Tsadik Halévi Nesofer, connu sous le nom de « Charlie Buttons », figure emblématique du quartier de Crown Heights à Brooklyn, s’est éteint le 10 Iyar 5785 (mai 2025) à l’âge de 80 ans. Reconnaissable à son habit de travail orné de nombreux pins et badges, ce hassid au parcours atypique a marqué la vie du 770 pendant plusieurs décennies. Son dévouement à la communauté et sa joie contagieuse ont fait de lui un symbole vivant des valeurs de partage et d’optimisme chères au mouvement Loubavitch.
De Manhattan à Crown Heights : l’itinéraire d’un fidèle dévoué
Né le 18 Tamouz 5704 (juillet 1944) de son père Israël Eliezer (Izzy) Halévi, Tsadik – son prénom officiel – a grandi à Manhattan. C’est dans cette ville qu’il rencontra pour la première fois les émissaires du Rabbi, une rencontre qui allait changer le cours de sa vie. Peu à peu, il commença à fréquenter régulièrement le quartier de Crown Heights, bastion de la communauté Loubavitch, jusqu’à devenir l’une de ses figures les plus reconnaissables.
Dans les premières années, il croisait souvent le Rabbi lors de sa sortie du métro, sur le chemin vers le 770, et engageait régulièrement la conversation avec lui. Employé pendant un temps au service postal américain, Charlie était également membre d’une organisation caritative de New York, pour laquelle il défilait une fois par an dans son uniforme officiel après le dîner annuel de l’organisation.
En 2020, il déménagea dans une maison de retraite tenue par les hassidim de Satmar dans le quartier de Williamsburg, où il recevait la visite de nombreux fidèles lors des fêtes juives. Son 80ème anniversaire, célébré le 18 Tamouz 5784 (juillet 2024) au 770, fut un événement marquant avec comme orateur principal le Rav Menahem Gerlitzky. À cette occasion, on lui offrit une grande photographie le montrant aux côtés du Rabbi qui l’encourageait avec un large sourire.
Une relation privilégiée avec le Rabbi
Au fil des années, Charlie a bénéficié d’une attention particulière de la part du Rabbi. Il reçut de nombreux encouragements et sourires bienveillants, particulièrement lors des distributions de dollars pour la charité.
Charlie racontait souvent une anecdote personnelle qui l’avait profondément marqué : alors qu’il nageait sur une plage de Long Island, sa kippa fut emportée par le courant. Il eut alors le privilège de recevoir une nouvelle kippa directement des mains du Rabbi – un souvenir qu’il chérissait particulièrement et qu’il aimait partager.
Cette relation spéciale était visible lors de nombreux événements communautaires, comme en témoigne la photo mémorable de Charlie recevant un traitement particulier du Rabbi pendant la distribution du Tanya lors du 19 Kislev 5751 (décembre 1990).
Un personnage haut en couleur aux traditions uniques
Jusqu’à son entrée en maison de retraite, Charlie saisissait chaque opportunité – qu’il s’agisse d’un événement ou d’une célébration hassidique – pour prononcer des discours en anglais sur l’intégrité de la Terre d’Israël et sur le Machia’h. Parmi les rassemblements auxquels il assistait régulièrement figuraient les célébrations de fin d’étude des lois du Rambam (Maïmonide) organisées au 770 par le Rav Menahem Gerlitzky, ainsi que la réunion hebdomadaire dans le coin nord-est du 770 pour renforcer la foi dans le message de la rédemption.
Charlie veillait également à assister à toutes les cérémonies de « Shalom Zakhar » (célébration pour la naissance d’un garçon) qui se tenaient chaque vendredi soir dans le quartier de Crown Heights, ainsi qu’à tous les mariages du quartier, où il bénissait les jeunes mariés. Il distribuait généralement des ballons spéciaux aux enfants pour augmenter la joie des célébrations.
Une de ses particularités les plus étonnantes était sa façon de continuer à compter les jours de Hanoukka tout au long de l’année, surtout lorsque le début de l’année civile coïncidait avec Hanoukka. Il justifiait cette pratique en citant les paroles du Rabbi selon lesquelles, puisque le premier jour du mois de Tevet tombe pendant Hanoukka, tous les jours de Tevet sont liés à cette fête de lumière.
L’héritage lumineux d’un ambassadeur de joie
Au-delà de son apparence colorée, Charlie était un véritable messager de l’optimisme et de la foi dans la venue imminente du Machia’h. Il œuvrait activement à la diffusion du message de la rédemption en distribuant des brochures et des cartes sur ce thème lors de ses trajets en métro et à chaque occasion qui se présentait.
Sa présence aux événements communautaires apportait invariablement une touche de joie et de légèreté. Les habitants de Crown Heights se souviennent avec émotion de ce fidèle qui savait transformer chaque célébration en un moment encore plus festif par sa simple présence.
Le décès de Charlie Buttons, survenu le 10 Iyar 5785, laisse un vide immense dans la communauté Loubavitch. Les Rabbanim et fidèles qui l’ont côtoyé témoignent unanimement de son dévouement indéfectible aux enseignements du Rabbi et à l’esprit de fraternité qui anime le mouvement Habad.
Son parcours extraordinaire, de simple fidèle à figure emblématique de Crown Heights, illustre parfaitement comment une personne ordinaire peut, par sa foi et son engagement, devenir un phare d’inspiration pour toute une communauté. L’héritage de Charlie continuera d’illuminer les cœurs de tous ceux qui l’ont connu, rappelant que la joie sincère est peut-être le plus beau des messages spirituels.











