À 2814 mètres d’altitude, au point le plus éloigné jamais atteint par Tsahal, des soldats israéliens surveillent désormais Damas à seulement 20 kilomètres. Cette position stratégique sur le mont Hermon syrien marque l’établissement d’une nouvelle frontière de facto pour Israël. Dans ces anciennes positions syriennes abandonnées, les forces israéliennes découvrent l’ampleur des préparatifs militaires qui étaient dirigés contre elles.

 

Une position stratégique inédite face à la capitale syrienne

« Tu vois cet éclat là-bas ? », indique le capitaine Z. en pointant vers le nord. À travers la lunette de son fusil, les bâtiments de Damas se dessinent clairement à une vingtaine de kilomètres seulement. Cette proximité saisissante illustre l’importance stratégique de cette nouvelle position israélienne sur le mont Hermon syrien.

Les soldats de l’unité tactique montée (HIT »R) sont les premiers à avoir atteint ce sommet. Leurs véhicules spécialisés, capables de circuler dans des conditions extrêmes, ont permis d’accéder à des zones jusque-là inaccessibles. « Ces véhicules roulent dans la neige comme sur des dunes », explique le capitaine Z., commandant de l’unité qui a participé à cette percée historique.

Depuis cette position culminante, le panorama révèle toute la dimension géostratégique du secteur. Vers la gauche, le sud du Liban se dessine à courte distance, tandis qu’à droite s’étendent les villages druzes qui furent récemment victimes de massacres. Cette situation géographique unique transforme le mont Hermon en un poste d’observation et de contrôle sans équivalent.

Des découvertes inquiétantes dans les positions abandonnées

L’exploration des installations syriennes abandonnées révèle l’ampleur des préparatifs militaires dirigés contre Israël. Dans les positions du régime déchu, les soldats ont découvert des roquettes, des obus de mortier et des lanceurs pointés vers les positions de Tsahal. « Ils planifiaient quelque chose de grand contre nous », confie un combattant.

Le sergent A., réserviste originaire de Sderot et docker au port d’Ashdod, témoigne des conditions difficiles dans lesquelles vivaient les forces syriennes. « Nous avons trouvé des carnets et des classeurs contenant des informations significatives sur Israël. On comprend qu’on a empêché ici quelque chose de grand qui était planifié », explique-t-il.

Les fouilles ont également mis au jour des tunnels terroristes dans des zones auparavant inaccessibles, ainsi que du matériel de combat russe aux côtés de l’équipement syrien. Ces découvertes confirment l’importance stratégique de ces positions qui servaient de dernière ligne de défense avant la frontière israélienne.

L’unité d’élite qui a ouvert la voie

L’unité tactique montée (HIT »R), créée pendant cette guerre, s’est imposée comme l’une des plus demandées de l’armée israélienne. Ses véhicules spécialisés permettent d’atteindre des zones où aucun autre moyen de transport ne peut accéder, offrant une mobilité exceptionnelle sur tous les terrains.

« Nous faisons ici de l’histoire », déclare le capitaine Z. « Si on nous avait dit il y a quelques mois que nous serions au sommet du Hermon, à 20 kilomètres de Damas, cela aurait relevé du rêve. » Cette unité de niche, née des nécessités de la guerre, a participé à des opérations avec les unités spéciales au Liban, aux évacuations de blessés à Gaza, et à la recherche de roquettes en Syrie.

Le parcours du sergent A. illustre l’engagement de ces réservistes. Après avoir passé un an et demi dans la bande de Gaza, il a rejoint cette unité spécialisée pour contribuer aux combats dans le nord. « Nous sommes des réservistes, des combattants, et nous répondrons toujours présent quand on nous appelle », affirme-t-il avec fierté.

Vers un nouveau équilibre stratégique régional

La prise de contrôle du mont Hermon syrien modifie fondamentalement l’équilibre sécuritaire régional. Cette position permet désormais de surveiller et de contrôler les axes de contrebande entre la Syrie et le Liban, routes qu’empruntaient les convois d’armes iraniens destinés au Hezbollah.

À seulement 50 kilomètres se trouve la ville de Sidon, au cœur du territoire libanais, tandis que les provinces de la Bekaa et du Nabatieh, régulièrement bombardées par l’aviation israélienne, restent à portée d’intervention. Cette proximité offre une capacité d’action inédite sur l’ensemble du dispositif hostile.

« Nous contrôlons désormais le terrain beaucoup plus fermement, nous l’occupons et repoussons encore le prochain 7 octobre », résume le capitaine Z. Alors que le soleil se couche sur ce nouveau poste avancé, marqué par un immense drapeau israélien peint sur l’ancien bunker syrien, la question demeure : cette ligne constituera-t-elle une frontière durable protégeant Israël des menaces terroristes et iraniennes pour les décennies à venir ?