomkhei Tmimim a enrichi cette Hitvaadout qui s’est achevée dans la joie et les danses traditionnelles.
Le contexte historique : un sauvetage miraculeux
Le 28 Sivan commémore l’un des événements les plus dramatiques de l’histoire hassidique moderne : l’arrivée du Rabbi et de la Rebbetzin aux États-Unis le 23 juin 1941, après leur évasion périlleuse de la France occupée par les nazis. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le couple royal du futur mouvement Loubavitch se trouvait prisonnier de l’Europe nazie, vivant sous la menace constante de l’arrestation et de la déportation.
Le Rabbi précédent, le Rabbi Rayatz, multiplia les démarches diplomatiques désespérées pour organiser leur libération. Après d’immenses efforts, un visa fut obtenu, mais restait la question cruciale : comment quitter la France sous occupation allemande ? La seule route possible passait par le Portugal neutre.
Le couple entreprit alors un voyage périlleux depuis Nice jusqu’à Lisbonne. Arrivés dans la capitale portugaise, ils obtinrent difficilement deux billets sur un premier navire. Cependant, un télégramme providentiel du Rabbi Rayatz leur parvint, leur demandant de renoncer à ce voyage et d’attendre le navire suivant, le « Serpa Pinto ». Cette directive mystérieuse se révéla être une intervention divine : le premier navire fut coulé par un sous-marin allemand, tandis que le « Serpa Pinto » les conduisit sains et saufs vers la liberté.
Le Rav Meir Ashkenazi pose les fondements spirituels de la soirée
Le Mara d’Atra de Kfar Habad, le Rav Meir Ashkenazi, a inauguré cette assemblée exceptionnelle par un enseignement approfondi sur la Paracha Chela’h, établissant un lien puissant entre les enseignements hebdomadaires et la signification du 28 Sivan. « Cette date revêt une importance particulière dans notre tradition car elle symbolise la fois le sauvetage divin et le début d’une mission universelle », a souligné le Rav Ashkenazi.

Son intervention a rappelé comment l’arrivée du Rabbi aux États-Unis marqua non seulement la fin d’une période de persécution, mais aussi le commencement d’une révolution spirituelle. À partir de cette date, une impulsion nouvelle fut donnée à la diffusion du judaïsme et de la Hassidout, avec la création des trois institutions centrales du mouvement Loubavitch : le Ma’hané Israël, les éditions Kehot et le Merkaz Le Inyaneï ‘Hinou’h.
Des révélations inédites sur les directives du Rabbi aux militaires
Le moment culminant de la soirée est arrivé avec l’intervention du Rav Zoucha Wolff, qui a captivé l’assistance par ses révélations concernant des aspects méconnus de l’enseignement du Rabbi. « Cette journée lumineuse porte en elle un message particulier pour notre génération, notamment sur la question du service militaire et de la défense d’Israël », a-t-il déclaré.

Dans une première mondiale, le Rav Wolff a partagé des extraits de Yehidout (audiences privées) où le Rabbi donnait des directives spécifiques aux militaires. Ces témoignages inédits ont révélé une facette moins connue de la pensée du Rabbi sur l’engagement civique et la défense de la Terre Sainte. Ces enseignements prennent une résonance particulière dans le contexte sécuritaire actuel d’Israël.
« Le Rabbi comprenait que parfois, pour préserver la vie juive et la continuité spirituelle, il faut savoir prendre les armes », a expliqué le Rav Wolff, citant des passages inédits de ces audiences privées. « Son propre sauvetage de l’Europe nazie lui avait enseigné l’importance vitale de la protection physique du peuple juif. »
L’écho contemporain d’un sauvetage historique
Cette commémoration à Kfar Habad résonne avec une actualité particulière. Comme le Rabbi et la Rebbetzin qui durent fuir l’Europe en guerre, de nombreux Juifs aujourd’hui font face à des défis sécuritaires majeurs. Les enseignements révélés lors de cette Hitvaadout offrent des réponses concrètes aux questions contemporaines sur l’engagement militaire et civil.
Le Rav Wolff a particulièrement insisté sur la vision du Rabbi concernant la conciliation entre service militaire et observance religieuse. « Le Rabbi ne voyait aucune contradiction entre porter l’uniforme et porter les Tefilin », a-t-il précisé, suscitant une profonde émotion dans l’assemblée.
Une Hitvaadout d’exception qui traverse la nuit
La richesse spirituelle de la soirée s’est amplifiée avec l’intervention du Rav Yaakov Katan, Machpia de Tomkhei Tmimim à Elad, qui s’est joint au Rav Wolff pour approfondir ces enseignements jusqu’aux heures tardives. Ensemble, ils ont exploré comment l’expérience de la persécution et du sauvetage a façonné la vision du Rabbi sur la mission du peuple juif.
« Le Rabbi comprenait mieux que quiconque la fragilité de l’existence juive en exil », a souligné le Rav Katan. « Son évasion miraculeuse lui a enseigné que D.ieu protège Son peuple, mais que nous devons aussi agir concrètement pour notre survie. »
Les deux Rabbanim ont développé comment le 28 Sivan représente l’équilibre parfait entre la confiance en la Providence divine et l’action humaine responsable. Cette leçon, tirée directement de l’expérience vécue par le Rabbi, offre un guide précieux pour les défis contemporains.
La dimension prophétique du sauvetage
Un aspect particulièrement frappant des révélations de cette soirée concerne la dimension prophétique du télégramme du Rabbi Rayatz. « Comment le Rabbi précédent a-t-il su qu’il fallait éviter le premier navire ? », s’est interrogé le Rav Wolff. « Cette intervention révèle la connexion spirituelle exceptionnelle entre le Rabbi Rayatz et les forces divines. »
Cette intervention miraculeuse illustre parfaitement la croyance hassidique selon laquelle les Tsadikim possèdent une perception spirituelle qui transcende les apparences physiques. Le sauvetage du Rabbi et de la Rebbetzin devient ainsi un enseignement vivant sur la Providence divine et la mission particulière de certaines âmes dans l’histoire juive.
Une organisation exemplaire saluée par tous
Le maître de cérémonie, le Rav Moché Horowitz, a souligné l’importance symbolique de tenir cette commémoration à Kfar Habad, village qui incarne en Terre Sainte l’héritage du Rabbi. Il a remercié les Gabaim du Beth Knesset et particulièrement le Rav Avraham Osher pour l’organisation de cette soirée qui a permis de revivre l’intensité spirituelle de cette date historique.
« Célébrer le 28 Sivan ici, dans le village fondé par les émissaires du Rabbi, donne une dimension particulière à cette commémoration », a-t-il noté. « C’est comme si nous fermions la boucle historique : de l’Europe en flammes à la renaissance en Terre Promise. »
L’apothéose dans la joie et les danses traditionnelles
La soirée s’est achevée par des danses traditionnelles accompagnées par le Rav Shabti Mikhalshvili, reproduisant l’atmosphère de joie qui avait marqué l’arrivée du Rabbi à New York en 1941. Ces danses « sur les miracles » ont parfaitement incarné l’esprit de gratitude envers la Providence divine qui permit ce sauvetage historique.
Cette conclusion joyeuse rappelle que le 28 Sivan n’est pas seulement une date de mémoire, mais une célébration active de la protection divine et de la mission continue du mouvement Loubavitch dans le monde.
Un héritage qui guide le présent
La Hitvaadout du 28 Sivan à Kfar Habad a démontré comment une date historique continue d’éclairer les défis contemporains. Les révélations sur les directives du Rabbi aux militaires offrent des réponses concrètes aux questions actuelles sur l’engagement civique et la défense d’Israël.
Cette commémoration illustre parfaitement la capacité du mouvement Habad à puiser dans son héritage historique pour guider l’action présente. Le sauvetage miraculeux du Rabbi et de la Rebbetzin devient ainsi un phare spirituel pour tous ceux qui, aujourd’hui encore, œuvrent pour la protection et la diffusion du judaïsme dans le monde.


















































